Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Sécurité’

Lundi 20 mai 2013 | Mise en ligne à 12h33 | Commenter Commentaires (21)

Dominique Sorel: «pour que Montréal marche…»

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Dominique Sorel, vice-présidente du conseil d’administration du Centre d’écologie urbaine de Montréal.

rrrrÀ Montréal, en moyenne 5 piétons, dont un enfant, sont blessés à chaque jour par une voiture. Ceci représente près de la moitié de tous les piétons blessés au Québec.

Pour améliorer ce lourd bilan, il s’agit de mieux construire nos rues et diminuer le volume de circulation. La Ville de Montréal publiait en 2006 sa Charte du piéton, et en 2008 son Plan de transport qui énonce l’objectif de réduire les traumatismes routiers de 40% en 10 ans. La Ville a présenté le 30 avril dernier la démarche «Quartiers verts» pour aménager des milieux de vie favorisant la marche et le vélo en toute sécurité et apaiser la circulation afin de «redonner aux citoyens la qualité de vie qui leur revient». Les idées sont là, une force rassembleuse et les moyens financiers doivent émerger pour les mettre en œuvre largement et rapidement pour assurer l’atteinte de ces objectifs.

Afin que l’on puisse vivre dans une ville à échelle humaine, où l’on peut élever notre famille, vieillir en santé et profiter de ce que la densité urbaine offre de mieux, tous peuvent mettre l’épaule à la roue:

-La Ville et ses arrondissements profitent de chaque opportunité de réfection pour mettre en place les aménagements favorisant la sécurité et la convivialité sur nos rues (trottoirs élargis, terre-pleins, feux pour piétons, arbres, bancs, etc.);

-Le ministère des Transports du Québec facilite le déploiement de cette vision en mettant à jour sa réglementation pour soutenir la qualité de vie en milieu urbain (par exemple avec un nouveau «code de la rue» en supplément au «code de la sécurité routière»; ce ministère ouvre aussi toutes grandes les vannes du transport en commun (électrique !) pour répondre à la demande de mobilité plutôt que d’ajouter des voies de circulation… Je n’abandonne pas le rêve d’un meilleur Turcot, et d’un (beau!) pont Champlain qui priorise le transport en commun!

-Les budgets pour les aménagements pour piétons, cyclistes et transports collectifs sont augmentés, en meilleur équilibre par rapport aux projets routiers qui accaparent présentement des milliards. Une synergie s’établit avec les paliers de gouvernement supérieurs pour donner les moyens à la Ville de Montréal, aux citoyens de la métropole du Québec, de mettre à niveau les aménagements visant la sécurité dans les rues des quartiers qui subissent la pression d’ouvrages autoroutiers d’autres juridictions.

-Finalement, un partenariat efficace s’établit entre citoyens (et pourquoi pas même les citoyens corporatifs!), élus, professionnels de toutes les agences concernées et organismes de la société civile pour profiter des connaissances de tous, identifier les solutions optimales et les mettre en œuvre rapidement.

Comme l’a si bien dit l’anthropologue américaine Margaret Mead : «Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. C’est d’ailleurs toujours comme cela que ça s’est passé!»

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virage

Le virage à droite est à la métropole ce que la margarine est au Québec : un débat superflu et redondant qui nous éloigne collectivement des véritables enjeux.

L’an dernier, l’hebdomadaire The Subarban a tenté de relancer la chose par l’entremise d’une pétition. Cette année, c’est Luis Miranda, maire d’Anjou et, malheureusement, président de la commission sur les transports de la Ville…

Ayant recours au même sophisme que tous les adeptes de cette mesure, il a répété le fameux «on n’est pas plus niaiseux que les autres». Ce qui est vrai… mais qui ne rend pas plus pertinent le virage à droite au feu rouge en milieu urbain!

La grande majorité des villes en Amérique du Nord le permettent, c’est vrai. Mais la décision de l’appliquer a été prise dans la plupart des cas à une époque où l’auto était reine, où toutes les décisions urbanistiques étaient prises uniquement en fonction de la voiture.

Refaites le débat aujourd’hui, et je ne suis pas convaincu qu’une majorité de villes dirait oui à nouveau. D’autant que les études menées sur le sujet au fil du temps ont déboulonné un à un les arguments pour le virage à droite. Les partisans de la mesure vantent le gain de temps, la diminution de la congestion et la baisse de la consommation d’essence. Or…

- le gain énergétique moyen pour un automobiliste qui se permet de virer à droite sur le feu rouge est de… 2,64 litres par an, selon une étude du Centre de recherche sur les transports de l’Université de Montréal.

- le gain de temps, selon la densité de la circulation, oscille entre 3 et 15,6 secondes par jour, selon un examen de la documentation américaine menée par la SAAQ, le MTQ et la Ville de Montréal.

- la diminution de la congestion, elle, est… inexistante. La SAAQ évalue que seulement 13,7 % des conducteurs ayant recours au virage à droite au feu rouge attendent en file. Plus de 85 % d’entre eux sont donc seuls à attendre au feu rouge ou premiers d’une file. On est loin du bouchon!

