Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Transport’

Samedi 20 septembre 2014 | Mise en ligne à 8h13 | Commenter Commentaires (53)

On fait quoi avec la Ste-Cat? Quatre scénarios…

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Vous aurez remarqué que je manque de temps pour alimenter le blogue. Mes excuses, je tente de concilier ce passe-temps avec ma job du mieux que je peux. Pas toujours facile…

En plus de cette tribune, cette semaine, il y a le réaménagement de la Sainte-Catherine Ouest (d’Atwater à Bleury) dont je n’ai pas eu le temps de m’occuper. Et c’est dommage, car c’est un des plus importants sujets de l’heure à Montréal.

Avant de me prononcer (je vous avoue que ce sujet me donne du fil à retordre), je vous suggère de dresser la liste des options qui sont maintenant sur la table. Bien curieux d’avoir votre opinion sur ces différents scénarios de partage de l’emprise de rue.

À noter que toutes ces options permettent la piétonnisation permanente, temporaire ou saisonnière de la rue (d’où le «mode piéton dans la description sous chaque image). Elles peuvent aussi intégrer des mesures de verdissement et des espaces de repos.

On est donc davantage dans les grandes lignes que dans le détail. Je vous les présente et vous laisse vous exprimer…

* Voici la situation actuelle

actuel

Rue à sens unique, deux voies de circulation, deux voies de stationnement en rive.

* Voici l’option A, sorte de compromis

A

• On améliore la desserte en transport collectif en tout temps

• On conserve un maximum d’espaces de stationnement et de livraison

En mode piétons:

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif grâce au double sens

En mode tous usagers:

• Rue à double sens (2 voies de circulation)

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif grâce au double sens

• Maintien de deux voies de stationnement en rive

* L’option B, qui met de l’eau dans le vin

B

• On offre plus de confort aux piétons

• On conserve un certain nombre d’espaces de stationnement et de livraison

• On permet la desserte en transport collectif en mode piétons

En mode piétons:

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif avec une circulation à double sens

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Élargissement des trottoirs

• Une voie de stationnement maintenue

* L’option C, qui mise sur des trottoirs maximisés

C

• On offre plus de confort aux piétons

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Aucun stationnement sur rue, du moins dans les sections les plus étroites

• Élargissement des trottoirs

* Et l’option D, qui mise sur des espaces multifonctionnels

D

• On offre un aménagement flexible qui répond à des besoins variables en fonction des saisons et du contexte.

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Conversion des voies de stationnement en espaces multifonctionnels qui peuvent servir soit d’espaces de circulation pour les piétons, soit d’espaces de destination (terrasses, œuvre d’art, etc.), soit d’espaces de stationnement.

Qu’en dites-vous? Un scénario vous allume plus qu’un autre?

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Vendredi 4 juillet 2014 | Mise en ligne à 9h28 | Commenter Commentaires (40)

La sécurité des taxis: une priorité prioritaire?

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Note à moi-même: ne pas prendre le taxi aujourd’hui, jour de publication d’une chronique que les chauffeurs risquent d’avaler de travers. Chronique que je recopie intégralement ici.

Le maire Coderre a fait vite dans le dossier de la sécurité des chauffeurs de taxi. Une promesse, suivie d’une consultation, d’une série de recommandations et d’une décision, le tout en quatre mois à peine.

Bravo.

Mais pourquoi un tel empressement, déjà? Et pour régler quel problème, au juste?

J’avoue que depuis l’élection de Denis Coderre, la fixation sur les taxis de ce dernier me laisse perplexe. C’est évidemment un enjeu d’importance, mais de là à le traiter de «priorité prioritaire»? D’en faire un des premiers gestes «tangibles» de son mandat, comme il a dit?

J’en suis même venu à me demander si cela n’avait pas à voir avec certaines décisions récentes, comme la réduction du service de la 747 vers l’aéroport et le moratoire imposé aux voitures en libre-service, deux ennemis jurés des taxis.

Je trouve cela d’autant plus curieux que le maire a choisi d’aborder le sujet par l’angle de la sécurité des chauffeurs, ce qui l’a amené à imposer des caméras dans toutes les voitures à la vitesse de l’éclair.

Or il y a certes des améliorations à apporter rapidement à l’industrie du taxi, mais pas sûr qu’elles concernent la sécurité des chauffeurs et des usagers…

***

La mort horrible de Ziad Bouzid, assassiné à l’intérieur de son taxi en novembre dernier, a braqué les projecteurs sur l’insécurité des chauffeurs. Métier difficile, il l’est encore plus pour ceux qui le pratiquent la nuit.

Mais de la même manière qu’il faut relativiser l’enlèvement qui a eu lieu dans une pouponnière de Trois-Rivières, il faut remettre en perspective la mort de Ziad Bouzid, aussi tragique soit-elle.

«L’évolution de la victimisation déclarée», selon l’expression du SPVM, montre en effet qu’il s’agit d’un incident isolé dans un contexte d’amélioration constante de la sécurité des chauffeurs.

D’abord, il n’y a jamais eu aussi peu de vols qualifiés contre des taxis. On en dénombrait environ 130 par année dans les années 1990, 76 en 2007, 34 en 2010 et 22 l’an dernier.

