Pierre Couture

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    Pierre Couture est journaliste spécialisé dans le secteur des Affaires depuis 2003 au quotidien Le Soleil. Il pratique le métier depuis maintenant 17 ans.
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    Mercredi 12 décembre 2012 | Mise en ligne à 9h24 | Commenter Commentaires (22)

    Doit-on abolir la sécurité d’emploi chez les fonctionnaires ?

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    Une note de recherche publiée par l’Institut économique de Montréal (IEDM) suggère l’abolition de la sécurité d’emploi et de l’ancienneté chez les fonctionnaires au Québec.

    L’auteur de cette note, l’économiste Yanick Labrie, dit s’inspirer de la Suède et soutient que l’organisation du travail dans le secteur public québécois est depuis longtemps entravés par de nombreuses rigidités. Résultat : notre fonction publique est inefficace, inflexible et trop centralisée.

    En Suède, une réforme du travail dans la fonction publique, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé, a permis d’après l’auteur d’instaurer une rémunération individuelle selon le rendement, les tâches à accomplir et le mérite de chaque fonctionnaire.

    Ainsi, dans le modèle suédois, les emplois à vie n’existent plus pour les employés du secteur public, lesquels sont maintenant régis par des règles pratiquement identiques à celles du secteur privé.

    L’une des premières initiatives en Suède a été de confier aux municipalités le soin de s’occuper des budgets et de prendre les décisions concernant les services clés offerts aux citoyens, comme la santé et l’éducation.

    Dans le secteur de la santé, cette réforme a permis d’endiguer les problèmes de pénurie de main-d’œuvre chez les infirmières et de faire chuter les taux d’absentéisme dans les hôpitaux.

    La réforme du travail dans la fonction publique se serait d’ailleurs faite sans démanteler le fameux modèle suédois de l’État-providence tout en recueillant l’appui des syndicats, rappelle l’auteur de cette note économique.

    Qu’en pensez-vous ?

    Sur le Web : http://www.iedm.org/fr/41932-lorganisation-du-travail-dans-le-secteur-public-lexemple-de-la-suede


    • Absolument pas. D’abord, l’étude citée provient d’un institut équivalente à l’IEDM en Suède. Celle-ci omet bon nombre de facteurs, dont un plus important ces derniers temps, celui de la corruption. L’avènement de la sécurité d’emploi dans la fonction publique est venu lorsqu’on a voulu régler le problème de la corruption dans les emplois de première ligne. Aussi, la gestion «manageuriale» privée ne s’adapte guère aux services immédiats car ceux-ci sont susceptibles d’être coupés davantage en premier, lors de restructurations décidées par des cadres désormais insensibles à la fonction première de leur service, soit celui du citoyen.
      En gros, c’est encore une fois une étude biaisée de la part d’un groupe d’idéologues convaincus que le retour à l’économie capitaliste du XIXe siècle est une panacée.

    • La sécurité d’emploi n’aurait jamais dû être accordée aux ronds-de-cuir, ni à personne d’autres. Seuls les rois, les papes, et les dictateurs ont une certaine sécurité d’emploi.

    • Gardons également en tête que l’échelle salariale de la fonction publique québécoise se situe à 30 % sous les tarifs du privé, en moyenne. Le choix fait par la plupart des fonctionnaire est d’échanger un salaire plus élevé pour une sécurité d’emploi.
      Si l’on abolit la sécurité d’emploi, les salaires seront-ils ajustés pour être compétitifs avec le privé ? S’ils ne le sont pas, le recrutement sera un cauchemar, surtout en ces temps de rareté de main-d’oeuvre, et ce ne seront certainement pas les «candidats alpha» qui considèreront le travail public.

    • C’est la fonction publique au grand complet qu’on devrait bazarder et donner les emplois à l’entreprise privée… genre Walmart! Eux ils savent comment donner des services à leurs clients…

    • Les problèmes de la fonction publique sont nombreux mais ont peu à voir avec les fonctionnaires comme tels, mais plutôt la gestion. Parmi ces problèmes :

      1) Impossibilité ou presque de congédier un fonctionnaire non-efficace, incompétent. Ce n’est pas la faute des fonctionnaires, ni des syndicats. C’est la faute de la haute gestion qui préfère tasser la poussière sous le tapis et ignorer le problème plutôt que donner aux gestionnaires de ligne les outils pour tasser les incompétents.

