Ceci est une réplique au texte de Juliette Patterson, publié le 27 mai dernier sous le titre: «À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal?» Elle est signée par Josée Duplessis, membre du comité exécutif, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts et conseillère de la ville du district de DeLorimier.
J’ai été consternée de lire dans votre blogue le commentaire de Juliette Patterson : « la Ville de Paris a construit 60 hectares de nouveaux parcs dans les derniers 10 ans. La Ville de Montréal n’en a pas réalisé depuis des décennies… À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal ? »
Non seulement ce constat est faux, mais Montréal n’a rien à envier à Paris quand il est question de création de parcs.
Depuis 2004, plusieurs centaines d’hectares se sont ajoutés au réseau des grands parcs montréalais, principalement dans les écoterritoires. Il s’agit souvent d’agrandissement de parcs-nature existants. À lui seul, l’agrandissement de 135 hectares (ha) du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme est deux fois plus important que ce qu’à fait Paris au cours des 10 dernières années.
Nous avons également désigné formellement 3 nouveaux grands parcs qui sont à différents stades d’avancement :
· Parc du Troisième-Sommet sur le mont Royal (22,7 ha)
· Parc-nature des Rapides-du-Cheval-Blanc (35,8 ha)
· Parc-nature des Sources (assemblage immobilier en cours, à terme 40 ha)
D’autres projets sont en incubation tel que le paysage humanisé de L’Île-Bizard qui constitue un nouveau type de parc à l’image des parcs régionaux en France.
La priorité de Montréal demeure pour l’instant la mise en réserve des derniers milieux naturels, avant que ceux-ci ne soient définitivement grugés par des projets immobiliers, mais nous cherchons également à ouvrir de nouveaux parcs aux citoyens lorsque les circonstances le permettent. C’est ainsi que nous venons de créer un comité permanent pour l’aménagement du Bois-de-Saraguay (97 ha), protégé in extremis en 1981 suite à la pression de plusieurs citoyens.
Nous débutons cette année l’aménagement du cœur du Complexe environnemental Saint-Michel (123 ha) qui deviendra à terme le deuxième plus grand parc de Montréal et constitue un des 5 legs prévus pour le 375e anniversaire de Montréal. L’aménagement du chemin de ceinture au Mont-Royal suit cours avec l’aménagement cet été du tronçon situé derrière l’Université de Montréal. Des travaux de drainage sont également en cours pour remettre en culture les champs agricoles du Bois-de-la-Roche (191 ha) dans le cadre d’un projet de réinsertion sociale des jeunes en difficulté avec la ferme écologique D-Trois-Pierres.
À plus long terme, nous aménagerons également des parcs-nature déjà acquis par la Ville mais qui n’ont encore jamais été ouverts au public. C’est le cas de l’île Lapierre (5,4 ha), qui est une extension du parc-nature du Ruisseau-De Montigny, ainsi que le Bois d’Anjou (40 ha).
À cela s’ajoutent plusieurs parcs locaux créés à l’initiative des arrondissements. On n’a qu’à penser aux parcs qui sont inclus dans les nouveaux quartiers en développement et à la protection récente du Champ des possibles sur le Plateau (1,4 ha), pourtant situé en plein cœur d’un secteur très dense. Pensons également au Woonerf dans le Sud-Ouest où le bitume a fait place au verdissement ou encore à la mise en réserve du parc des Gorilles dans Rosemont, malgré l’abattage illégal d’une cinquantaine d’arbres par un promoteur immobilier.
L’agrandissement des parcs peut également se faire par l’intérieur en verdissant des emprises routières, comme cela a été fait aux parcs Laurier, Lahaie et Baldwin, et éventuellement au Parc du Mont-Royal en optimisant les stationnements entourant la Maison Smith, ceux-ci seront plantés. Les emprises publiques font actuellement l’objet de nombreux projets de verdissement, que ce soit avec la création de ruelles vertes ou des saillies de trottoir verdies. Ces projets de taille modeste peuvent paraître insignifiants, mais uniquement pour l’arrondissement où je siège, le Plateau Mont-Royal, on parle d’un total de 0,7 ha en 3 ans!
Enfin, le projet tant attendu de promenade urbaine reliera pour le premier tracé le Fleuve à la montagne, un autre legs prévu pour le 375e de Montréal.
Bref, les efforts de la Ville de Paris méritent d’être soulignés, mais il faut aussi reconnaître les avancées que Montréal a faites au cours de ces 10 dernières années, et celles à venir, en termes d’acquisition et d’agrandissement de ses parcs locaux et de ses parcs-nature.
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Le 27 mai 2013, Madame Pauline Marois annonçait que la Ville de Montréal envisageait de créer, dans les 12 prochains mois, 1150 logements communautaires et abordables (coopératives d’habitations, habitations gérées par des organismes sans but lucratif, etc.).
Je gravis les marches du grand escalier en bois du Mont-Royal deux par deux, en maugréant contre les organisateurs de la conférence. Quelle idée d’avoir choisi comme emplacement le Chalet du Belvédère! Bien sûr c’est l’endroit idéal pour une conférence sur la biodiversité en ville, mais pas facilement accessible. Bon, je vais (encore) être en retard…


