Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Vélo’

Mardi 15 avril 2014 | Mise en ligne à 19h45 | Commenter Commentaires (166)

Autos-vélos-piétons: l’enfer, c’est les autres…

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Torrent de courriels haineux à la suite de mon édito sur la nécessaire révision du Code la sécurité routière. On m’accuse de vouloir offrir un traitement privilégié aux cyclistes, même si ces derniers «sont tous des fous furieux qui se croient tout permis»…

Or loin de moi l’idée de vouloir disculper les cyclistes de toute faute. Il y a des délinquants du guidon, comme il y a des délinquants du volant.

Le Code la route doit donc être révisé pour y intégrer les droits des cyclistes, de plus en plus nombreux sur les routes. Et il doit, par le fait même, identifier clairement les devoirs de ces usagers de la route de plein droit, sans quoi de fortes pénalités doivent être imposées, surtout quand ils mettent la vie des piétons en danger.

Cela dit, je persiste et signe: la toute première chose à faire, avant de s’attaquer au comportement dangereux de certains cyclistes, est d’imposer un nouveau paradigme au Code qui protège les plus petits des plus gros : le piéton du cycliste, le cycliste de l’auto, et l’auto du camion.

Une fois cela fait, une fois la hiérarchie imposée, une fois les droits et devoirs de chacun révisés en fonction des habitudes de déplacement du siècle actuel, il sera temps de montrer les cyclistes du doigt.

Bien désolé, mais le tsunami de courriels reçus ne m’ébranle pas, même si 99 % m’accusent d’être un lobbyiste à la solde des cyclistes des quartiers centraux. Au contraire même, ils renforcent ma conviction que la priorité est de légiférer pour protéger ces mêmes cyclistes…

Pourquoi? Parce que les messages reçus me confirment que les automobilistes, beaucoup plus nombreux sur la route, ont tendance à surestimer la menace que représentent les autres usagers… et à sous-estimer la menace qu’eux-mêmes représentent.

J’ai lu des horreurs dans les courriels. «Les automobilistes occupent la rue comme toujours, et les cyclistes veulent être reconnus comme véhicule routier, m’écrit un lecteur. Sorry la limite est 50 km/ h pas 22… Et pour le dooring, hé ben, il est difficile comme conducteur de toujours y penser.»

En revanche, quand je fais un édito pour parler des comportements délinquants des automobilistes, pas un mot. Comme si cela n’existait pas, ou ne représentait pas vraiment un danger, ou n’était pas vraiment important.

Pourtant, il y en a un problème. Les automobilistes sont nombreux à passer sur la jaune (ou la rouge), à frôler les cyclistes, à ne pas laisser aux piétons le temps et l’espace pour franchir les intersections, et surtout, à rouler trop vite.

Une étude du MTQ sur les comportements des automobilistes a conclu il y a quelques années qu’en milieu urbain, plus d’un conducteur sur deux roule au-delà de la vitesse permise; sur les routes principales, ils sont deux sur trois; et sur les autoroutes… pas moins de huit sur 10!

«Le non-respect des limites de vitesse est largement répandu», écrivait le ministère dans son rapport. Et pourtant, les campagnes de sensibilisation sont inefficaces, se désolait-on.

Le problème : ces mêmes automobilistes considèrent soient que les limites sont trop basses pour être respectées, soient qu’ils ne constituent pas vraiment une menace parce qu’ils sont d’excellents conducteurs…

L’enfer c’est les autres, surtout s’ils sont à vélo…

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Mardi 25 mars 2014 | Mise en ligne à 11h52 | Commenter Commentaires (99)

BIXI: aux abonnements, citoyens!

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Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que l’abonnement au BIXI est un devoir citoyen… mais pas loin.

Le maire Coderre a confirmé hier pour la première fois que la saison 2014 du BIXI est désormais une certitude. Mais rien n’est sûr pour 2015 et les années subséquentes.

«C’est la dernière saison… prouvez-moi que j’ai tort», a lancé Denis Coderre en invitant les Montréalais à s’abonner massivement à BIXI pour signifier leur attachement et leur volonté d’en faire un élément pérenne du mobilier urbain.

