Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Urbanisme’

Mercredi 2 avril 2014 | Mise en ligne à 15h48 | Commenter Commentaires (63)

Une nouvelle ligne de métro pour le SLR Champlain?

SLR

On a parlé de tout ce qui touche Champlain ces derniers jours, l’état de décrépitude avancée de l’actuel pont, le PPP qui va servir à construire le futur pont et le péage qui va permettre de le payer.

On a donc parlé des plus gros sujets (j’en ai fait un tour d’horizon à l’émission C’est pas trop tôt)… sauf du système léger sur rail, qui semble être tombé dans un gros trou noir…

J’ai donc appelé à droite et à gauche pour en savoir plus. Et j’ai ainsi appris trois choses.

1) D’abord, l’idée de faire rouler le SLR dès l’ouverture du futur pont en 2018 est morte et enterrée. Plus personne n’y croit. L’objectif est désormais 2021, pas plus tôt.

2) Ensuite, le terminus sera la Place Bonaventure, dans laquelle on pourrait transformer le grand hall d’exposition en gare de transport collectif. Les discussions seraient avancées entre le propriétaire et l’AMT.

3) Enfin, ayant mis la main sur une carte (ci-dessus) qui a servi lors des présentations faites aux maires et élus de la région ces dernières semaines, j’ai appris qu’il existe plusieurs tracés possibles pour la portion montréalaise, mais deux ont davantage la faveur de l’AMT.

- Scénario A : le SLR traverse le pont, file sur une courte distance sur l’autoroute 15, puis bifurque vers l’est en pénétrant dans un tunnel jusqu’à la Place Bonaventure.

Ce serait l’équivalent d’une nouvelle ligne de métro de 5 kilomètres dans laquelle on retrouverait deux stations : Pointe-Saint-Charles et Griffintown. Facture : 250 millions $… pour chaque kilomètre!

- Scénario B : le SLR traverse le pont et tourne tout de suite vers le Technoparc, puis roule en surface vers le Bassin Peel, monte le talus ferroviaire puis file jusqu’à la Place Bonaventure.

Cette fois, le coût semble compris dans la facture déjà évoquée de 1 milliard $ (sous réserve), ce qui permet de multiplier les stations : on en prévoit de cinq à huit.

Personnellement, je ne crois pas une seule seconde au scénario A (et je soupçonne l’AMT de ne pas y croire non plus). Creuser un tunnel qui ajoutera un milliard à une facture déjà salée est utopique, surtout qu’on devra immanquablement ajouter des lignes de bus pour faire le lien entre Montréal et la Rive-Sud.

En plus, il y a de gros doutes sur la faisabilité technique d’un tel projet : il faudrait non seulement construire deux nouveaux édicules en surface, il faudrait aussi ajouter des sorties d’évacuation aux 750 mètres en plus de nombreux puits de ventilation. Tout ça dans un secteur urbanisé!

Im-pos-si-ble.

Le scénario B, en surface, est plus intéressant. Le tracé précis n’est pas arrêté (il pourrait longer l’eau, par exemple), mais il est déjà clair qu’il permettrait le développement de secteurs en friche.

En outre, il permettrait d’utiliser une technologie qui se rapproche davantage du tramway que du métro (light rail) et du ferroviaire lourd (je reviendrai sur le sujet plus en profondeur). On pourrait ainsi profiter de ce projet pour en faire l’embryon d’un éventuel réseau de tramways sur l’île, si jamais cette voie venait à s’imposer.

Le problème, selon ce que j’entends, c’est qu’on pourrait bien choisir une technologie unique, qui ne pourrait servir nulle part ailleurs. Sorte de «one shot deal» qui nous ferait collectivement passer à côté d’une occasion unique de tabler sur le présent pour préparer le futur.

Et vous, que dites-vous de ce projet, de sa date d’échéance repoussée, des tracés étudiés et de la technologie à privilégier? Vous y croyez?

