Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 29 janvier 2014 | Mise en ligne à 13h22 | Commenter Commentaires (39)

Budget: trois chiffres passés à la machine anti-spin…

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Disons-le, c’est un budget globalement positif que nous a servi l’administration Coderre, ce matin. Il y a évidemment des plus et des moins, mais ce qui ressort le plus, c’est un réel souci de contrôler les dépenses.

Voici trois chiffres passés à la machine anti-spin pour comprendre le premier budget de l’ère Coderre…

+ 1,3 % (non pas + 0,3 %)

Si l’on se fie au maire, l’administration Coderre-Desrochers a réussi à limiter la hausse du budget de la Ville à «seulement 0,3%». «Ce n’est pas juste un symbole, a-t-il dit, c’est la preuve qu’il y a eu des efforts importants de notre part.»

Vrai, il y a eu des «efforts importants», mais il y a aussi eu un peu d’aide du gouvernement et du contexte politique, avouons-le.

D’abord, la véritable hausse du budget n’est pas de 0,3 %, mais de 1,3 % si l’on met de côté un changement comptable du gouvernement qui ne rembourse plus la TVQ aux municipalités de la même façon. Je vous épargne les détails, mais cela a fait «disparaître» tout près de 50 millions $ des dépenses de la Ville!

Ensuite, le contexte politique a donné un petit coup de pouce à l’administration qui profite d’une baisse soudaine du coût des travaux en raison des révélations faites à la commission Charbonneau. «Cela nous a aidés à contrôler nos dépenses», reconnaît du bout des lèvres le président du comité exécutif, Pierre Desrochers.

Cela dit, je ne voudrais pas avoir l’air rabat-joie. Même avec une hausse des dépenses corrigée à 1,3 %, on voit que la Ville a travaillé fort pour juguler le budget. Juste pour vous donner une idée de l’effort fourni, les dépenses des administrations passées ont augmenté de 2,7 % (2013), 5,12 % (2012), 5 % (2011) et 5,6 % (2010)…

- 20,1 M $ (non pas un gel)

Une des façons privilégiées par la Ville pour réduire ses dépenses a été un gel des budgets transmis aux arrondissements. Mais ce gel est bien relatif puisqu’il ne s’est pas traduit par un gel des comptes de taxes pour autant, bien au contraire…

En choisissant de garder les budgets des arrondissements au même niveau plutôt que de les indexer, la Ville a en effet demandé un «effort global» de 20 millions $ à ces derniers. Un 20 millions $ qui correspond à un manque à gagner.

Normal quand on sait que la ville-centre a aussi participé à l’effort en réduisant les budgets des services centraux de 60 millions $? Peut-être, mais un coup d’œil à la multiplication des taxes locales (qu’on appelle taxe relative aux services, c’est-à-dire une taxe foncière aux immeubles imposables) donne à penser que plusieurs arrondissements sont au bout du rouleau, et que cet effort est dur à donner.

Globalement, les conseils d’arrondissement ont augmenté les revenus des taxes de services de 13 %, ce qui se traduit localement par des hausses parfois très salées. Mercier-Ho-Ma, par exemple, a haussé sa taxe de 23 %, Saint-Léonard de 30 %, Anjou de 65 % et Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles de… 108 % !

Si l’on prend ce dernier arrondissement comme cas de figure, la Ville peut se vanter d’avoir réduit les taxes de RDP-PAT de 0,2 %… mais la variation de la taxe locale fait bondir le compte de 5,5 %. Résultat pour le compte de taxes du contribuable de cet arrondissement : une hausse non négligeable de 5,3 %…

+ 2,8 % (non pas + 1,9 %)

Le maire Coderre soutient avoir respecté son engagement de limiter la hausse de taxe globale à 2 %. «Nous avons rempli notre promesse en limitant la hausse à 1,9 %», a-t-il dit.

Ce qui est techniquement exact.

Mais cela, encore une fois, est sans tenir compte des hausses des taxes de services en arrondissement, qui font bondir les charges fiscales des contribuables. «Nous avons limité ce qui est sous notre contrôle», s’est défendu le maire.

C’est à moitié vrai, comme l’a démontré le point précédent. C’est la ville-centre qui décide des budgets des arrondissements. Il est donc difficile d’imputer à ces derniers l’entière responsabilité de la hausse des taxes locales, qui servent bien souvent à combler ce que la Ville ne leur donne pas ou ne leur donne plus.

Il faut donc regarder le budget de la Ville et des arrondissements plus globalement… tout comme on doit regarder plus globalement les hausses de taxes. «Ça sort de la même poche», comme dirait Denis Coderre.

Ainsi corrigées, les hausses de taxes ne sont donc plus de 1,9 %, comme on le soutient, mais bien de 2,8 %. Fait à noter : ce calcul n’apparaît nulle part dans le budget distribué ce matin. Pire, la Ville a laissé un blanc, comme vous le voyez ci-dessous, au bas de la colonne «variation des charges fiscales totales»!

