David Courchesne

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    Journaliste au pupitre à La Presse, David Courchesne a depuis quelques années délaissé le gant de cuir et les crampons pour le clavier et l’écran mais la passion du baseball demeure, Expos ou pas.
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    Mardi 1 mars 2011 | Mise en ligne à 11h00 | Commenter Commentaires (6)

    Le refuge montréalais de Jackie Robinson

    JACKIE_ROBINSON-06_19668319 Photo Alain Roberge, La Presse

    C’est une belle initiative que celle du Consulat général des États-Unis, qui vient d’honorer la mémoire de Jackie Robinson devant l’ancienne demeure montréalaise du célèbre numéro 42.

    Dans le cadre du mois de l’histoire des Noirs, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, monsieur David Jacobson, et la fille de Jackie, madame Sharon Robinson, entre autres invités, ont dévoilé une plaque commémorative au 8232, avenue De Gaspé.

    Jackie Robinson et sa femme Rachel ont habité cette maison du quartier Villeray en 1946, quand Jackie portait l’uniforme des Royaux de Montréal, filiale AAA des Dodgers de Brooklyn. C’était quelques mois seulement avant le saut historique de Robinson dans le baseball majeur, orchestré par le président et directeur général des Dodgers, Branch Rickey, un visionnaire.

    Sur la plaque, on peut lire dans les deux langues officielles : «Légende du Temple de la renommée du baseball et figure emblématique du mouvement des droits civils, Jack Roosevelt «Jackie» Robinson et sa femme Rachel ont habité cette maison en 1946 lors de son passage au sein des Royals de Montréal dans la Ligue internationale AAA. Premier joueur noir de baseball professionnel de l’ère moderne, Robinson est devenu un puissant symbole d’espoir. Sa grâce, sa dignité et sa détermination ont fait de lui une source d’inspiration pour des millions de personnes.»

    Sharon Robinson, lundi, au sujet de l’ouverture d’esprit des Montréalais : «Cette demeure fut une sorte de refuge [pour Jackie et Rachel] après un séjour pénible dans le sud des États-Unis», marqué par des tensions raciales soutenues et, avouons-le, injustifiées pendant le camp d’entraînement, en Floride.

    L’analogie du refuge représente un remarquable compliment, pour les Québécois en général et les Montréalais en particulier. Avenue De Gaspé, Robinson et sa femme se sentaient enfin respectés.

    «Les gens du voisinage étaient gentils, protecteurs et d’un grand soutien, a reconnu Rachel Robinson, 88 ans, dans un récent entretien avec La Presse Canadienne. S’installer à Montréal après notre mariage [en février 1946] et recevoir un accueil aussi extraordinaire, c’était un peu comme notre lune de miel.»

    Rien de moins.

    Les amateurs de baseball qui ont applaudi Robinson au stade de Lorimier, ceux qui ont célébré le championnat des Royaux avec leur nouveau héros – de race noire ! – jusque dans la rue en 1946, ne s’en doutaient pas dans l’immédiat, mais leur enthousiasme et leur spontanéité auront marqué l’histoire de l’Amérique, d’une certaine façon. Une belle carte de visite pour les Québécois, non ?

    À lire aussi :
    La chronique de Ronald King

    [david.courchesne@lapresse.ca]


    • Et il aura fallu que ce soit des Américains qui rappelle sa mémoire aux Montréalais.!

    • Pourquoi qu’il n’y a pas un zinzin à l’hôtel de ville qui y a penser?Montréal est tellement une ville de colon. À titre d’exemple à Londres, il y a des plaques commémoratives à chaque endroit ou une personnalité à habiter( Hitchcock,Agatha Christie etc…)

    • @paul.r
      Au Stade olympique, on trouve une sculpture de Jackie Robinson, oeuvre de l’artiste québécois Jules Lasalle érigée dans les années 80.

    • Héros du championnat de 1946. La foule en délire poursuivait Robinson pour lui démontrer son adulation. Probablement la première fois qu’une foule de race blanche poursuivait un homme noire par amour plutôt que par haine. (”It was probably the only day in history that a black man ran from a white mob with love instead of lynching on its mind.” – Sam Maltin, Pittsburgh Courier)

    • Étant donné qu’il ne se passe plus grand chose au Stade olympique, on pourrait peut-être déménagé la statue de M.Robinson et la mettre pas tellement de celle du Rocket au centre Bell.

      Pour autant que la statue se déménage…

    • je me réjouis en pensant que des Montréalais de langue française ont non seulement loue un logement à la famille Robinson mais se sont mobilisés pour coudre des vêtements au petit, tout ça quand on sait qu’aux USA, ils ne pouvaient même pas se loger.
      Aux USA, Jackie était fustigie, insulte comme ce n’était pas permis!
      A Monreal, les gens l’ont accueilli comme un héros !
      Dommage qu’il n’ait pu poursuivre sa carrière ici, parce que Montreal n’était que le tremplin des Grands joueurs.
      Je suis fière de constater que Jackie Robinson a été apprécié, adulé par des Québécois, des Montréalais qui ont su apprécier un être humain pour ce qu’il était, pour ses qualités!
      Bravo si Montreal a été une plaque tournante contre la ségrégation entre Noirs et Blancs!

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