David Courchesne

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    Journaliste au pupitre à La Presse, David Courchesne a depuis quelques années délaissé le gant de cuir et les crampons pour le clavier et l’écran mais la passion du baseball demeure, Expos ou pas.
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    Mercredi 26 juin 2013 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (11)

    Qui doit frapper deuxième ?

    BASEBALL_
    Photo Eric Miller, archives Reuters

    Il existe une tendance dans le baseball majeur, celle d’utiliser le meilleur frappeur de l’équipe au deuxième rang dans l’alignement offensif plutôt qu’en traditionnelle troisième place.

    Les Blue Jays de Toronto positionnent maintenant le voltigeur Jose Bautista au deuxième échelon dans l’ordre des frappeurs, une expérience qui semble suffisamment concluante pour que le gérant John Gibbons répète la chose sur une base quotidienne.

    Les Twins du Minnesota adoptent régulièrement la même approche avec le receveur Joe Mauer et les Cardinals de Saint Louis ont tenté la stratégie mardi avec leur homme masqué, Yadier Molina.

    Dans un article fort intéressant (Sports Illustrated, 10 juin 2013), le journaliste Joe Sheehan appuie justement la théorie selon laquelle il est bénéfique de procéder ainsi pour une équipe de baseball.

    Sheehan, qui fait référence au livre The Book (Playing the Percentages in Baseball) d’Andy Dolphin, Mitchel Lichtman et Tom Tango, souligne qu’une telle permutation représentera environ 18 apparitions au bâton de plus pour le frappeur en question, l’équivalent de quatre matchs dans une saison.

    Les cogneurs de puissance auront par conséquent l’occasion de pousser un nombre accru de coureurs vers le marbre, du moins en théorie, ce qui pourrait se traduire par deux ou trois victoires supplémentaires combien importantes en fin de parcours.

    Sheehan cite l’exemple des Reds de Cincinnati, qui profiteraient apparemment de la présence de Joey Votto comme deuxième frappeur pour limiter le nombre de points qu’ils «gaspillent».

    Mais attention : tout cela signifie que Miguel Cabrera serait encore plus efficace comme deuxième frappeur des Tigers de Detroit — avec Prince Fielder, Victor Martinez et Torii Hunter derrière lui ?

    Ça fait peur…

    [david.courchesne@lapresse.ca]


    • Si c’est vrai que de frapper 2e offer 18 apparitions de plus alors pourquoi ne pas le faire frapper premier?

      Je me suis codé par curiosité un simulateur afin de tester toute sorte de chose dont comment bâtir un alignement. Mon modèle est un peu simplice. Mon alignement est composé de 9 frappeurs identiques. Tous mes joueurs frappent pour exactement la moyenne de la ligue et reçoivent des buts sur balle au meme rythme que la moyenne, frappe des doubles au rythme de la moyenne etc.

      Mon modèle montre que le premier frappeur aurait 778 apparitions au bâton alors que le second en aurait 759. Pout le 3e, j’obtiens 741 apparitions ce qui est excitement en lien avec l’article.

      Par contre, il fait noter que le frappeur au 2e rang se présente au marbre avec moins de coureurs sur les buts que le 3e frappeur. Mon simulateur m’indique ceci:

      Frappeur coureur au 1er coureur au2 coureur au 3
      2e 276 137 52
      3e 295 148 56

      Ainsi, malgré que le second frappeur ira plus souvent à la plaque, il aura moins de coureurs sur les sentiers (points produits potentiels) à faire marquer.

      J’ai fait un second test avec 8 frappeurs moyens et un bon frappeur ayant des statistiques semblables à celles de Joe Mauer. J’ai inséré Mauer au 2e puis au 3e rang pour comparer le nombre de points marqués. Le modèle montre que l’équipe marque 5 points de plus avec Mauer au 2e rang plutôt qu’au 3e.

      Bref, je crois qu’un joueur avec un haut taux de presence sur les buts et une moyenne de puissance pas trop élevée est un candidat ideal pour frapper au 2e rang.

    • Le baseball est en constante évolution. À une certaine époque, un arrêt-court ou un receveur était un joueur ayant une défensive exceptionnelle, malgré ses lacunes au bâton. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

      J’aime bien cette théorie du 2e frappeur, mais je préconise le fait que tes 2 premiers frappeurs soient rapides et ont un pourcentage de présence sur les buts élevé, tandis que le cœur de ta formation (3e, 4e, 5e) sont des producteurs de points et/ou des frappeurs de puissance.

