Pierre Couture

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    Pierre Couture est journaliste spécialisé dans le secteur des Affaires depuis 2003 au quotidien Le Soleil. Il pratique le métier depuis maintenant 17 ans.
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    Jeudi 14 février 2013 | Mise en ligne à 21h47 | Commenter Commentaires (15)

    L’industrie éolienne est-elle menacée au Québec ?

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    L’industrie éolienne craint pour sa survie. L’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable et l’Association canadienne de l’énergie éolienne soutiennent que le gouvernement du Québec doit aller l’avant avec un nouvel appel d’offres de 700 mégawatts (MW) d’énergie éolienne. Un appel d’offres promis par l’ancien gouvernement libéral.

    Depuis 2003, Hydro-Québec a acheté 3300 MW à différents producteurs privés d’énergie éolienne par le biais de plusieurs appels d’offres. Des achats qui ont été imposés par l’ancien gouvernement libéral à coups de décrets gouvernementaux.

    Mardi, en commission parlementaire, le pdg d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a avoué que ces achats avaient été «inutiles» et allaient coûter au moins 1,5 milliard $ aux Québécois d’ici 2020 en raison d’importants surplus d’électricité accumulés par la société d’État et payés «à perte» à environ 10 cents du kilowattheure.

    Cette année seulement, Hydro-Québec Distribution prévoit dépenser tout près de 500 millions $ pour acheter de l’électricité dont elle n’a pas besoin.

    Il faut savoir qu’Hydro-Québec peine ces temps-ci à obtenir 4 cents pour chaque kilowattheure vendu aux États-Unis en raison de la faiblesse des prix du gaz naturel qui dicte le marché de l’électricité sur la côte est américaine depuis quelques années.

    L’industrie éolienne avance que 5000 emplois sont en jeu au Québec. Pour avoir le cœur net, l’industrie a commandé une étude à la firme Secor-KPMG qui soutient que d’ici 2015, ce sont huit milliards $ qui seront investis grâce à l’industrie éolienne, dont 5 milliards $ au Québec.

    Les parcs d’éoliennes du Québec impliqueront pour près de 3 milliards $ sur 20 ans en dépense d’opération. Un total de plus de 5 000 emplois/an chez les promoteurs, constructeurs et leurs fournisseurs seront soutenus pendant les phases de construction et la période d’opération de 20 ans.

    La filière éolienne devrait générer environ un demi-milliard $ (473 millions $) en création de richesse par année au Québec.

    Qu’en pensez-vous ?


    • Le calcul d’Hydro-Québec selon lequel nous perdons 1,5 milliards $ d’ici 2020 suppose que le prix de la ressource demeure sensiblement le même d’ici là. Si ce prix augmente, la “perte” va fondre comme neige au soleil (et p-e même se transformer en profit! Quoique ça m’étonnerait, d’après moi les prix vont demeurer bas pour les prochaines années, mais ils vont augmenter à plus ou moins long terme).

      C’est bien difficile de prédire le futur quand on doit baser nos calculs sur une donnée extrêmement volatile. Ne pensez-vous pas qu’il serait temps de prévoir à long terme, au lieu de regarder le prochain trimestre… Qu’est-ce qui va arriver si un jour les Américains cessent d’exploiter les gaz de schiste à cause d’un problème environnemental ou autre ? Les prix de l’énergie vont se remettre à augmenter.

      J’aime mieux qu’on prenne l’avance en Amérique du Nord dans le développement de technologies vertes. Comme ça, le jour où les ressources vont manquer (ce qui est inévitable sur une planète finie, dans le sens de non-infini…), nous aurons le gros bout du bâton !

    • L’industrie éolienne s’essouffle! Prions qu’elle meure rapidement et qu’elle emporte avec elle l’argent des investisseurs privés qui comptaient sur la manne publique pour se remplir les poches parce que sans cet argent, «l’industrie» n’avait aucune chance de naître et survivre. Je parie que l’un d’entre eux répliquera en mentionnant les risibles «gaz à effet de serre» et autres hallucinations.

