Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Économie’

Vendredi 28 mars 2014 | Mise en ligne à 14h13 | Commenter Commentaires (156)

Retour des Expos: on le construirait où, le stade?

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Ironique, au moment précis où le débat reprend sur le retour des Expos, on annonce qu’on va remplir le trou censé accueillir… le nouveau stade des Expos.

Rappelez-vous l’an 2000… On prévoyait construire un stade tout neuf de 36 215 places à côté du Centre Bell, dans le quadrilatère formé des rues de la Montagne, Peel, Saint-Jacques et Notre-Dame. Dessiné par le consortium Axor-Provencher Roy, il s’agissait d’un très beau bâtiment de forme ovoïde muni d’une paroi extérieure en verre (image ci-dessus).

«Le stade en chantier dès avril», titrait La Presse en février 2000…

Or la semaine dernière, Cadillac Fairview a annoncé, dans l’exact même quadrilatère, un impressionnant projet à l’horrible nom «Quad Windsor» : cinq tours résidentielles et deux tours de bureaux.

Donc 14 ans plus tard, le secteur séparant l’ETS et la garde Windsor est désormais envisagé comme ceci…

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En ce weekend de matchs, donc, bien qu’un retour du baseball ne soit qu’un improbable projet (je répète : pas question de mettre un sou d’argent public dans un nouveau stade), posons-nous la question à la fois pour se rouler dans une bienveillante nostalgie et se projeter dans un avenir prometteur: où joueraient les Expos s’ils revenaient à Montréal?

Il existe cinq scénarios, selon l’étude de faisabilité de la Chambre de commerce : le Bassin Peel (A), le Bassin Wellington (B), le site de l’Hôpital pour enfants (C), le terrain Blue Bonnets (D) et le Stade olympique (E).

CCMM

Analysons-les un par un, en remontant du dernier au premier…

- Stade – On peut déjà exclure le Stade olympique des scénarios possibles, la Ligue de baseball ayant bien fait comprendre qu’elle n’y retournerait JAMAIS.

- Blue Bonnets – On peut aussi exclure le site de l’ancien hippodrome, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville. Le stade ne verra le jour que s’il est payé par le milieu des affaires. Or le milieu des affaires n’investira que dans un stade à distance de marche du quartier des affaires.

- Hôpital pour enfants – Le site sera déserté avec l’ouverture du CUSM. Il serait donc possible de démolir le bâtiment pour y construire un stade. Mais le site me semble un peu trop décentré pour en faire un véritable stade de centre-ville. Et j’entends déjà les débats sur ce secteur «trop à l’ouest»…

- Bassin Wellington – Bon, on commence à parler sérieusement. Le site est dans un secteur appelé à se développer, à moins de 2 km de marche du cœur du centre-ville. Il offrirait une superbe vue sur les gratte-ciel. Mais il y a un hic : il demeure difficile d’accès, enclavé entre la voie ferrée, l’autoroute Bonaventure (on le voit bien ici).

- Bassin Peel – Là, on parle… Avec la démolition de l’autoroute Bonaventure s’ouvrira tout un secteur où la mixité serait la bienvenue, après avoir tapissé Griffintown de tours à condos homogènes.

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Le choix de ce site, poussé à la fois par Projet baseball Montréal et Projet Montréal (Etienne Coutu, anciennement de la formation, a réalisé l’esquisse ci-dessus), est doublement intéressant en ce qu’il permettrait la renaissance du quartier «Goose Village» en plus de se trouver sur le passage probable du SLR du futur pont Champlain.

Vous auriez donc là un site d’une grande synergie, à la confluence du centre-ville et de la banlieue, à un lancer de balle du quartier des affaires.

Qui dit mieux?

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Samedi 8 mars 2014 | Mise en ligne à 8h44 | Commenter Commentaires (177)

Ouvrir les bars jusqu’aux petites heures? Pourquoi?

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Le débat entourant la possible ouverture des bars jusqu’à 6 heures est intéressant en ce qu’il oppose deux éléments qui font la force de Montréal, à savoir sa joie de vivre et sa qualité de vie.

D’un côté, Montréal est reconnue à l’international pour son dynamisme urbain, sa vie nocturne, ses rues grouillantes et sa branchitude. Et de l’autre, elle se distingue par son échelle humaine, sa grande sécurité, ses nombreuses activités diurnes et la qualité de vie qu’elle offre à ses résidents.

En proposant d’allonger les heures d’ouverture des bars, le maire Coderre pose une question importante : est-ce possible de concilier ces deux éléments forts de l’identité de la métropole, ou y en a-t-il nécessairement un qui supplantera l’autre?

Personnellement, je trouve qu’il y a beaucoup d’arguments qui militent contre cette proposition, mais je suis tout à fait favorable à un débat, à une consultation qui pourrait révéler de nouveaux arguments, d’un côté comme de l’autre.

La question que je me pose, pour l’instant : pourquoi?

Oui, l’industrie des bars en arrache et pourrait ainsi espérer regagner un peu ce qu’elle a perdu. Oui, cette initiative pourrait consolider l’image de «fun city» de Montréal, pour reprendre l’expression de Gilbert Rozon.

Mais il me semble que le gain est timide (et incertain) par rapport aux irritants qu’une ouverture prolongée pourrait susciter.