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Vendredi 28 mars 2014 | Mise en ligne à 14h13 | Commenter Commentaires (156)

Retour des Expos: on le construirait où, le stade?

grab

Ironique, au moment précis où le débat reprend sur le retour des Expos, on annonce qu’on va remplir le trou censé accueillir… le nouveau stade des Expos.

Rappelez-vous l’an 2000… On prévoyait construire un stade tout neuf de 36 215 places à côté du Centre Bell, dans le quadrilatère formé des rues de la Montagne, Peel, Saint-Jacques et Notre-Dame. Dessiné par le consortium Axor-Provencher Roy, il s’agissait d’un très beau bâtiment de forme ovoïde muni d’une paroi extérieure en verre (image ci-dessus).

«Le stade en chantier dès avril», titrait La Presse en février 2000…

Or la semaine dernière, Cadillac Fairview a annoncé, dans l’exact même quadrilatère, un impressionnant projet à l’horrible nom «Quad Windsor» : cinq tours résidentielles et deux tours de bureaux.

Donc 14 ans plus tard, le secteur séparant l’ETS et la garde Windsor est désormais envisagé comme ceci…

quad 2

En ce weekend de matchs, donc, bien qu’un retour du baseball ne soit qu’un improbable projet (je répète : pas question de mettre un sou d’argent public dans un nouveau stade), posons-nous la question à la fois pour se rouler dans une bienveillante nostalgie et se projeter dans un avenir prometteur: où joueraient les Expos s’ils revenaient à Montréal?

Il existe cinq scénarios, selon l’étude de faisabilité de la Chambre de commerce : le Bassin Peel (A), le Bassin Wellington (B), le site de l’Hôpital pour enfants (C), le terrain Blue Bonnets (D) et le Stade olympique (E).

CCMM

Analysons-les un par un, en remontant du dernier au premier…

- Stade – On peut déjà exclure le Stade olympique des scénarios possibles, la Ligue de baseball ayant bien fait comprendre qu’elle n’y retournerait JAMAIS.

- Blue Bonnets – On peut aussi exclure le site de l’ancien hippodrome, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville. Le stade ne verra le jour que s’il est payé par le milieu des affaires. Or le milieu des affaires n’investira que dans un stade à distance de marche du quartier des affaires.

- Hôpital pour enfants – Le site sera déserté avec l’ouverture du CUSM. Il serait donc possible de démolir le bâtiment pour y construire un stade. Mais le site me semble un peu trop décentré pour en faire un véritable stade de centre-ville. Et j’entends déjà les débats sur ce secteur «trop à l’ouest»…

- Bassin Wellington – Bon, on commence à parler sérieusement. Le site est dans un secteur appelé à se développer, à moins de 2 km de marche du cœur du centre-ville. Il offrirait une superbe vue sur les gratte-ciel. Mais il y a un hic : il demeure difficile d’accès, enclavé entre la voie ferrée, l’autoroute Bonaventure (on le voit bien ici).

- Bassin Peel – Là, on parle… Avec la démolition de l’autoroute Bonaventure s’ouvrira tout un secteur où la mixité serait la bienvenue, après avoir tapissé Griffintown de tours à condos homogènes.

Coutu

Le choix de ce site, poussé à la fois par Projet baseball Montréal et Projet Montréal (Etienne Coutu, anciennement de la formation, a réalisé l’esquisse ci-dessus), est doublement intéressant en ce qu’il permettrait la renaissance du quartier «Goose Village» en plus de se trouver sur le passage probable du SLR du futur pont Champlain.

Vous auriez donc là un site d’une grande synergie, à la confluence du centre-ville et de la banlieue, à un lancer de balle du quartier des affaires.

Qui dit mieux?

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Mardi 18 mars 2014 | Mise en ligne à 6h54 | Commenter Commentaires (45)

375e: peut-on vraiment faire tous ces projets?