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Mercredi 11 septembre 2013 | Mise en ligne à 7h25 | Commenter Commentaires (67)

Montréal doit surmonter son traumatisme historique…

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Je suis allé manger avec un bon ami, hier midi, qui revient à Montréal après une absence de sept ans.

Fascinant.

Ayant été correspondant à Los Angeles pour La Presse, Nicolas Bérubé suivait évidemment de loin ce qui se passait ici. Il savait donc pour les cônes orange et la Commission Charbonneau.

Mais il n’avait pas vu l’évolution surprenante qu’a connue Montréal au cours des dernières années. Et bien franchement, il a les yeux grands comme des dollars depuis son retour…

Il n’en revient tout simplement pas du nombre de cyclistes sur les pistes cyclables, de la facilité des déplacements à pied, de la transformation du Quartier des spectacles avec ces restaurants vitrés, de l’embellissement de plusieurs secteurs de la ville, de l’amélioration notable du service d’autobus, de la présence de toutes ces nouvelles constructions, etc.

Précisément la thèse que je défends dans mon livre Rêver Montréal, que je lance officiellement aujourd’hui (et dont vous pouvez lire un extrait ici) : Montréal va tellement mieux que ce qu’en disent les Montréalais, qui ont le nez trop collé sur les défauts de la métropole pour s’en apercevoir.

Il y a ainsi une déconnexion entre les perceptions et la réalité, un écart entre la représentation que l’on se fait de Montréal et ce que Montréal est devenu. Comme si l’accumulation des déceptions au fil des années et des décennies empêchait les Montréalais d’apprécier les succès et réussites de la métropole, sa qualité de vie, ses forces, ses atouts.

On se retrouve ainsi avec une ville qui va bien sur le terrain, mais qui n’a pas d’appropriation symbolique et populaire, comme l’a judicieusement souligné la professeure Lucie K. Morisset au micro de Samedi et rien d’autre, le week-end dernier.

«Une ville, ce sont des fonctions urbaines. Mais c’est aussi un ordre symbolique qu’il faut entretenir de génération en génération, a-t-elle précisé. C’est pour ça qu’on élit des gens, pour qu’ils entretiennent une vision collective de ce que nous sommes.»

Or depuis l’ère Drapeau, depuis l’Expo et les J.O., depuis le déclin qui a fait perdre à Montréal sa place de première métropole économique du Canada, cette vision collective peine à se reconstruire. Comme si les Montréalais s’étaient convaincus que leur ville ne pouvait plus bien aller, car jamais elle n’irait aussi bien qu’à l’époque…

Un traumatisme historique, en quelque sorte, que l’«immobilisme» des dernières années, la saga des fusions-défusions et l’absence de leadership des dernières années ont renforcé.

Mais si on prend la peine de mettre nos aprioris de côté. Si on privilégie les faits à la perception. Si on regarde froidement les statistiques. Si on compare ce qu’était Montréal il y a 10 ans à ce qu’elle est devenue aujourd’hui plutôt qu’à ce qu’elle était en 1950. Si on aborde Montréal comme la grande métropole francophone qu’elle est devenue plutôt que la métropole anglophone qu’elle n’est plus, on se rend compte, comme Nicolas, que la métropole va plutôt bien, merci.

Mieux encore, elle est à un moment charnière. Les mandats d’Union Montréal sont terminés. La Commission Charbonneau a permis de commencer le grand ménage. Les années de sous-financement des infrastructures semblent être chose du passé. Le transport en commun atteint des records en 150 ans. De grands chantiers sont à la veille d’être lancés, Champlain, Turcot, Bonaventure.

Bref, les fenêtres de l’hôtel de ville s’ouvrent toutes grandes, les possibilités se multiplient, les occasions se présentent en grand nombre. D’où les «101 idées pour relancer la métropole» contenues dans mon livre.

D’où la réponse positive des 80 personnalités que j’ai approchées pour coécrire le livre avec moi, de Phyllis Lambert à Jean-Paul L’Allier, en passant par Georges-Hébert Germain, Normand Laprise, Martin Petit et Lise Bissonnette (en guise d’avant-goût, vous pouvez lire ici les textes de Jean-René Dufort et Alain Simard).

D’où surtout la réponse positive de toutes ces personnes peu habituées aux tribunes politiques, comme Kent Nagano, Jean Coutu, Philippe Dubuc, Geneviève Grandbois et Andrew T. Molson.

Bien franchement, j’aurais approché tous ces gens en 2009, et je ne suis pas certain que la moitié aurait accepté de se joindre au projet. Mon impression après avoir échangé avec eux, avoir constaté leur enthousiasme, avoir lu leurs textes et avoir observé une multiplication des tribunes de débat et de réflexion en ville : de belles années s’en viennent pour Montréal…

À condition que les Montréalais cessent de ne voir que les défauts de leur ville. À condition qu’ils se sentent davantage impliqués dans le devenir de cette métropole. À condition qu’ils se réapproprient leur ville, au symbolique comme au figuré.

