Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Politique fédérale’

Samedi 2 février 2013 | Mise en ligne à 8h09 | Commenter Commentaires (139)

Non, le monorail suspendu n’est pas une bonne idée…

Je m’étonne de l’appui que récolte le monorail suspendu depuis quelques années. Ce projet de lien rapide entre Montréal et Rimouski a beau être novateur, il n’en est pas plus intéressant pour autant.

Depuis que le Parti québécois est au pouvoir, ce projet tiré tout droit d’un livre de science-fiction fait des adeptes, en plus de faire couler beaucoup, beaucoup, beaucoup d’encre dans les régions. Appuyé par plusieurs députés, ministres et personnalités nationalistes, le projet a été présenté à Investissement Québec, à des MRC et à plusieurs sociétés de développement économique.

Chaque fois, tout le monde sort emballé par ce projet électrique, écolo, québécois, porteur et tutti quanti. À tel point que des organisations sérieuses comme Option nationale s’en font les partisans. La FTQ, un syndicat autrement crédible, a même proposé la chose en commission parlementaire pour compenser la perte de Gentilly, cette semaine!

Mais à quoi pensent tous ces gens? On peine à faire un train le moindrement rapide entre Montréal et Québec, mais on réussirait à implanter une technologie qui n’existe que sur papier (monorail suspendu à moteur-roue inventé par Pierre Couture) sans en perdre sa chemise collective?

Je n’y crois pas une seule seconde. Surtout que les images montrent bien l’horreur qui s’ajouterait ainsi au paysage québécois, tout le long de l’autoroute 20, en plein cœur de Montréal et Québec, en passant pas plusieurs villages.

Veut-on vraiment tapisser la vallée du Saint-Laurent de piliers de béton à chaque 50 mètres? Imaginez-vous la levée de boucliers, avec raison? Je tez un oeil à la vidéo pour vous faire une idée…

Je salue le travail acharné du coordonnateur du projet, Jean-Paul Marchand, et de la coopérative TrensQuébec (Transport électrique national suspendu), mais je trouve qu’on perd ainsi de l’énergie et des ressources qui pourraient être investies dans des projets plus vraisemblables.

Le TGV Québec-Windsor, par exemple, bien qu’il ne soit pas dans les projets du fédéral pour l’instant, me semble beaucoup plus prometteur.

L’«ÉcoTrain», étudié récemment par Dessau et KPMG, a en effet bien des mérites qui échappent au monorail. Il enjambe deux provinces, ce qui permettrait au Québec de partager la facture avec Ottawa et avec l’Ontario. Il s’implanterait sur une emprise existante, contrairement au monorail (on ne peut quand même pas exproprier les opérateurs de trains de marchandises!). Il offrirait la possibilité d’étendre le lien ferroviaire jusqu’au Midwest américain. Il pourrait redevenir une priorité politique si les conservateurs quittaient le pouvoir, surtout si les Américains allaient de l’avant avec leurs propres projets de TGV.

Bref, même si l’ÉcoTrain n’est pas une priorité politique pour l’heure, il a beaucoup plus de chance de voir le jour qu’un douteux monorail qu’il faudrait inventer de toutes pièces. Aussi Québécois soit-il.

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Il faut absolument prévoir un système de transport en commun performant sur le futur pont Champlain. Mais lequel?

Personnellement, je ne vous surprendrai pas, j’ai habituellement un faible pour l’autobus en site propre. Flexible, rapide, efficace, il permet d’aller n’importe où, de s’ajuster à la demande, de multiplier les destinations. On peut aussi utiliser des petits bus, des moyens bus, des gros bus, des très gros bus articulés…

Mais j’avoue, dans le cas de Champlain, ces avantages sont beaucoup moins évidents…

Il suffit d’emprunter un des 500 autobus qui filent vers le centre-ville de Montréal le matin pour s’en apercevoir : une fois à proximité du terminus, ils sont très nombreux à se placer à la file indienne et attendre leur tour pour s’y engouffrer.

Le temps d’attente est parfois si long que des usagers excédés débarquent avant l’arrêt pour marcher jusqu’à la gare…

Le problème est triple. Le terminus centre-ville est déjà utilisé à pleine capacité. Les autobus doivent traverser des quartiers de plus en plus résidentiels (ce qui sera encore plus vrai une fois l’autoroute Bonaventure démolie). Et le parcours qu’ils empruntent est déjà saturé.

