Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Gouvernance’

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Martin Bergeron, fondateur et porte-parole de Réflexion Montréal*.

bergFace à l’ampleur des défis à relever au cours des prochaines années, Montréal a besoin d’un maire et d’une équipe de conseillers capables de créer une grande mobilisation pour sa cause. Pour réussir cette mobilisation, il nous faut un groupe de leaders qui saura à la fois inspirer la population et projeter davantage d’autorité auprès des gouvernements du Québec et du Canada.

Nous identifions six grands défis qui devront être relevés en priorité au cours des prochaines années si nous voulons que Montréal se construise un avenir à la hauteur de son potentiel :

1- Combattre énergiquement la corruption pour regagner la confiance des citoyens;

2- Simplifier la gouvernance de la ville pour améliorer sa performance et accélérer le passage à l’action;

3- Assainir les finances publiques pour livrer des services efficaces et tenir compte de la capacité de payer des montréalais;

4- Augmenter notre poids démographique en retenant plus de familles en ville;

5- Décongestionner la métropole en investissant massivement dans le transport en commun;

6- Développer notre économie en misant sur nos Universités, nos industries créatives, la relance du secteur manufacturier et le commerce de proximité.

Pour réussir ce vaste chantier, il va falloir que Montréal recommence à compter au gouvernement fédéral, et que les partis provinciaux cessent de voir la métropole du Québec comme un « champ de bataille politique » où il n’y a aucun gain à faire. Nos élus municipaux sont toutefois les premiers concernés et nous avons besoin d’un conseil de ville proactif, qui agit avec force et cohérence afin de stimuler l’intérêt pour Montréal.

Si je fais appel à cette mobilisation, c’est parce que j’aime Montréal et que je crois que la prochaine élection municipale pourrait être déterminante pour l’avenir de notre ville. À quatre ans des fêtes du 375e anniversaire de sa fondation, et au moment où se conclut le dernier chapitre de la première administration de la nouvelle ville, Montréal est à la croisée des chemins.

Saurons-nous collectivement saisir cette occasion qui se présente pour remettre Montréal sur le droit chemin et redonner de la fierté aux montréalais? C’est pour ça que je m’engage pour la cause de Montréal.

* Réflexion Montréal est un groupe de réflexion qui porte son attention sur la politique municipale et les principaux enjeux de Montréal.

Composé d’une quinzaine de personnes, nous entendons participer activement aux débats qui auront cours dans la prochaine année afin de proposer des solutions qui permettront à Montréal de relever ses nombreux défis.

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Certains voient dans mes textes sur l’exode des familles une «obsession»…

Drôle tout de même qu’on se fasse critiquer quand on survole les sujets de manière superficielle, puis qu’on se fasse attaquer quand on les traite en profondeur.

Cela dit, mon intérêt pour cet enjeu est simplement à la hauteur de son importance, tant il est crucial pour le devenir de Montréal.

D’abord, que la métropole perde un aussi imposant segment de la société québécoise (familles francophones de la classe moyenne) est en soi une mauvaise nouvelle. La vitalité d’une ville tient aussi à sa diversité, à la présence de toutes les catégories de la population, à l’hétérogénéité de ses quartiers.

Ensuite, la présence des jeunes familles de la classe moyenne est importante pour le maintien d’une offre de services diversifiée partout sur l’île, pour la préservation des équipements et activités (le Fort Angrignon a disparu, la Fête des enfants n’a pas eu lieu l’an dernier…), pour la vitalité des artères commerciales (on voit comment elles ont réussi à faire exploser l’offre commerciale de la banlieue).

Enfin, le maintien des familles francophones assure une certaine paix linguistique sur l’île, en préservant un équilibre entre les groupes linguistiques. Si aujourd’hui le PQ se sent permis de lancer de nouvelles attaques sur ce front, c’est en bonne partie parce que l’île se défrancise (en le faisant passer pour une anglicisation de Montréal).

Sur ce, je vous présente 3 nouvelles suggestions (et demie), celles de Christian Savard, directeur général de Vivre en ville :

- Une révision de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU)

Actuellement, il n’est pas possible, ou très difficile, «d’imposer» par le zonage un nombre minimum de chambres. Pour le faire, il faudrait amender soit la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme soit la Charte de la Ville de Montréal. Évidemment, il y a toujours moyen de «convaincre» les promoteurs ou de «négocier» des unités familiales dans le cadre d’un changement de zonage; le bonus de densité en échange de compromis du promoteur, mais ce type d’approche n’est pas adapté à tous les milieux. Bref, une réforme de la LAU, plus ambitieuse que celle déposée par les libéraux avant l’élection, donnerait un bon coup de pouce aux différentes mesures favorables à la rétention des familles.