      2) Trop de contrôle partout. La peur du risque amène le gouvernement à dépenser près de 10 $ pour contrôler chaque dollar de dépense. Sans compter sur les impacts de ce contrôle sur la rapidité et l’efficacité du service aux citoyens.

      3) Le rôle des affaires juridiques dans l’élaboration de programmes et politiques. En lien avec l’item 2, tout devient une question de gestion du risque juridique. Or, par définition, les avocats sont prudents. Donc toute idée novatrice devient nécessairement suspecte. Rien n’avance, tout stagne.

      4) Le rôle des politiciens dans tous les processus de prise de décision. Si une idée passe les divers comités de gestion, les affaires légales et la haute gestion, elle doit en plus être approuvée par les politiciens, même si on elle est liée au processus opérationnel. Évidemment, en raison de la responsabilité ministérielle, il y va de soit. Toutefois, y a une ou plusieurs raison (s) pour lesquelles il y a une haute gestion, et c’est pour prendre des décisions, par pour servir de marionnettes…

      5) La haute gestion politisée. Chef de cabinet d’un ministre pendant 5 ans à dg ou sous ministre adjoint. La prise de décision est influencée par son rôle précédent. La fonction publique devient moins neutre et plus alignée. Il n’y a rien de bon là-dedans.

      Donc, on enlève la sécurité d’emploi ? Fort bien. Mais vous n’aurez rien régler en bout de ligne.

    • Rogiroux

      LOL! La fonction publique ne peut avoir un taux de roulement comme dans le privé. Garnir des tablettes, c’est pas pareil à déterminer des taux de cotisations, éduquer des enfants, déterminer les taux d’anti-coagulant, détecter les abus sur un enfant ou analyser les causes d’un accident mortel…

      À moins évidemment que votre futur cancer, vous voulez qu’il soit traité par Billy Bob qui n’a pas sa troisième année B…

      À moins évidemment que vous êtes d’accord à ce que Ginette qui ne comprends rien aux chiffres développe les formules actuarielles du ministère des Finances.

    • Avec ce qui se passe dans les villes actuellement, je ne suis pas sûr que l’on aimerait leur style de gestion appliqué à la santé et à l’éducation…

    • @oktobre7

      Il y a un passage fort intéressant dans l’étude de l’IEDM à propos de l’argument selon lequel la sécurité d’emploi serait absolument nécessaire pour contrer le phénomène de la corruption dans la fonction publique.

      Je cite: “Fait intéressant, la Suède figure depuis plus d’une décennie parmi les pays perçus comme étant les moins corrompus au monde, en plus de se classer dans les premiers rangs pour ce qui est du professionnalisme de sa fonction publique. Ainsi, la Suède fait la démonstration qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une organisation du travail dans le secteur public qui repose sur la permanence et l’ancienneté pour contrer le favoritisme et la corruption, comme l’affirment souvent les leaders syndicaux au Québec. Une étude récente du Quality of Government Institute portant sur 52 pays confirme d’ailleurs que la garantie d’emploi à vie ne joue pas un rôle de rempart contre la corruption. Selon les chercheurs suédois qui l’ont menée, c’est au contraire l’aspect méritocratique du régime d’emploi, beaucoup plus prédominant en Suède qu’au Québec, qui est le facteur le plus susceptible d’avoir une influence.»

      La garantie d’emploi à vie comme rempart contre la corruption : voilà un mythe véhiculé sur toutes les tribunes par les leaders syndicaux qu’on entretient depuis beaucoup trop longtemps au Québec.

    • La vrai définition de «sécurité d’emploi», c’est le fait que lorsque les gouvernements changent après une élection, les fonctionnaires restent en place. Avant que ça soit instauré, il y avait une grosse majorité des fonctionnaires qui perdaient leurs jobs après une élection, pour les donner à des amis du parti élu bien souvent. Je parle pas des grosse légumes à la Boisclair et autre sous-ministre adjoints là, je parle d’agents de programme ou de secrétaire ou même de préposé à l’information ou des trucs de même. La sécurité d’emploi a contribué à développer une fonction publique indépendante, professionnelle et compétente.

