Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Général’

Samedi 13 septembre 2014 | Mise en ligne à 8h08 | Commenter Commentaires (56)

Je relève le défi du… Book Bucket Challenge

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Après le Ice Bucket Challenge, voici le Book Bucket Challenge, une idée qui émane de je ne sais trop où, d’un groupe indien semble-t-il, mais que j’aime bien.

Il suffit de citer, le plus spontanément possible, 10 livres qui nous ont marqués, de lancer le défi d’en faire autant à trois personnes, puis de verser un don à une organisation qui lutte contre l’analphabétisme.

Guillaume Lavoie, de Projet Montréal, a ainsi publié sur Facebook sa propre liste de 10 œuvres hier, puis il a lancé le Book Bucket Challenge à Richard Bergeron, Paul Houde et moi-même.

Je suis flatté. J’accepte volontiers. Même si l’exercice est plus ardu que je pensais. On arrive vite, mettons, à «dix livres qui nous ont marqués, d’une façon ou d’une autre»…

J’ai donc triché un peu. J’ai répondu au défi de Guillaume Lavoie en publiant ma propre liste de livres (que vous retrouverez aussi plus bas, pour les intéressés), mais j’en ai retiré toutes les œuvres qui concernaient les villes pour en faire une seconde liste, expressément pour ce blogue, que voici…

- The Death and Life of Great American Cities, de Jane Jacobs

LA référence pour quiconque s’intéresse à la mécanique urbanistique et anthropologique des villes. Publié en 1961, il s’attaquait de plein front au développement tout-à-l’auto pour y préférer un développement à échelle humaine. Pénétrant.

- Les Lisères, d’Olivier Adam

Roman d’un de mes auteurs préférés, ce livre cache une critique fort juste de la banlieue pavillonnaire française, qui ressemble un peu à nos propres cités de bungalows, mais avec des terrains plus petits et davantage de hautes clôtures. Sensible.

- Jean Drapeau, Susan Purcell et Brian McKenna

La seule véritable biographie de Jean Drapeau a été écrite en anglais, curieusement. Les livres publiés en français qui prétendent retracer sa vie ne sont, hélas, que des ersatz de biographie. Mais après l’avoir lu, on se demande qui pourrait faire mieux. Passionnant.

- Last Juror, de John Grisham

Certains pourraient être étonnés de retrouver ici un Grisham, mais celui-ci est un intéressant mélange de roman et d’essai urbanistique. C’est un suspense, mais qui par la bande se permet une sévère critique du développement rural et suburbain des années 1970, lorsque les centres commerciaux ont tué le cœur commercial des plus petites villes. Captivant.

- Triumph of the City, Edward Glaeser

Cet ouvrage est un grand écart entre le modernisme des tours résidentielles et l’urbanisme à échelle humaine, une apologie réussie de la densification avec un parti pris pour le bipède qui la vit au quotidien. Savant.

- La folie des grandeurs, Peter Trent

C’est une brique, certes, mais qui contient trois livres en un : une bio fascinante de l’auteur, la meilleure analyse des rapports anglo-franco qu’il m’ait été donné de lire et un récit à la première personne de la saga des fusions, que Peter Trent démolit avec moult chiffres. Nécessaire.

- Le pays réel sacrifié, Gérard Beaudet

Une charge à fond de train contre le rouleau compresseur des sacrosaintes «retombées économiques», qui servent trop souvent à justifier l’abandon des plus éléments considérations environnementales et urbaines. Pertinent.

- How Architecture Works: a Humanist Toolkit, de Witold Rybczynski

Une excellente introduction à l’architecture rédigée par un expert hors pair, ayant enseigné à l’université McGill, qui n’hésite pas à utiliser sa connaissance de Montréal pour la citer en exemple (ou en contre-exemple). Intéressant.

- Le rêve de Champlain, David Hackett Fisher

Je vous en reparlerai, mais ce livre est un must pour quiconque réfléchit au nom à donner au futur pont enjambant le Saint-Laurent. Disons que ça replace dans son contexte l’idée farfelue de remplacer le nom de Champlain par celui du Rocket… Fascinant.

- If Mayor’s Ruled the World, de Benjamin Barber

C’est le livre que j’aimerais voir sur la table de chevet de notre bon maire. Les États-Nations s’essoufflent clairement alors que les villes gagnent en importance et en pertinence. Les maires doivent prendre plus de place par l’entremise des partenariats et des réseaux. Engageant.

Et vous, quels seraient les livres, qui touchent les villes ou non, que vous mettriez dans votre propre liste si on vous lançait le Book Bucket Challenge?

