David Courchesne

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    Journaliste au pupitre à La Presse, David Courchesne a depuis quelques années délaissé le gant de cuir et les crampons pour le clavier et l’écran mais la passion du baseball demeure, Expos ou pas.
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    Jeudi 26 juillet 2012 | Mise en ligne à 0h00 | Commenter Commentaires (14)

    Controverse en vue à Cooperstown

    Clemens

    COOPERSTOWN – Barry Larkin et Ron Santo venaient tout juste d’ouvrir les portes du Temple de la renommée du baseball comme dignes représentants de la «classe de 2012», dimanche, qu’on entendait déjà les observateurs spéculer sur la prochaine élection, dont les résultats seront connus en janvier.

    Et préparez-vous, car la chose fera couler beaucoup d’encre (d’ailleurs, c’est déjà commencé).

    Pourquoi ? Parce que sur le bulletin de vote qui sera remis aux membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique apparaîtront pour la première fois les noms de deux des meilleurs joueurs qui auront foulé un terrain de balle au cours du dernier siècle, soit Roger Clemens et Barry Bonds.

    Le problème ? Ces deux athlètes, la crème de leur génération, sont également considérés comme les deux plus imposants symboles de l’époque peu glorieuse du dopage massif dans le baseball majeur.

    On le sait : les gens des médias qui possèdent un droit de vote – un grand privilège – se montrent extrêmement sévères envers les joueurs soupçonnés ou convaincus de dopage.

    Hal Bodley, de MLB.com, fait notamment partie des journalistes – et ils sont nombreux – qui ne veulent absolument rien savoir des joueurs de baseball qui ont privilégié la seringue et les pilules pour se donner quelconque avantage sur leurs rivaux.

    «Je ne voterai jamais pour un joueur associé aux drogues de performance, a-t-il écrit. Bonds, Clemens et [Sammy] Sosa font partie de cette catégorie. Alors non, ils n’auront pas mon vote.»

    À l’opposé, ceux qui croient que les consommateurs de substances illicites ont malgré tout leur place au Temple servent souvent «l’argument Gaylord Perry» pour justifier leur position. Comme quoi la tricherie peut parfois mener aux plus grands honneurs.

    (Pour les plus jeunes amateurs de baseball qui l’ignoreraient, soulignons que Perry, un lanceur intronisé au Temple de la renommée en 1991, était passé maître dans l’art d’enduire la balle de gelée de pétrole pour mystifier les frappeurs adverses.)

    Sévères les scribes, disait-on. La preuve, Mark McGwire n’a jamais obtenu plus que 23,7% d’appuis depuis 2007 tandis que Rafael Palmeiro s’est contenté de 12,6% et de 11% des voix exprimées, respectivement, lors de ses deux premières tentatives.

    Rappelons qu’une rafle de 75% des votes est nécessaire pour concrétiser l’élection d’un joueur au panthéon de Cooperstown.

    Comme le répète chaque année Jane Forbes Clark, présidente du conseil d’administration du Temple, pendant le week-end d’intronisation : «C’est incroyablement difficile d’entrer au Temple. Seulement 1% des joueurs qui ont évolué dans les ligues majeures y parviennent.»

    «Ces hommes de caractère, après de magnifiques carrières, sont devenus des légendes synonymes d’intégrité et d’esprit sportif», a-t-elle ajouté, dimanche.

    Avant que le commissaire Bud Selig n’institue enfin une politique antidopage musclée, était-il illégal de consommer des stéroïdes anabolisants ou d’autres drogues de performance ? Non, du moins selon les règles du baseball majeur. On peut donc difficilement parler de tricherie.

    Était-il toutefois immoral de recourir à des stratégies d’ordre pharmacologique dans le but de multiplier les exploits sur le terrain ? De l’avis de maints analystes, il semble que oui.

    Voilà le dilemme avec lequel les membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique doivent dorénavant jongler quand vient le temps d’immortaliser (ou non) un joueur à Cooperstown.

    Parmi les autres retraités qui vivront une première «campagne» visant leur élection au Temple sacré du baseball en 2013, notons Craig Biggio, Mike Piazza, Curt Schilling et Sammy Sosa.

    En 2012, seul Barry Larkin a récolté suffisamment de suffrages (86,4%) pour qu’on installe sa plaque de bronze dans la grande salle du Temple. Jack Morris (66,7%), Jeff Bagwell (56%), Lee Smith (50,6%) et Tim Raines (48,7%) ont suivi dans l’ordre.

    La décision d’introniser Ron Santo, elle, est venue des membres du Comité des Vétérans du Temple de la renommée, qui ont appuyé la candidature de l’ancienne gloire des Cubs de Chicago dans une proportion de 94% (15 votes sur une possibilité de 16).

