Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Mairie’

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Au lendemain de la rebuffade de la Régie des alcools, des courses et des jeux, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne, c’est que Denis Coderre envisage de relancer sa proposition d’ouvrir les bars jusqu’à 6h.

La mauvaise, c’est qu’il n’a clairement pas saisi le message que lui a envoyé la Régie, ce qui fait craindre une autre proposition tout aussi improvisée…

Je comprends le maire d’être en colère. Après tout, c’est son premier véritable revers depuis son élection. Mais Denis Coderre n’a que lui-même et son équipe à blâmer, tant son projet-pilote était mal ficelé, mal préparé, mal défendu.

Et pourtant, que fait le maire ce matin? Il attaque la Régie et le chroniqueur qui ne font que constater l’évidence : son projet-pilote était, hélas, mal ficelé, mal préparé, mal défendu…

Ce matin, au micro de Paul Arcand, le maire a commencé par dire qu’il «va se reprendre», que «ça va arriver un jour», puis il a traité les auteurs de la décision dévoilée hier soir de «petits régisseurs». «J’ai eu l’impression d’être en série finale et que l’arbitre a décidé de voler le show!»

Il m’a ensuite montré du doigt, me qualifiant de «bien pensant» parce que j’ai écrit dans ma chronique du jour que le «pitch» de la Ville était de l’improvisation totale et qu’elle n’avait tout simplement pas fait ses devoirs. Il a même ridiculisé mon voyage à New York, où je suis allé voir sur le terrain ce qu’impliquait une fermeture tardive des bars!

«Je peux bien me comparer avec New York pis le Zimbabwe, la réalité, c’est que c’est une expérience montréalaise.»

Trop d’honneur…

Or n’en déplaise au maire Coderre et à sa sortie populiste à la radio ce matin, il n’y a dans la décision de la Régie rien de déplacé, rien qui penche vers une surbureaucratie (le fameux red tape), rien qui justifie qu’on s’attaque au jugement des deux régisseurs, Saifo Elmir et Daniel Y. Lord.

Au contraire, leur décision est étayée, elle s’appuie sur un argumentaire convaincant, elle est solide. Elle s’étire d’ailleurs sur 38 pages… alors que la proposition de la Ville, elle, rentre au complet sur deux petites pages!

Que le maire ne vienne donc pas lancer de la bouette sur la Régie, aujourd’hui, en affirmant avec mépris qu’au Québec, «on aime ça se parler, tout le monde se parle, on se parle à droite et à gauche, parce qu’ici, faut qu’on se parle»…

C’est vrai qu’il y a des dossiers où l’on se perd à n’en plus finir dans des études de préfaisabilité, des consultations et des «rétroactions» entre «parties prenantes», mais celui-ci n’en est ni un exemple ni une preuve.

Désolé, mais la présentation de la Ville n’était pas digne d’une métropole. Et si le maire souhaite se reprendre, ça ne sera pas suffisant qu’il fasse lui-même la présentation, comme il l’a suggéré au micro d’Arcand.

La Régie est un tribunal. Le maire lui demandait de suspendre une loi. La seule façon d’obtenir le feu vert, c’est en insufflant plus de sérieux à la proposition, la prochaine fois.

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Belanger - Expo

Lettre intéressante de Michel Dumas, professeur au département de communication sociale et publique de l’UQAM, et président de la Fondation Expo 67. Je la publie intégralement en vous invitant à y réagir.

téléchargementC’est avec le plus grand intérêt que j’ai lu la chronique de François Cardinal intitulée «375e: trop tard pour bien faire?» dans laquelle il dit craindre qu’on ne puisse laisser un legs significatif à Montréal en 2017 à l’occasion des fêtes du 375e anniversaire.

Il croit, cependant, qu’il n’est pas trop tard pour le faire, «car il existe sur les planches à dessin un projet d’envergure porteur de sens»: la transformation des îles du Parc Jean-Drapeau pour rappeler leurs origines de 1967.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce projet. On sait que le 50e anniversaire de l’Expo 67 coïncide avec le 375e de Montréal. Mettre en valeur l’héritage remarquable de l’Expo, c’est en même temps saluer l’un des plus grands évènements qui aient propulsé Montréal sur la scène internationale.

La Fondation Expo 67 qui regroupe des amants de l’Expo souhaite que les pouvoirs publics acceptent, alors qu’il en est encore temps, ce projet de transformation du Parc Jean-Drapeau.

Outre de favoriser des projets de développement, nous nous devons de célébrer le 50e de l’Expo, comme l’ont fait d’autres villes qui ont tenu une exposition universelle. En 2008, Bruxelles a rappelé l’exposition de 1958 par une série d’événements sous le thème «Bruxelles bonheur» et notamment par une exposition dans un Atomium ayant retrouvé tout son lustre. En 2012, un programme d’événements et d’expositions d’une durée de six mois appelé Next Fifty a rappelé l’exposition universelle de Seattle de 1962.

En 2017, Montréal célèbrera-t-elle comme il se doit sa grande exposition?