Montréal va bien. Mais Montréal ira tellement mieux le jour où les Montréalais le réaliseront.

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Ceci est une réplique au texte de Juliette Patterson, publié le 27 mai dernier sous le titre: «À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal?» Elle est signée par Josée Duplessis, membre du comité exécutif, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts et conseillère de la ville du district de DeLorimier.

jdJ’ai été consternée de lire dans votre blogue le commentaire de Juliette Patterson : « la Ville de Paris a construit 60 hectares de nouveaux parcs dans les derniers 10 ans. La Ville de Montréal n’en a pas réalisé depuis des décennies… À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal ? »

Non seulement ce constat est faux, mais Montréal n’a rien à envier à Paris quand il est question de création de parcs.

Depuis 2004, plusieurs centaines d’hectares se sont ajoutés au réseau des grands parcs montréalais, principalement dans les écoterritoires. Il s’agit souvent d’agrandissement de parcs-nature existants. À lui seul, l’agrandissement de 135 hectares (ha) du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme est deux fois plus important que ce qu’à fait Paris au cours des 10 dernières années.

Nous avons également désigné formellement 3 nouveaux grands parcs qui sont à différents stades d’avancement :

· Parc du Troisième-Sommet sur le mont Royal (22,7 ha)

· Parc-nature des Rapides-du-Cheval-Blanc (35,8 ha)

· Parc-nature des Sources (assemblage immobilier en cours, à terme 40 ha)

D’autres projets sont en incubation tel que le paysage humanisé de L’Île-Bizard qui constitue un nouveau type de parc à l’image des parcs régionaux en France.

La priorité de Montréal demeure pour l’instant la mise en réserve des derniers milieux naturels, avant que ceux-ci ne soient définitivement grugés par des projets immobiliers, mais nous cherchons également à ouvrir de nouveaux parcs aux citoyens lorsque les circonstances le permettent. C’est ainsi que nous venons de créer un comité permanent pour l’aménagement du Bois-de-Saraguay (97 ha), protégé in extremis en 1981 suite à la pression de plusieurs citoyens.

Nous débutons cette année l’aménagement du cœur du Complexe environnemental Saint-Michel (123 ha) qui deviendra à terme le deuxième plus grand parc de Montréal et constitue un des 5 legs prévus pour le 375e anniversaire de Montréal. L’aménagement du chemin de ceinture au Mont-Royal suit cours avec l’aménagement cet été du tronçon situé derrière l’Université de Montréal. Des travaux de drainage sont également en cours pour remettre en culture les champs agricoles du Bois-de-la-Roche (191 ha) dans le cadre d’un projet de réinsertion sociale des jeunes en difficulté avec la ferme écologique D-Trois-Pierres.

À plus long terme, nous aménagerons également des parcs-nature déjà acquis par la Ville mais qui n’ont encore jamais été ouverts au public. C’est le cas de l’île Lapierre (5,4 ha), qui est une extension du parc-nature du Ruisseau-De Montigny, ainsi que le Bois d’Anjou (40 ha).

À cela s’ajoutent plusieurs parcs locaux créés à l’initiative des arrondissements. On n’a qu’à penser aux parcs qui sont inclus dans les nouveaux quartiers en développement et à la protection récente du Champ des possibles sur le Plateau (1,4 ha), pourtant situé en plein cœur d’un secteur très dense. Pensons également au Woonerf dans le Sud-Ouest où le bitume a fait place au verdissement ou encore à la mise en réserve du parc des Gorilles dans Rosemont, malgré l’abattage illégal d’une cinquantaine d’arbres par un promoteur immobilier.

L’agrandissement des parcs peut également se faire par l’intérieur en verdissant des emprises routières, comme cela a été fait aux parcs Laurier, Lahaie et Baldwin, et éventuellement au Parc du Mont-Royal en optimisant les stationnements entourant la Maison Smith, ceux-ci seront plantés. Les emprises publiques font actuellement l’objet de nombreux projets de verdissement, que ce soit avec la création de ruelles vertes ou des saillies de trottoir verdies. Ces projets de taille modeste peuvent paraître insignifiants, mais uniquement pour l’arrondissement où je siège, le Plateau Mont-Royal, on parle d’un total de 0,7 ha en 3 ans!

Enfin, le projet tant attendu de promenade urbaine reliera pour le premier tracé le Fleuve à la montagne, un autre legs prévu pour le 375e de Montréal.

Bref, les efforts de la Ville de Paris méritent d’être soulignés, mais il faut aussi reconnaître les avancées que Montréal a faites au cours de ces 10 dernières années, et celles à venir, en termes d’acquisition et d’agrandissement de ses parcs locaux et de ses parcs-nature.

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