Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Élections 2013’

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Gérald Tremblay vient-il d’annoncer subtilement qu’il se présentait aux prochaines élections?

En tout cas, le maire a tenu jeudi une conférence de presse qui pouvait donner une telle impression. Il a alors lancé une «démarche de contribution publique» dans le but de publier, l’an prochain, un vaste «Plan de développement» à l’horizon… 2033!

Les citoyens pourront commenter sur le web, deux «forums de partenaires» seront organisés au cours de l’année et des assemblées d’échanges se tiendront dans tous les arrondissements.

Objectif : dégager une vision de Montréal pour les 20 prochaines années en intégrant, dans un même document, des orientations en terme d’environnement, de transport et de développement communautaire, culturel, économique et social.

Vaste programme qui montre, à mon avis, que Gérald Tremblay a envie de se projeter au-delà du 3 novembre 2013…

Je lui ai carrément posé la question, hier. Il se défend d’avoir pris sa décision. Mais un homme prêt à regarder au loin, à 18 mois de l’élection, n’est pas tout à fait un homme résigner à plier bagage.

Cela dit, au-delà de mes pronostics politiques, la question se pose : est-ce une bonne idée que cette consultation sur le Montréal de demain?

Personnellement, j’aime beaucoup l’intention, la planification, la consultation. Il est intéressant d’aborder l’avenir du bas vers le haut, de partir des idées de la société civile pour remonter vers un document-cadre…

Et pourtant, je ne vous le cacherai pas : je suis sidéré que l’administration ait lancé une telle démarche!

Mon indignation est double.

D’abord, la fin d’un mandat (que dis-je, la fin d’un règne de 10 ans…) n’est absolument pas le moment pour tenir une consultation sur l’avenir de la métropole! On ne sait pas qui sera à la tête de Montréal dans 18 mois, on ne sait même pas si Gérald Tremblay se représentera bel et bien, pourquoi donc passer 12 mois à consulter tout le monde et son frère, à échanger, discuter et élaborer un plan… qui pourrait bien être rejeté par le prochain maire?

Quand il a pris le pouvoir en 2002, Gérald Tremblay a fait ce qu’il avait promis : organiser un vaste sommet à l’intérieur de ses 100 premiers jours au pouvoir. Il a ensuite traduit cette réussite en plans et politiques, bref en une feuille de route dont il se réclame encore aujourd’hui.

Qu’aurait-il fait si Pierre Bourque lui avait tendu un beau plan sur papier glacé l’engageant pour des années à venir? Ne serait-ce pas plutôt au prochain maire, fort de l’appui des Montréalais, à se lancer dans une telle aventure?

Ensuite, Gérald Tremblay a le mérite de savoir planifier, on le sait bien. Mais il a le défaut de ne pas procéder, de ne pas statuer, de ne pas trancher.

Au cours des dernières années, il a adopté des politiques pour le patrimoine, l’arbre, les milieux naturels, les familles, une Politique de développement culturel qui se termine en 2015, un Plan de développement durable qui s’achève aussi en 2015, une Stratégie de développement économique qui arrive à échéance en 2017… Il a même pondu un plan de développement économique à l’horizon 2025! La liste complète est ci-dessous.

Donc en terme de planification et d’orientation, il a donné. Aujourd’hui, il est temps d’appliquer, de prioriser, de concrétiser toutes ces belles orientations, non pas d’en ajouter une autre couche… quelques mois avant les élections!

Je suis peut-être trop sévère. Après tout, je suis en faveur d’une planification à long terme, d’une consultation qui permet à tous d’y aller de son grain de sel. Mais dans ce cas-ci, j’ai l’impression qu’on passe d’une saine planification à une «surplanification», voire à une «hyperplanification»… au moment même où les citoyens exigent de l’action.

Je me trompe?

