Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Tourisme’

Mardi 25 mars 2014 | Mise en ligne à 11h52 | Commenter Commentaires (99)

BIXI: aux abonnements, citoyens!

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Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que l’abonnement au BIXI est un devoir citoyen… mais pas loin.

Le maire Coderre a confirmé hier pour la première fois que la saison 2014 du BIXI est désormais une certitude. Mais rien n’est sûr pour 2015 et les années subséquentes.

«C’est la dernière saison… prouvez-moi que j’ai tort», a lancé Denis Coderre en invitant les Montréalais à s’abonner massivement à BIXI pour signifier leur attachement et leur volonté d’en faire un élément pérenne du mobilier urbain.

«Montrez votre amour réel pour BIXI!», a-t-il ajouté.

Je vous le donne, quand on regarde la saga du vélo en libre-service et sa tournure des derniers mois, le premier réflexe n’est pas de sortir sa carte de crédit pour verser les 80 $ que coûte un abonnement annuel.

Le BIXI va finir par coûter des dizaines de millions à la Ville, peut-on se dire, inutile d’envoyer plus d’argent dans ce trou sans fond.

Sauf que…

Le système de vélos en libre-service de Montréal vaut la peine d’être sauvé. Pas pour des raisons idéologiques, mais bien pour des raisons pratiques, économiques, touristiques, politiques et même… patriotiques.

- Pratiques : le BIXI, au-delà des problèmes de gouvernance et de liquidités à l’international, est un système très populaire à Montréal. On dénombre environ 25 000 déplacements… chaque jour! Au total, on en a compté 13 millions entre 2009 et 2012.

- Économiques : la Ville a acquis les vélos et les stations du volet local de BIXI afin de réduire ses pertes dans l’aventure. En prenant possession de ces actifs, elle a réduit la dette de 12 millions $. Veut-on vraiment creuser encore un peu plus les pertes associées au BIXI en rendant cet équipement obsolète?

- Touristiques : BIXI a permis à Montréal de se hisser à nouveau parmi les villes cyclables les plus importantes de la planète, un honneur qu’elle avait perdu pendant le règne de Pierre Bourque. Or se classer au 11e rang du palmarès du respecté Copenhagenize et au 10e rang du palmarès du National Geographic Traveler est une formidable pub touristique.

- Politiques : disons-le, peu importe le modèle d’affaires, BIXI traînera un déficit d’opération. Aucune ville dans le monde ne profite d’un système de vélos en libre-service sans payer une partie de la facture. Pour convaincre le maire d’intégrer le service à la STM, là où il a tout à fait sa place, vaut donc mieux s’abonner massivement et ainsi réduire au minimum ce déficit qui avoisinait 1,5 million $ ces dernières années.

- Patriotiques : soyons chauvins un instant, ce serait mauvais pour l’image de Montréal d’être créateur d’un système vendu dans les plus grandes villes de la planète… mais d’avoir été incapable d’assurer sa survie ici même. Et d’ailleurs, combien d’inventions montréalaises se sont trouvées dans le top 20 des «best inventions» du Time Magazine?

Les problèmes de gouvernance et de gestion qui ont plombé BIXI ne lui ont pas enlevé sa pertinence. Ce n’est donc pas parce que le service était mal géré que le service n’a plus sa place à Montréal et dans l’équation plus large du transport urbain. Et ce n’est pas non plus parce qu’on met une croix définitive sur le BIXI qu’on effacera du coup les éventuelles pertes qu’il faudra essuyer pour le volet international.

Un petit effort citoyen prouverait au maire Coderre qu’il a tort d’envisager la fin de ce formidable moyen de transport.

Vous allez vous abonner ou vous réabonner, vous?

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Mardi 18 mars 2014 | Mise en ligne à 6h54 | Commenter Commentaires (45)

375e: peut-on vraiment faire tous ces projets?

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Projet Pavillon 5 du Musée des beaux-arts de Montréal Photo : Manon Asselin Architecte (atelier TAG)

Denis Coderre n’avait pas terminé sa conférence de presse sur le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie que déjà, le gouvernement Marois fermait la porte sèchement.