      Quelle joie! La colossale bêtise de cette industrie inutile devient enfin visible à tous. Les critiques des nombreux stratagèmes du gouvernement et HQ ont raison, ont toujours eu raison. La réalité du marché a écrasé les illusions des bien-pensants, écologistes et autres naïfs congénitaux, encore une fois.

      Maintenant que le PDG de Hydro-Québec avoue sa défaite et celle de «l’industrie», est-ce que le gouvernement cessera enfin d’en faire la promotion. Y’a-t’il moyen d’annuler tous ces foutus contrats, les constructions en cours et les appels d’offres ? Espérons que le gouvernement tentera de sauver un maximum de fonds publics parce que nous avons passé le moment où il pouvait sauver la face.

      Si Hydro-Québec était une compagnie normale, c’est-à-dire privée, rien de ce gâchis fantastiquement coûteux ne serait arrivé. De tels projets ne seraient jamais même parvenus au conseil d’administration parce qu’un cadre junior aurait jeté le tout à la poubelle afin d’éviter les pertes de temps.

      Bon, à quand la privatisation de Hydro-Québec ?

      Dire que la monstrueuse incompétence mise au jour autour de Gentilly-2 et de la centrale au gaz auraient chacune suffit à en justifier la privatisation.

    • Les prix de l’énergie sont à la baisse en Amérique du Nord, d’abord en raison de la montée en puissance de l’industrie du gaz de schiste. Le phénomène est durable. Le prix du gaz naturel remontera un jour, mais il va demeurer compétitif contre le mazout (industrie lourde du Québec, enfin celle qui reste, notamment le minerai de fer ) et contre les énergies dites renouvelables. H-Q disposant d’une capacité excédentaire pour un bon bout de temps, je ne vois pas comment l’industrie éolienne va pouvoir continuer de prospérer, à moins que le gouvernement n’impose l’interfinancement hydroélectricité – éolien à Hydro-Québec, en haussant plus rapidement les tarifs pour financer l’achat des MW éoliens. Notre avantage compétitif va donc s’étioler au profit des autres provinces.
      Le recours massif à l’éolien, dans une province détenant un avantage comparatif indéniable en hydroélectricité et qui par surcroît se verra offrir de plus en plus le gaz naturel comme énergie de remplacement, c’est se tirer une balle dans le pied.
      Bien sûr on n’en fera rien pour des raisons d’image «écolo», et les contribuables paieront.

    • On fait bien du kilométrage sur le caractère de l’aide publique qui permet aux promoteurs d’énergies alternatives de se tirer d’affaires. Il ne faudrait pas oublier que l’industrie des hydrocarbures profite largement de l’aide publique. Dans son récent rapport World Energy Outlook, l’Agence internationale de l’Énergie évaluait l’aide publique à la production des hydrocarbures à 523 milliards $ en 2011, soit 6 fois plus que l’aide aux énergies renouvelables.
      Le jour où la taxe sur le carbone sera implantée afin de forcer les grands émetteurs à payer la pollution qu’ils produisent, toutes les autres formes d’énergie deviendront plus concurrentielles vs le pétrole et le gaz naturel.

    • Les Francais rêvent d’avoir notre vent alors profitons-en !

    • Quand le vent emporte nos rêves,il ne reste que la plate réalité de payer pour les rêves échoués.

    • Tout a un prix sur cette terre ! Il est tout de même étonnant que le Québec se soit lancé avec autant d’ardeur dans une technologie si coûteuse, pas très efficace alors que son potentiel hydro-électrique est l’un des plus élevés au monde. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas le gouvernement de ne pas imposer le dépôt d’un fonds de garantie visant la réhabilitation des sites éoliens lorsque la fin du contrat d’achat ou de leur vie utile arriveront (comme on le fait dans le secteur minier). Sinon on risque de se retrouver avec bien des sites éoliens abandonnés par les véreux capitallissssses. Et devinez qui paiera la facture ?