«Montrez votre amour réel pour BIXI!», a-t-il ajouté.

Je vous le donne, quand on regarde la saga du vélo en libre-service et sa tournure des derniers mois, le premier réflexe n’est pas de sortir sa carte de crédit pour verser les 80 $ que coûte un abonnement annuel.

Le BIXI va finir par coûter des dizaines de millions à la Ville, peut-on se dire, inutile d’envoyer plus d’argent dans ce trou sans fond.

Sauf que…

Le système de vélos en libre-service de Montréal vaut la peine d’être sauvé. Pas pour des raisons idéologiques, mais bien pour des raisons pratiques, économiques, touristiques, politiques et même… patriotiques.

- Pratiques : le BIXI, au-delà des problèmes de gouvernance et de liquidités à l’international, est un système très populaire à Montréal. On dénombre environ 25 000 déplacements… chaque jour! Au total, on en a compté 13 millions entre 2009 et 2012.

- Économiques : la Ville a acquis les vélos et les stations du volet local de BIXI afin de réduire ses pertes dans l’aventure. En prenant possession de ces actifs, elle a réduit la dette de 12 millions $. Veut-on vraiment creuser encore un peu plus les pertes associées au BIXI en rendant cet équipement obsolète?

- Touristiques : BIXI a permis à Montréal de se hisser à nouveau parmi les villes cyclables les plus importantes de la planète, un honneur qu’elle avait perdu pendant le règne de Pierre Bourque. Or se classer au 11e rang du palmarès du respecté Copenhagenize et au 10e rang du palmarès du National Geographic Traveler est une formidable pub touristique.

- Politiques : disons-le, peu importe le modèle d’affaires, BIXI traînera un déficit d’opération. Aucune ville dans le monde ne profite d’un système de vélos en libre-service sans payer une partie de la facture. Pour convaincre le maire d’intégrer le service à la STM, là où il a tout à fait sa place, vaut donc mieux s’abonner massivement et ainsi réduire au minimum ce déficit qui avoisinait 1,5 million $ ces dernières années.

- Patriotiques : soyons chauvins un instant, ce serait mauvais pour l’image de Montréal d’être créateur d’un système vendu dans les plus grandes villes de la planète… mais d’avoir été incapable d’assurer sa survie ici même. Et d’ailleurs, combien d’inventions montréalaises se sont trouvées dans le top 20 des «best inventions» du Time Magazine?

Les problèmes de gouvernance et de gestion qui ont plombé BIXI ne lui ont pas enlevé sa pertinence. Ce n’est donc pas parce que le service était mal géré que le service n’a plus sa place à Montréal et dans l’équation plus large du transport urbain. Et ce n’est pas non plus parce qu’on met une croix définitive sur le BIXI qu’on effacera du coup les éventuelles pertes qu’il faudra essuyer pour le volet international.

Un petit effort citoyen prouverait au maire Coderre qu’il a tort d’envisager la fin de ce formidable moyen de transport.

Vous allez vous abonner ou vous réabonner, vous?

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Mercredi 22 janvier 2014 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (80)

Vrai, j’y ai cru au BIXI…

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Plusieurs lecteurs de ce blogue me reprochent mes éditos passés en faveur du BIXI, ajoutant à leur commentaire des citations et des liens de mes textes. Avec un malin plaisir, manifestement.

Vrai, j’y ai cru à ce projet. J’y ai cru au pari de l’administration Tremblay, qui souhaitait implanter un réseau de vélos en libre-service qui s’autofinance grâce à la vente du brevet à l’étranger.

Ce pari, la Ville l’a perdu. Et moi par le fait même, puisque je l’appuyais.

Ironiquement, ceux qui me reprochent cet appui auraient été les premiers à reprocher à l’administration de lancer plutôt un projet de vélos à même les budgets de la Ville. Comme cela s’est fait dans tous les autres centres urbains qui ont acquis le BIXI, précisons-le, sauf deux.

