Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Transport’

Vendredi 4 juillet 2014 | Mise en ligne à 9h28 | Commenter Commentaires (40)

La sécurité des taxis: une priorité prioritaire?

X193_24B8_9

Note à moi-même: ne pas prendre le taxi aujourd’hui, jour de publication d’une chronique que les chauffeurs risquent d’avaler de travers. Chronique que je recopie intégralement ici.

Le maire Coderre a fait vite dans le dossier de la sécurité des chauffeurs de taxi. Une promesse, suivie d’une consultation, d’une série de recommandations et d’une décision, le tout en quatre mois à peine.

Bravo.

Mais pourquoi un tel empressement, déjà? Et pour régler quel problème, au juste?

J’avoue que depuis l’élection de Denis Coderre, la fixation sur les taxis de ce dernier me laisse perplexe. C’est évidemment un enjeu d’importance, mais de là à le traiter de «priorité prioritaire»? D’en faire un des premiers gestes «tangibles» de son mandat, comme il a dit?

J’en suis même venu à me demander si cela n’avait pas à voir avec certaines décisions récentes, comme la réduction du service de la 747 vers l’aéroport et le moratoire imposé aux voitures en libre-service, deux ennemis jurés des taxis.

Je trouve cela d’autant plus curieux que le maire a choisi d’aborder le sujet par l’angle de la sécurité des chauffeurs, ce qui l’a amené à imposer des caméras dans toutes les voitures à la vitesse de l’éclair.

Or il y a certes des améliorations à apporter rapidement à l’industrie du taxi, mais pas sûr qu’elles concernent la sécurité des chauffeurs et des usagers…

***

La mort horrible de Ziad Bouzid, assassiné à l’intérieur de son taxi en novembre dernier, a braqué les projecteurs sur l’insécurité des chauffeurs. Métier difficile, il l’est encore plus pour ceux qui le pratiquent la nuit.

Mais de la même manière qu’il faut relativiser l’enlèvement qui a eu lieu dans une pouponnière de Trois-Rivières, il faut remettre en perspective la mort de Ziad Bouzid, aussi tragique soit-elle.

«L’évolution de la victimisation déclarée», selon l’expression du SPVM, montre en effet qu’il s’agit d’un incident isolé dans un contexte d’amélioration constante de la sécurité des chauffeurs.

D’abord, il n’y a jamais eu aussi peu de vols qualifiés contre des taxis. On en dénombrait environ 130 par année dans les années 1990, 76 en 2007, 34 en 2010 et 22 l’an dernier.

Ensuite, le «taux de victimisations», qui comprend les vols qualifiés et les homicides, est moindre à Montréal que dans la plupart des autres villes de l’Amérique du Nord. En moyenne, on déplore un vol qualifié par 150 000 courses.

Un vol est toujours un vol de trop, on s’entend. Encore plus vrai pour un homicide.

Mais l’ampleur du phénomène justifie-t-elle qu’on en fasse LA priorité? Dans un contexte où l’on a cessé de renforcer la sécurité des chauffeurs depuis 1997 avec une foule de mesures, dont les lumières d’urgence sur les lanternons, les boutons panique reliés au 911 et le droit d’installer une caméra ou une paroi dans le véhicule au besoin?

La question se pose, d’autant que le maire Coderre, en plus de relancer pour une énième fois l’idée de doter les véhicules d’une couleur unique, n’a garanti qu’une chose lors de son annonce, lundi dernier : la généralisation des caméras de surveillance dans toute la flotte de taxis. Une décision prise sans qu’on en connaisse le coût et surtout, quelle portion reviendra aux contribuables.

Au risque de paraître sans cœur, il y a plus urgent…

***

Si on a beaucoup parlé de la sécurité des chauffeurs lors de la consultation sur l’industrie, ce printemps, on a fait peu de cas du service offert. Et pourtant, il y a 604 bonnes raisons d’élargir le propos lorsqu’on parle de l’avenir de cette industrie.

Il y a en effet eu 604 plaintes déposées contre des taxis en 2013. Vrai que le nombre s’inscrit dans la tendance des dernières années, avec un nombre de plaintes fluctuant entre 545 et 699. Mais il faut surtout retenir qu’il n’y a aucun signe de baisse depuis au moins une décennie.

Dans un contexte où l’industrie du taxi affirme en arracher, avec raison, la «priorité prioritaire» ne devrait-elle pas être une diminution des plaintes?

L’implantation de caméras ne fera rien pour augmenter le salaire des chauffeurs, changer l’image de l’industrie ou accroître la qualité du service offert.