    Prédiction : Biggio, l’homme aux 3060 coups sûrs, vivra la grande consécration en 2013. Les autres nommés, à tort ou à raison, devront vraisemblablement ronger leur frein… longtemps ?

    [david.courchesne@lapresse.ca]


    • Est-ce que le dossier Pete Rose sera réouvert un jour? Certe ce qu’il a fait va contre l’éthique du sport mais cela ne va en rien améliorer ses prestations sur le terrain! Plus de 4000 coups sûrs!
      Pour votre question… moi non plus je n’en veux pas de ces athlètes gonflés aux stéroïdes à Cooperstown!

    • Voyons, pourquoi les journalistes ne voteraient-ils pas pour Bonds et Clemens alors que ces deux joueurs ont toujours été si gentils et disponibles pour les médias?

      Bon, je ne dis pas que c’est correct de voter ou non pour un joueur en fonction de sa relation avec les journalistes, mais disons que dans la présente situation, Bonds et Clemens auraient bien besoin d’un peu de sympathie pour entrer à Copperstown. Mais ils ne risquent pas de la trouver.

    • Je comprends que le système a besoin de bouc émissaire pour faire une coupure avec le passé. Mais comme il a déjà été écrit et qu’il s’écrira encore, qu’est-ce qui était immoral quand les drogues étaient prescrites et/ou administrées par des docteurs? Le niveau de performance des joueurs était haussé. Les gérants les faisaient jouer. Les propriétaires les rendaient multi-millionnaires. Les fans les applaudissaient à tout rompre et on ne parle pas de l’attitude des femmes à leur égard. Si le baseball majeur connaissait la situation à l’époque, il n’a rien dénoncé, en tout cas publiquement.

      J’ai de la misère à me faire une idée claire sur le sujet.

    • On va ainsi domper dans la cour des chroniqueurs l`odieux de faire la job que Selig n`a jamais eu les couilles de faire.

      Cooperstown devrait être fermé à toutes nouvelles candidatures ou devrait avoir une section stéroides pour être justes avec les autres parce qu`inévitablement tu auras un Alex Rodriguez de ce monde un dieu dopé vénéré par les américains qui se frayera un chemin un jour.

      Il est permis de croire que ca pourrait prendre du temps mais ca ne durera pas éternellement.

      Selig pour avoir cautionné l`usage de la dope sous mille et un prétextes et Steinbrenner pour avoir acheté des championnats et détruit l`esprit de compétition sont les deux pires personnages du baseball moderne.

    • @messi10
      La décision de radier Pete Rose est la bonne, nonobstant ses performances et 4000+ coups sûrs.
      Il faut se rappeler le scandale des White Sox de 1919 qui ont perdu volontairement la Série Mondiale contre de l’argent, en faveur de parieurs corrompus. Cet événement sans précédent aurait pu détruire le baseball et sa crédibilité. On ne parle pas d’un joueur dopé, on parle de tout un sport qui ne peut plus engendrer la confiance du public.
      MLB a donc voulu être d’une sévérité exemplaire pour Rose, qui a commis le pire péché pour un joueur de baseball: parier et jouer avec l’intégrité de son sport.
      De plus, quand un coupable comme Rose nie avec véhémence pendant des ANNÉES avant de finalement avouer, on ne peut pas parler de quelqu’un de réellement repentant. Grand joueur, petite personne.
      Il gagne sa vie aujourd’hui à Las Vegas, à signer des babioles de baseball. Ça lui va bien.
      Si par malheur il devait entrer à Cooperstown, il faudrait inscrire sur sa plaque de bronze: “He bet on baseball”.

    • Ce qui est plate pour Bonds, c’est qu’il se dirigeait vers une carrière de Hall-of-Famer, stéroïdes ou non.

    • Vous écrivez: “Avant que le commissaire Bud Selig n’institue enfin une politique antidopage musclée, était-il illégal de consommer des stéroïdes anabolisants ou d’autres drogues de performance ? Non, du moins selon les règles du baseball majeur.”

      Pas d’accord. Les stéroïdes anabolisants et autres drogues étaient interdits, et cette interdiction fut clairement énoncée par le commissaire Fay Vincent dans un mémo envoyé à toutes les équipes en 1991. On y trouve notamment le paragraphe suivant:

      “This prohibition applies to all illegal drugs and controlled substances, including steroids or prescription drugs for which the individual in possession of the drug does not have a prescription.”

      Ce qui est vrai, c’est que le commissaire de l’époque n’a pas réussi à

      1. imposer des tests, qui étaient (et restent) à peu près la seule façon d’attraper les tricheurs; et
      2. inclure dans la convention collective des joueurs des punitions en cas de non respect de la règle (voir le cas de Steve Howe)

      Donc, interdit mais pas de dépistage ni de punition. On peut dire que c’était autorisé de facto, mais pas officiellement. Ceux qui ne sont pas admis au Temple de la renommée peuvent critiquer les propriétaires de l’époque, qui n’avaient aucun scrupule à fermer les yeux, mais ils peuvent aussi critiquer leur propre syndicat, qui était apparemment plus pressé de protéger les baseballeurs dopés que ceux qui ne l’étaient pas.

