Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Élections provinciales 2014’

Jeudi 10 avril 2014 | Mise en ligne à 14h42 | Commenter Commentaires (31)

Trois idées pour un conseil des ministres restreint…

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Il n’y a rien qui envoie davantage un message de responsabilité économique qu’un conseil des ministres restreint.

Philippe Couillard le sait très bien, d’ailleurs, puisqu’il était du plus petit cabinet des ministres a avoir vu le jour depuis la Révolution tranquille : celui de Jean Charest, année 2007.

Après une raclée qui l’avait relégué au rang de gouvernement minoritaire (le premier en 130 ans au Québec…), le PLQ avait en effet décidé d’envoyer un message en réduisant le nombre de ministres de 24 à 18.

C’était moins que les 23 de Landry en 2001, moins que les 26 du gouvernement Charest année 2008, moins que les 24 ministres du gouvernement Marois sortant.

On voulait envoyer un message de «modernité», selon les mots de Jean Charest, un message de responsabilité, aussi. En outre, c’était le premier conseil des ministres paritaire hommes-femmes, le premier aussi à compter dans ses rangs une ministre issue des «minorités visibles» (Yolande James).

«Les Québécois veulent un gouvernement de changement. Nous incarnerons cette ambition», avait dit M. Charest.

Voilà un modèle intéressant pour son successeur dans un contexte de fragilité économique, de budget minceur et de volonté de changement.

Cela ne serait pas facile, d’autant que le caucus de Philippe Couillard compte 70 députés comparativement à 47 pour celui de Jean Charest, à l’époque. Le message n’en serait que plus fort.

Pour y arriver, il lui faudrait combiner des ministères, comme l’avait fait son prédécesseur en réunissant l’Éducation et la Famille, la Justice et la Sécurité publique, le Tourisme et le Développement économique.

Il pourrait ainsi réunir à nouveau l’Éducation et l’Enseignement supérieur, combiner la Santé, les services sociaux et la Protection de la jeunesse, joindre les Régions et les Affaires autochtones, etc.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela dans un blogue sur Montréal? Parce que j’ai trois idées à proposer à M. Couillard, trois idées qui concerneraient de près ou de loin la métropole.

- Créer un ministère de la métropole et de la Capitale et le combiner au développement économique ainsi qu’au Commerce extérieur.

- Créer un ministère des Affaires municipales, de l’Aménagement durable et du Transport.

- Créer un ministère de l’Environnement et de l’Énergie (comme celui dont vient d’hériter Ségolène Royal dans le cabinet Valls) dans lequel seraient intégrées les Ressources naturelles.

Une idée intéressante pour régler l’«heureux problème» du premier ministre Couillard, d’après vous?

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«Il faut rester vigilant», a dit le maire Coderre, tout à l’heure. Avec raison.

Le Québec a un nouveau premier ministre, un nouveau gouvernement formé par une (relativement) nouvelle équipe libérale. Mais a-t-il pour autant une approche renouvelée par rapport à Montréal?

Je pose la question en édito car le PLQ a certes des engagements en faveur de la métropole, mais bien malin qui sait ce qu’ils impliquent réellement. Pour des raisons électorales, probablement, les libéraux n’avaient pas à préciser outre mesure leurs promesses… et ils n’ont donc pas précisé outre mesure leurs promesses.

On sait, de manière claire, que M. Couillard est en faveur du projet de loi sur l’inspecteur général. On sait qu’il est en faveur du recouvrement de l’autoroute Ville-Marie. Mais à part ça?

Mystère…

Il y a eu un seul débat général sur Montréal durant l’élection, organisé par Radio-Canada. Le libéral David Heurtel y a répété qu’un gouvernement Couillard augmenterait les investissements en infrastructures de 1,5 milliard $ pour tout le Québec, et que Montréal en profiterait.

Mais bonne chance pour trouver dans ses interventions un seul autre engagement significatif…

Heureusement, dans la deuxième partie de la campagne, le chef libéral s’est fait un peu plus loquace, que ce soit lors de la rencontre avec M. Coderre, lors des assises de l’UMQ ou de son discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Mais là encore, on est resté dans le vague, dans le très, très vague…

Je compte cinq engagements:

1) Montréal bénéficiera de la Stratégie maritime (et du Plan Nord «amélioré» sans qu’on précise comment).

M. Couillard a dit que «les activités du port seront développées», mais n’a pas précisé sa pensée. Pourtant, il n’a pas hésité à promettre 500 M$ pour aménager un centre de transbordement dans Vaudreuil-Soulanges.

2) La gouvernance sera renouvelée.

Une «Loi sur Montréal» reconnaissant son statut de métropole sera adoptée afin de lui donner «les pouvoirs d’une grande métropole nord-américaine». J’en suis, mais bien des premiers ministres ont tenu un discours similaire sans livrer la marchandise.

