Le blogue de François Cardinal

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Samedi 23 août 2014 | Mise en ligne à 8h18 | Commenter Commentaires (112)

Les arguments plus efficaces que les gros bras…

On est passé un peu trop vite sur le sondage CROP de La Presse, cette semaine, car il est assez éclairant. Il montre qu’à Montréal, les syndicats n’ont pas complètement perdu l’opinion publique.

En gros, les Montréalais ne sont pas insensibles à la cause des syndiqués… mais ils en ont soupé de leurs moyens de pression.

Selon l’enquête d’opinion menée du 14 au 18 août, les moyens de pression ont l’appui de 31 % des Montréalais, mais ils sont rejetés par 51 % d’entre eux.

C’est donc dire qu’une majorité de répondants condamnaient déjà les gros bras… avant le saccage de lundi!

En revanche, l’opinion des Montréalais sur le projet de loi 3 est plus mitigée : 30 % sont contre, 36 % sont pour, et 34 % n’ont pas de position (d’où la vidéo explicative que j’ajoute au billet, ci-dessus).

On a déjà vu appui plus solide. La bataille n’est donc pas complètement perdue pour les employés municipaux.

Et donc oui, pour répondre à la question de mon précédent billet, je crois que les syndicats se sont trompés en laissant leurs membres virer à l’envers le conseil municipal, lundi. Tout comme je crois que les employés de Québec n’ont rien à gagner en vandalisant le matériel de la Ville, comme ils l’ont fait mercredi.

Face à un gouvernement majoritaire en début de mandat, les employés municipaux ne peuvent pas espérer tuer le projet de loi 3, mais ils ont du jeu, voire une légitimité populaire pour faire valoir leurs arguments et en modifier la teneur. À condition de maîtriser les fier-à-bras.

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Le saccage survenu lundi n’est pas le résultat d’un mot d’ordre des dirigeants syndicaux, on s’entend. Mais les dirigeants syndicaux n’ont pas condamné le saccage de lundi comme tel.

Et en pareille matière, ce qui n’est pas dit est aussi important que ce qui est dit.

On peut donc se poser la question : les syndicats, qui n’ont manifestement pas demandé une stricte discipline de la part de leurs membres à la veille de la commission parlementaire, ont-ils fait une croix sur l’opinion publique?

C’est mon impression. À voir les réactions des Parent et Ranger, on a l’impression de rejouer dans un film dans lequel on a déjà joué. En gros : nos membres sont ben ben fâchés, on ne peut donc pas les contrôler…

Ça me rappelle les fameux «mouvements spontanés» évoqués par Michel Arsenault lors des tristes scènes d’intimidation sur les chantiers, dans le cadre du dossier du placement syndical. Des mouvements aussi «spontanés» que l’entrée par effraction à l’hôtel de ville à coup de bélier en 1993…

En un mot, il vient un moment lors des moyens de pression où les syndicats décident tout simplement de tourner le dos à la population et de passer au plan B : la démonisation et l’intimidation.

Et les événements de lundi semblent être ce point de bascule.

Il faut se rappeler cette délicieuse phrase écrite en 2000 par Michel Parent dans la revue interne des cols bleus : «N’oubliez pas que l’opinion publique, c’est le reflet de ce que les médias façonnent et les médias façonnent ce que l’establishment leur dicte.»

Au diable, donc, ce qu’en pensent Monsieur et Madame Tout-le-monde, qui ne sont pas assez intelligents pour se faire leur propre opinion.

Il existe d’autres «stratégies» pour se faire entendre…

Mais je me pose une question : est-on passé à un autre appel? L’époque des gros bras est-elle révolue? La population en a-t-elle soupé des scènes disgracieuses comme celle de lundi? Tout cela appartient-il à un passé sulfureux que ne veulent pas revivre les citoyens?

Et donc, cette fois, les syndicats se sont-ils trompés en laissant leurs membres virer à l’envers le conseil municipal, surtout dans un contexte où ils font face à un premier ministre et à des maires en début de mandat?

Je vous pose la question…

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Je ne sais pas ce qui m’enrage le plus. Les pompiers et autres syndiqués qui ont forcé leur entrée au conseil municipal, saccagé l’endroit, rudoyé les agents de sécurité et effrayé les élus qui s’y trouvaient? Ou les policiers, qui sont restés les bras croisés?

Le pire, c’est que les «agents de la paix» du SPVM avaient été appelés en renfort avant que se produisent les événements. Ils avaient pris la peine de s’habiller correctement, laissant tomber leurs pantalons de clown, ce qui laisse supposer qu’ils avaient une idée de ce qui s’en venait.

Ils étaient prêts, donc. Et ils sont restés les bras croisés. Pendant que des sauvages vandalisaient la salle du conseil municipal, s’attaquant à la fois au système et au symbole.

(AJOUT: Marc Parent vient d’annoncer qu’il y aura enquête sur «le laxisme» et «la complaisance» possibles de ses agents, hier soir. Mais tenez-vous bien, l’enquête menée sur les policiers du SPVM est confiée au… SPVM. Eh oui…)

En chronique, aujourd’hui, j’évoque la lettre publiée ce weekend dans La Presse de Caroline Dufour, sergente enquêteuse à la SQ. Lors de ma première lecture, samedi, je n’en revenais tout simplement pas qu’une policière en exercice puisse écrire de telles énormités. Je me disais que les moyens de pression violents des syndiqués étaient chose du passé.

Je la relis ce matin et je la trouve tout à la fois clairvoyante et… surréaliste.

Permettez que je la décortique?

Son titre, déjà, fait grincer après le grabuge d’hier : «Le policier, essentiel pour la justice.»

Mme Dufour y va ensuite d’une envolée sur la noblesse de son métier, surtout celui de «policier de la base». «Ils se doivent de traduire, devant la justice, les membres déviants de notre belle société de droit imparfaite.»

Bien dit, non?

Elle rappelle ensuite que les policiers sont «la base, solide et incontournable, du système de justice». «Le policier, ajoute-t-elle, est un rouage essentiel à notre paix sociale. Nous sommes le premier maillon, celui qui procède aux arrestations (…).»

Si cela est leur rôle premier, on peut donc dire qu’hier, ils ont échoué à exercer leur rôle premier…

Puis la sergente ose se demander s’il faudra revivre les moments les plus sombres et agressifs de la police de Montréal pour que la population se rende enfin compte de l’importance de la police…

«Devrons-nous revivre les événements malheureux du 7 octobre 1969, quand les policiers municipaux de Montréal, privés du droit de grève depuis 1944 et voulant obtenir un fonds de pension décent, ont participé à une «journée d’étude» au centre Paul-Sauvé, entraînant la ville de Montréal dans l’anarchie et le chaos? En 24 heures, des centaines d’introductions par effraction, des attaques au cocktail Molotov aux quatre coins de la ville, des braquages de banque et du vandalisme ont marqué cette triste journée.»

«Faut-il en arriver à de telles réactions extrémistes, se demande-t-elle, pour réaliser le rôle fondamental de nos agents de la paix et, par le fait même, respecter un tant soit peu cette fonction?»

Relisons cette phrase, si vous le voulez bien : «faut-il» que des «agents de la paix» en arrivent à «de telles réactions extrémistes» pour qu’on réalise leur «rôle fondamental»? Et pour qu’on «respecte» leur fonction?

Y a-t-il que les non-policiers qui perçoivent l’énormité de cette interrogation? Qui n’en reviennent pas que des gens ayant pour mission de faire respecter la loi et l’ordre se permettent de les piétiner comme ils l’ont fait hier soir?

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