Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Finances’

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Je n’aime pas particulièrement les nouveaux abribus de Québecor.

Je trouve que leur design manque de finesse.

Je n’aime pas avoir à bouger dans tous les sens pour profiter des infos en temps réel.

Je trouve que les publicités sur les côtés sont quelque peu imposantes.

Et pourtant, je vois d’un mauvais œil la décision de l’administration Ferrandez de les refuser sur son territoire…

Je n’ai pas de problème avec la résistance qu’offre souvent le Plateau, remarquez. Je vois même ça positivement, habituellement, lorsque le maire Ferrandez et son équipe prennent des décisions qui consolident la singularité de ce quartier central.

Les arrondissements sont là pour refléter les désirs des populations locales sur des enjeux précis de proximité. C’est ce qui a permis au Plateau de protéger un espace vert sauvage comme le Champ des Possibles, de parsemer son territoire de pianos publics et d’offrir des autos électriques en libre-service.

Autant de décisions qui renforcent la mosaïque qu’est Montréal, une ville aux mille visages qu’il ne faut pas brimer par une approche centralisatrice qui impose à tous les mêmes règles, les mêmes obligations, les mêmes éléments du mobilier urbain.

On peut bien centraliser les appels d’offres, le déneigement, les cours de voirie, l’embauche des cols bleus. Mais il est important que les arrondissements puissent continuer à miser sur leurs particularités en nommant leur directeur, en s’occupant des rues locales, en appliquant la réglementation d’urbanisme.

Par contre, il faut distinguer deux choses : les décisions qui n’ont d’impact qu’à l’intérieur de l’arrondissement et les décisions qui ont un impact à l’extérieur de l’arrondissement et peuvent ainsi porter préjudice à l’ensemble de la ville.

Le Plateau n’est pas encore séparé de Montréal, à ce que je sache, et donc elle a un devoir de solidarité.

Ce qui nous ramène à la décision unilatérale de refuser dix abribus à affichage numérique. C’est tout à fait légal, car le domaine public est du ressort de l’arrondissement, mais on ne peut ignorer que les nouveaux abribus font partie d’une stratégie plus vaste visant à augmenter les revenus autonomes de la STM.

Or ces revenus autonomes sont très importants pour éviter de nouvelles hausses, plus brutales que les précédentes, des tarifs du transport en commun. On peut donc difficilement être contre les hausses de tarifs ET contre les abribus, sans proposer de solutions alternatives.

Le Plateau a donc beau avoir le droit de dire non aux abribus, il a le devoir de participer comme les autres au financement du transport en commun en réservant à la STM une portion de son territoire. Même si cela va à l’encontre de sa politique contre l’affichage commercial.

Plate de même.

Et vous, vous en pensez quoi de la décision du Plateau?

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Samedi 3 mai 2014 | Mise en ligne à 7h20 | Commenter Commentaires (77)

Mirabel, icône architecturale? «Vous voulez rire?»

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PHOTO Alain Roberge

«L’aérogare de Mirabel, un grand moment de l’architecture moderne du Québec??? Vous êtes sarcastique??? L’architecte qui a conçu cette horreur mérite d’être déporté!!!»

Dans le flot des courriels reçus hier à la suite de ma chronique sur la démolition de l’aérogare Mirabel, plusieurs commentaires sur la qualité architecturale du bâtiment. Ou plutôt, ce que les lecteurs perçoivent comme une absence de qualité architecturale du bâtiment…

«Voyons donc, un gros bloc dans le milieu de nulle part. Qu’on mette le bull là-dedans au plus vite», m’écrit l’un d’eux.

Or j’ai beau me résigner à la démolition de l’édifice, ce n’est certainement pas en raison de son absence de valeur esthétique. C’est plutôt en raison de son histoire et de sa situation géographique.

Le bâtiment signé par la firme Papineau, Gérin-Lajoie, LeBlanc, Edwards est en effet l’une des icônes québécoises, voire canadiennes de l’architecture moderne. Pas loin de la Place Bonaventure et de la Tour de la bourse (ces deux édifices ont cela de plus qu’ils ont été signés par de grands bureaux d’architectes internationalement reconnus).

L’influence Mies van der Rohe est bien présente, avec sa simplicité, son minimalisme, la pureté de ses lignes, son enveloppe de verre teinté noir. L’inauguration des lieux a été un véritable événement dans le monde architectural canadien, à l’époque.

Pourquoi avaliser la démolition dans ce cas? Parce qu’on a tout essayé en dix ans pour donner une seconde vie aux lieux, sans succès (si l’ancien maire Meilleur n’a pas réussi, personne ne le sera, et ce ne sont certainement pas quelques mois de plus, tels que demandé par Denis Coderre, qui feront une différence…). Et surtout, parce que le bâtiment se situe à des dizaines de kilomètres de Montréal.

