Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis une dizaine d'années, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
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    Archive de la catégorie ‘Général’

    Ceci est une réplique au texte de Juliette Patterson, publié le 27 mai dernier sous le titre: «À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal?» Elle est signée par Josée Duplessis, membre du comité exécutif, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts et conseillère de la ville du district de DeLorimier.

    jdJ’ai été consternée de lire dans votre blogue le commentaire de Juliette Patterson : « la Ville de Paris a construit 60 hectares de nouveaux parcs dans les derniers 10 ans. La Ville de Montréal n’en a pas réalisé depuis des décennies… À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal ? »

    Non seulement ce constat est faux, mais Montréal n’a rien à envier à Paris quand il est question de création de parcs.

    Depuis 2004, plusieurs centaines d’hectares se sont ajoutés au réseau des grands parcs montréalais, principalement dans les écoterritoires. Il s’agit souvent d’agrandissement de parcs-nature existants. À lui seul, l’agrandissement de 135 hectares (ha) du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme est deux fois plus important que ce qu’à fait Paris au cours des 10 dernières années.

    Nous avons également désigné formellement 3 nouveaux grands parcs qui sont à différents stades d’avancement :

    · Parc du Troisième-Sommet sur le mont Royal (22,7 ha)

    · Parc-nature des Rapides-du-Cheval-Blanc (35,8 ha)

    · Parc-nature des Sources (assemblage immobilier en cours, à terme 40 ha)

    D’autres projets sont en incubation tel que le paysage humanisé de L’Île-Bizard qui constitue un nouveau type de parc à l’image des parcs régionaux en France.

    La priorité de Montréal demeure pour l’instant la mise en réserve des derniers milieux naturels, avant que ceux-ci ne soient définitivement grugés par des projets immobiliers, mais nous cherchons également à ouvrir de nouveaux parcs aux citoyens lorsque les circonstances le permettent. C’est ainsi que nous venons de créer un comité permanent pour l’aménagement du Bois-de-Saraguay (97 ha), protégé in extremis en 1981 suite à la pression de plusieurs citoyens.

    Nous débutons cette année l’aménagement du cœur du Complexe environnemental Saint-Michel (123 ha) qui deviendra à terme le deuxième plus grand parc de Montréal et constitue un des 5 legs prévus pour le 375e anniversaire de Montréal. L’aménagement du chemin de ceinture au Mont-Royal suit cours avec l’aménagement cet été du tronçon situé derrière l’Université de Montréal. Des travaux de drainage sont également en cours pour remettre en culture les champs agricoles du Bois-de-la-Roche (191 ha) dans le cadre d’un projet de réinsertion sociale des jeunes en difficulté avec la ferme écologique D-Trois-Pierres.

    À plus long terme, nous aménagerons également des parcs-nature déjà acquis par la Ville mais qui n’ont encore jamais été ouverts au public. C’est le cas de l’île Lapierre (5,4 ha), qui est une extension du parc-nature du Ruisseau-De Montigny, ainsi que le Bois d’Anjou (40 ha).

    À cela s’ajoutent plusieurs parcs locaux créés à l’initiative des arrondissements. On n’a qu’à penser aux parcs qui sont inclus dans les nouveaux quartiers en développement et à la protection récente du Champ des possibles sur le Plateau (1,4 ha), pourtant situé en plein cœur d’un secteur très dense. Pensons également au Woonerf dans le Sud-Ouest où le bitume a fait place au verdissement ou encore à la mise en réserve du parc des Gorilles dans Rosemont, malgré l’abattage illégal d’une cinquantaine d’arbres par un promoteur immobilier.

    L’agrandissement des parcs peut également se faire par l’intérieur en verdissant des emprises routières, comme cela a été fait aux parcs Laurier, Lahaie et Baldwin, et éventuellement au Parc du Mont-Royal en optimisant les stationnements entourant la Maison Smith, ceux-ci seront plantés. Les emprises publiques font actuellement l’objet de nombreux projets de verdissement, que ce soit avec la création de ruelles vertes ou des saillies de trottoir verdies. Ces projets de taille modeste peuvent paraître insignifiants, mais uniquement pour l’arrondissement où je siège, le Plateau Mont-Royal, on parle d’un total de 0,7 ha en 3 ans!

    Enfin, le projet tant attendu de promenade urbaine reliera pour le premier tracé le Fleuve à la montagne, un autre legs prévu pour le 375e de Montréal.

    Bref, les efforts de la Ville de Paris méritent d’être soulignés, mais il faut aussi reconnaître les avancées que Montréal a faites au cours de ces 10 dernières années, et celles à venir, en termes d’acquisition et d’agrandissement de ses parcs locaux et de ses parcs-nature.