      Le fait d’avoir de la difficulté à mettre quelqu’un à pieds pour incompétence n’est pas lié au concept de sécurité d’emploi, mais aux vicissitudes des conventions collectives et au manque de couilles des gestionnaires.

      Finalement, je pense que pour égaliser les choses, on devrait plutôt travailler à améliorer les conditions de travail (salaire, vacances, etc.) des travailleurs du privé au niveau des fonctionnaires plutôt que de baisser les fonctionnaires au niveau des Wal-Mart et McDo. Toute la société y gagnerait. Et en attendant, ceux qui sont jaloux des conditions des fonctionnaires, ben aller faire les concours et tenter d’obtenir un poste. Si les fonctionnaires son si poche que ça, vous n’aurez pas de problème à vous démarquer. Mais si vous n’êtes pas assez compétent pour obtenir un poste, vous n’aurez que vous à blâmer.

    • L’IEDM qui cite le modèle Suédois, on aura tout vu!

      Je suis plutôt en faveur d’une révision de la sécurité d’emploi chez les fonctionnaires étant donné l’impétueuse propension de ces derniers à abuser de cette sécurité pour fournir un effort minimaliste.

      Cela dit, encore une fois les solutions de l’IEDM ne passent absolument pas le test de la réalité. La crise qui secoue le monde municipal en ce moment, et dont les fonctionnaires sont la cible première, démontre que toute application d’une décentralisation serait malvenue.

      Jusqu’à preuve du contraire, les fonctionnaires provinciaux, de par leur absence de proximité immédiate avec les soumissionnaires, sont moins susceptibles d’être corrompus que leurs collègues du municipal.

      En conclusion, pour mettre de l’ordre dans la fonction publique, il faut d’abord cibler la pandémie de corruption, ensuite viser le rendement. Par contre, le gouvernement actuel, peu pressé semble-t-il, ne semble pas s’être donné une échéancier pour s’attaquer à ces questions. Peut-être faudrait-il songer à faire une réforme du gouvernement en même temps que celle des fonctionnaires finalement…

    • Wow, un «think-thank» de droite qui en cite un autre. mdr
      «On connaît ces thèses critiquant la mondialisation, et, pourtant, on ne les a jamais vu exposées de façon si radicale au cinéma.»
      http://www.youtube.com/watch?v=I8nrdLlMWvM

      Jean Émard

    • Je suis d’accord avec les arguments de oktobre7, Le_Pierre, madmaf, lacliquedehull et, surtout, ceux de madmaf.

      La sécurité d’emploie a ses désavantages mais aussi ses avantages. J’ajouterais aux commentaires déjà faits qu’elle permet une certaines stabilité dans un organisme pour lequel c’est essentiel.

      Le problème n’est pas vraiment la sécurité d’emploi que le fait qu’il est difficile de mettre à la porte les cas lourds. Difficile ne veut pas dire impossible par contre. Cela se fait mais les gens ne le savent pas. J’ajouterais aussi que les gestionnaires ont une part de responsabilités. Quand tu ne te donnes pas la peine de monter un dossier et de faire les choses comme du monde, c’est facile de blâmer les syndicats (que je n’aiment pas beaucoup en passant).

      Parlant des gestionnaires, c’est beaucoup plus à ça que je m’attaquerais. Si on se plaint des mauvais employés, imaginer les mauvais gestionnaires. J’ai vu des gestionnaires démolir de bonnes équipes et avoir des promotions, rien de moins. La seule évaluation de ceux-ci est celle du supérieur. Alors bonjour les béni-oui-oui, lèches-c**, petits politiciens, etc. Et il y en a un peu trop à certains endroits.

      Ce n’est pas que les gestionnaires sont mieux ou pire que le reste des employés. C’est juste qu’ils ont un bien plus grand impact.

    • Doit-on abolir la sécurité d’emploi chez les fonctionnaires ? OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII! Ça donnerait un bon coup de fouet à l’économie. Imaginez un peu toute cette bande de gras durs arriver dans la vraie vie ? Ils vont se dénicher un vrai boulot comme tout le monde ou se lancer une petite business comme les trop vieux dont on ne veut plus. Ça shakerait le boogie et la «normalité» des conditions d’emploi amènerait certainement beaucoup de fonctionnaires à se surpasser pour conserver leur job.