Je pense aux désagréments pour les riverains dans les quartiers qui sont, justement, en pleine ébullition nocturne. Saint-Laurent n’est plus le pôle qu’il était, pas plus que Saint-Denis, alors qu’émergent parallèlement des quartiers comme le Vieux, Griffintown et le Mile-End. Des secteurs beaucoup plus résidentiels, justement.

Je pense au fait que la richesse des artères commerciales de Montréal émane souvent de leur proximité avec les quartiers résidentiels, une mixité salutaire, un équilibre qui pourrait être troublé par des bars ouverts jusqu’aux petites heures du matin.

Je pense aux coûts en sécurité publique engendrés par un étalement des heures d’ouverture, dans un contexte où les budgets de la police connaissent chaque année d’importantes hausses qui grèvent les finances de la Ville.

Rien de tout cela n’empêche d’aller de l’avant avec l’idée de M. Coderre, on s’entend. Ce ne sont en fait que des réserves, bien plus qu’une opposition de principe de ma part.

Mais j’ai beau tendre l’oreille aux arguments (à la minute 5:35) du maire Coderre, écouter le directeur général de la Société de développement du boulevard Saint-Laurent, lire les propos du président de l’Association québécoise de la vie nocturne, je dois avouer que je ne saisis pas encore tout à fait la pertinence d’une telle proposition.

Ne redonnerait-on pas un second souffle à cette industrie, sans les inconvénients cités, en réduisant le fardeau fiscal des tenanciers de bars, leurs tracas administratifs et bureaucratiques, le nombre de juridictions auxquels ils doivent répondre, les contraintes qui les empêchent d’ouvrir des terrasses et de multiplier les initiatives pour attirer les clients (avant 3 h)?

Qu’en pensez-vous? Vous êtes d’accord avec cette nouvelle idée du maire Coderre? Ou vous la voyez négativement?

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Mardi 25 février 2014 | Mise en ligne à 12h51 | Commenter Commentaires (127)

La charte est un irritant majeur, selon le Montréal inc.

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Vous avez probablement vu passer ce «programme de relance» en dix points proposé par BMO et le Boston Consultancy Group, dévoilé tout à l’heure par Jacques Ménard et Denis Coderre.

Beaucoup de bonnes choses dans ce document, beaucoup de propositions éculées aussi, du type «spirituomanagerial» («se projeter dans l’avenir», «attirer des talents», «favoriser l’émergence de leaders»).

Je reviens ici sur le sujet, après m’être attardé aux grandes lignes du rapport en édito, car il y a dans l’étude un volet intéressant qui est passé inaperçu : un vaste focus group mené auprès de 50 leaders du Montréal inc.

Les auteurs de l’étude ont passé une heure avec chacun d’entre eux, d’Aldo Bensadoun (Aldo) à Michael Sabia (Caisse de dépôt), en passant par Rémi Marcoux (Transcon), Laurent Beaudoin (Bombardier) et Daniel Lamarre (Cirque du Soleil), afin de les entendre sur la relance de Montréal.

Les propos recueillis ne sont pas attribués, et c’est peut-être ce qui rend l’exercice intéressant.

Les leaders abordent les atouts de Montréal, ils citent quelques priorités potentielles, ils font la liste des «défis» de la métropole… et se permettant ainsi une rare incursion sur le terrain glissant de la langue et de l’identité, y allant de leur propre proposition sur ces sujets brûlants.

Parmi les problèmes de la métropole, on évoque les infrastructures («terribles», «honteux», «ville abandonnée»), le sous-financement des universités (6 825$ par étudiant au Québec, 7 867$ au Canada), le «labyrinthe administratif» de Montréal (qui décourage l’investissement), l’absence de pouvoir du maire de Montréal («qui n’a pas plus de pouvoirs qu’un maire de province») et le faible poids politique de la métropole («Montréal est victime de la politique»).

Puis certains leaders osent s’aventurer sur la question de la langue, soufflant le chaud et le froid en quelque sorte.

D’abord, ils estiment que le gouvernement aurait intérêt à cesser de jouer «défensif» : «plutôt que de faire du français une contrainte, il faudrait oser davantage, être plus proactif et affirmer le fait français comme un atout pour Montréal, notamment en regard du libre-échange avec l’Europe».

Mais ils soulignent, du même souffle, que «l’importance accordée à la connaissance du français dans la sélection des immigrants restreint le bassin de talents auquel Montréal peut avoir accès».

Leur proposition : «embrasser plus largement et investir davantage dans la francisation».

Quant à l’identité, on l’aborde sous l’angle de la charte, ou pour reprendre l’expression du rapport, sous l’angle du «malaise de la charte».

Les leaders se sont dits «préoccupés» par le maintien du caractère cosmopolite de Montréal. «Plusieurs ont spécifiquement abordé, et parfois en termes durs, le projet de charte» qui, à leurs yeux, pénalise la métropole.

«Elle viendrait perturber un vivre ensemble exceptionnellement harmonieux en introduisant une discrimination à l’emploi; elle rendrait plus difficiles l’attraction et la rétention de talents, alors que la croissance démographique de Montréal est déjà faible; elle viendrait aussi cautionner une certaine forme d’intolérance.»

Plusieurs croient que «ce projet mal avisé» cherche à rassurer des citoyens hors métropole qui sont peu exposés à l’immigration et à la richesse qu’elle représente, ce qui tend à accroître le fossé entre Montréal et les régions.

Une proposition est faite : promouvoir la diversité ethnique et religieuse dans l’ensemble du Québec plutôt que de voir comme un problème ce qui est une des forces de Montréal.

Bien dit.

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