Le même bâtiment eut-il été construit sur l’île que j’aurais été le premier à dénoncer sa démolition. Il y a toujours moyen de faire revivre un édifice de cette importance… sauf s’il a été construit dans un champ, loin du cœur de la région, loin de tout secteur un tantinet densifié, loin de tout axe routier d’importance.

Il est donc tout à fait ridicule de me répondre, comme l’a fait un lecteur, qu’«il suffit d’appliquer mot pour mot mon argumentaire au Stade olympique pour décider de le démolir lui aussi».

Le Stade est voisin de l’Espace pour la vie, qui fait partie des 10 lieux les plus visités à Montréal. Le secteur a attiré 2,7 millions de visiteurs l’an dernier. C’est une infrastructure sportive qui peut être réutilisée de 100 façons.

Rien à voir avec un bâtiment difficile à reconvertir, que les investisseurs ont décidé d’ignorer pendant une décennie, situé dans un no man’s land, qui coûte des millions en entretien chaque année.

Un moment donné, il faut se résigner, il faut choisir ses combats patrimoniaux, et celui-là n’en est pas un qui vaut la peine, à mon avis. Vous êtes d’accord, ou pas?

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Mardi 25 mars 2014 | Mise en ligne à 11h52 | Commenter Commentaires (99)

BIXI: aux abonnements, citoyens!

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Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que l’abonnement au BIXI est un devoir citoyen… mais pas loin.

Le maire Coderre a confirmé hier pour la première fois que la saison 2014 du BIXI est désormais une certitude. Mais rien n’est sûr pour 2015 et les années subséquentes.

«C’est la dernière saison… prouvez-moi que j’ai tort», a lancé Denis Coderre en invitant les Montréalais à s’abonner massivement à BIXI pour signifier leur attachement et leur volonté d’en faire un élément pérenne du mobilier urbain.

«Montrez votre amour réel pour BIXI!», a-t-il ajouté.

Je vous le donne, quand on regarde la saga du vélo en libre-service et sa tournure des derniers mois, le premier réflexe n’est pas de sortir sa carte de crédit pour verser les 80 $ que coûte un abonnement annuel.

Le BIXI va finir par coûter des dizaines de millions à la Ville, peut-on se dire, inutile d’envoyer plus d’argent dans ce trou sans fond.

Sauf que…

Le système de vélos en libre-service de Montréal vaut la peine d’être sauvé. Pas pour des raisons idéologiques, mais bien pour des raisons pratiques, économiques, touristiques, politiques et même… patriotiques.

- Pratiques : le BIXI, au-delà des problèmes de gouvernance et de liquidités à l’international, est un système très populaire à Montréal. On dénombre environ 25 000 déplacements… chaque jour! Au total, on en a compté 13 millions entre 2009 et 2012.

- Économiques : la Ville a acquis les vélos et les stations du volet local de BIXI afin de réduire ses pertes dans l’aventure. En prenant possession de ces actifs, elle a réduit la dette de 12 millions $. Veut-on vraiment creuser encore un peu plus les pertes associées au BIXI en rendant cet équipement obsolète?

- Touristiques : BIXI a permis à Montréal de se hisser à nouveau parmi les villes cyclables les plus importantes de la planète, un honneur qu’elle avait perdu pendant le règne de Pierre Bourque. Or se classer au 11e rang du palmarès du respecté Copenhagenize et au 10e rang du palmarès du National Geographic Traveler est une formidable pub touristique.

- Politiques : disons-le, peu importe le modèle d’affaires, BIXI traînera un déficit d’opération. Aucune ville dans le monde ne profite d’un système de vélos en libre-service sans payer une partie de la facture. Pour convaincre le maire d’intégrer le service à la STM, là où il a tout à fait sa place, vaut donc mieux s’abonner massivement et ainsi réduire au minimum ce déficit qui avoisinait 1,5 million $ ces dernières années.

- Patriotiques : soyons chauvins un instant, ce serait mauvais pour l’image de Montréal d’être créateur d’un système vendu dans les plus grandes villes de la planète… mais d’avoir été incapable d’assurer sa survie ici même. Et d’ailleurs, combien d’inventions montréalaises se sont trouvées dans le top 20 des «best inventions» du Time Magazine?

Les problèmes de gouvernance et de gestion qui ont plombé BIXI ne lui ont pas enlevé sa pertinence. Ce n’est donc pas parce que le service était mal géré que le service n’a plus sa place à Montréal et dans l’équation plus large du transport urbain. Et ce n’est pas non plus parce qu’on met une croix définitive sur le BIXI qu’on effacera du coup les éventuelles pertes qu’il faudra essuyer pour le volet international.

Un petit effort citoyen prouverait au maire Coderre qu’il a tort d’envisager la fin de ce formidable moyen de transport.

Vous allez vous abonner ou vous réabonner, vous?

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