Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis une dizaine d'années, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
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    Archive de la catégorie ‘Environnement’

    Ceci est une réplique au texte de Josée Duplessis, membre du comité exécutif, intitulé: «Montréal n’a rien à envier à Paris quand on parle de création de parcs». Elle est signée par Juliette Patterson, architecte et architecte-paysagiste chez Catalyse Urbaine architecture et paysages.

    jp-300x282Je constate que mon billet du 27 mai dernier, dans lequel j’affirme l’importance de créer un nouveau parc d’envergure à Montréal, a suscité un vif débat, ce qui me réjouit.

    Avant d’étayer mon propos, permettez-moi d’abord de m’excuser : la Ville a en effet créé de nouveaux parcs dans les dernières années. Elle a fait l’acquisition de nouveaux terrains, protégé des zones de grande richesse écologique, et agrandi des parcs-nature. Par ailleurs, il est vrai que des centaines d’initiatives locales, menées par les arrondissements ou les citoyens, contribuent aujourd’hui à verdir la ville.

    Il n’y a donc rien à défendre dans la feuille de route de Ville de Montréal : beaucoup a été fait, et je comprends aussi que la priorité est de mettre en réserve les derniers milieux naturels.

    Mais ce n’est pas assez.

    Il n’y a pas besoin d’aller à Paris pour constater que partout, les villes investissent massivement dans leurs espaces verts.

    De Vancouver à New York, en passant par Chicago et Toronto, les friches industrielles des centres urbains sont converties en parcs de haute qualité en design.

    À New York, des kilomètres d’anciens entrepôts le long de l’eau ont été démolis pour créer pelouses, ruisseaux, terrains de jeu, et forêts urbaines (Brooklyn Bridge Park, Hudson River Park). À Paris, ce sont 60 hectares de friches industrielles en plein centre urbain qui ont été reconquises par la végétation (parc de Boulogne-Billancourt, parc de l’île Séguin, parc Clichy-Batignolles).

    Notez bien : ce n’est pas que dans les grandes métropoles qu’on retrouve cette tendance. La Ville de Québec s’est dotée, pour son 400e anniversaire, d’une promenade au bord du fleuve. La Promenade Samuel de Champlain a illustré la couverture des plus prestigieuses revues internationales d’architecture.

    Pour mériter son titre de ville UNESCO de Design et de ville-hôte du Secrétariat de la biodiversité, Montréal doit investir dans des équipements verts de ce calibre. Et pas seulement dans les écoterritoires à la périphérie des zones densément peuplées. Au centre-ville, le long du fleuve, sur les friches ferroviaires, sur les îlots de chaleur.

    Que Montréal et toutes les créatures vivantes qui l’habitent prennent possession des espaces industriels abandonnés ! Mais pour que cela se réalise, on a besoin d’une vision et un petit coup de pouce.

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    Samedi 8 juin 2013 | Mise en ligne à 8h28 | Commenter Commentaires (62)

    Le mont Royal se vide. On fait quoi?

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    Tout de même ironique. Pendant des années, on a tout fait pour éviter que les institutions prennent trop de place sur le mont Royal et aujourd’hui, on a peur qu’elles n’en prennent plus suffisamment…

    Au cours des prochaines années, on va se retrouver avec quatre immenses complexes immobiliers vides sur la montagne : le Royal-Victoria et le Shriners en 2015, l’Hôtel-Dieu en 2017 et le couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, déjà vacant.

    C’est énorme. On parle de 23 pavillons*. De 240 000 m2 de surface. Et d’intenses travaux de rénovation, de désamiantage, de transformation, de reconstruction et de démolition.

    Mais avant même de penser au chantier à venir, une question se pose : que fera-t-on de tous ces bâtiments?

    C’est l’interrogation à laquelle les participants du Sommet du mont Royal ont tenté d’apporter des réponses, hier. Un Sommet qui a servi à lancer un début de réflexion… sur un sujet qui aurait dû être abordé il y 12 ans quand on a commencé à parler des mégahôpitaux!

    On a dormi sur la switch. Commençons donc par le commencement: ce qu’il faut éviter à tout prix.

    Il existe deux scénarios cauchemardesques.

    Le premier, un abandon des bâtiments en attendant LE projet… qui ne vient jamais. Comme la superbe et désolante gare Viger.

    Le second, une transformation des lieux en condos, comme Marianopolis.

