Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Mairie’

Samedi 4 mai 2013 | Mise en ligne à 8h08 | Commenter Commentaires (28)

Montréal: y a-t-il un leader dans la salle?

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Il y a actuellement un vacuum de leadership à Montréal. Et plusieurs tentent de le combler…

Il y a les aspirants à la mairie, les Coderre, Bergeron et Harel, dont on doit saluer le courage. Se lancer dans une telle course, dans le contexte actuel, avec le niveau de cynisme que l’on sait, prend une bonne dose de bravoure et d’engagement.

Il y a le ministre de la Métropole, dont l’interventionnisme commence à lui donner des airs de maire (j’en parle en édito). Lisée a bloqué la nomination de Beauchamp, aurait fait la même chose pour Courchesne, il s’est opposé à l’article 2.2 et aux modifications à P-6, il a décidé que Tremblay «n’avait plus la crédibilité politique» pour continuer, mais qu’Applebaum en avait toujours, «pour l’instant»…

Et il y a la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui s’est permis une intervention aussi originale que douteuse, cette semaine. Elle a publié sur le site Jobboom l’offre d’emploi 1925560 : «Maire de Montréal».

Intéressante l’année dernière, cette initiative est bien curieuse à six mois de l’échéance électorale, alors que les candidats sont quasiment tous sur le fil de départ.

Curieuse parce que plusieurs des firmes nommées à la Commission Charbonneau sont membres de la Chambre, comme Roche et Dessau, ce qui aurait dû inciter cette dernière à «un peu plus de prudence», pour reprendre l’expression…

Curieuse parce qu’on donne ainsi l’impression que la Chambre se cherche un candidat, voire un maire. Comme s’il allait un jour travailler pour elle. Cette impression est d’ailleurs renforcée par un détail non négligeable : sur le site Jobboom, l’offre d’emploi est chapeautée du nom de «l’employeur», la Chambre de commerce…

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Il y a un lien direct entre les interventions du ministre Lisée et de la Chambre de commerce, le sous-texte : les personnes en place et en lice ne sont pas qualifiées pour le poste. Applebaum n’a pas le leadership nécessaire pour guider Montréal, tandis que Harel, Bergeron et Coderre n’en offriront pas plus une fois élu.

Vraiment?

Aucun des trois candidats n’est sur le point de créer un balayage électoral, c’est vrai. Ils ne suscitent pas un grand enthousiasme, c’est vrai aussi. Ils ne créent pas un élan délirant, ce pourquoi j’ai cherché à trouver des noms de candidats qui créeraient une certaine ferveur sur ce blogue.

Mais laisser entendre qu’elles n’auront pas le leadership pour diriger Montréal? Un peu hasardeux, non?

C’est une chose de conclure que les candidats ne suscitent pas un délire fou. C’est une observation que l’ont peut faire en tendant un doigt mouillé en l’air, en parlant à des électeurs à droite et à gauche. Mais conclure qu’une ancienne ministre ayant accumulé les mandats difficiles, un urbaniste reconnu pour sa compréhension de la ville et un député ayant des années d’expérience politique n’ont pas de leadership? N’auront pas de leadership s’il remportait la victoire?

Personnellement, je trouve cette conclusion hâtive.

Vous? Êtes-vous prêt à dire que ces candidats n’ont pas le leadership nécessaire pour diriger Montréal? Le cas échéant, que leur manque-t-il précisément?

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Il n’est pas candidat. Il n’a pas démontré d’intérêt pour la scène municipale dans le passé. Il n’a même pas détaillé ne serait-ce qu’une idée forte sur l’avenir de Montréal.

Et pourtant, Denis Coderre a le potentiel de chambouler la politique montréalaise au point où les trois partis en présence se préparent au pire en coulisse.

Certains craignent même la disparition de deux des trois formations politiques…

Des coups de sonde effectués dans les différents partis au cours des dernières semaines révèlent en effet une immense peur face à cet homme devenu bulldozer avant même son entrée sur la scène municipale.

Un sentiment amplifié depuis la publication d’un sondage dans La Presse, le 6 octobre dernier, qui accordait à cet homme venu d’Ottawa le tiers des intentions de vote (32%) face à deux adversaires qui ne semblent pas faire le poids, Louise Harel (12 %) et Richard Bergeron (11%).

C’est donc un euphémisme de dire que les différents partis s’attendent à une entrée fracassante de Denis Coderre sur la scène municipale, le 9 novembre prochain.

À Projet Montréal, l’inquiétude est palpable. On espérait que le travail en crescendo des dernières années mène à la présentation d’un parti plus crédible et solide en 2013 qu’en 2008. On croyait que l’embauche d’un organisateur électoral chevronné ayant participé à la vague orange du NPD, Raymond Guardia, renforce la formation sur le terrain.

Et on pensait, ainsi, pouvoir se faufiler entre Union et Vision Montréal, en se présentant comme «le seul parti intègre à Montréal», un message d’ailleurs martelé ce week-end, lors du congrès de PM, par son président, Michel Camus.

