Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Ville centre’

Samedi 4 octobre 2014 | Mise en ligne à 7h49 | Commenter Commentaires (32)

Sainte-Cath modulable: pourquoi j’y avais pas pensé?

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Crédit: Marco Campanozzi

Bon, j’ai fini par me brancher.

Comme je vous disais l’autre jour, je ne l’ai pas trouvé facile. Le réaménagement de la rue Sainte-Catherine m’a même gardé éveillé la nuit, comme je le raconte dans ma chronique aujourd’hui. D’autant que les quatre concepts sur la table me laissent froid: je ne leur trouve aucune personnalité, des solutions techniques à un enjeu organique.

Je dois avouer que pour me faire une tête, j’ai eu de l’aide. Le journaliste Pierre Duhamel et le directeur de l’organisme Vivre en ville, Christian Savard, ont beaucoup contribué à ma réflexion. Mais c’est Richard Bergeron qui m’aura mis la solution en bouche.

Rien de sorcier, comme je l’écris ce matin. Mais c’est souvent dans la simplicité qu’on trouve les meilleures idées, celles qui nous arrachent un: «pourquoi j’y avais pas pensé?».

Le chef de Projet Montréal propose d’étendre vers l’ouest le concept déjà adopté sur Sainte-Catherine dans le Quartier des spectacles, entre la Place des Arts et le Complexe Desjardins.

«Un concept hybride, a-t-il précisé, parfaitement confortable lorsque piétonnisé et parfaitement fonctionnel pour la circulation et le stationnement en dehors des périodes de piétonnisation.»

En un mot, il suggère que Sainte-Cath soit modulable au gré des saisons et des événements, comme elle l’est à côté de la Place des festivals.

J’ai marché dans le coin avec lui, jeudi, pour qu’il m’explique ce qui lui plait dans le concept privilégié dans le Quartier des spectacles, qu’il trouve magnifiques malgré quelques réserves.

Il apprécie beaucoup les matériaux nobles utilisés, ces pavés «très chics» qui rehaussent la qualité du design. Il aime le mobilier urbain adapté, l’alignement parfait des verticales et la possibilité d’aménager des terrasses.

Mais par-dessus tout, il adore le trottoir qui se fond à la rue, signalé par des bollards amovibles. C’est ce qui permet à la Ville d’élargir les trottoirs, de piétonniser l’espace ponctuellement, de créer des places et des espaces piétons comme et quand bon lui semble.

«On laisse ainsi toutes les options ouvertes, m’a-t-il expliqué. On peut jouer avec la circulation. On peut ajouter des terrasses. On peut garder le stationnement de rue puis le retirer au besoin, ou même complètement à long terme.»

Il propose un ajout, cela dit, l’aménagement de différents ancrages à bollards, comme sur la Grande-Allée à Québec. «Une idée de Jean-Paul L’Allier que j’adore, me dit-il. Ça permet d’avoir une grande flexibilité pour réduire le nombre de voies de circulation, plutôt que de simplement les éliminer. On peut ainsi piétonniser partiellement.»

Ce qui lui plait avec le concept de la rue Sainte-Catherine dans le Quartier des spectacles (qu’il propose aussi d’étendre vers l’est, d’ailleurs, dans le Village), c’est qu’il n’existe dans le secteur aucun espace visuellement dédié à l’auto. Il y a simplement de l’espace accordé à l’auto, une nuance capitale à ses yeux.

«On peut ainsi refaire la Sainte-Catherine non pas pour les 25 prochaines années, mais pour les 100 prochaines années en se gardant toutes les options ouvertes.»

J’achète. Vous?

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Samedi 20 septembre 2014 | Mise en ligne à 8h13 | Commenter Commentaires (53)

On fait quoi avec la Ste-Cat? Quatre scénarios…

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Vous aurez remarqué que je manque de temps pour alimenter le blogue. Mes excuses, je tente de concilier ce passe-temps avec ma job du mieux que je peux. Pas toujours facile…

En plus de cette tribune, cette semaine, il y a le réaménagement de la Sainte-Catherine Ouest (d’Atwater à Bleury) dont je n’ai pas eu le temps de m’occuper. Et c’est dommage, car c’est un des plus importants sujets de l’heure à Montréal.

Avant de me prononcer (je vous avoue que ce sujet me donne du fil à retordre), je vous suggère de dresser la liste des options qui sont maintenant sur la table. Bien curieux d’avoir votre opinion sur ces différents scénarios de partage de l’emprise de rue.

À noter que toutes ces options permettent la piétonnisation permanente, temporaire ou saisonnière de la rue (d’où le «mode piéton dans la description sous chaque image). Elles peuvent aussi intégrer des mesures de verdissement et des espaces de repos.

On est donc davantage dans les grandes lignes que dans le détail. Je vous les présente et vous laisse vous exprimer…

* Voici la situation actuelle

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Rue à sens unique, deux voies de circulation, deux voies de stationnement en rive.