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Projet Pavillon 5 du Musée des beaux-arts de Montréal Photo : Manon Asselin Architecte (atelier TAG)

Denis Coderre n’avait pas terminé sa conférence de presse sur le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie que déjà, le gouvernement Marois fermait la porte sèchement.

Moins d’un mois plus tard, en pleine période électorale, Pauline Marois décide finalement de la rouvrir en prétextant n’avoir pas tout à fait saisi que le projet se ferait par étapes…

Le maire a donc réussi à convaincre la chef du PQ. Bravo.

Mais ce faisant, il ajoute à nouveau un projet à la longue liste des legs du 375e, comme il l’a fait en janvier avec la réfection de la rue Sainte-Catherine Ouest. Voici les projets prévus pour 2017 :

• Cité Mémoire : œuvre médiatique composée de projections multipleformes mettant en valeur de l’histoire et le patrimoine de Montréal.

• Complexe environnemental Saint-Michel : création d’une première portion de ce qui deviendra le deuxième plus grand parc de Montréal

• Espace pour la vie : transformation du Biodôme, métamorphose de l’Insectarium et création d’un pavillon de verre pour le Jardin botanique.

• Lieu culturel et artistique des Premiers Peuples : implantation d’une adresse culturelle et artistique permanente vouée au présent et au futur des Premiers Peuples.

• Musée des beaux-arts de Montréal : inauguration du nouveau pavillon d’art international et d’éducation, qui abritera notamment les œuvres offertes par Michal et Renata Hornstein.

• Oratoire Saint-Joseph : aménagements pour améliorer l’accès au site et la fonctionnalité de ses espaces, notamment par l’ouverture du lanterneau.

• Parc Jean-Drapeau : revitalisation des espaces en vue du 50e anniversaire d’Expo 67, notamment la Place des Nations qui aura droit à une seconde vie.

• Parcours-découverte du mont Royal : création de parcours sur la montagne, notamment dans ses endroits les moins fréquentés.

• Pointe-à-Callière : mise en valeur de nouveaux sites, comme les vestiges du marché Sainte-Anne et de l’ancien parlement du Canada-Uni.

• Promenades urbaines : création de parcours dans différents quartiers afin de mettre en valeur leurs attraits.

• Trame verte et bleue du Grand Montréal : création d’une ceinture verte autour de Montréal afin de mettre en valeur les milieux naturels protégés, le paysage et le patrimoine bâti.

Or qu’on le veuille ou non, les fonds publics proviennent souvent de vases communiquant : s’ils sont plus nombreux à se partager les sommes, il y aura moins de sommes pour chacun d’entre eux…

C’est un choix, cela dit. Lors des consultations publiques sur le 375e, plusieurs participants avaient exprimé leur préférence pour une restauration des infrastructures existantes, plutôt qu’un ajout de nouvelles infrastructures.

La sédimentation des projets risque donc de plaire à ces Montréalais.

Mais je dois avouer que j’aurais préféré qu’on mise sur deux ou trois projets forts plutôt que sur une aussi large panoplie. J’aurais souhaité qu’on consacre plus d’argent à moins de projets, plutôt que moins d’argent à plus de projets.

En édito aujourd’hui, j’évoque par exemple le réaménagement du Parc Jean-Drapeau. Ce dernier pourrait facilement profiter d’un budget dépassant les 35 millions $ pour qu’on le ramène à ses origines de l’Expo 67, notamment en ramenant la Place des nations, le bassin et la fontaine d’antan.

Même chose pour la réfection de la Sainte-Catherine, qui pourrait être un coup fumant si on consacrait les budgets nécessaires à une véritable transformation. Pensons à un tramway en circuit fermé qui permettrait de circuler au centre-ville sans voiture, chose impensable avec des budgets saupoudrés à droite et à gauche.

Qu’en dites-vous? Vous aimez l’approche tous azimuts, ou vous auriez préféré qu’on se concentre sur un ou deux projets pour les développer à leur plein potentiel? Lesquels, plus précisément?

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