
Il y a actuellement un vacuum de leadership à Montréal. Et plusieurs tentent de le combler…
Il y a les aspirants à la mairie, les Coderre, Bergeron et Harel, dont on doit saluer le courage. Se lancer dans une telle course, dans le contexte actuel, avec le niveau de cynisme que l’on sait, prend une bonne dose de bravoure et d’engagement.
Il y a le ministre de la Métropole, dont l’interventionnisme commence à lui donner des airs de maire (j’en parle en édito). Lisée a bloqué la nomination de Beauchamp, aurait fait la même chose pour Courchesne, il s’est opposé à l’article 2.2 et aux modifications à P-6, il a décidé que Tremblay «n’avait plus la crédibilité politique» pour continuer, mais qu’Applebaum en avait toujours, «pour l’instant»…
Et il y a la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui s’est permis une intervention aussi originale que douteuse, cette semaine. Elle a publié sur le site Jobboom l’offre d’emploi 1925560 : «Maire de Montréal».
Intéressante l’année dernière, cette initiative est bien curieuse à six mois de l’échéance électorale, alors que les candidats sont quasiment tous sur le fil de départ.
Curieuse parce que plusieurs des firmes nommées à la Commission Charbonneau sont membres de la Chambre, comme Roche et Dessau, ce qui aurait dû inciter cette dernière à «un peu plus de prudence», pour reprendre l’expression…
Curieuse parce qu’on donne ainsi l’impression que la Chambre se cherche un candidat, voire un maire. Comme s’il allait un jour travailler pour elle. Cette impression est d’ailleurs renforcée par un détail non négligeable : sur le site Jobboom, l’offre d’emploi est chapeautée du nom de «l’employeur», la Chambre de commerce…

Il y a un lien direct entre les interventions du ministre Lisée et de la Chambre de commerce, le sous-texte : les personnes en place et en lice ne sont pas qualifiées pour le poste. Applebaum n’a pas le leadership nécessaire pour guider Montréal, tandis que Harel, Bergeron et Coderre n’en offriront pas plus une fois élu.
Vraiment?
Aucun des trois candidats n’est sur le point de créer un balayage électoral, c’est vrai. Ils ne suscitent pas un grand enthousiasme, c’est vrai aussi. Ils ne créent pas un élan délirant, ce pourquoi j’ai cherché à trouver des noms de candidats qui créeraient une certaine ferveur sur ce blogue.
Mais laisser entendre qu’elles n’auront pas le leadership pour diriger Montréal? Un peu hasardeux, non?
C’est une chose de conclure que les candidats ne suscitent pas un délire fou. C’est une observation que l’ont peut faire en tendant un doigt mouillé en l’air, en parlant à des électeurs à droite et à gauche. Mais conclure qu’une ancienne ministre ayant accumulé les mandats difficiles, un urbaniste reconnu pour sa compréhension de la ville et un député ayant des années d’expérience politique n’ont pas de leadership? N’auront pas de leadership s’il remportait la victoire?
Personnellement, je trouve cette conclusion hâtive.
Vous? Êtes-vous prêt à dire que ces candidats n’ont pas le leadership nécessaire pour diriger Montréal? Le cas échéant, que leur manque-t-il précisément?
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Il est détesté, ridiculisé, conspué. On crée des pages Facebook pour réclamer sa démission au même rythme que des pages de fans de Justin Bieber. Le Québec entier est la Salomé qui veut la tête de Gérald Tremblay.