    • Premièrement, je suis en accord avec le commentaire de “HENEM” du 14 février. La filière éolienne est en train développer une industrie de fabrication de composants et d’entreprises d’Opération et Maintenance de parcs éoliens. L’expertise qu’elle est en train d’acquérir avec les appels d’offres d’H-Q permettent d’accroître le secteur de l’exportation. Le développement de cette énergie verte ne peut que se développer dans le futur au niveau global. Il faut donc appuyer cet appel d’offre d’H-Q de 700 MW pour consolider l’industrie. Beaucoup d’emplois directs et indirects sont impliqués dans ce continuum de développement.

      Pour ce qui est des surplus d’électricité, d’une part H-Q doit avoir un certain surplus pour son bon fonctionnement et d’autre part, pourquoi le Québec ne pourrait pas devenir un endroit sur la planète où il y aurait une énergie propre (hydraulique et éolien) reconnue pour ses faibles coûts où des industries énergivores pourraient s’installer dans un contexte de mondialisation, tel l’industrie de l’aluminium. Dans un article récent de Mario Dumont, il disait que près de la moitié du coût d’un lingot d’aluminium provient du coût de l’électricité. On pourrait donc exporter l’électricité via une transformation de produit, ce qui engendrait aussi un développement industriel avec tout ce qui l’entoure.

      Il faut avoir une vision à long terme du développement durable.

    • Les problèmes d’exportation d’Hydro vers le sud ne sont pas terminés. Les États-Unis continuent à exploiter de plus en plus leurs gaz de schiste ( ce que nous avons la stupidité de ne pas faire ) et ainsi de produire de l’électricité à plus bas coût que ce que nous pouvons atteindre avec des éoliennes. Et il ne faut surtout pas compter sur une très improbable catastrophe écologique chez eux, ce serait vivre de la pensée magique ( quoi qu’au Québec c’est souvent la norme ).

    • Un autre projet incroyable. Juste au Québec, qu’on peut investir dans un trou financier.
      Hydro-Qc l’achète 9-10 cents, mais ne peut le vendre à plus de 4-5 cents aux USA.
      Incroyable… On est prêt à continuer la course pour un crash dans un mur.
      Puis, on annonce qu’on a des surplus pour se rendre 2027!!
      En plus, tous les Québécois devront payer la facture!!
      Soit du surplus, soit d’une ristoune moins généreuse de Hydro-Qc !!!
      Bref, arrêtons ce genre de connerie.
      Tout le mandat d’Hydro-Qc (et son autonomie!!!) doit être revu et corrigé.
      Le développement régional via Hydro-Qc n’est pas une priorité pour elle.
      Arrêtons les commandes politiques.
      Si des entreprise PRIVÉES sont si bonnes (et qui croient au domaine du vent), alors qu’ils vendent à 3 cents à Hydro-Qc, et cette dernière fera un gros(?) profit de 1 cent (pour justifier toute la paperasse).
      La meilleure proposition pour les Québécois, c’est l’économie et des solutions énergétiques!!
      Les kilowatts non gaspillés seront toujours les plus profitables!!!

