David Courchesne

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    Journaliste au pupitre à La Presse, David Courchesne a depuis quelques années délaissé le gant de cuir et les crampons pour le clavier et l’écran mais la passion du baseball demeure, Expos ou pas.
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    Vendredi 27 mars 2009 | Mise en ligne à 12h47 | Commenter Commentaires (6)

    Schilling au Temple ?

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    Curt Schilling mérite-t-il une place au Temple de la renommée du baseball ? La question se pose maintenant que le droitier de 42 ans vient d’accrocher définitivement gant et crampons.

    Ça, on le saura en 2013, quand le nom de Schilling apparaîtra pour la première fois sur le bulletin de vote des privilégiés membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique.

    En attendant, la seule spéculation reste permise. Pour certains amateurs, c’est l’évidence : Schilling obtiendra facilement son laissez-passer. Pour d’autres, le dossier demeure énigmatique.

    Les statisticiens dans l’âme adorent comparer les colonnes de chiffres pour identifier les joueurs d’exception. Cette méthode, quoique controversée, représente un outil incontournable.

    Schilling totalise 216 victoires contre 146 revers et affiche une moyenne de points mérités générale de 3.46 en 3261 manches de travail réparties sur 20 saisons dans les majeures.

    Les 216 gains du principal intéressé lui confèrent l’échelon numéro 77 de tous les temps, en compagnie de Wilbur Cooper et d’un artiste de la balle papillon, Charlie Hough.

    Des gars comme Mike Mussina (270), Jamie Moyer (246), David Wells (239) et Kenny Rogers (219), notamment, devancent l’ami Schilling au chapitre des triomphes.

    Seulement 14 lanceurs – dont Pedro Martinez et Greg Maddux – peuvent toutefois se vanter d’avoir passé plus de frappeurs dans la mitaine que Schilling (3116) en carrière.

    Mais au-delà des quantités (on pourrait jongler indéfiniment avec une panoplie de nombres et concocter des dizaines d’équations), il importe de considérer l’impact du baseballeur concerné.

    On se souviendra surtout de Schilling comme un lanceur qui prenait les choses en mains quand ça comptait vraiment sur le terrain, une sorte de Patrick Roy du monticule.

    Les éliminatoires de 1993 dans l’uniforme des Phillies de Philadelphie, sa performance incroyable lors de la Série mondiale de 2001 avec les Diamondbacks de l’Arizona.

    Est-il nécessaire de rappeler son séjour avec les Red Sox de Boston et, du même souffle, ses deux conquêtes de la Série mondiale, dont le fameux épisode du bas ensanglanté ?

    Il sera intéressant de constater si les performances de Curt Schilling dans les moments cruciaux compenseront, en fin de compte, pour quelques statistiques en apparence moins spectaculaires. L’électorat dispose de cinq ans pour y réfléchir.

    [david.courchesne@lapresse.ca]


    • Schilling au Temple:

      Les moins:
      - Nombre de victoires (moins capital que par le passé, vu l’importance accrue des releveurs)
      - MPM globale OK, sans plus
      - Le personnage Schilling: personnalité controversée, avec un besoin morbide d’attirer l’attention, qui exprime quotidiennement ses opinions sur tous les sujets à qui veut ou ne veut pas l’entendre. Comme on dit en anglais “he has rubbed a lot of people the wrong way.” Ce trait de caractère va continuer à se manifester bien après sa retraite, surtout s’il concrétise les ambitions politiques (républicaines) qu’on lui prête