    • @jp_martel
      Votre commentaire se veut fort pertinent. Le baseball majeur interdisait, théoriquement, la consommation de stéroïdes et d’autres substances sans toutefois faire le nécessaire pour traquer et punir les joueurs fautifs. On parle donc d’une sorte de permission par défaut… avec les conséquences qu’on sait.

    • Hors sujet, un texte intéressant qui montre que Jeffrey Loria et David Samson continuent de se faire aimer partout: http://sports.yahoo.com/news/marlins-jeffrey-loria-david-samson-fire-sale-trade-hanley-ramirez-new-stadium-.html

    • @ simon_snake

      Effectivement, Bonds était un vrai de vrai Five-Tool Talent. Il avait déjà la puissance, la vitesse et la discipline au bâton pour être l’un des meilleurs frappeurs de tout les temps. Mais il semble que Bonds a décidé, vers la fin des années 90, qu’il ne voulait plus être un joueur de 35 cc / 35 bv, mais plutôt un frappeur de 50 cc.

      Pourtant, je suis sûr qu’un paquet d’entraîneurs choisiraient le joueur de 35/35 avant le 50 cc.

    • @cad3
      Excellente référence.
      Excusez mais”Ta..qu’on s’est fait royalement f…!” même si le baseball n’était pas/plus viable à Montréal avec des assistances de 825 personnes.
      J’ajoute qu’en remontant ce lien il y a également un autre excellent article sur le métier de “catcher” avec Russel Martin

    • Les Bonds, mcGuire, Sosa et Clemens, aurait possiblement tous été admis a Cooperstown s’il n’aurait pas fait usage de drogue, le talent était la mais malgré leurs talent indeniable, c’est en raison du tords au niveau moral qu’ils devront leurs absence a Cooperstown. Comme disait le grand-pere de Spiderman, quand tu as un grand don, tu endosses de grandes responsabilité.

      Comme la toune… Hero a zéro !!!

    • @le_gaucher

      Offensivement, 50cc est beaucoup mieux. Beaucoup. Il faut prendre en compte les tentatives de vol ratées. Pour les fins de comparaison, assumons que ce nombre est zéro. 50 cc = 200 buts. 35 cc = 140 buts + 35 bv= 175 buts. Donc 25 buts de plus avec les cc. De plus, les coequipiers n’avancnt pas sur les buts volés.

      Un but volé ne vaut pas tant que cela de nos jours. C’était plus utile dans les années 80 quand les parties se terminaient 3-2 au lieu de 6-4.

      Un entraineur devrait choisir le 50cc c’est clair. Ensuite il reste à voir quelle est la contribution défensive du joueur…

    • @ laigle7

      Je suis à moitié d’accord.

      C’est sûr que les 50cc ont une valeur brute très élevée. Sauf que quand je parle d’un joueur 35cc/35bv, je ne parle pas juste de buts volés, mais de vitesse en général.

      Lorsque Bonds s’est mis à “enfler”, ce n’est pas juste son nombre de buts volés qui a diminué, mais son efficacité dans plusieurs sphères de la game.

      Défensivement, il ne couvrait vraiment plus autant de terrain que lors de ses belles années. Il est passé d’un gant doré automatique (8 fois entre 1990 et 1998) à un voltigeur qui laissait tomber des balles devant lui. La perte de vitesse et de mobilité pour un voltigeur est pas mal plus dommageable que pour un receveur, un premier but, etc.

      Offensivement, c’est vrai que les circuits donnent plus de buts que les buts volés, mais le joueur rapide prend également des buts supplémentaires sur les entiers (avance du 1er au 3e sur un simple ou marque sur un double, etc.). Ce n’était plus trop le cas de Bonds vers la fin. Ces buts additionnels ne sont pas comptabilisés dans le total de buts, mais contribuent grandement à la création de points.

      De plus, c’est clair que si Bonds avait été plus menaçant sur les sentiers à ses dernières années avec les Giants, il n’aurait pas reçu autant de buts-sur-balles intentionnels (120 en 2004). Mais à sa défense, ça l’aurait également aidé s’il avait été suivi d’un frappeur plus redoutable.

      Mais je reconnais que c’est un peu injuste d’évaluer ça de la sorte, parce que tous les joueurs finissent par perdre de la vitesse lorsque arrive la trentaine. On ne peut pas être certain qu’un Bonds sans stéroïde aurait nécessairement continuer à voler des buts, à couvrir du terrain, à transformer des simples en doubles, etc.

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