Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Dominique Sorel, vice-présidente du conseil d’administration du Centre d’écologie urbaine de Montréal.
À Montréal, en moyenne 5 piétons, dont un enfant, sont blessés à chaque jour par une voiture. Ceci représente près de la moitié de tous les piétons blessés au Québec.
Pour améliorer ce lourd bilan, il s’agit de mieux construire nos rues et diminuer le volume de circulation. La Ville de Montréal publiait en 2006 sa Charte du piéton, et en 2008 son Plan de transport qui énonce l’objectif de réduire les traumatismes routiers de 40% en 10 ans. La Ville a présenté le 30 avril dernier la démarche «Quartiers verts» pour aménager des milieux de vie favorisant la marche et le vélo en toute sécurité et apaiser la circulation afin de «redonner aux citoyens la qualité de vie qui leur revient». Les idées sont là, une force rassembleuse et les moyens financiers doivent émerger pour les mettre en œuvre largement et rapidement pour assurer l’atteinte de ces objectifs.
Afin que l’on puisse vivre dans une ville à échelle humaine, où l’on peut élever notre famille, vieillir en santé et profiter de ce que la densité urbaine offre de mieux, tous peuvent mettre l’épaule à la roue:
-La Ville et ses arrondissements profitent de chaque opportunité de réfection pour mettre en place les aménagements favorisant la sécurité et la convivialité sur nos rues (trottoirs élargis, terre-pleins, feux pour piétons, arbres, bancs, etc.);
-Le ministère des Transports du Québec facilite le déploiement de cette vision en mettant à jour sa réglementation pour soutenir la qualité de vie en milieu urbain (par exemple avec un nouveau «code de la rue» en supplément au «code de la sécurité routière»; ce ministère ouvre aussi toutes grandes les vannes du transport en commun (électrique !) pour répondre à la demande de mobilité plutôt que d’ajouter des voies de circulation… Je n’abandonne pas le rêve d’un meilleur Turcot, et d’un (beau!) pont Champlain qui priorise le transport en commun!
-Les budgets pour les aménagements pour piétons, cyclistes et transports collectifs sont augmentés, en meilleur équilibre par rapport aux projets routiers qui accaparent présentement des milliards. Une synergie s’établit avec les paliers de gouvernement supérieurs pour donner les moyens à la Ville de Montréal, aux citoyens de la métropole du Québec, de mettre à niveau les aménagements visant la sécurité dans les rues des quartiers qui subissent la pression d’ouvrages autoroutiers d’autres juridictions.
-Finalement, un partenariat efficace s’établit entre citoyens (et pourquoi pas même les citoyens corporatifs!), élus, professionnels de toutes les agences concernées et organismes de la société civile pour profiter des connaissances de tous, identifier les solutions optimales et les mettre en œuvre rapidement.
Comme l’a si bien dit l’anthropologue américaine Margaret Mead : «Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. C’est d’ailleurs toujours comme cela que ça s’est passé!»
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