Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Patrimoine’

Mardi 1 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h01 | Commenter Commentaires (52)

Champlain II: un clin d’oeil au passé de Montréal…

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Tout en haut de mon palmarès de sources architecturales, il y a Witold Rybczynski, professeur émérite à l’Université de Pennsylvanie et redoutable critique architectural. Je suis d’ailleurs en train de lire son livre, fascinant, How Architecture Works.

En voyant les images du pont de remplacement de Champlain, j’ai donc eu l’idée de lui tendre une perche pour avoir son impression, d’autant que l’homme a été professeur à McGill pendant 20 ans.

En un mot, il n’est pas très impressionné… sauf par les piliers.

«Les ponts à haubans sont très à la mode ces jours-ci, m’a-t-il dit, mais celui-ci me semble une tentative un peu trop évidente de créer de toutes pièces un pont emblématique. Il est grandiloquent en regard de la faible portée de la voie maritime. Les tours jumelles ne sont pas particulièrement élégantes, par ailleurs.»

«Cela dit, j’aime les piliers en forme de Y, a-t-il ajouté. Ils font vraiment le travail.»

En toute humilité, je suis plus ou moins d’accord avec Rybczynski, ce que j’expliquerai en chronique demain. Mais j’aime bien l’attention qu’il porte aux piliers et aux portiques en forme de Y (ou de W, c’est selon). Voilà un aspect clairement distinctif du futur pont de Jensen et Provencher Roy.

J’en ai d’ailleurs eu une preuve supplémentaire, tout à l’heure, alors qu’un lecteur versé en histoire de l’art, Robert Poirier, m’a ouvert les yeux sur une particularité encore plus surprenante de ces piliers : leur ressemblance avec le logo d’Expo 67, ou du moins l’emblème minimaliste à partir duquel le designer Julien Hébert avait conçu le logo en forme de cercle.

piliers2LogoExpo

Je doute que cela ait été volontaire, sinon les architectes en auraient parlé tout de go, mais sous certains angles, la similitude est frappante.

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Il s’agit d’un intéressant clin d’œil à l’histoire de Montréal, un clin d’oeil ironique en outre, car il nous ramène aux années soixante, époque où a été construit l’actuel pont Champlain.

Voilà qui, même involontairement, donne un ancrage local à ce futur pont, vous ne trouvez pas?

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Belanger - Expo

Lettre intéressante de Michel Dumas, professeur au département de communication sociale et publique de l’UQAM, et président de la Fondation Expo 67. Je la publie intégralement en vous invitant à y réagir.

téléchargementC’est avec le plus grand intérêt que j’ai lu la chronique de François Cardinal intitulée «375e: trop tard pour bien faire?» dans laquelle il dit craindre qu’on ne puisse laisser un legs significatif à Montréal en 2017 à l’occasion des fêtes du 375e anniversaire.

Il croit, cependant, qu’il n’est pas trop tard pour le faire, «car il existe sur les planches à dessin un projet d’envergure porteur de sens»: la transformation des îles du Parc Jean-Drapeau pour rappeler leurs origines de 1967.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce projet. On sait que le 50e anniversaire de l’Expo 67 coïncide avec le 375e de Montréal. Mettre en valeur l’héritage remarquable de l’Expo, c’est en même temps saluer l’un des plus grands évènements qui aient propulsé Montréal sur la scène internationale.

La Fondation Expo 67 qui regroupe des amants de l’Expo souhaite que les pouvoirs publics acceptent, alors qu’il en est encore temps, ce projet de transformation du Parc Jean-Drapeau.

Outre de favoriser des projets de développement, nous nous devons de célébrer le 50e de l’Expo, comme l’ont fait d’autres villes qui ont tenu une exposition universelle. En 2008, Bruxelles a rappelé l’exposition de 1958 par une série d’événements sous le thème «Bruxelles bonheur» et notamment par une exposition dans un Atomium ayant retrouvé tout son lustre. En 2012, un programme d’événements et d’expositions d’une durée de six mois appelé Next Fifty a rappelé l’exposition universelle de Seattle de 1962.

En 2017, Montréal célèbrera-t-elle comme il se doit sa grande exposition?