    Ce dernier a eu droit à tout un encadrement législatif. Le pire a été évité quand Gérald Tremblay a finalement refusé un projet de densification du site. Mais il n’en reste pas moins que le projet en cours, qui s’appelle M sur la montagne, a des airs de gated community dont… la communauté est exclue.

    Donc entre l’abandon et la privatisation pure et simple, on fait quoi? Trois cas de figure.

    1) On ouvre la porte au privé, ne serait-ce que partiellement (condos, hôtel,etc.). Avec un encadrement législatif strict, bien sûr. Mais vous le savez, les règles ont leurs limites. Et cela pose la question de l’accessibilité publique des lieux qui doit absolument être maintenue.

    2) On conserve la vocation institutionnelle des édifices. McGill est intéressé par le Royal-Vic, une reconversion idéale à mon avis, à l’image de l’acquisition de la maison mère des Sœurs Grises par Concordia. Mais cela ouvre la porte à d’autres questions. Combien coûteront le désamiantage et la transformation du site? Qui payera sachant que McGill souffre déjà d’un déficit d’entretien de 600 M$? Et si le gouvernement participe, pourra-t-il et devra-t-il aussi le faire pour l’Hôtel Dieu? Le 1420? Le Shriners?

    3) On mise sur des solutions alternatives et plus originales. En lien avec la santé comme l’a exigé Lord Mount Stephen en léguant le site du Royal-Vic (cliniques, labos, centres d’adaptation, CHSLD, etc.)? En lien avec l’économie sociale, comme on vient de le faire avec l’ancienne maison mère des Sœurs de la Providence, pas loin du pont Jacques-Cartier (logements abordables, OSBL, coopératives, etc.)? Ou complètement autre chose?

    Comment voyez-vous la chose? Est-ce qu’il y a une solution qui vous semble préférable? Ou plutôt un mélange, une mixité d’usages? Doit-on faire de la prospection à l’international comme on l’a fait pour le silo no5? Et à quel point le gouvernement et la Ville doivent-ils s’impliquer financièrement?

    ***

    * Les quatre complexes qui se vident…

    1) Hôpital Royal-Victoria (CUSM)

    Date de construction du premier bâtiment : 1863

    Nombre total de bâtiments : 14 pavillons, 122 075 m2

    Les trois plus anciens bâtiments :

    · Pavillon A, Administration (1893), 8 étages 10 849 mètres carrés

    · Pavillon E, Cliniques externes (1893), 5 étages 6 392 mètres carrés

    · Pavillon L, Laboratoires (1893), 4 étages 3 685 mètres carrés

    Les trois plus gros bâtiments :

    · Pavillon F, des Femmes (1926), 10 étages 14 477 mètres carrés

    · Pavillon R, Ross Memorial (1916), 6 étages 13 232 mètres carrés

    · Pavillon H, Hersey (1907), 7 étages 12 744 mètres carrés

    2) Hôpital Hôtel-Dieu (CHUM)

    Date de construction du premier bâtiment : 1859

    Nombre total de bâtiments: 5

    Les trois plus anciens bâtiments :

    · Pavillon Olier (1861) 5 867 mètres carrés

    · Pavillon Vimont (1861) 5 831 mètres carrés

    · Pavillon Marie Morin 4 (1861) 8 515 mètres carrés

    Les trois plus gros bâtiments :

    · Pavillon De Bullion (1952) 15 882 mètres carrés

    · Pavillon Jeanne-Mance (1951) 13 407 mètres carrés

    · Pavillon Le Royer (1942) 10 798 mètres carrés

    3) Hôpital Shriners pour enfants (CHUM)

    Date de construction du premier bâtiment : 1925

    Nombre de bâtiments: 2

    Bâtiment et superficies libérés : 8 268 mètres carrés

    4) 1420 Mont-Royal (UdeM)

    Date de construction du premier bâtiment sur la montagne : 1839

    Nombre total de bâtiments : 25

    Bâtiments et superficie libérés : 19 400 m2 (1 000 m2 utilisés actuellement par l’Université de Montréal)

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    Ceci est une réplique au texte de Juliette Patterson, publié le 27 mai dernier sous le titre: «À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal?» Elle est signée par Josée Duplessis, membre du comité exécutif, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts et conseillère de la ville du district de DeLorimier.

    jdJ’ai été consternée de lire dans votre blogue le commentaire de Juliette Patterson : « la Ville de Paris a construit 60 hectares de nouveaux parcs dans les derniers 10 ans. La Ville de Montréal n’en a pas réalisé depuis des décennies… À quand un nouveau parc d’envergure à Montréal ? »

    Non seulement ce constat est faux, mais Montréal n’a rien à envier à Paris quand il est question de création de parcs.