Moins d’un mois plus tard, en pleine période électorale, Pauline Marois décide finalement de la rouvrir en prétextant n’avoir pas tout à fait saisi que le projet se ferait par étapes…

Le maire a donc réussi à convaincre la chef du PQ. Bravo.

Mais ce faisant, il ajoute à nouveau un projet à la longue liste des legs du 375e, comme il l’a fait en janvier avec la réfection de la rue Sainte-Catherine Ouest. Voici les projets prévus pour 2017 :

• Cité Mémoire : œuvre médiatique composée de projections multipleformes mettant en valeur de l’histoire et le patrimoine de Montréal.

• Complexe environnemental Saint-Michel : création d’une première portion de ce qui deviendra le deuxième plus grand parc de Montréal

• Espace pour la vie : transformation du Biodôme, métamorphose de l’Insectarium et création d’un pavillon de verre pour le Jardin botanique.

• Lieu culturel et artistique des Premiers Peuples : implantation d’une adresse culturelle et artistique permanente vouée au présent et au futur des Premiers Peuples.

• Musée des beaux-arts de Montréal : inauguration du nouveau pavillon d’art international et d’éducation, qui abritera notamment les œuvres offertes par Michal et Renata Hornstein.

• Oratoire Saint-Joseph : aménagements pour améliorer l’accès au site et la fonctionnalité de ses espaces, notamment par l’ouverture du lanterneau.

• Parc Jean-Drapeau : revitalisation des espaces en vue du 50e anniversaire d’Expo 67, notamment la Place des Nations qui aura droit à une seconde vie.

• Parcours-découverte du mont Royal : création de parcours sur la montagne, notamment dans ses endroits les moins fréquentés.

• Pointe-à-Callière : mise en valeur de nouveaux sites, comme les vestiges du marché Sainte-Anne et de l’ancien parlement du Canada-Uni.

• Promenades urbaines : création de parcours dans différents quartiers afin de mettre en valeur leurs attraits.

• Trame verte et bleue du Grand Montréal : création d’une ceinture verte autour de Montréal afin de mettre en valeur les milieux naturels protégés, le paysage et le patrimoine bâti.

Or qu’on le veuille ou non, les fonds publics proviennent souvent de vases communiquant : s’ils sont plus nombreux à se partager les sommes, il y aura moins de sommes pour chacun d’entre eux…

C’est un choix, cela dit. Lors des consultations publiques sur le 375e, plusieurs participants avaient exprimé leur préférence pour une restauration des infrastructures existantes, plutôt qu’un ajout de nouvelles infrastructures.

La sédimentation des projets risque donc de plaire à ces Montréalais.

Mais je dois avouer que j’aurais préféré qu’on mise sur deux ou trois projets forts plutôt que sur une aussi large panoplie. J’aurais souhaité qu’on consacre plus d’argent à moins de projets, plutôt que moins d’argent à plus de projets.

En édito aujourd’hui, j’évoque par exemple le réaménagement du Parc Jean-Drapeau. Ce dernier pourrait facilement profiter d’un budget dépassant les 35 millions $ pour qu’on le ramène à ses origines de l’Expo 67, notamment en ramenant la Place des nations, le bassin et la fontaine d’antan.

Même chose pour la réfection de la Sainte-Catherine, qui pourrait être un coup fumant si on consacrait les budgets nécessaires à une véritable transformation. Pensons à un tramway en circuit fermé qui permettrait de circuler au centre-ville sans voiture, chose impensable avec des budgets saupoudrés à droite et à gauche.

Qu’en dites-vous? Vous aimez l’approche tous azimuts, ou vous auriez préféré qu’on se concentre sur un ou deux projets pour les développer à leur plein potentiel? Lesquels, plus précisément?

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Samedi 15 mars 2014 | Mise en ligne à 8h06 | Commenter Commentaires (73)

Il faut plus de chevaux à Montréal, pas moins…

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«Mener un cheval dans le Vieux-Montréal est une entreprise hasardeuse. Un jour – et ce jour approche –, cette tradition et tout le legs de connaissances cochères qui l’accompagne disparaîtront. (…) Tout cela finira au musée.»