    • @tonyverdechi:

      «La sécurité d’emploie a ses désavantages mais aussi ses avantages.» Les avantages sont pour les seuls êtres qui en bénéficient, les fonctionnaires.

    • Non, la sécurité d’emploi est là pour assurer une certaine continuité et éviter les dérapages partisan. Mais faudrait aussi pouvoir congédier en cas d’incompétence.

    • Surtout pas! Ça pourrait mener à une perte importante d’expertises dans certains domaines. J’ai tendance à croire que ceux qui sont pour l’abolition de la sécurité d’emploi ne savent pas de quoi ils parlent ou sont envieux de cette situation.

    • Oui ! Et nous devons congédier demain matin 100 000 fonfons sans préavis et sans indemnités de départ. Véritables parasites que ce sont ces gens qui nous surveillent. Engageons médecins et infirmières pour soigner les nécessiteux à la place.

    • Ça n’aurait jamais dû être donné ! Pour gagner les 2 référendums, les «piquistes» ont donné ce cadeau à leurs partenaires (sic) syndicaux… The rest is History ! Mais viendront forcément des jours… et ils sont beaucoup plus près que vous ne le pensez ! Nous aurons les mêmes problèmes que certains pays d’Europe actuellement. Petit peuple !

    • C’est un mythe tenace qu’il est impossible de congédier un fonctionnaire. Peu de fonctionnaires permanents sont congédiés parce qu’ils ont été évalués avant d’obtenir leur permanence, ce qui signifie qu’un fonctionnaire ayant sa permanence à démontré être capable d’accomplir sa tâche correctement.

      Des fonctionnaires permanents sont congédiés à chaque année. Ça ne fait pas les manchettes, mais ça existe. C’est simplement que pour congédier un fonctionnaire, le gestionnaire doit préparer un dossier justifiant la cessation du lien d’emploi. Souvent, le fonctionnaire ayant accumulé plusieurs notes négatives à son dossier préfèrera démissionner au lieu de subir le renvoie.

      En terminant, il faudrait cesser de citer l’IEDM comme une référence. L’IEDM, c’est un groupe de pression idéologique au financement occulte. Il n’y a rien de sérieux dans les travaux de l’IEDM; leurs travaux sont la risée des économistes chevronnés.

    • Il faut abolir la sécurité d’emploi chez les fonfons ainsi que les monopoles syndicaux et la formule Rand.

    • @ petrolhead: Et les fonctionnaires fédéraux… ils l’ont obtenu comment leur sécurité d’emploi ? Votre commentaire c’est n’importe quoi.

      @ chip et @ respectable: On vous demanderait de réfléchir avant d’écrire. Mieux, n’écrivez plus. Vous vous rendrez moins ridicules.

    • C’est curieux de voir certains commentaires ici, de la part de personnes qui n’osent pas se nommer pour dire n’importe quoi.

      La sécurité d’emploi est prévue par la Loi de la fonction publique du Qc qui prévoit qu’un employé temporaire doit avoir fait une période de probation de 2 ans. L’article 18 prévoit aussi : Un fonctionnaire incompétent dans l’exercice de ses fonctions ou incapable de les exercer peut être rétrogradé ou congédié (ça les critiqueux n’en parlent pas!).

      Cette loi prévoit aussi à l’article 7 : le fonctionnaire ne peut avoir un intérêt direct ou indirect dans une entreprise qui met en conflit son intérêt personnel et les devoirs de ses fonctions (ce n’est pas le cas avec les PPP).

      La Loi sur les normes du travail prévoit une certaine sécurité d’emploi à tous les salariés, à l’article 124, en prévoyant que tout employé qui a cumulé deux ans de service ne peut être mis à pied pour une raison autre que le manque de travail (pourtant si tu peux être congédié au privé, il en est de même dans le secteur public).

      Ce sont particulièrement les grandes entreprises qui remettent en question la sécurité d’emploi dans le secteur public, car elles voudraient avoir plus de pouvoir sur celle-ci et être en mesure d’avoir plus de marge à mettre ses propres employés dehors.

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