3) De nouveaux «outils» pour une métropole internationale.

Le PLQ a promis de donner à la métropole des responsabilités, des ressources et des «leviers fiscaux» pour que Montréal puisse diversifier ses revenus. Il a cité Toronto comme modèle, mais on n’en sait pas plus.

4) Des investissements dans les infrastructures.

Les libéraux se sont engagés à «accélérer» la réalisation des travaux d’infrastructures et de développement des transports en commun, en accord avec la CMM. Mais souvenons-nous que Jean Charest s’est servi du désaccord entre les 82 villes du Grand Montréal pour rester les bras croisés.

5) Affirmer le visage français de Montréal et promouvoir la culture.

Avant sa gaffe au second débat, M. Couillard avait affirmé que le visage français de Montréal était son «premier atout» et qu’il allait s’en faire le défenseur. Il avait ajouté que toutes les missions à l’étranger comprendraient «un volet culturel».

Mais encore?

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Jeudi 20 mars 2014 | Mise en ligne à 6h54 | Commenter Commentaires (64)

Axe Coderre-Labeaume: la game a changé…

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S’il y a une formule de Denis Coderre qui me heurtait lors des élections, c’est bien celle selon laquelle «Montréal est une administration, non pas un gouvernement».

Or hier, le candidat devenu maire a changé le disque de bord, à mon grand bonheur. Montréal n’est pas qu’une simple administration, a-t-il dit, c’est un gouvernement de proximité qui doit être reconnu comme tel.

À la bonne heure…

Je ne lui tiendrai pas rigueur de cette contradiction, cela dit, puisque je dois avouer être impressionné par son travail stratégique sur ce front. Enfin, Montréal se lève debout, enfin Montréal demande d’être traitée différemment des autres municipalités du Québec.

Bon, la demande n’est pas complètement nouvelle, vous me direz. Doré, Bourque et Tremblay ont exigé sensiblement la même chose, ce qui est vrai.

Mais cette fois-ci, l’approche est complètement différente et les chances de gagner, à mon avis, beaucoup plus grandes. Denis Coderre a compris quelque chose que n’avaient pas saisi ses prédécesseurs : le maire de Montréal ne peut tout simplement pas gagner tout seul…

En demandant non pas un statut spécial pour sa ville, mais bien un statut pour la métropole ET un statut pour la capitale, le maire Coderre pratique ainsi une salutaire realpolitik : tout est rapport de force.

Il peut sembler curieux pour Montréal de se coller à Québec. Après tout, la métropole représente plus de 50 % du PIB de la province et la capitale, à peine 10 %. Cette dernière semble donc être la grande gagnante de ce tandem.

Or je vois quatre raisons de croire que c’est la métropole qui profitera le plus de cette alliance…

1- L’île de Montréal n’a pas, et n’aura jamais, le poids politique de Québec en raison des contours de la carte électorale. Rien à gagner ici, alors que c’est le pactole dans la capitale. Labeaume a plus de chance d’être écouté que Coderre… et Coderre a donc plus de chance d’être écouté s’il est avec Labeaume.

2 – Lorsque Denis Coderre convoque les médias, les médias de Montréal accourent. Mais seulement les médias de Montréal, ce qui limite le rayonnement du maire. Aux côtés de Régis Labeaume, par contre, il a aussi l’oreille des journalistes de la capitale, là où travaillent (et parfois résident) les membres du conseil des ministres. D’ailleurs, les deux maires ont donné deux conférences de presse pour le prix d’une hier, à Montréal puis à Québec.

3- La méfiance du ROQ (Rest of Quebec) envers la métropole est réelle. Aucun gouvernement ne sera donc assez fou pour s’aliéner les régions dans le but d’accorder un traitement privilégié à la métropole. Par contre, donner plus d’autonomie à Québec en même temps qu’à Montréal pourrait faire passer la pilule.

4 – Le même raisonnement vaut pour le monde municipal. Que Montréal exige une politique gouvernementale différente pour la métropole d’un bord, et pour le reste du Québec de l’autre, aurait bien de la difficulté à passer. Mais que Montréal ET Québec demandent littéralement «une politique municipale à deux vitesses» passe beaucoup mieux auprès des autres maires. La preuve, l’UMQ était à la table avec les deux maires lors des conférences de presse, hier.

Il y a eu dans le passé des premiers ministres plus volontaires, comme Paul Martin et Lucien Bouchard, qui s’étaient dits prêts à aider tout spécialement les grandes villes. Mais leurs belles intentions se sont heurtées aux réalités électorales.

Avec un tandem aussi inusité que celui de MM. Coderre et Labeaume, on peut penser que cette fois, «la game a changé». Vous ne croyez pas?

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