Pierre Couture

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    Pierre Couture est journaliste spécialisé dans le secteur des Affaires depuis 2003 au quotidien Le Soleil. Il pratique le métier depuis maintenant 17 ans.
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    Vendredi 8 mars 2013 | Mise en ligne à 15h42 | Commenter Commentaires (12)

    Desjardins : pour ou contre les propos d’Yves Michaud ?

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    L’entretien que m’a accordé le «Robin des banques» Yves Michaud à propos du Mouvement Desjardins a beaucoup fait réagir. Yves Michaud souhaite maintenant lancer un mouvement de surveillance des caisses populaires Desjardins.

    L’ex-politicien, ancien journaliste et fondateur du Mouvement d’éducation et de défenses des actionnaires (MEDAC) croit que la haute direction de la coopérative de services financiers «fait fausse route» en se «comportant de plus en plus comme une banque».

    «Il y a une peste dans le monde financier qui est en train de se répandre au sein du mouvement coopératif. Les dirigeants de Desjardins font ce qu’ils veulent. Personne ne peut les contester lors d’une assemblée annuelle. Ils ont un discours de banquiers. Les caisses populaires ont été fondées pour faire contrepoids aux banques. Pas pour faire pareil», a dit Yves Michaud au Soleil.

    Yves Michaud soutient que les caisse populaires en fusionnant, en fermant des points de services partout au Québec et en offrant des importants salaires à ses hauts dirigeants, sont devenus trop grosses tout en cherchant un maximum de rentabilité. Ce qui n’était pas à la base du mouvement coopératif de son fondateur, Alphonse Desjardins.

    Il y a deux ans, c’était Claude Béland, un ancien président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000, qui a admettait publiquement que la philosophie participative et coopérative du Mouvement s’était considérablement effritée ces dernières années. «Il y a des caisses qui, à mon point de vue, sont rendues trop grosses, c’est évident, où la participation est à peu près nulle », avait-il indiqué dans une entrevue accordée à la SRC.

    M. Béland disait avoir assisté à l’émergence d’une nouvelle philosophie chez Desjardins, plus proche de celle des banques, au moment où les administrateurs et membres des conseils d’administration, qui étaient auparavant des bénévoles, ont commencé à être payés.

    La réaction de Desjardins, dans les deux cas, a été très rapide et incisive. Voici mon texte publié dans Le Soleil de vendredi matin où la direction du Mouvement Desjardins répond à Yves Michaud (http://bit.ly/WQ0Vzi).

    Dans tout ce débat qui court depuis quelques jours, nous avons peu entendu la réaction des membres de la coopérative de services financiers. Ils sont plus de 5,6 millions au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

    Qu’en pensez-vous ?


    • Je crois que la réalité se retrouve un peu entre les deux. Pour avoir travailler autant dans les banques que pour les caisses, je dois avouer que Desjardins devient de plus en plus copié sur le modèle des banques, à l’exception que la gestion ne devient pas centralisée et pensée au «head office» à Toronto.

      Oui les caisses ont un besoin de faire des profits, d’abord pour verser les ristournes, en deuxième lieu pour conserver un réseau puissant au Québec et aussi assuré sa pérennité dans le futur. Michaud est possiblement le premier à chialer contre le capitaliste mais je serais curieux de voir ses sources de revenus, pour qui il défend ses intérêts.

      Chaque entreprise, qu’elle soit sous une coopérative ou pour une société privé, doit avoir un modèle rentable et productif, et c’est pas en conservant des points de services dans un village de 28 habitants qu’ils peuvent survivre. Y a pas de modèle parfait, mais entre vous et moi, comparez la grosseur de la Banque Nationale et de Desjardins et regarder le salaires donnés à ses principaux dirigeants. Louis Vachon ne peut pas trop se plaindre.