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    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Edith Cyr, 
directrice générale de Bâtir son quartier, entreprise d’économie sociale, leader en développement de projets immobiliers communautaires.

    blogLe 27 mai 2013, Madame Pauline Marois annonçait que la Ville de Montréal envisageait de créer, dans les 12 prochains mois, 1150 logements communautaires et abordables (coopératives d’habitations, habitations gérées par des organismes sans but lucratif, etc.).

    C’est tout Montréal qui gagne avec cet investissement de près de 90 M$, qui contribuera au développement économique et social des quartiers.

    L’habitation communautaire permet d’offrir des logements de qualité à des familles et à des ménages à faible ou moyen revenu, qui ne peuvent accéder à la propriété, notamment dans les grands centres urbains. Ils permettent ainsi aux personnes de demeurer dans le quartier où elles ont grandi, où elles ont développé un réseau d’appartenance, et où elles ont choisi de vieillir. Par ailleurs, les logements communautaires contribuent fortement à maintenir une mixité sociale à l’échelle des rues, façonnant ainsi Montréal comme une ville sans ghettos, sécuritaire et conviviale. Les Montréalais se reconnaissent comme voisins et voisines, et se côtoient qu’ils soient plus ou moins jeunes, plus ou moins aisés, plus ou moins ou scolarisés, en santé ou non, de longue ou récente immigration, etc.

    En dépit de l’importance que revêt le logement communautaire et social, nous voyons nos journaux nous présenter en permanence de grands projets de développements comptant plusieurs centaines ou milliers de logements, souvent sous forme de copropriétés, privilégiant ainsi ceux au pouvoir d’achat le plus élevé.

    Certes, la stratégie d’inclusion* contribue fortement à préserver le caractère inclusif des quartiers, mais pour que Montréal puisse permettre à tous d’y grandir, d’y vivre et d’y vieillir, il lui faut développer une vision à plus long terme.

    L’administration municipale doit pouvoir s’appuyer sur un programme gouvernemental de financement récurrent, pluriannuel et adéquatement doté. En effet, le développement de projets innovants socialement, conçu dans une approche intégrée, associant des acteurs diversifiés, prend du temps et des ressources pérennes.

    Vivre en harmonie avec des gens qui finalement nous ressemblent, malgré des différences manifestes de prime abord, est un apprentissage quotidien… mais le logement social et communautaire contribue définitivement à positionner Montréal comme une ville solidaire et accessible.

    *Ce formidable outil de développement social incite les promoteurs de nouveaux projets immobiliers de plus de 200 unités, à inclure au moins 15 % de logements communautaires et sociaux.

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    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Juliette Patterson, architecte et architecte-paysagiste chez Catalyse Urbaine architecture et paysages.

    jpJe gravis les marches du grand escalier en bois du Mont-Royal deux par deux, en maugréant contre les organisateurs de la conférence. Quelle idée d’avoir choisi comme emplacement le Chalet du Belvédère! Bien sûr c’est l’endroit idéal pour une conférence sur la biodiversité en ville, mais pas facilement accessible. Bon, je vais (encore) être en retard…

    L’effort physique me force à ralentir. Je m’arrête sur un palier au milieu de la cime des arbres. Il n’y a personne. Un petit vent agite les feuilles vert tendre, les oiseaux chantent. En bas dans la ville, un marteau-piqueur se fait entendre. Je respire. J’ai l’impression d’avoir volé quelques moments d’une vie bien chargée pour faire la découverte de l’Éternel.

    En haut de l’escalier, la forêt laisse place à un tableau remarquable: une armée de tulipes rose pastel au premier plan, et derrière, le panorama saisissant du Belvédère. Je rentre dans le chalet, et m’assois sous le regard des énormes écureuils en bois nichés dans les combles.

    À la conférence, j’apprends que la Ville de Paris a construit 60 hectares de nouveaux parcs dans les derniers 10 ans. La Ville de Montréal n’en a pas réalisé depuis des décennies… À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal ?

    Nombre d’études démontrent l’effet bénéfique des « services écologiques », explique le professeur Timothy Beatley, qui dirige le projet sur les villes biophiliques à l’Université de Virginie. Deux groupes ont été mis dans des pièces identiques, mais dans l’une d’entre elles, la nature était présente. Pour le groupe en contact avec la nature, les chercheurs ont dénoté une augmentation remarquable de la coopération, et une diminution de l’agressivité. Même la simple présence de la couleur verte avait un effet positif!

    Les services écologiques ne sont pas encore assez reconnus, renchérit Fabienne Giboudeaux, maire adjointe à la Ville de Paris. Son travail, dans les années à venir, va se tourner vers la quantification des retombées sociales et économiques de la biodiversité urbaine.

    Dans le Montréal du futur, j’aimerais prendre mon café matinal en écoutant le chant des grenouilles. Finissons-en rapidement les manigances municipales pour imaginer la ville du futur!

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