***

Vous retrouverez ici :

Le portail Demain Montréal

Le projet de Plan de développement de Montréal

Le résumé du projet de Plan de développement de Montréal

***

Et voici la liste des plans et politiques adoptés ces dernières années :

Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels (2004)

Imaginer – Réaliser Montréal 2025 (2005)

Politique du patrimoine (2005)

Politique de consultation et de participation publiques (2005)

Politique de développement culturel 2005-2015 (2005)

Stratégie d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels (2007)

Plan de transport (2008)

Politique Pour une participation égalitaire des femmes et des hommes à la vie de Montréal (2008)

Politique de l’arbre de Montréal (2008)

Politique pour un environnement paisible et sécuritaire à Montréal (2008)

Politique familiale de Montréal (2008)

Partenariat en économie sociale pour un développement solidaire et durable (2009)

Plan de développement durable 2010-2015 (2009)

Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2010-2014 (2009)

Plan de protection et de mise en valeur du Mont-Royal (2009)

Politique municipale d’accessibilité universelle (2009)

Cadre d’intervention en art public (2010)

Stratégie de développement économique 2011-2017 (2011)

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Lundi 21 novembre 2011 | Mise en ligne à 4h30 | Commenter Commentaires (36)

Liza Frulla: «Montréal doit passer de mouton à lion»

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, l’ancienne ministre Liza Frulla. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

30682-liza-frulla (1)D’où vient l’impression que Montréal fait du surplace?

Pourtant, ce ne sont pas les projets qui manquent. Des investissements majeurs en immobilier et en infrastructures. Une offre de transport en commun qui prend tout son sens dans l’intérêt accru que semble lui porter les Montréalais à commencer par Bixi, un succès local et international. Des festivals bien enracinés et d’autres qui, nouvellement implantés, rivalisent de succès tel «Montréal complètement Cirque». Un centre-ville et ses quartiers limitrophes qui se renouvellent.

Bref, Montréal bouge comme jamais.

Pourtant, nous avons l’impression qu’il y a toujours quelque chose qui manque… L’amour? La fierté? Le leadership? Quoi?

Montréal est en manque de pouvoir. Le pouvoir de faire trembler le «Boss», le gouvernement du Québec, surtout quand elle décide de mettre son poing sur la table. En tout temps les gouvernements successifs ont parlé de «la métropole» en termes vides. Le dernier en liste, François Legault qui veut faire de Montréal la locomotive économique du Québec (ne l’est-elle pas déjà?) en disant du même souffle «tout en développant des plans de croissance pour les régions du Québec».

Un programme pour Montréal? L’équivalent pour ailleurs! Tous les chefs de parti, sans exception, se sentent obligés de complémenter leur discours sur Montréal avec une mention sur la Capitale et les régions. Comme s’il fallait toujours s’excuser de se préoccuper de la métropole de temps en temps.

Pourquoi? Montréal n’a pas de poids politique «stratégique». Depuis des années l’électorat est figé dans ses choix. Résultat: les élections se gagnent par les régions. La Capitale peut devenir menaçante, Laval et la Montérégie peuvent en faire autant. Montréal, on peut la fusionner, la défusionner, l’affliger d’une gouvernance lourde et invraisemblable alors que l’objectif premier était d’en simplifier le fonctionnement.

Pas grave, c’est juste Montréal! On sait comment le 514 va voter…. Faut travailler ailleurs.

Ce dont Montréal a besoin, c’est de passer de mouton à lion. Cela tombe bien, L’occasion se présentera à la prochaine élection provinciale. La multiplication des partis, l’affaiblissement du bipartisme donnent à Montréal une occasion en or pour rugir.

Finis les compliments timides, les fausses excuses pour pousser la métropole à son plein potentiel, les non promesses électorales, le manque de courage pour réparer une erreur de gouvernance créée par Québec. Les Montréalais auront le choix de faire trembler le gouvernement.

Ce jour-là, Montréal par son maire, pourra enfin mettre son poing sur la table et affirmer son rôle «politique» de métropole du Québec.