    • Le salaire des PDG de banques me fait penser à celui des recteurs: tellement surrévalués.
      Pensez-vous que ces gens, qui gagnent des millions $, sont absolument nécessaires aux banques ?
      Les banques au Canada, c’est un monopole. Tout le fric passe pas eux. Impossible de leur échapper, des BS aux millionnaires. Faut une banque.
      Non seulement elles ne donnent plus une cenne d’intérêt mais elles nous chargent toutes des frais ridicules.
      Calculez 100 $ de frais par année par Canadien. C’est 3,4 milliards $ de profits!
      Vous avez vu les profits qu’elles font ?
      Des machines à faire de l’argent. Normal, elles ont un monopole !

    • Desjardins ne répond pas aux propos de Michaud en se défendant, ils les confirment.

      Selon Michaud, ils font fausse route ? Peut-être bien, mais le débat a déjà été fait à l’interne et c’est cette vision là qui a gagné ! Il y a combien d’années ? On pourrait dire, il y a plus de 20 ans.

      Il ya encore des différences avec les banques, notamment au niveau de la distribution ou de l’implication dans les communautés locales mais pour le reste au niveau des produits et services financiers, ils sont encore moins bons que les banques et pour la direction sur-rémunérée, ils copient les banques.

      Les surveiller ? peut-être mais Michaud reste un peu idéaliste, je préfère, pour ma part, de faire affaire avec eux que pour des services courants et de base, autrement, les banques font mieux.

      Un autre débat, c’était la centralisation versus la décentralisation…

      André Chapleau ? Il faudrait relire des articles de l’époque, il a été impliqué dans ces débats là…

      Puis vous savez, nous avons aussi connu des gens qui n’ont jamais crû à la vision coopérative de Desjardins et donc n’avaient pas de comptes chez eux. Nous, c’est différent, on avait notre compte dès l’école élémentaire avec la caisse scolaire. Très bien, cela mais quand tu ne rencontres rien de mieux là qu’ailleurs ?

      Que Michaud continue ces dénonciations même si cela n’empêche pas les banques et Desjardins et surtout leurs hautes directions de se comporter en ogres gourmands.

    • Je dois me mélanger de nom pour le porte-parole Chapleau qui est dans les relations publiques, je pense plus à quelqu’un qui était à la Confédération et en même temps que Béland était le président…

      Il ne s’appelait pas Chapleau lui aussi ?

      Je le revois dans ma tête sa physionomie mais… Je peux pas confirmer son nom… C’est juste que les débats sur l’orientation du Mouvement étaient très présents disons au début des années 1990 et cela devait avoir commencé quelques années auparavant…

      En tous les cas… Pour moi, le débat n’est pas clos à 100 % mais presque, la vision société par actions disons plutôt que coopérative a gagné…

      Et est-ce que cela me dérange ? Je ne suis plus qu’un membre que pour faire mes transactions quotidiennes… Rien d’autre… Alors ?

    • J’aurais dû fouiller avant d’écrire… Et il faudrait le faire plus…

      Juste pour fin de précision, c’est monsieur Jocelyn Proteau que j’avais en tête ( cela ne ressemble même pas à Chapeau sauf les trois dernières lettres).

      Même si Béland était le président, c’est la vision de Proteau qui l’a emportée. À moins que je me mélange encore… Juste pour dire que Michaud est encore pertinent mais que la transformation de Desjardins dans le sens qu’il combat est déjà faite depuis un bon bout et elle se poursuit… Il reste encore des éléments de la vision coopérative que l’on ne retrouve pas dans les banques mais pour le reste vous êtes essentiellements des clients plutôt que des membres et les filiales sont des sociétés par actions devant faire des bénéfices nets plutôt qu’être des coopératives avec des excédents et ristourne.

      Ce n’est plus la pérennité du service aux membres que l’on préserve mais on cherche la maximisation des profits en nuançant comme dans les organisations à but lucratif alors qu’une coopérative c’est sans but lucratif, mais avec besoin d’excédents pareil pour sa croissance et son maintien.

    • Comme partout ailleurs, on monte les frais et on offre un service très trés ordinaire et avec des erreurs . Quand j’en est eu assez de leur service et décidé de fermer mon compte, j’ai dû poiroté au comptoir avec une ligne d’attente derrière moi pendant que la caissière fermait mon compte et expliquait devant tout le monde tous les liens et placements reliés a mon compte… Pathétique comme expérience.