Mais plus le temps avance, plus la tempête Coderre prend de la force et de la vitesse, plus on craint que ce travail minutieux des dernières années soit sapé par la présence de cet outsider.

Au cours des derniers mois, expliquent certains acteurs de la scène municipale ayant requis l’anonymat, le travail de maraudage de Projet Montréal s’est donc intensifié. On a tassé les éléments moins voulus (Carl Boileau) et on a courtisé les plus voulus des autres partis (François Croteau, n’est qu’un exemple) afin de faire le plein avant l’arrivée du député fédéral.

On espère ainsi pouvoir affronter l’ouragan et surtout, que celui-ci passe aussi rapidement que Sandy. Mais en faisant moins de dommages.

Cela dit, l’inquiétude de Projet Montréal est minime en comparaison avec celle qu’affichent certains membres des partis adverses. Un scénario du pire se dessine même dans la tête des plus pessimistes, qui vont jusqu’à prédire la disparition d’Union Montréal ET de Vision Montréal au profit d’une nouvelle formation dirigée par le député de Bourassa…

Plusieurs s’attendent en effet à ce que les prochaines révélations de la Commission Charbonneau soient encore plus accablantes pour le parti au pouvoir et pour son chef, le maire Gérald Tremblay.

Le fameux organisateur d’Union Montréal, Martin Dumont, invité à témoigner à la Commission Charbonneau, pourrait en effet fragiliser encore plus la situation du maire et surtout, miner cette formation déjà vulnérable. Le constat d’infraction du DGE contre Bertrand Ward, qui aurait refilé 5000 $ comptant à un organisateur, n’est en effet que de la petite bière par rapport à ses révélations d’hier sur ce coffre-fort qui ne fermait plus tant il contenait d’argent… Quelle sera la suite?

Parallèlement, Vision Montréal pourrait aussi pâtir encore un peu plus de sa situation peu enviable. Non seulement le parti traîne-t-il une lourde dette, mais une tonne de briques vient aussi de lui tomber sur la tête : le DGE relance ses enquêtes sur l’époque de Benoit Labonté.

Bref, au sein des différentes formations, on travaille donc à placarder les fenêtres en attente de la tempête Coderre. On craint en effet que son passage fasse voler en éclat les murs des deux partis, puis que les élus en profitent pour fuir chacun de leur côté. Pour de bon.

Déjà, les organisateurs des partis échafaudent des scénarios «apocalyptiques». Si Vision venait à éclater, chuchote-t-on, sept élus pourraient se joindre à Coderre et quatre à Richard Bergeron. Quant aux autres, rien n’est sûr. Reste qu’on envisage du bout des lèvres la possibilité d’une course à deux entre Bergeron et Coderre l’année prochaine.

De la science (politique) fiction tout ça? Possible. Les prédictions ont leurs limites. Mais parfois, l’ouragan annoncé balaye bel et bien tout sur son passage…

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, Daniel Thibault, coauteur de la série Mirador, auteur et metteur en scène en humour, se prête au jeu.

Daniel ThibaultIl est détesté, ridiculisé, conspué. On crée des pages Facebook pour réclamer sa démission au même rythme que des pages de fans de Justin Bieber. Le Québec entier est la Salomé qui veut la tête de Gérald Tremblay.

Permettez-moi de m’inscrire en faux : pour le bien de la démocratie, notre bon maire doit s’accrocher au pouvoir comme un velcro dans un party de barbus. Car plus il s’accroche, plus il ternit irrémédiablement son image et celle de son parti, Union Montréal. Et tout ce beau monde mérite une dégelée sans pareil aux prochaines élections.

Je l’avoue : la victoire de Tremblay en 2009, alors que les scandales pleuvaient déjà sur son administration, a ébranlé ma confiance envers le jugement populaire. Et le taux de participation famélique de 38% m’a achevé. Quoi ? Le fameux payeur de taxes, celui qui se plaint amèrement dès qu’il se fait mettre un micro de vox pop sous le nez, à défaut de faire l’effort de se renseigner, n’est même pas capable de se déplacer pour cocher une case ?

Oui, il y a des circonstances. La principale opposition venant de Louise Harel, ex-péquiste, il était clair que la majorité de la population anglophone allait voter pour un trombone s’il s’en présentait un. Mais n’empêche. Un taux de participation élevé aurait permis de corriger ce biais.

Alors voilà. J’ai parfois l’impression que l’électeur moyen est comme le conjoint d’un alcoolique. Combien de trahisons avant de dire : c’est assez» ?

Dans 13 mois, il y aura d’autres élections. Gérald Tremblay pourrait annoncer qu’il ne se représentera pas, un autre prendrait sa place et le ronron de la politique politicienne continuerait de se faire entendre.

Ou il pourrait rester en place, continuer sa litanie de négations, dire qu’il dort très bien en essayant de nous endormir à son tour. J’ose croire que dans la foulée des révélations de la commission Charbonneau, un tel niveau de cynisme aurait l’effet d’un catalyseur sur le sentiment d’indignation.

Bref, Gérald Tremblay doit rester. Afin de démontrer par l’absurde qu’il faut se soucier de politique municipale.

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