Nous avons déjà proposé qu’on développe comme legs spécifique un centre permanent d’interprétation de l’Expo ou, pourquoi pas, sur les îles, à la Biosphère par exemple. On pourrait aussi célébrer cet anniversaire par des évènements visant différents publics: faire revivre aux écoliers l’expérience de l’«édu-kit» menée alors avec succès par le service des relations publiques dans des milliers d’écoles au Canada et aux États-Unis, en 1967; rappeler l’expérience des «journées nationales» en célébrant avec chaque pays l’anniversaire de sa participation à l’Expo; organiser un ensemble de spectacles rappelant le célèbre Festival mondial qui fut un évènement culturel sans précédent.

Quels que soient les projets retenus, Montréal doit célébrer l’Expo.

Notre Fondation ne dispose pas de ressources pour financer ces projets, ne comptant que sur de modestes cotisations de ses membres, Amis de l’Expo. Toutefois, elle encourage fortement à le faire les pouvoirs publics, en leur assurant tout son appui.

Nous devons accomplir notre devoir de mémoire et redonner aux Montréalais la fierté d’avoir tenu ce grand évènement.

Il en est encore temps.

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Jeudi 8 mai 2014 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (88)

De la lumière au bout du viaduc pour les cyclistes!

Donnons ça, au maire Coderre : avec lui, ça y va par là.

Il a annoncé tout à l’heure une série de mesures pour réduire l’insécurité des «tunnels de la mort» qui passent sous le chemin du fer du CP au coeur des quartiers centraux. Une réaction rapide qui montre à quel point il est capable de bouger vite quand il s’y met.

En fait, l’enjeu des viaducs est peut-être le meilleur exemple à date de ce qui fait sa force et de ce qui le distingue de son prédécesseur, Gérald Tremblay, qui a brillé par son laxisme en général, dans ce dossier en particulier.

À court terme, d’ici la fin du mois, la Ville entend déployer quatre mesures temporaires dans les viaducs des axes Saint-Denis, Papineau, De Lorimier et Saint-Joseph/Iberville :

- Autoriser la circulation des cyclistes sur les trottoirs,

- installer une signalisation invitant les piétons et cyclistes à partager le trottoir,

- interdire la circulation des camions dans la voie de droite,

- installer des afficheurs de vitesse et abaisser la limite de vitesse «si requis».

Pas sorcier. Et bien franchement, je ne vois pas ce qu’on aurait pu faire de plus en un si court laps de temps.

Parallèlement, la Ville fera deux choses. Elle mettra «tout en œuvre» pour conclure des ententes avec le récalcitrant CP en vue d’aménager pas moins de six passages à niveau pour piétons et cyclistes, à proximité des viaducs problématiques.

Et elle analysera avec les arrondissements les différentes mesures possibles à plus long terme pour «rendre plus sécuritaires les transports actifs sous les passages inférieurs». Un dossier à suivre, donc, avant de se réjouir sur le temps long…

Mais sur le temps court, ne boudons pas notre satisfaction : le maire a agi comme il le fallait, dans les temps qu’il fallait… exactement ce que son prédécesseur a été incapable de faire dans ce dossier.

***

Les «tunnels de la mort» ne sont pas nés il y a dix jours. Ils constituent un problème depuis longtemps. Et pourtant, quand Projet Montréal a pris le pouvoir sur le Plateau, en 2009, il s’est vite aperçu qu’Union Montréal n’avait rien fait.

Les citoyens et travailleurs du secteur industriel du Mile-End (non loin du métro Rosemont) ont eu beau se plaindre pendant des années du viaduc et de la barrière en clôture Frost érigée (et constamment réparée) par le CP, la Ville n’avait jamais cru bon lâcher un coup de fil à la compagnie ferroviaire.

Il a donc fallu que l’équipe de Projet Montréal pousse dans le dos de la ville-centre pour qu’un dialogue s’ouvre enfin entre Montréal et le CP. Un dialogue qui a semblé prometteur un temps, mais qui n’a finalement rien donné. Au point où l’Office du Transport du Canada a dû ordonner au CP de s’asseoir avec la Ville et les arrondissements, ce qu’ils feront à la fin du mois.

Le même genre de pressions de l’équipe locale de Projet Montréal, cette fois dans Rosemont, a aussi été nécessaire pour que la ville-centre accepte finalement de verser les sommes nécessaires, l’an dernier, à la réfection du très achalandé viaduc Saint-Laurent. Un réaménagement ambitieux qui retranchera une voie de circulation pour la donner aux cyclistes (voir la vidéo ci-dessus).

Cela dit, le dossier plus large des «tunnels de la mort» n’est pas encore réglé, contrairement au viaduc Saint-Laurent, où les travaux sont en cours.

N’empêche que Projet Montréal a fait son travail, comme Denis Coderre fait son travail aujourd’hui. Un travail à relais qui permet aujourd’hui aux cyclistes de voir de la lumière au bout des viaducs…

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