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Mercredi 9 novembre 2011 | Mise en ligne à 10h10 | Commenter Commentaires (14)

Le bilan de l’opposition: constructive, mais stigmatisée…

X00210_9NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, je ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

On s’est beaucoup attardé au bilan de Gérald Tremblay ces derniers jours, moins à celui de ses adversaires, pourtant en avance dans les sondages…

Que valent les prétendants de la première et de la seconde opposition, Louise Harel et Richard Bergeron, au coude-à-coude dans les intentions de vote (26% et 27% respectivement, contre 17% pour Tremblay)?

PX131_5A75_9Louise Harel : peu d’observateurs croyaient que l’ancienne ministre resterait bien sagement assise dans l’opposition, après sa défaire de 2009. Son «je reste quatre ans» semblait peu crédible et pourtant, elle y est toujours et compte même se représenter en 2013.

La chef de Vision Montréal a mené la bataille avec vigueur contre la corruption. Elle a osé s’attaquer au nombre d’élus. Elle a posé des questions épineuses dans bien des dossiers, comme l’espionnage du vérificateur, la SHDM et les compteurs d’eau. Et elle a fait un travail de moine dans le dossier Turcot.

Et surtout, elle y est allée d’idées et de solutions plutôt que de se contenter de nuire au maire Tremblay. En même temps, elle a eu de la difficulté à se trouver une niche, à se démarquer (et cela n’a rien à voir avec sa voix douce, contrairement à ce qu’elle a dit au Devoir).

À part les structures et quelques projets précis, en effet, qu’est-ce qui fait vibrer Mme Harel? Quelle est sa vision de la ville (c’est d’ailleurs la question soulevée à mots couverts par la défection récente du maire de Rosemont)? Comment résumer son action en quelques mots, une question importante au municipal où les débats sont moins suivis qu’au provincial.

Pierre Bourque était perçu comme un fleuriste centralisateur. Gérald Tremblay, comme l’homme de la décentralisation, de la banlieue. Mais Mme Harel?

PX202_1F54_9Richard Bergeron : en voilà un qui s’est trouvé une niche, plus que bien des élus. M. Bergeron pense transport en commun, mange transport en commun, rêve transport en commun. Et cela n’a rien de restrictif puisque ce dossier est connecté à tous les autres : qualité de vie, environnement, productivité, etc.

Comme Mme Harel, M. Bergeron a pris le pari de l’opposition constructive. Fort d’une équipe forte et dévouée, il a ainsi pu présenter des projets visionnaires et détaillés, que ce soit sur Turcot, l’implantation du tramway en 2017 ou le Plan métropolitain d’aménagement.

Cela dit, bien qu’il ait gagné un peu de pragmatisme en accédant au comité exécutif, le chef de Projet Montréal demeure un peu trop idéaliste aux yeux de certains (à l’image de Québec solidaire). Il n’y a que lui pour croire qu’un tramway peut être implanté à Montréal en deux ans…

Bref, tant Mme Harel que M. Bergeron ont agi de manière constructive, ils se sont mis les deux mains dans le cambouis, ils se sont acclimatés à la politique municipale active. Mais chacun des chefs est néanmoins handicapé par son passé, chacun traîne son boulet : la première suscite encore beaucoup d’animosité chez les anglophones; le second, auteur du Livre noir sur l’automobile, porte un fort stigmate «anti-char».

Les discussions sur la fusion potentielle des deux partis ayant été tuées dans l’œuf il y a quelques jours, tout porte à croire qu’ils s’affronteront en 2013. Leur sort dépendra en grande partie de la personne qui se présentera pour Union Montréal.

Et vous, trouvez-vous qu’ils ont gagné leurs épaulettes, les chefs d’opposition? Ils vous ont convaincu de voter pour eux à la prochaine élection? Que pensez-vous du travail de Louise Harel, et de Richard Bergeron?

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