    • Claude Béland est le dernier président de Desjardins à avoir appliqué à la lettre l’esprit coopératif.
      L’arrivée de madame Leroux l’a complètement anéanti.
      Être PDG d’une banque vous autorise pour quelques années, à vous en mettre plein les poches mais cela n’est pas compatible avec l’esprit coopératif. Alors madame Leroux a changé sans subtilité les règles et Desjardins est devenue une banque. Au plus fort la poche, donc, et que les sociétaires aillent se faire voir s’ils n’apprécient pas car ils n’ont plus aucun pouvoir sinon d’encaisser leurs “ristournes” annuelles qu’ailleurs on nomme des dividendes.

    • @ chip

      Eh oh, c’est la journée de la femme. Une femme qui fait quelque chose de pas correct, ça n’existe pas. Alors un peu de respect.

      Trêve de plaisanteries, vous avez mis le doigt sur le bobo. Cette PDG est la principale responsable de ce changement d’esprit et Michaud a bien raison de critiquer.

    • @tonyverdechi: et on n’a même pas abordé la question des victimes colatérales, les employés, nombreux, en burn-out. Desjardins a complètement déshumanisé son personnel. Faut qu’ils rapportent ! À n’importe quel prix. Et je sais pertinemment qu’un employé en invalidité à long terme subit des pressions jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et qu’il accepte de démissionner. J’en connais à qui c’est arrivé.

      Au fait, la journée de la femme était hier… ;)

    • L’argent est totalitariste, athéiste, capitaliste extrêmiste et bientôt mondialiste (une banque suprême).
      L’argent est la racine de tous les maux et nous en avons fait notre veau d’or. Pauvre humanité déshumanisée, qui est devenue sous produit capitaliste (superficialité), dis moi ou tu t’habilles je te dirai qui tu es. Desjardin$ déteste les pauvres naturellement, tout ce qui est reliés à ses magnats du dollar $ ne sent pas très bon, ce sont des êtres sans âmes,sans foi et sans Dieu. Ils ont oublié que l’argent et ses oeuvres n’hériteront pas du royaume Divin.

    • J’appuie en totalité l’idée de Monsieur Yves Michaud, de vouloir faire « un mouvement de surveillance du Mouvement des caisses populaires Desjardins ».
      Monsieur Michaud a parfaitement raison lorsqu’il affirme que les caisses se veulent aussi grosses que les banques. Là n’est pas la perception première d’une coopérative.
      Pour en avoir constater et parler avec différentes catégories de membres ; oui! Je dis bien catégories de membres, parce que Desjardins classe ses membres par catégories : pas rentables, membres moyennement rentables, rentables, et très rentables ou riches ; les taux d’intérêts sur prêts sont souvent plus avantageux pour les plus nantis que pour les défavorisés. De plus, parlons des ristournes, encore là, ceux qui possèdent de plus gros comptes sont davantage récompensés.
      La Coopérative du Mouvement des caisses populaires Desjardins, pour ceux qui ne s’en souviennent pas, fût fondé par Alphonse Desjardins, pour aider le petit épargnant.

      «L e projet de loi contre les pratiques usuraires, que présente le député conservateur Michael Joseph Francis Quinn aux Communes le 6 avril 1897, marque un tournant décisif dans la vie de Desjardins. Quinn cite, à titre d’exemple, le cas d’un Montréalais condamné par un tribunal à payer des frais d’intérêts de 5 000 $ sur un emprunt initial de 150 $. Bouleversé, Desjardins prend conscience plus que jamais des lacunes dans l’organisation du crédit. Les petits emprunteurs n’ont guère accès aux banques ordinaires. Comment empêcher que leurs besoins de crédit les obligent à se tourner vers des prêteurs qui, souvent, n’hésitent pas à les exploiter ? L’interrogation ne le quitte pas. Peu de temps après, il découvre l’ouvrage People’s banks, a record of social and economic success (Londres et New York, 1893) de l’Anglais Henry William Wolff. Le 12 mai 1898, il adresse une lettre à l’auteur pour obtenir des renseignements supplémentaires. Grâce à Wolff, Desjardins obtient les noms de nombreux coopérateurs français, belges, italiens et suisses, tous dirigeants de banques populaires ou de caisses rurales, avec lesquels il entre en contact. Pendant plusieurs mois, il étudie attentivement la documentation qu’on lui fait parvenir et tente d’évaluer les mérites des différents modèles de coopératives de crédit. Tenant compte des différences de nature économique, sociale et culturelle entre le Canada et l’Europe, il opte pour un modèle nouveau, inspiré des règles d’organisation européennes. »… « La caisse populaire n’est pas qu’une simple entreprise économique. Desjardins la définit comme une œuvre sociale au sens de la doctrine sociale de l’Église, une œuvre que l’élite des paroisses doit encourager pour contribuer à l’amélioration de la condition matérielle et morale des classes populaires. » [POULIN, PIERRE. Responsable du Projet d’histoire du mouvement Desjardins, Société historique Alphonse-Desjardins, Lévis, Québec.] [Alphonse Desjardins (1854–1920) [en collaboration avec G. Bélanger].

