Ceci est une réplique au texte de Josée Duplessis, membre du comité exécutif, intitulé: «Montréal n’a rien à envier à Paris quand on parle de création de parcs». Elle est signée par Juliette Patterson, architecte et architecte-paysagiste chez Catalyse Urbaine architecture et paysages.
Je constate que mon billet du 27 mai dernier, dans lequel j’affirme l’importance de créer un nouveau parc d’envergure à Montréal, a suscité un vif débat, ce qui me réjouit.
Avant d’étayer mon propos, permettez-moi d’abord de m’excuser : la Ville a en effet créé de nouveaux parcs dans les dernières années. Elle a fait l’acquisition de nouveaux terrains, protégé des zones de grande richesse écologique, et agrandi des parcs-nature. Par ailleurs, il est vrai que des centaines d’initiatives locales, menées par les arrondissements ou les citoyens, contribuent aujourd’hui à verdir la ville.
Il n’y a donc rien à défendre dans la feuille de route de Ville de Montréal : beaucoup a été fait, et je comprends aussi que la priorité est de mettre en réserve les derniers milieux naturels.
Mais ce n’est pas assez.
Il n’y a pas besoin d’aller à Paris pour constater que partout, les villes investissent massivement dans leurs espaces verts.
De Vancouver à New York, en passant par Chicago et Toronto, les friches industrielles des centres urbains sont converties en parcs de haute qualité en design.
À New York, des kilomètres d’anciens entrepôts le long de l’eau ont été démolis pour créer pelouses, ruisseaux, terrains de jeu, et forêts urbaines (Brooklyn Bridge Park, Hudson River Park). À Paris, ce sont 60 hectares de friches industrielles en plein centre urbain qui ont été reconquises par la végétation (parc de Boulogne-Billancourt, parc de l’île Séguin, parc Clichy-Batignolles).
Notez bien : ce n’est pas que dans les grandes métropoles qu’on retrouve cette tendance. La Ville de Québec s’est dotée, pour son 400e anniversaire, d’une promenade au bord du fleuve. La Promenade Samuel de Champlain a illustré la couverture des plus prestigieuses revues internationales d’architecture.
Pour mériter son titre de ville UNESCO de Design et de ville-hôte du Secrétariat de la biodiversité, Montréal doit investir dans des équipements verts de ce calibre. Et pas seulement dans les écoterritoires à la périphérie des zones densément peuplées. Au centre-ville, le long du fleuve, sur les friches ferroviaires, sur les îlots de chaleur.
Que Montréal et toutes les créatures vivantes qui l’habitent prennent possession des espaces industriels abandonnés ! Mais pour que cela se réalise, on a besoin d’une vision et un petit coup de pouce.
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J’ai été consternée de lire dans votre blogue le commentaire de Juliette Patterson : « la Ville de Paris a construit 60 hectares de nouveaux parcs dans les derniers 10 ans. La Ville de Montréal n’en a pas réalisé depuis des décennies… À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal ? »