On le voit, l’âge moyen des véhicules s’est amélioré en dix ans. Mais on la propreté, elle, laisse encore parfois à désirer. Il est aussi difficile de féliciter l’ensemble des chauffeurs pour leur courtoisie (plainte no 1), leur professionnalisme (il est plus fréquent de tomber sur un chauffeur au cellulaire qu’un chauffeur apte à vous parler) et leur conduite cowboy.Ne devrait-on pas penser à un code d’éthique, des normes professionnelles ou encore, des cours sur la courtoisie?

Le maire Coderre promet certes une politique du taxi plus large pour la fin de l’été, en lien avec la consultation des derniers mois. Mais cette consultation portait d’abord et avant tout sur la sécurité, n’abordant le service que par la bande.

Si la priorité de l’industrie est réellement de «promouvoir l’image des chauffeurs à titre de professionnels du transport de personnes», il aurait été plus pertinent de faire l’inverse.

Lire les commentaires (40)  |  Commenter cet article






Mardi 1 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h01 | Commenter Commentaires (52)

Champlain II: un clin d’oeil au passé de Montréal…

about_expo_symbol (1)

Tout en haut de mon palmarès de sources architecturales, il y a Witold Rybczynski, professeur émérite à l’Université de Pennsylvanie et redoutable critique architectural. Je suis d’ailleurs en train de lire son livre, fascinant, How Architecture Works.

En voyant les images du pont de remplacement de Champlain, j’ai donc eu l’idée de lui tendre une perche pour avoir son impression, d’autant que l’homme a été professeur à McGill pendant 20 ans.

En un mot, il n’est pas très impressionné… sauf par les piliers.

«Les ponts à haubans sont très à la mode ces jours-ci, m’a-t-il dit, mais celui-ci me semble une tentative un peu trop évidente de créer de toutes pièces un pont emblématique. Il est grandiloquent en regard de la faible portée de la voie maritime. Les tours jumelles ne sont pas particulièrement élégantes, par ailleurs.»

«Cela dit, j’aime les piliers en forme de Y, a-t-il ajouté. Ils font vraiment le travail.»

En toute humilité, je suis plus ou moins d’accord avec Rybczynski, ce que j’expliquerai en chronique demain. Mais j’aime bien l’attention qu’il porte aux piliers et aux portiques en forme de Y (ou de W, c’est selon). Voilà un aspect clairement distinctif du futur pont de Jensen et Provencher Roy.

J’en ai d’ailleurs eu une preuve supplémentaire, tout à l’heure, alors qu’un lecteur versé en histoire de l’art, Robert Poirier, m’a ouvert les yeux sur une particularité encore plus surprenante de ces piliers : leur ressemblance avec le logo d’Expo 67, ou du moins l’emblème minimaliste à partir duquel le designer Julien Hébert avait conçu le logo en forme de cercle.

piliers2LogoExpo

Je doute que cela ait été volontaire, sinon les architectes en auraient parlé tout de go, mais sous certains angles, la similitude est frappante.

piliers1
the_expo_67_symbol

Il s’agit d’un intéressant clin d’œil à l’histoire de Montréal, un clin d’oeil ironique en outre, car il nous ramène aux années soixante, époque où a été construit l’actuel pont Champlain.

Voilà qui, même involontairement, donne un ancrage local à ce futur pont, vous ne trouvez pas?

Lire les commentaires (52)  |  Commenter cet article






Dimanche 29 juin 2014 | Mise en ligne à 14h52 | Commenter Commentaires (167)

Champlain II: 1 heure plus tard dans les Maritimes…

nuit

Dans l’auto en revenant des Montagnes blanches, ce matin, j’ai ouvert la radio, entendu une nouvelle sur l’Irak en ouverture du radiojournal de NPR et poussé un soupir de soulagement : aucune bombe nucléaire n’a sauté pendant mes cinq jours reclus au pied du mont Washington*.

Puis une fois à la maison, je me suis rendu compte que oui, finalement, une «bombe» avait sauté en mon absence : les premières images du futur pont Champlain ont été dévoilées!!!

C’est la Loi de Murphy appliquée au journalisme : tu couvres un enjeu jour après jour, tu en fais un dada personnel, puis il suffit que tu t’éloignes quelques jours à peine pour rater le clou du spectacle…

Bon, tout ça pour justifier mon silence sur la question. Je remets demain les pieds au boulot avec l’intention d’écrire une chronique sur le sujet pour mardi mercredi, finalement, mon texte ayant été repoussé.

En attendant, j’aimerais bien savoir ce que vous avez pensé des images, ce que vous en ont dit les amis autour du BBQ, les réflexions que ce dévoilement a suscitées chez vous. Le triomphe de la sobriété ou… de la banalité?

Voici lesdites images…

* Le mont Adams est autrement plus intéressant à grimper que le mont Washington, surtout par le sentier King Ravine, les «icecaves» et les grottes appelées «subway».

jour

profil

piste

dessous

skyline

estacade

Lire les commentaires (167)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2014
    D L Ma Me J V S
    « août    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives

  • publicité