      Aujourd’hui, les dirigeants du Mouvement des caisses populaires Desjardins ont tout fait pour évacuer les banques des petits villages ; ils ont pris le monopole et considérant qu’ils n’ont plus de concurrence, ils regroupent des caisses, créent des centres de services et enfin ferment des succursales. À qui cela rapporte-t-il le plus ? Certes pas aux personnes plus âgées qui ont foi au Mouvement et qui ont mis leurs épargnes dans leur Caisse populaire. Et pour les membres, Desjardins offre des forfaits à tarif mensuel fixe sur les frais de services, si vous garantissez un solde minimum de 1000 $ dans votre compte et que vous respectez les critères énoncés. Que vous vous serviez du guichet ou que vous fassiez vous-même vos transactions par l’Internet, vous aurez des frais d’utilisation si vous dépassez le nombre d’opérations établies. Référence : Tableau comparatif détaillé des forfaits Desjardins. Posez-vous la question, à qui cela rapporte-t-il le plus ? Certainement pas au petit épargnant. Les dirigeants de Desjardins veulent faire croire que l’épargnant moyen est pris en considération et qu’ils font tout pour lui venir en aide. C’est un mythe. N’ayons pas peur de dénoncer, il y a plusieurs exemples et faits dont les gens ne veulent pas parler de peur d’être mal jugé. Qu’arrive-t-il aux caissiers, caissières qui perdent leur emploi pour cause de fermeture ou même lorsqu’il y a des coupures considérables sur les heures d’ouverture.
      L’automatisation ne remplacera jamais un humain au service des membres. Et les millions versés en salaire aux dirigeants, ne sont pas nécessairement mis au service des membres, mais plutôt au bien être des hauts placés du Mouvement Desjardins.
      Oui ! Monsieur Michaud, je vous appuie dans votre démarche, une surveillance du Mouvement ; il est grand temps.

      Claire D. petites économies

    • J’ai retiré toutes mes billes de chez Desjardins il y a plusieurs années et à entendre les commentaires de mes connaissances qui font toujours affaire avec eux, j’ai pris la bonne décision. J’en avais marre du peu de services offerts et de la piètre qualité de ceux-ci. Marre quand j’appelais le service à la clientèle pour un problème précis d’obtenir une réponse différente de chaque petite madame sur laquelle je tombais. Marre de leurs horaires pas du tout adaptée à une clientèle qui travaille plus de 32 heures par semaine. Marre de me faire geler mes chèques de paie pendant 4 jours après plusieurs mois à l’emploi de la même entreprise. Marre qu’on ne puisse même pas me donner une carte de guichet temporaire en succursale s’il y avait eu un problème avec la mienne. Marre des erreurs pour les opérations les plus simples dans mon compte. J’ai pris une chance d’y retourner l’an dernier lorsque est venu le temps de magasiner ma première hypothèque et toutes les autres institutions offraient mieux. Le seul avantage de Desjardins, c’est qu’ils offrent des prêts à des gens qui ne pourraient pas en obtenir ailleurs, mais pour quelqu’un dont le dossier de crédit est bon, les taux ne sont pas du tout compétitifs.

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