Ensuite, le «taux de victimisations», qui comprend les vols qualifiés et les homicides, est moindre à Montréal que dans la plupart des autres villes de l’Amérique du Nord. En moyenne, on déplore un vol qualifié par 150 000 courses.

Un vol est toujours un vol de trop, on s’entend. Encore plus vrai pour un homicide.

Mais l’ampleur du phénomène justifie-t-elle qu’on en fasse LA priorité? Dans un contexte où l’on a cessé de renforcer la sécurité des chauffeurs depuis 1997 avec une foule de mesures, dont les lumières d’urgence sur les lanternons, les boutons panique reliés au 911 et le droit d’installer une caméra ou une paroi dans le véhicule au besoin?

La question se pose, d’autant que le maire Coderre, en plus de relancer pour une énième fois l’idée de doter les véhicules d’une couleur unique, n’a garanti qu’une chose lors de son annonce, lundi dernier : la généralisation des caméras de surveillance dans toute la flotte de taxis. Une décision prise sans qu’on en connaisse le coût et surtout, quelle portion reviendra aux contribuables.

Au risque de paraître sans cœur, il y a plus urgent…

***

Si on a beaucoup parlé de la sécurité des chauffeurs lors de la consultation sur l’industrie, ce printemps, on a fait peu de cas du service offert. Et pourtant, il y a 604 bonnes raisons d’élargir le propos lorsqu’on parle de l’avenir de cette industrie.

Il y a en effet eu 604 plaintes déposées contre des taxis en 2013. Vrai que le nombre s’inscrit dans la tendance des dernières années, avec un nombre de plaintes fluctuant entre 545 et 699. Mais il faut surtout retenir qu’il n’y a aucun signe de baisse depuis au moins une décennie.

Dans un contexte où l’industrie du taxi affirme en arracher, avec raison, la «priorité prioritaire» ne devrait-elle pas être une diminution des plaintes?

L’implantation de caméras ne fera rien pour augmenter le salaire des chauffeurs, changer l’image de l’industrie ou accroître la qualité du service offert.

On le voit, l’âge moyen des véhicules s’est amélioré en dix ans. Mais on la propreté, elle, laisse encore parfois à désirer. Il est aussi difficile de féliciter l’ensemble des chauffeurs pour leur courtoisie (plainte no 1), leur professionnalisme (il est plus fréquent de tomber sur un chauffeur au cellulaire qu’un chauffeur apte à vous parler) et leur conduite cowboy.Ne devrait-on pas penser à un code d’éthique, des normes professionnelles ou encore, des cours sur la courtoisie?

Le maire Coderre promet certes une politique du taxi plus large pour la fin de l’été, en lien avec la consultation des derniers mois. Mais cette consultation portait d’abord et avant tout sur la sécurité, n’abordant le service que par la bande.

Si la priorité de l’industrie est réellement de «promouvoir l’image des chauffeurs à titre de professionnels du transport de personnes», il aurait été plus pertinent de faire l’inverse.

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Mardi 1 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h01 | Commenter Commentaires (52)

Champlain II: un clin d’oeil au passé de Montréal…

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Tout en haut de mon palmarès de sources architecturales, il y a Witold Rybczynski, professeur émérite à l’Université de Pennsylvanie et redoutable critique architectural. Je suis d’ailleurs en train de lire son livre, fascinant, How Architecture Works.

En voyant les images du pont de remplacement de Champlain, j’ai donc eu l’idée de lui tendre une perche pour avoir son impression, d’autant que l’homme a été professeur à McGill pendant 20 ans.

En un mot, il n’est pas très impressionné… sauf par les piliers.

«Les ponts à haubans sont très à la mode ces jours-ci, m’a-t-il dit, mais celui-ci me semble une tentative un peu trop évidente de créer de toutes pièces un pont emblématique. Il est grandiloquent en regard de la faible portée de la voie maritime. Les tours jumelles ne sont pas particulièrement élégantes, par ailleurs.»

«Cela dit, j’aime les piliers en forme de Y, a-t-il ajouté. Ils font vraiment le travail.»

En toute humilité, je suis plus ou moins d’accord avec Rybczynski, ce que j’expliquerai en chronique demain. Mais j’aime bien l’attention qu’il porte aux piliers et aux portiques en forme de Y (ou de W, c’est selon). Voilà un aspect clairement distinctif du futur pont de Jensen et Provencher Roy.

J’en ai d’ailleurs eu une preuve supplémentaire, tout à l’heure, alors qu’un lecteur versé en histoire de l’art, Robert Poirier, m’a ouvert les yeux sur une particularité encore plus surprenante de ces piliers : leur ressemblance avec le logo d’Expo 67, ou du moins l’emblème minimaliste à partir duquel le designer Julien Hébert avait conçu le logo en forme de cercle.

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Je doute que cela ait été volontaire, sinon les architectes en auraient parlé tout de go, mais sous certains angles, la similitude est frappante.

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Il s’agit d’un intéressant clin d’œil à l’histoire de Montréal, un clin d’oeil ironique en outre, car il nous ramène aux années soixante, époque où a été construit l’actuel pont Champlain.

Voilà qui, même involontairement, donne un ancrage local à ce futur pont, vous ne trouvez pas?

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