Donc on a tous ces «avantages» d’un côté, et de l’autre, on a un inconvénient, de taille : une hausse du risque et des accidents impliquant des piétons et des cyclistes.

Le dernier bilan du virage à droite au feu rouge, qui touche les années 2003 à 2011, fait état de 6 décès, 33 blessés graves et 807 blessés légers.

C’est sûr, ce n’est pas «l’hécatombe» que certains craignaient le 13 avril 2003, il y a exactement dix ans aujourd’hui, lorsque la mesure est entrée en vigueur au Québec. Mais on parle quand même de 6 morts et de 33 blessés graves! Liés directement au virage à droite!

Notre priorité collective est-elle véritablement cet enjeu? Notre priorité est-elle encore aujourd’hui de s’assurer que les automobilistes gagnent quelques secondes par jour au risque de perdre quelques piétons en chemin?

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Samedi 12 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h57 | Commenter Commentaires (84)

Message aux policiers: dégagez!

tuquetest

La mode est à l’apaisement de la circulation à Montréal. Tous les arrondissements s’y sont mis, à des degrés divers. Certains réduisent la vitesse, d’autres élargissent les trottoirs, implantent des dos d’âne, multiplient les opérations policières, etc.

Et pourtant, il y a une petite mesure de rien du tout, simple, peu coûteuse et terriblement efficace qu’à peu près aucun d’entre eux ne privilégie: appliquer le Code de la sécurité routière…

Je ne parle pas ici d’appliquer rigoureusement l’ensemble des 676 articles de la loi demain matin, mais bien d’un seul alinéa d’un seul article qui pourrait véritablement apaiser la circulation et protéger les usagers vulnérables : l’interdiction de se stationner «à moins de 5 mètres d’une borne-fontaine et d’un signal d’arrêt» (art.386 al.2).

Je vous en parle pour une raison bien précise, et personnelle pour tout vous dire…

Cette semaine, j’ai laissé mon fils marcher seul vers l’école une fois dans le corridor scolaire… non sans l’épier de loin. Je voulais m’assurer qu’il regardait bien des deux côtés avant de traverser.

Or ce que j’ai vu m’a fait bondir!

Fiston s’est bel et bien arrêté à l’intersection… mais aucun automobiliste ne s’est immobilisé pour le laisser passer! Aucun! Et ce, même s’il y avait des panneaux d’arrêt à tous les coins!

J’ai dû le rattraper à la course pour m’assurer qu’un automobiliste s’arrêterait bel et bien au stop le temps que mon petit bonhomme traverse la rue. J’étais furieux!

Le problème est double. D’abord, il y a un évident manque de courtoisie des automobilistes. Ensuite, il y a une belle place de stationnement directement au coin, toujours occupée, de telle sorte que l’enfant qui attend au coin est caché derrière le véhicule.

Voyez la photo qui chapeaute ce billet. Apercevez-vous mon fils avec sa petite tuque vert fluo? Eh bien les automobilistes ne le voient pas, eux non plus. Surtout lorsqu’un SUV ou une minifourgonnette occupe l’espace…

fleche

Or à sa face même, cette situation est inacceptable : l’auto grise n’est pas à 5 mètres du coin, pas même à 5 mètres de la borne-fontaine… en plein corridor scolaire!

J’ai donc hélé un policier qui passait par là, hier matin. Il m’a avoué être le responsable de la sécurité de la circulation dans le quartier. Je lui ai alors signalé l’existence de la voiture grise empiétant sur la ligne d’arrêt, ajoutant que c’était ainsi tous les jours.

Vous savez ce qu’il m’a répondu? Que le règlement du 5 mètres n’était pas appliqué dans la grande majorité des arrondissements de l’île… «sinon, il n’y aurait plus de places de stationnement»!

Les policiers ignorent donc à toutes connaissances de cause l’article 366 du Code parce qu’ils le jugent excessif!

Ce faisant, ils cautionnent une situation dangereuse, à mon avis. La preuve, l’article de loi existe. Or comme le savent tous les juristes, le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Autrement dit, si le règlement existe, c’est qu’il y avait un problème à corriger.

D’ailleurs, l’arrondissement de Verdun s’est engagé à dégager l’ensemble de ses intersections suite à une recommandation de la Commission de la circulation et de la sécurité publique, précisément pour éviter les accidents que cela peut causer (même chose pour Villeray–Saint-Michel–Parc-Ex et quelques autres exceptions). Avec succès: les policiers ont déjà noté une réduction du nombre d’accidents aux intersections.

Tout ce que cela a pris à Verdun, c’est un mot d’ordre lancé aux policiers du poste 16… et un gros pot de peinture jaune pour délimiter les fameux 5 mètres et ainsi signaler l’interdiction de stationner. Facture de l’opération: 6000$. Oui, oui, six milles dollars.

Mon message aux arrondissements et aux policiers: dégagez! svp…

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