***

Voici les 10 livres généraux qui m’ont marqué, tels que transis à Guillaume Lavoie…

- L’espion qui venait du froid, de John Le Carré

- From Beirut to Jerusalem, de Thomas Friedman

- Les trois livres de la trilogie Frank Bascombe (The Sportswriter, Independance Day, The Lay of the Land), de Richard Ford

- Albert Londres: vie et mort d’un grand reporter, de Pierre Assouline

- Henri Cartier-Bresson: L’œil du siècle, de Pierre Assouline

- La Route, de Cormac McCarthy

- L’œuvre au grand complet d’Emmanuel Carrère

- The Power Game, de Joseph S. Nye Jr

- The Secret Race, de Tyler Hamilton

- To Be a Runner, de Martin Dugard

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Samedi 23 août 2014 | Mise en ligne à 8h18 | Commenter Commentaires (112)

Les arguments plus efficaces que les gros bras…

On est passé un peu trop vite sur le sondage CROP de La Presse, cette semaine, car il est assez éclairant. Il montre qu’à Montréal, les syndicats n’ont pas complètement perdu l’opinion publique.

En gros, les Montréalais ne sont pas insensibles à la cause des syndiqués… mais ils en ont soupé de leurs moyens de pression.

Selon l’enquête d’opinion menée du 14 au 18 août, les moyens de pression ont l’appui de 31 % des Montréalais, mais ils sont rejetés par 51 % d’entre eux.

C’est donc dire qu’une majorité de répondants condamnaient déjà les gros bras… avant le saccage de lundi!

En revanche, l’opinion des Montréalais sur le projet de loi 3 est plus mitigée : 30 % sont contre, 36 % sont pour, et 34 % n’ont pas de position (d’où la vidéo explicative que j’ajoute au billet, ci-dessus).

On a déjà vu appui plus solide. La bataille n’est donc pas complètement perdue pour les employés municipaux.

Et donc oui, pour répondre à la question de mon précédent billet, je crois que les syndicats se sont trompés en laissant leurs membres virer à l’envers le conseil municipal, lundi. Tout comme je crois que les employés de Québec n’ont rien à gagner en vandalisant le matériel de la Ville, comme ils l’ont fait mercredi.

Face à un gouvernement majoritaire en début de mandat, les employés municipaux ne peuvent pas espérer tuer le projet de loi 3, mais ils ont du jeu, voire une légitimité populaire pour faire valoir leurs arguments et en modifier la teneur. À condition de maîtriser les fier-à-bras.

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Le saccage survenu lundi n’est pas le résultat d’un mot d’ordre des dirigeants syndicaux, on s’entend. Mais les dirigeants syndicaux n’ont pas condamné le saccage de lundi comme tel.

Et en pareille matière, ce qui n’est pas dit est aussi important que ce qui est dit.

On peut donc se poser la question : les syndicats, qui n’ont manifestement pas demandé une stricte discipline de la part de leurs membres à la veille de la commission parlementaire, ont-ils fait une croix sur l’opinion publique?

C’est mon impression. À voir les réactions des Parent et Ranger, on a l’impression de rejouer dans un film dans lequel on a déjà joué. En gros : nos membres sont ben ben fâchés, on ne peut donc pas les contrôler…

Ça me rappelle les fameux «mouvements spontanés» évoqués par Michel Arsenault lors des tristes scènes d’intimidation sur les chantiers, dans le cadre du dossier du placement syndical. Des mouvements aussi «spontanés» que l’entrée par effraction à l’hôtel de ville à coup de bélier en 1993…

En un mot, il vient un moment lors des moyens de pression où les syndicats décident tout simplement de tourner le dos à la population et de passer au plan B : la démonisation et l’intimidation.

Et les événements de lundi semblent être ce point de bascule.

Il faut se rappeler cette délicieuse phrase écrite en 2000 par Michel Parent dans la revue interne des cols bleus : «N’oubliez pas que l’opinion publique, c’est le reflet de ce que les médias façonnent et les médias façonnent ce que l’establishment leur dicte.»

Au diable, donc, ce qu’en pensent Monsieur et Madame Tout-le-monde, qui ne sont pas assez intelligents pour se faire leur propre opinion.

Il existe d’autres «stratégies» pour se faire entendre…

Mais je me pose une question : est-on passé à un autre appel? L’époque des gros bras est-elle révolue? La population en a-t-elle soupé des scènes disgracieuses comme celle de lundi? Tout cela appartient-il à un passé sulfureux que ne veulent pas revivre les citoyens?

Et donc, cette fois, les syndicats se sont-ils trompés en laissant leurs membres virer à l’envers le conseil municipal, surtout dans un contexte où ils font face à un premier ministre et à des maires en début de mandat?

Je vous pose la question…

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