Dur à croire, mais à l’heure de pointe du matin, les bus transportent déjà près de 20 000 personnes sur Champlain. Et les autos sur la même période? 20 000 elles aussi. C’est plus que la ligne jaune du métro!

Dans ce contexte, le SLR (système léger sur rail) se justifie amplement.

D’abord parce qu’il règlerait le problème de congestion monstre dans le quartier Griffintown. Ensuite parce qu’il serait à l’abri des intempéries et des pépins de circulation sur le pont. Et enfin parce qu’il permettrait de faire passer le nombre d’usagers à 32 000 par période de pointe, ce qui est non négligeable quand on sait que la population de la Rive-Sud devrait augmenter de 16 % d’ici 15 ans.

En clair, les autobus répondraient à la demande. Le SLR l’augmenterait, et la comblerait.

La question qui tue: l’investissement de 1,4 à 2 milliards $ en vaut-il la chandelle, à votre avis?

MISE À JOUR: Je précise que je suis en faveur du train léger, non pas des autobus. À la lumière des réactions des lecteurs, je m’aperçois que la question que je pose en fin de billet peut laisser croire que je privilégie l’autobus. Au contraire, comme je le précise, les autobus n’offrent pas de très grands avantages dans le cas de Champlain. J’y reviendrai.

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Mardi 21 août 2012 | Mise en ligne à 11h31 | Commenter Commentaires (19)

La Biosphère est ronflante. Mais de là à la fermer?

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Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

La Biosphère est une icône pour Montréal, une des rares œuvres, avec le Stade et Habitat 67, capables de représenter la métropole à l’étranger en une image.

Or Ottawa veut transformer cette grosse boule en édifice administratif, en fermer l’accès au public et y aménager des bureaux ternes et gris. Malgré des promesses contraires…

Je dois avouer que je ne suis pas un grand amateur du musée de l’environnement qui s’y trouve. Je le trouve démodé, trop pédago-pédagogique, trop gnangnan, trop moralisateur. Comme les livres jeunesse qui ont pour thème l’environnement.

Vrai, il y a plus de 125 000 personnes qui le visitent chaque année. Mais enlevez tous les élèves en sortie obligatoire et ils ne vous restent plus grand monde… Disons que la Biosphère aurait des leçons à prendre du Centre des sciences.

Il m’est donc difficile de me porter à la défense d’un musée qui, à mes yeux, n’a pas trouvé sa pertinence, n’a pas réussi à se tailler une place de choix dans le riche écosystème muséal montréalais.

Mais de là à fermer la porte de ce chef-d’œuvre architectural au public? Come on…

Il faut se rappeler que le musée qui s’y trouve est un legs offert à Montréal par Ottawa pour son 350e anniversaire. Plus de 17 millions $ avaient alors été dépensés pour faire de la sphère un endroit public, ouvert à tous.

Et aujourd’hui, on songe à jeter aux poubelles l’entente qui lie la Ville au fédéral, même si celle-ci ne vient à échéance qu’en 2016, même si Montréal n’a pas été consulté, même si ce bijou patrimonial est un des plus importants symboles de Montréal…

Aujourd’hui même, d’ailleurs, Le Devoir présente de magnifiques photos de l’artiste italien de renommée mondiale Mimmo Jodice, qui a notamment choisi le dôme d’Expo 67 pour représenter la métropole dans son œuvre.

N’y aurait-il donc pas lieu de revoir la fonction de la Biosphère plutôt que de la transformer bêtement en dôme à bureaux? On ne parle pas ici d’énormes investissements puisque la rénovation complète des lieux date de 1991.

D’ailleurs, Ottawa n’évoque pas autant des raisons financières pour son geste (non confirmé pour l’instant) que des raisons administratives. Il affirme procéder à une «révision des investissements actuels dans la Biosphère» afin que son mandat se rapproche davantage de celui du ministère de l’Environnement. Ce qui, entre vous et moi, est du pur n’importe quoi!

Comme l’Alliance de la Fonction publique du Canada, Vision MontréalProjet Montréal et la Fondation Suzuki, je crois donc que le maire Tremblay a le devoir de se lever et de tout faire pour conserver, à tout le moins, l’accès au public. Quitte à dynamiser le musée qui s’y trouve, voire à trouver une nouvelle vocation à la Biosphère.

Vous en pensez quoi?

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