Damned if you do, damned if you don’t.

Personnellement, je l’avoue, je continue de croire que l’idée n’avait rien de farfelu, qu’elle avait même quelque chose de visionnaire. Pas un hasard si le BIXI roule dans 15 villes à travers le monde, dont Melbourne, Boston, Washington, Chicago et surtout, New York et Londres.

Un entrepreneur qui connaît intimement le dossier me faisait remarquer cette semaine qu’une dimension peu connue du BIXI à l’international, c’est la satisfaction des villes qui s’en sont portées acquéreur.

«Hors les problèmes logiciel et de délai de livraison, me disait-il, les villes qui utilisent le système BIXI aiment le produit comme tel. Elles veulent ajouter des vélos à leur système. Elles aimeraient recevoir leurs vélos et stations plus tôt. Le BIXI est un excellent produit, ce que l’on ne dit pas assez. Ce n’est pas par hasard que les plus gros contrats à l’international ont été signés par BIXI.»

En outre, le BIXI a rayonné dans le monde à partir de ses racines québécoises. On parle tout de même d’un concept imaginé par le Montréalais Michel Dallaire, construit par la québécoise De Vinci, entretenu par une entreprise d’économie sociale de chez nous.

Les BIXI qui roulent sur trois continents sont aussi fabriqués au Saguenay, l’expertise nécessaire pour leur déploiement vient du Québec, et le service d’appel qui dessert sept villes nord-américaines est à Montréal.

Gérald Tremblay n’a donc pas visé trop gros, contrairement à ce que tout le monde soutient. Il a plutôt voulu trop en faire, trop vite, en mettant rapidement sur pied un service commercialisable pour payer 100 % des coûts du réseau de vélos local, afin que ça ne coûte pas un sou aux contribuables.

Cela, nécessairement, impliquait un risque, comme dans toute aventure commerciale. Un risque qui a tourné au cauchemar après de très mauvaises décisions d’affaires. Un risque, on le voit aujourd’hui, qui était trop grand pour une municipalité qui pensait simplement s’en tirer avec un prêt remboursé en dix ans.

Cela veut-il dire que l’idée de Gérald Tremblay était mauvaise? Je ne le crois pas, plutôt qu’elle était trop risquée pour une municipalité, s’appuyant sur un modèle d’affaires opaque (chose que j’ai souvent déplorée), une structure bancale (reproche que je lui ai souvent fait) et une équipe de direction qui a lamentablement failli à la tâche (l’idée du logiciel-maison était suicidaire).

Ce fut donc une erreur, on le voit a posteriori, une erreur que j’ai malheureusement appuyée (et quand je parle d’erreur, c’est important de le préciser, ce n’est pas le BIXI comme tel, auquel je crois toujours. C’est l’idée de prendre le risque de l’autofinancer par les ventes à l’étranger).

Plusieurs me le reprochent aujourd’hui. C’est leur droit.

Je soulignerais simplement une chose: la meilleure façon de ne jamais se tromper, d’éviter qu’on vous remette sous le nez vos écrits passés, c’est de s’opposer et critiquer tout, c’est de croire tout le monde corrompu et incompétent, c’est de se contenter de pondre des textes négatifs en écorchant tout le monde, tout le temps.

Comme ça, quand les choses tournent mal, vous pouvez être celui qui remet sous le nez des autres leurs propres opinions favorables.

Comme ça, on ne peut jamais vous reprocher d’avoir appuyé un projet qui tourne mal, un candidat qui s’avère incompétent une fois au pouvoir, un élu qui se fait arrêter par l’UPAC.

Eh bien, je ne suis pas de cette école cynique qui rejette tout, tout le temps, comme plusieurs commentateurs, lecteurs de ce blogue et gérants d’estrade.

Appuyer des projets lorsqu’ils semblent prometteurs, donner le bénéfice du doute aux élus lorsqu’ils prennent le pouvoir, prendre position en faveur de quelque chose ou de quelqu’un, c’est prendre le risque, hélas, de se tromper.

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