- Une politique agressive d’acquisition de terrains par la Ville de Montréal

Force est de constater que les limites de rentabilité des promoteurs privés, surtout si on les contraint à faire davantage d’unités familiales, moins payantes que les petits condos, seront rapidement atteintes. Par conséquent, le développement de logement social et l’autopromotion résidentielle devront être appuyés et soutenus afin de favoriser la création d’une offre adaptée à tous les types de besoins et de capacités. Pour cela, la Ville de Montréal devra se montrer agressive pour saisir toutes les opportunités d’acquérir les terrains à construire ou à densifier. Notre expérience et notre revue des pratiques à l’étranger nous montrent que le contrôle du foncier par la Ville est au cœur de la plupart des projets les plus intéressants. Quand la Ville est propriétaire du terrain, c’est pas mal plus facile de négocier ce qu’elle veut avec le privé. À la fin du processus, la Ville revend au prix coûtant son terrain au privé. Elle ne perd pas d’argent, mais elle a exactement le genre de projet qu’elle veut.

- Mettre fin au «deux poids, deux mesures» en transport

Il faut comprendre que l’avantage compétitif de la banlieue en matière de coûts est lié, en bonne partie, au fait qu’elle est fortement subventionnée, notamment dans le domaine des transports. Alors que la banlieue voit sans cesse s’étendre son réseau autoroutier, rendant toujours plus accessibles des secteurs toujours plus lointains, Montréal souffre du sous-financement chronique du transport collectif et n’a pas inauguré de nouvelle station de métro depuis 1988. Pour noircir encore le tableau, rappelons que les autoroutes qui permettent à toutes les villes périphériques de se développer sont payées à 100% par le gouvernement québécois, tandis que le transport collectif est principalement payé par les usagers et les villes.

Pour égaliser les chances et rendre la compétition plus juste, il est primordial de rééquilibrer les investissements de transport du routier vers le transport collectif. Cette stratégie a le double avantage de rendre l’économie de la région plus efficace et de faciliter la vie des familles montréalaises qui subissent, actuellement, les conséquences d’un réseau de transport collectif saturé.

- Offrir la gratuité du transport collectif aux enfants d’âge primaire

Une action simple mais qui ferait économiser des sous, en plus de leur faciliter la vie, à bien des familles montréalaises, serait d’accorder la gratuité du transport collectif aux enfants d’âge primaire accompagnés d’un adulte. Cette mesure ne couterait pas très cher à la Ville et serait une très bonne manière de montrer que Montréal s’occupe de ses familles.

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L’administration Applebaum, de concert avec le gouvernement, a confirmé hier la création d’un comité-conseil sur l’octroi des contrats par la Ville de Montréal. À sa tête, un homme crédible, sans tache, l’ancien ministre et président du Conseil du Trésor Jacques Léonard.

Jusqu’ici, tout va bien.

Ce nouveau groupe aura pour mandat de «recommander des mesures afin de prévenir les risques de collusion et de corruption dans l’attribution des contrats», et ce, avant le mois de juin prochain.

Fort bien.

Étant à la source même de ce problème de corruption et de collusion, la Ville a fait amende honorable et a demandé à Québec de lui proposer un accompagnateur expert pour présider ce comité.

Une requête qui l’honore.

Pour épauler Jacques Léonard à titre de vice-président, un enquêteur retraité en crime économique de la Sureté du Québec a été appelé en renfort. Il s’agit de Roland Fréchette, qui a également été membre de l’unité anticollusion du MTQ et de l’UPAC.

Encore une fois, bravo!

Le problème – car il y en a malheureusement un – il se situe en aval, dans la composition du groupe. On y retrouve certes des gens qualifiés, des hauts fonctionnaires aguerris, des employés de la Ville avec une bonne expérience.

Mais on ne retrouve que ça!

Tous les membres du groupe chapeauté par MM. Léonard et Fréchette sont issus, d’une façon ou d’une autre, de «la machine». Ils travaillent tous à la Ville ou dans une de ses composantes. Ils sont contrôleur général, directeur au Service des affaires juridiques, directeur des transactions immobilières, directeur de l’approvisionnement, directeur des infrastructures, directeur des ressources matérielles, etc.

Or comme l’a fait remarquer Louise Harel hier, à l’émission Désautels, plusieurs d’entre eux ont occupé des postes de direction à la Ville au cours des dernières années… alors que sévissait le problème qu’ils doivent aujourd’hui régler.

Attention! Je ne doute ni de leur compétence, ni de leur intégité. Mais n’aurait-il pas été pertinent d’ajouter quelques membres de l’extérieur pour donner un peu de recul au groupe, pour lui assurer une plus grande mixité, pour lui permettre d’avoir un regard extérieur? Des haut-fonctionnaires ayant vu comment les choses se passaient dans d’autres villes, par exemple? Des experts de la scène ou de la fiscalité municipale pour s’assurer d’un regard extérieur et plus objectif? Des élus municipaux, représentants des Montréalais, comme l’a proposé la chef de Vision Montréal?

Est-ce que la présence de MM. Léonard et Fréchette suffit, d’après vous, ou aurait-on dû leur adjoindre quelques membres ayant un regard un peu plus critique sur la Ville?

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