* Voici l’option A, sorte de compromis

A

• On améliore la desserte en transport collectif en tout temps

• On conserve un maximum d’espaces de stationnement et de livraison

En mode piétons:

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif grâce au double sens

En mode tous usagers:

• Rue à double sens (2 voies de circulation)

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif grâce au double sens

• Maintien de deux voies de stationnement en rive

* L’option B, qui met de l’eau dans le vin

B

• On offre plus de confort aux piétons

• On conserve un certain nombre d’espaces de stationnement et de livraison

• On permet la desserte en transport collectif en mode piétons

En mode piétons:

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif avec une circulation à double sens

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Élargissement des trottoirs

• Une voie de stationnement maintenue

* L’option C, qui mise sur des trottoirs maximisés

C

• On offre plus de confort aux piétons

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Aucun stationnement sur rue, du moins dans les sections les plus étroites

• Élargissement des trottoirs

* Et l’option D, qui mise sur des espaces multifonctionnels

D

• On offre un aménagement flexible qui répond à des besoins variables en fonction des saisons et du contexte.

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Conversion des voies de stationnement en espaces multifonctionnels qui peuvent servir soit d’espaces de circulation pour les piétons, soit d’espaces de destination (terrasses, œuvre d’art, etc.), soit d’espaces de stationnement.

Qu’en dites-vous? Un scénario vous allume plus qu’un autre?

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Je publie ici un texte en lien avec ma chronique sur la rue Sainte-Catherine, signée par Clément Demers, architecte et urbaniste, professeur à l’École d’architecture de l’Université de Montréal.

20071210F15_Demers-ClementLe développement du centre-ville et de la région sont indissociables. Le centre-ville de Montréal perd rapidement du terrain par rapport aux autres centres d’emploi de la région métropolitaine et si cette tendance se maintient, il ressemblera de plus en plus aux centres-villes peu fréquentés de nombreuses villes américaines.

La cause de ce phénomène est simple : depuis une cinquantaine d’années et avant l’adoption du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) par la CMM, il y a eu un manque de cohérence dans la planification du territoire à l’échelle régionale. La région de Montréal compte le plus grand territoire zoné blanc au Québec en regard de ses besoins réels d’espace à très long terme. Ce phénomène s’est traduit par un éparpillement des fonctions autour de l’île sans que des barrières physiques ne limitent l’occupation du territoire dans toutes les directions autour de celle-ci.

Il est donc primordial et absolument essentiel de développer le transport en commun à Montréal et d’améliorer les infrastructures piétonnes au centre-ville si nous voulons préserver la vitalité commerciale, économique et culturelle du cœur de Montréal. Cela implique, bien entendu, d’augmenter l’offre de services, d’augmenter le nombre de points d’accès au métro et de favoriser l’intermodalité.

Nous croyons que l’aménagement et le réaménagement du domaine public doivent d’abord et avant tout viser l’appropriation de l’espace par l’être humain, et donc par le piéton. C’est ainsi que les aménagements du Quartier des spectacles, à l’instar de ceux du Quartier international, ont pour objectif de rendre plus intéressante et stimulante l’expérience du piéton, ce qui a pour effet d’augmenter son rayon d’action et donc l’aire d’influence des stations de métro.

Il en va de même pour la rue Sainte-Catherine, qui doit nécessairement être accessible à pied, en vélo, en taxi, en transport en commun ainsi qu’en automobile. Le centre-ville, qui se veut une destination de jour et de nuit, doit être accessible à tous, à toute heure et par tous les modes de transport utilisés par la clientèle visée de la grande région de Montréal.

Il est non seulement inutile, mais irresponsable d’investir des sommes importantes pour faire de ce secteur une destination à l’échelle régionale et internationale si, au bout du compte, elle n’est accessible qu’à une clientèle restreinte – soit les touristes et résidents du centre-ville ou des quartiers périphériques à celui-ci.

Il est illusoire de penser qu’une famille vivant en banlieue composée de deux adultes et de trois enfants prendra le transport en commun pour venir assister à un concert extérieur durant l’un des festivals se tenant dans le Quartier des spectacles.

Et il est surtout illusoire de penser que la disponibilité et la convivialité du stationnement n’entrent pas en ligne de compte dans le choix d’une famille, d’un couple ou de personnes plus âgées ou moins mobiles de venir ou non au centre-ville de Montréal : ce sont-là des facteurs déterminants, comme le montre le succès de la salle l’Étoile, situé dans le « Quartier 10/30 » à Brossard.

La force centrifuge de l’éparpillement urbain est en train d’effriter ce qui reste de « centralité » au centre-ville de Montréal au sein de la région métropolitaine. Parallèlement à cela, le nombre de places de stationnement de surface au centre-ville est appelé à diminuer de façon importante au cours des prochaines années.

À très court terme, l’offre actuelle pourrait sans doute répondre aux besoins en stationnement. Mais à moyen et plus long termes, le nombre limité de places deviendra une «barrière à l’entrée», ce qui aura pour effet de restreindre considérablement le nombre d’usagers potentiels du secteur.

Est-ce là la stratégie que Montréal veut mettre de l’avant pour faire vivre le centre-ville?

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