Marie Hélène Poitras voit bien que l’avenir des calèches à Montréal ne tient plus à grand-chose. Ancienne cochère, amoureuse des chevaux, cette écrivaine décrit extrêmement bien la situation des exploitants de «véhicules hippomobiles» dans son superbe roman Griffintown.

Une situation déjà précaire, donc, qui l’est devenue encore plus ces dernières semaines avec la décision du maire de New York d’interdire prochainement les calèches dans les rues et parcs de sa ville.

Une décision dont les défenseurs des animaux, censés manifester dans le Vieux-Montréal aujourd’hui, souhaitent se servir pour convaincre le maire Coderre d’emboîter le sabot (scusez là…).

Je m’y oppose pour toutes sortes de raisons que j’explique aujourd’hui dans un édito que je termine en appelant, au contraire, à une mise en valeur de ce vestige du passé de Montréal. Après tout, le cheval fait partie du patrimoine vivant de la métropole.

«Le cheval comme la calèche sont une forme de patrimoine vivant qui mérite qu’on le prenne en compte et pas seulement pour les touristes», confirme Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal, en entrevue.

«Les calèches pourraient être des objets patrimoniaux dans une collection du centre d’histoire mais cela ne traiterait que de la valeur de l’artéfact. C’est tellement plus intéressant d’en avoir des vivantes dans les rues, animées avec leurs chevaux, leurs caléchiers et le clip clop des sabots sur les pavés. Pourquoi la présence animale en ville se limiterait-elle aux écureuils du carré Saint-Louis, aux pigeons, moineaux et autres mouettes, voire aux chiens domestiques? Le cheval n’a-t-il pas droit de cité, lui qui a fait que Montréal est devenue ce qu’elle est au XIXe?»

Mais une fois cela dit, comment le mettre en valeur? On ne peut simplement multiplier les permis de calèches (après les avoir réduits, d’ailleurs), l’offre ne tirant pas nécessairement la demande vers le haut.

D’abord, il faut resserrer à nouveau le règlement sur les «véhicules hippomobiles». La situation est mieux qu’elle l’était avant 2007, mais elle aurait encore besoin d’être améliorée. Bonne chose, j’ai appris qu’un comité multidisciplinaire regroupant notamment des vétérinaires, des inspecteurs et des gestionnaires de plusieurs arrondissements vont proposer ce printemps une refonte de la réglementation.

Ensuite, il faut penser en dehors de la boîte, ou plutôt en dehors de la calèche afin de ramener l’animal qui la tire dans le paysage urbain. Les chevaux ont eu beau servir à tirer des taxis, des tramways et des réservoirs des pompiers, ils ont eu beau aider à charrier du lait, de la glace et de la neige, ils ont aujourd’hui presque disparu de Montréal (sauf pour les calèches et la cavalerie du SPVM).

Projet Montréal a déjà commencé à réfléchir à la chose, loin des projecteurs. Il propose qu’on revalorise le cheval en lui accordant plus de place dans la ville, étant donné que le patrimoine que l’on met en valeur à Montréal se résume trop souvent à de vieilles pierres.

«Il faut accorder sa juste importance au fait que le maintien jusqu’à nos jours de la présence du cheval à La Nouvelle-Orléans, à Québec et à Montréal constitue un élément non négligeable définissant la touche française commune à ces trois villes», écrit le parti dans un mémoire.

Quelques propositions en ce sens :

- Que les institutions scolaires et municipales développent des activités avec les chevaux, notamment des tours de calèche pour les enfants.

- Que le cheval reprenne du service en ville, comme cela se fait en Europe, pour la cueillette des ordures, l’entretien de la végétation et une panoplie d’autres tâches.

- Que le caractère utilitaire du cheval soit mis à contribution dans les grands parcs, en lieu et place des camionnettes.

- Que l’on construire une écurie centrale accessible au public, possiblement dans le stationnement qui fait face au marché Bonsecours, de l’autre côté de la rue Saint-Paul.

Des pistes de réflexion intéressantes, non? Qu’en pensez-vous, une bonne idée que cette revalorisation du cheval en ville? Et les propositions de Projet Montréal, elles vous emballent?

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