Nous avons déjà proposé qu’on développe comme legs spécifique un centre permanent d’interprétation de l’Expo ou, pourquoi pas, sur les îles, à la Biosphère par exemple. On pourrait aussi célébrer cet anniversaire par des évènements visant différents publics: faire revivre aux écoliers l’expérience de l’«édu-kit» menée alors avec succès par le service des relations publiques dans des milliers d’écoles au Canada et aux États-Unis, en 1967; rappeler l’expérience des «journées nationales» en célébrant avec chaque pays l’anniversaire de sa participation à l’Expo; organiser un ensemble de spectacles rappelant le célèbre Festival mondial qui fut un évènement culturel sans précédent.

Quels que soient les projets retenus, Montréal doit célébrer l’Expo.

Notre Fondation ne dispose pas de ressources pour financer ces projets, ne comptant que sur de modestes cotisations de ses membres, Amis de l’Expo. Toutefois, elle encourage fortement à le faire les pouvoirs publics, en leur assurant tout son appui.

Nous devons accomplir notre devoir de mémoire et redonner aux Montréalais la fierté d’avoir tenu ce grand évènement.

Il en est encore temps.

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Samedi 3 mai 2014 | Mise en ligne à 7h20 | Commenter Commentaires (77)

Mirabel, icône architecturale? «Vous voulez rire?»

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PHOTO Alain Roberge

«L’aérogare de Mirabel, un grand moment de l’architecture moderne du Québec??? Vous êtes sarcastique??? L’architecte qui a conçu cette horreur mérite d’être déporté!!!»

Dans le flot des courriels reçus hier à la suite de ma chronique sur la démolition de l’aérogare Mirabel, plusieurs commentaires sur la qualité architecturale du bâtiment. Ou plutôt, ce que les lecteurs perçoivent comme une absence de qualité architecturale du bâtiment…

«Voyons donc, un gros bloc dans le milieu de nulle part. Qu’on mette le bull là-dedans au plus vite», m’écrit l’un d’eux.

Or j’ai beau me résigner à la démolition de l’édifice, ce n’est certainement pas en raison de son absence de valeur esthétique. C’est plutôt en raison de son histoire et de sa situation géographique.

Le bâtiment signé par la firme Papineau, Gérin-Lajoie, LeBlanc, Edwards est en effet l’une des icônes québécoises, voire canadiennes de l’architecture moderne. Pas loin de la Place Bonaventure et de la Tour de la bourse (ces deux édifices ont cela de plus qu’ils ont été signés par de grands bureaux d’architectes internationalement reconnus).

L’influence Mies van der Rohe est bien présente, avec sa simplicité, son minimalisme, la pureté de ses lignes, son enveloppe de verre teinté noir. L’inauguration des lieux a été un véritable événement dans le monde architectural canadien, à l’époque.

Pourquoi avaliser la démolition dans ce cas? Parce qu’on a tout essayé en dix ans pour donner une seconde vie aux lieux, sans succès (si l’ancien maire Meilleur n’a pas réussi, personne ne le sera, et ce ne sont certainement pas quelques mois de plus, tels que demandé par Denis Coderre, qui feront une différence…). Et surtout, parce que le bâtiment se situe à des dizaines de kilomètres de Montréal.

Le même bâtiment eut-il été construit sur l’île que j’aurais été le premier à dénoncer sa démolition. Il y a toujours moyen de faire revivre un édifice de cette importance… sauf s’il a été construit dans un champ, loin du cœur de la région, loin de tout secteur un tantinet densifié, loin de tout axe routier d’importance.

Il est donc tout à fait ridicule de me répondre, comme l’a fait un lecteur, qu’«il suffit d’appliquer mot pour mot mon argumentaire au Stade olympique pour décider de le démolir lui aussi».

Le Stade est voisin de l’Espace pour la vie, qui fait partie des 10 lieux les plus visités à Montréal. Le secteur a attiré 2,7 millions de visiteurs l’an dernier. C’est une infrastructure sportive qui peut être réutilisée de 100 façons.

Rien à voir avec un bâtiment difficile à reconvertir, que les investisseurs ont décidé d’ignorer pendant une décennie, situé dans un no man’s land, qui coûte des millions en entretien chaque année.

Un moment donné, il faut se résigner, il faut choisir ses combats patrimoniaux, et celui-là n’en est pas un qui vaut la peine, à mon avis. Vous êtes d’accord, ou pas?

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