    Depuis 2004, plusieurs centaines d’hectares se sont ajoutés au réseau des grands parcs montréalais, principalement dans les écoterritoires. Il s’agit souvent d’agrandissement de parcs-nature existants. À lui seul, l’agrandissement de 135 hectares (ha) du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme est deux fois plus important que ce qu’à fait Paris au cours des 10 dernières années.

    Nous avons également désigné formellement 3 nouveaux grands parcs qui sont à différents stades d’avancement :

    · Parc du Troisième-Sommet sur le mont Royal (22,7 ha)

    · Parc-nature des Rapides-du-Cheval-Blanc (35,8 ha)

    · Parc-nature des Sources (assemblage immobilier en cours, à terme 40 ha)

    D’autres projets sont en incubation tel que le paysage humanisé de L’Île-Bizard qui constitue un nouveau type de parc à l’image des parcs régionaux en France.

    La priorité de Montréal demeure pour l’instant la mise en réserve des derniers milieux naturels, avant que ceux-ci ne soient définitivement grugés par des projets immobiliers, mais nous cherchons également à ouvrir de nouveaux parcs aux citoyens lorsque les circonstances le permettent. C’est ainsi que nous venons de créer un comité permanent pour l’aménagement du Bois-de-Saraguay (97 ha), protégé in extremis en 1981 suite à la pression de plusieurs citoyens.

    Nous débutons cette année l’aménagement du cœur du Complexe environnemental Saint-Michel (123 ha) qui deviendra à terme le deuxième plus grand parc de Montréal et constitue un des 5 legs prévus pour le 375e anniversaire de Montréal. L’aménagement du chemin de ceinture au Mont-Royal suit cours avec l’aménagement cet été du tronçon situé derrière l’Université de Montréal. Des travaux de drainage sont également en cours pour remettre en culture les champs agricoles du Bois-de-la-Roche (191 ha) dans le cadre d’un projet de réinsertion sociale des jeunes en difficulté avec la ferme écologique D-Trois-Pierres.

    À plus long terme, nous aménagerons également des parcs-nature déjà acquis par la Ville mais qui n’ont encore jamais été ouverts au public. C’est le cas de l’île Lapierre (5,4 ha), qui est une extension du parc-nature du Ruisseau-De Montigny, ainsi que le Bois d’Anjou (40 ha).

    À cela s’ajoutent plusieurs parcs locaux créés à l’initiative des arrondissements. On n’a qu’à penser aux parcs qui sont inclus dans les nouveaux quartiers en développement et à la protection récente du Champ des possibles sur le Plateau (1,4 ha), pourtant situé en plein cœur d’un secteur très dense. Pensons également au Woonerf dans le Sud-Ouest où le bitume a fait place au verdissement ou encore à la mise en réserve du parc des Gorilles dans Rosemont, malgré l’abattage illégal d’une cinquantaine d’arbres par un promoteur immobilier.

    L’agrandissement des parcs peut également se faire par l’intérieur en verdissant des emprises routières, comme cela a été fait aux parcs Laurier, Lahaie et Baldwin, et éventuellement au Parc du Mont-Royal en optimisant les stationnements entourant la Maison Smith, ceux-ci seront plantés. Les emprises publiques font actuellement l’objet de nombreux projets de verdissement, que ce soit avec la création de ruelles vertes ou des saillies de trottoir verdies. Ces projets de taille modeste peuvent paraître insignifiants, mais uniquement pour l’arrondissement où je siège, le Plateau Mont-Royal, on parle d’un total de 0,7 ha en 3 ans!

    Enfin, le projet tant attendu de promenade urbaine reliera pour le premier tracé le Fleuve à la montagne, un autre legs prévu pour le 375e de Montréal.

    Bref, les efforts de la Ville de Paris méritent d’être soulignés, mais il faut aussi reconnaître les avancées que Montréal a faites au cours de ces 10 dernières années, et celles à venir, en termes d’acquisition et d’agrandissement de ses parcs locaux et de ses parcs-nature.

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