      Les plus:
      - Il fut l’un des 4-5 lanceurs dominants du baseball pendant une douzaine d’années (Pedro, Maddux, Big Unit, Clemens, Smoltz sont les autres).
      - Ses performances en séries avec les Phillies (1993), les D-Backs (2001) et les Red Sox sont légendaires. Il fut un acteur de premier plan dans les deux plus mémorables éliminatoires des 20 dernières années (2001 et 2004). Smoltz est le seul qui a un dossier comparable (pas égal, mais comparable).
      - Un des deux lanceurs à avoir plus de 3000 retraits au bâton et accordé moins de 1000 buts sur balles. L’autre est Ferguson Jenkins. Jenkins l’a fait par la peau des dents (quelques BB en-deçà de 1000), ce n’est pas le cas de Schilling (3116 K, 711 BB). Un power pitcher avec un contrôle exceptionnel, c’est rarissime.
      - Le fait d’avoir brillé avec une formation comme les Red Sox à un moment clé de leur histoire (reverse the curse), ajoute au personnage un aura de légende qui ne manquera pas de séduire les électeurs

      VERDICT: Peut-être pas la première année, mais Schilling aura sa plaque à Cooperstown (à moins qu’on ne découvre qqch de pharmacologique à son sujet d’ici là – après tout ses performances comme “power pitcher” après l’âge de 32 ans furent VRAIMENT exceptionnelles)

    • Je crois qu’avec tous les soupçons de dopages cela va faire en sorte que des joueurs qui à preuve du contraire sont propres vont avoir la sympathie du comité de sélection malgré des statistiques moins éclatantes. Donc, un gars comme Curt Schilling pourrait très bien faire son entrée au temple lors d’une cuvée de joueurs moins propres.

      Mais si l’on s’en tient à la rigueur habituelle, Curt Schilling ne pourrait pas être admis au temple.

    • Il sera intéressant de voir si justement les performances de Schilling en octobre sauront convaincre les voteurs, car je crois qu’il lui aurait fallu une quarantaine de victoires additionnelles pour lui ouvrir plus facilement les portes.

    • Il existe toutes sortes de statistiques pour les lanceurs.

      Une statistique (parmi tant d’autres) qui démontre le contrôle d’un lanceur est le ratio des buts sur balles/retraits sur trois prises.

      Schilling- 711 BB/3116 SO pour un ratio de 4.38
      Mussina- 785 BB/2813 SO pour un ratio de 3.58
      Maddux- 999 BB/3371 SO pour un ratio de 3.37
      Rogers – 1175 BB/1968 SO pour un ratio de 1.67
      Wells – 719 BB/2201 SO pour un ratio de 3.06
      Moyer- 1074 BB/2248 SO pour un ratio de 2.09

      Il y a un autre docteur dans la maison?

      De plus, parmi tous ces lanceurs, Schilling est celui qui a commencé le moins de match comme partant (436 sur 569 matchs).

      Seulement 216 victoires à sa fiche, mais beaucoup de contrôle.

      Koufax: ratio de 2.93 (817BB-2396 SO)
      Gibson: ratio de 2.33 (1336BB-3117SO)
      Nolan Ryan ratio 2.04 (2795BB-5714 SO)

      Si on regarde la fiche de Bob Gibson, il a un retrait de plus que Schilling mais 625 BB de plus!

      Personnellement, je crois qu’il a sa place.

      -Chingachgook

    • Schiling mérite sa place au temple de la renommée, ses 3 bagues de la Série Mondiale, ses exploits lors du fameux match du bas ensanglanté montre sa détermination et sa soif de vaincre dans les moments cruciaux, un des lanceurs que j’ai adoré, c’est triste que l’an dernier, les blessures l’ont forcé à quitter alors que j’aurais adoré le voir en séries de championnat, mais bon merci Curt pour les beaux moments que tu m’as fait vivre en tant qu’amateur de baseball et merci à monsieur Courchesne pour ses articles sur le baseball, on en parle trop peu au Québec.

    • Si Schilling n’est pas admis, le temple ne reconnaît pas la valeur d’un compétiteur. Je crois qu’il a sa place bien avant Mussina, Wells, Rogers et les autres nommés plus haut (je doute que ces derniers soient admis). J’espère que sa personnalité ne jouera pas contre lui, certains journalistes ne l’aimaient pas beaucoup. Il a été le catalyseur des championnats de Boston, seulement pour sa place dans l’histoire d’une grande équipe, il mérite l’entré au temple.

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