      À quand une théorie sur les frappeurs 6 à 8 (9 avec l’Américaine)? :-)

    • Pour répondre à maxv, qui croit que le candidat idéal pour la 2e position est un gars de moyenne puissance. Si mon souvenir est fidèle, les simulations montrent au contraire que la 2e position est “presque” toujours préférable à la 3e position idéale quand vient le temps de placer un frappeur de qualité, même pour un gars de forte puissance à la José Bautista. Certes, le 3e frappeur voit plus d’hommes sur les sentiers que le 2e frappeur, mais ce rang est aussi, parmi tout l’alignement, celui ou le frappeur qui se présente le plus souvent avec 2 retraits et personne sur les buts, qui est la situation la moins favorable pour une équipe de marquer des points. Si tu cognes un double ou un triple après 2 retraits et personne sur les buts, tu vas le plus souvent ne pas marquer de points. Il te faut encore un coup sûr. Par contre, tu cognes un double ou un triple après 1 retrait, et les chances sont supérieures à 50% que l’équipe va compter un point. Un mauvais lancer, un ballon sacrifice, même un roulant peuvent produire un point. Les retraits qui viennent après le double peuvent être productifs, mais pas les retraits qui viennent avant.

      Par contre, si le frappeur est un cogneur unidimensionnel, le genre qui frappe 40 circuits avec 20 doubles et une moyenne de .260, alors il est préférable de mettre ce frappeur au 3e rang plutôt qu’au 2e rang. C’est le seul cas ou les simulations sont favorables pour le 3e rang. Contrairement aux doubles ou aux triples, le circuit donne un point à l’équipe même avec 2 retraits…pas besoin de retraits productifs pour que le point rentre. Et comme le 3e frappeur se présente plus souvent avec des hommes sur les sentiers, c’est le gars capable de te donner la grosse manche.

      Cela dit, j’ai pas lu l’article, mais il ne faut pas oublier qu’il est souvent préférable de mettre son meilleur frappeur au 4e rang. Le livre “The book” défendait l’idée c’est le 4e rang qui est le plus “payant”. Le 4e rang est souvent pivot dans la grosse manche, il se présente souvent avec un gars en position de marquer et deux retraits (presque aussi souvent que le 5e rang), et c’est le 4e rang qui, après le 1er rang, commence le plus souvent une manche dans la saison. Seul bémol, il se présente environ 36 fois de moins que le 2e rang, mais l’importance de chacune de ces présence rend cette position plus importante malgré tout que le 2e rang.

      Dans la séquence des Blue Jays, il ne faut pas oublier que Adam Lind a été le meilleur frappeur des siens…le 4e frappeur de leur alignement régulier.

    • J’ajoute un commentaire…dans la belle séquence des Expos de 1979-1982, les Expos avaient constamment leur plus faible joueur au 2e rang, soit Rodney Scott. Je me suis souvent demandé si cela n’avait pas coûté quelques championnats. Dick Williams a tout le temps défendu l’idée que la perte de concentration des lanceurs engendrée par la vitesse et l’agressivité sur les sentiers de Scott justifiait sa présence à ce rang, mais là on parle de quelque chose qui se mesure difficilement par un modèle mathématique.

    • Il faut ajouter que les présences du 1er et 2e frappeur à la première manche, c’est la manche que les lanceurs partants redoutent. Statistique à l’appuie.
      Si ton meilleur frappeur est 2e, il ne pourra que produire 2 points au maximum s’il est un frappeur de puissance. Tandis que s’il est au 4e rang, il aura la possibilité d’avoir 3 hommes sur les buts plus souvent.
      En contre-partie, lorsque la fin du premier tour du rôle des frappeurs survient… il est vrai de dire que les positions 8-9 dans la NL sont les moins bien nanties, ce qui implique qu’il y aura plus de retraits lors des manches qui contiennent les rangs 8-9. Si ton frappeur #2 est ton frappeur de puissance, encore là il sera désavantagé de ne pouvoir avoir jusqu’à 3 coureurs à faire avancés.

      De plus, il faut mentionné qu’un lanceur partant atteint normalement son plein contrôle après son 20-30e lancé. S’il a réussi à contenir la 1ère manche, les lancés pour un 4-5e frappeur seront de meilleurs qualités contre ceux-ci.

      Qui plus est, il faut aussi dire que si ton 2e frappeur est ton meilleur frappeur, il lui faut un frappeur pour la moyenne et plus qui le suit au 3e rang pour que le lanceur ne tente pas de lui donner un but sur balle non-intentionnel pour ensuite affronté un joueur de moindre importance.

      haaaaa le baseball… que de belles années passées dans les niveaux mineures à jouer!!!
      Tellement de belles statistiques à diagnostiquer entre les matchs, que dire des Expos de mon enfance!!!

    • Le baseball est tout simplement le sport d’équipe parfait pour les simulations du genre discuté plus haut. Un “rêve mouillé” pour tout statisticien amateur de simulation informatique!