    • Il est d’usage courant pour l’industrie éolienne de doubler et tripler les prévisions qui l’arrangent et de diviser par deux ou trois les prévisions qui la dérangent. Cette commande à la firme Secor est des plus suspectes et ne devrait en aucun cas constituer une source d’information fiable et indépendante. En août 2012 le Techno Centre Éolien (un autre lobbyiste de l’industrie) dénombrait que 1200 emplois dépendaient de l’éolien, il y a deux semaines l’industrie en clamait 4000 et cette semaine 5000 emplois. Il faut voir dans ces mensonges une cause désespérée. Il serait plus juste de se fier aux sites d’HQ et du MRN qui parlent de 4000 emplois temporaires pendant la construction (2-3 ans) et quelques centaines d’emplois permanents pendant la phase d’opération (20 ans). L’industrie parle de $473 millions/année en création de richesses, à mon avis c’est très différent d’avec des vrais retombées économiques dont le calcul reste à faire, un montant de toute façon très contestable tant qu’on n’a pas les documents pour fin d’analyse. Quoi qu’il en soit les pertes pour HQ, lorsque seront complétés les 3 appels d’offres déjà contractés, s’élèveront à plus de $650 millions/année, si HQ parvient à vendre cette énergie excédentaire sur les marchés de l’exportation ( 4 sous/kWh en 2012). Nous sommes aux prises avec un des plus importants scandales économiques a avoir jamais frappé le Québec. Et on veut remettre ça avec un autre achat à perte de 700 MW qui, à son tour, générerait des pertes de plus de 200 millions/année, lesquelles seront bien évidemment refilées aux clients d’HQ, c’est à dire nous tous. Cet apport massif de fonds publics est nettement supérieur aux retombées économiques que promettent les promenteurs de l’éolien.
      Le gouvernement, au nom de l’intérêt public, a le devoir de renoncer à l’achat supplémentaire de
      700 MW, sous quelconque forme ( privé, gré à gré, communautaire, coopératif ou nationalisé).
      Je prends les adresses courriel pour l’envoi de références.

    • Je pense qu’on doit développer l’éolien, hydrolien (marémotrice), le solaire. Parce qu’ils ne changent pas la nature mais s’en sert. On ne doit pas non plus dormir sur nos barils de pétrole et continuer d’en importer, on doit transformer ici le pétrole canadien au lieu de le vendre brut au américain qui accumule des réserves pour faire monter les prix, mettre le bordel dans les pays arabes pour accaparer le marché de leurs réserves. On doit imposer des normes électrique et hybride. De même pour les bâtiments, électrique et bi-énergie. De même aux entreprises d’être et aux gros batiments d’être autosuffisants en énergie. Mettre des programmes pour faciliter le développement de bâtiments autonomes et vendre les surplus à travers le réseau public… sur tout le territoire canadien. On doit utiliser les profit de l’exploitation du pétrole et de l’électricité pour développer un TGV-monorail.(hybride électrique et pétrole) partout au nord comme au sud avec des transversales nord-sud dans toutes les provinces et territoires pour le transport des marchandises et personnes. Ça, c’est une façon intelligente d’utiliser ses ressources, de les transformer et de faire profiter à l’ensemble de la population des effets de levier économique pour améliorer l’environnement mais aussi la qualité de vie de tous les Canadiens. En ayant des transports rapide et efficace, ce qui donne une meilleure mobilité de la main-d’oeuvre pour contrer le chômage, permet d’accéder à de plus grands marchés pour toutes les entreprises sur le territoire canadien mais aussi faciliter l’exportation des ressources transformées, des produits et des services des Canadiens.

    • Il devrait être illégal de vendre à des marchés étrangers des produits et ressources d’ici à prix moindre.

    • Las de privatisation d’Hydro-Québec les dents longues des Américains pour avoir pour une bouchée de pains nos joyaux. On doit transformer en coopérative sortir les syndicats et les dirigeant qui ont trempé dans le blanchiment d’argent en Suisse.

    • En réponse à Charc, voici les faits : les 1200 emplois correspondent au nombre d’emplois qu’on retrouve dans le secteur éolien en Gaspésie et dans la MRC de Matane (là où se trouve plusieurs usines de fabrication de composantes d’éoliennes).

      Pour ce qui est du nombre d’emplois dans l’industrie éolienne au Québec, des compilations sont régulièrement effectuées. La dernière compilation donnait 4000 emplois pour la province avant l’étude de SECOR qui a été réalisée tout récemment. L’étude de SECOR fait état de 5000 emplois dans le secteur éolien, ce qui constitue la plus récente mise à jour.

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