      Je suis sûr que les simulations peuvent être faites avec les caractéristiques des joueurs de n’importe quelle équipe en particulier, afin de déterminer quel est l’ordre des frappeurs idéal pour cette équipe, étant donné sa formation. Un outil dont je me servirais sûrement si j’étais gérant.

      Ça me rappelle mes années de jeunesse à jouer avec mon jeu de baseball Sports Illustrated. Chacune des 24 équipes avait sa charte de frappeurs et de lanceurs, et chaque apparition au bâton était régie par un lancer de 3 dés spéciaux. J’ai dû jouer plusieurs centaines de matches avec ce jeu! Malheureusement, je l’ai ensuite donné à un ami dans un élan de générosité inexplicable.

    • Oui, le baseball est en constante évolution et la puissance peut devenir plus importante que la vitesse.

      On a vu cela également dans le passé, un frappeur de puissance avec une assez bonne moyenne frapper au premier rang.

      Au prier et au deuxième rang de manière traditionnelle, on aimait des frappeurs se rendant sur les sentiers et qui vont entrer au marbre. Mais si le gras frappe un circuit, il produit un point et en marque un même si les sentiers sont vides.

      Dans la Ligue Américaine avec le frappeur désigné cela n’est pas plus avantageux que dans la Nationale aussi ? Car le lanceur est un moins bon frappeur.

      Aaaah… On a souvent vu les gérants joueur avec leur ordre des frappeurs à plusieurs reprises.

    • Je n’ai malheureusement pas lu l’article de SI ni le livre mais selon moi, s’il n’est question que de pourcentages et d’apparitions supplémentaires c’est trop simpliste et on vise quoi? 1 ou 2 circuits de plus pour que le joueur gagne le trophée ou des points et des victoires de plus pour l’équipe.

      Il faut donc analyser beaucoup plus de covariables telles que le WHIP du lanceur avec une menace de vol sur les sentiers. Marcalain 1973 a soulevé un excellent point: la même stat mais avec un gros cogneur Vs un tire-pois au bâton. Avec de bons cogneurs qui suivent ou non.

      Bref, l’idée est d’avoir le lineup le moins reposant possible pour le lanceur adverse. Un parallèle entre Blue Jays et Cards: 1er frappeur avec un excellent OBP, 2ème frappeur qui peut te faire très mal puis 2-3 gars en arrière qui peuvent te faire très mal également.

      Dans le cas des Twins, je connais un peu moins l’équipe mais il me semble que le premier frappeur n’embarque pas si souvent que ça et si c’est le cas, il n’y a que Morneau qui fasse peur derrière Mauer donc on lui donne rien de bon, s’il obtient un BB, on y va pour le strikeout contre Morneau et la balle à double-jeu contre le suivant. Donc dans leur cas, ils sont mieux avec un gars capable de faire avancer le coureur ou d’embarquer à sa place sur les buts pour donner une chance à Mauer. On se garde une p’tite gêne si le lineup est moins flexible quoi.

    • Commentaire supplémentaire: Je ne me rappelle plus quel ancien lanceur avait dit ça exactement mais il disait justement qu’affronter les Yankees fin ‘90 début 2000, c’était très exigeant mentalement car habituellement, tu te concentres pour 3, peut-être 4 frappeurs et tu mets le cruise-control pour les 5-6 suivants et tu te relaxes en lançant. Contre les Yankees, y avait pas de retrait facile alors le lanceur était vidé mentalement en 4ème ou 5ème manche.

    • ironiquement, il arrivait à Tony LaRussa à St-Louis d’utiliser son lanceur au 8e rang de l’alignement pour une raison que je ne comprends toujours pas ajd’hui.

      Il allait complètement à l’encontre de ce qui fut dit plus haut.

    • Quand je faisais mon alignement, mon premier frappeur devait être agressif, capable de frapper à tous les champs, de recevoir des buts sur balle et de voler des buts. C’était mon dynamo. Il donnait le ton à la manche, sinon au match.

      J’ai toujours vu mon deuxième frappeur comme un quasi premier. C’est un gars qui faisait avancer celui qui était déjà sur les buts. Lui aussi devait être rapide, à tout le moins pour éviter les double-jeux.

      Mon quatrième frappeur était mon videur de sentiers. Le cogneur de puissance par excellence. Celui qui assène le KO.

      Mes troisième et cinquième étaient une petite coche en dessous du quatrième. Soit qu’ils étaient moins réguliers ou moins puissants.

      Généralement, le neuvième frappeur était celui qui était le plus facilement remplaçable…
      .
      Ça commence à dater, mais il me semble que dans l’alignement des expos de 94, les 4 ou 5 premiers frappeurs étaient capables de voler des buts. Cette facette de l’attaque donnait des munitions aux frappeurs qui suivaient dans l’alignement et en enlevait au lanceur adverse.

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