Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Démographie’

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Marc-André Plante, directeur général du Carrefour action municipale et famille, organisme communautaire voué à la promotion des politiques familiales municipales au Québec.

marc-andre PlanteEn ce début de Semaine québécoise de la famille, il me semble important de réfléchir aux défis que rencontre Montréal dans la mise sur pied d’initiatives qui attirent et retiennent les familles dans la métropole.

D’entrée de jeu, j’affirme que Montréal n’a pas du tout à rougir devant ses principaux voisins de la banlieue. Nous avons probablement une perception erronée à l’effet que la métropole du Québec ne disposerait pas des leviers permettant aux familles de s’épanouir sur son territoire. Pourtant, la qualité de son offre de services de loisirs et de la culture se compare avantageusement aux plus grandes villes d’Amérique. De plus, Montréal dispose d’une offre en éducation fort diversifiée qui permet aux jeunes de demeurer à la maison jusqu’à la mi-vingtaine. Et dire que l’Institut de la statistique du Québec révèle que Montréal est au 12e rang des villes du Québec ayant le taux de naissance le plus élevé… devant Laval, Longueuil, Brossard et Blainville. Finalement, les familles ne sont peut-être pas si absentes du paysage montréalais!

Bien sûr, j’entends déjà quelques murmures me rappeler que l’accès à la propriété est globalement plus difficile et surtout plus coûteux à Montréal. Je dirais même qu’il faut nécessairement accepter plusieurs compromis pour vivre à Montréal. Un espace plus restreint, une hypothèque plus élevée, etc. Ainsi, une stratégie renouvelée d’accès à la propriété pour les familles mériterait d’être proposée. Celle-ci devrait faire une place prépondérante aux deuxièmes acheteurs d’une résidence et soutenir l’émergence d’habitation à but non lucratif.

Pour conclure, il y a consensus pour agir. Le volet de l’habitation est certainement un enjeu important. Cependant, il y a d’autres secteurs d’intervention où il faut agir. Montréal est perçue plutôt négativement des jeunes ménages. Une campagne de mise en valeur des services municipaux portée par les familles elles-mêmes mériterait d’être priorisée. J’imagine déjà un couple à la maison à 16h15 s’amuser avec ses enfants en écoutant les nouvelles de la circulation sur le pont Champlain… Justement, Montréal devrait miser davantage sur sa capacité à contribuer à une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et familiale des parents. Un thème qui pourrait inspirer sa deuxième politique familiale en devenir pour 2014…

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Doudou Sow, sociologue-blogueur, conférencier et conseiller en emploi pour le projet Mentorat Québec-Pluriel au Carrefour jeunesse-emploi Bourassa-Sauvé.

DSC_2781bL’île de Montréal représente 70% de l’immigration québécoise. La réalité de l’immigration à Montréal devient donc un enjeu national. En commission parlementaire, la chef de l’opposition officielle de la Ville de Montréal, Louise Harel, avait raison d’affirmer en août 2011 que : « la diversité à Montréal (…) c’est son ADN.»

Montréal est certes une ville laboratoire social en Amérique du Nord mais a besoin concrètement de miser sur la richesse de la diversité ethnoculturelle dans tous les sens du terme. Cette métropole doit absolument maximiser le plein potentiel économique des immigrants. Dans cette perspective, Montréal doit mener une évaluation de toutes les pratiques pour mieux faciliter la reconnaissance des compétences et des diplômes des immigrants.

L’intégration des nouveaux citoyens montréalais nécessite des actions concrètes pour lutter contre la déqualification professionnelle des immigrants qui possèdent généralement plus de quatorze années de scolarité. Il faut également créer des passerelles entre les employeurs et les chercheurs d’emploi par le biais de stages et du mentorat pour leur permettre de mieux connaître et comprendre le fonctionnement organisationnel du marché du travail nord-américain.

L’implication de tous les partenaires sur la question de l’intégration et du maintien en emploi permettrait de s’attaquer au taux de chômage alarmant de certaines communautés culturelles qui est trois fois plus élevé que la moyenne québécoise. Le cercle vicieux « pas d’expérience canadienne, pas d’emploi et vice versa », le sous-financement des organismes communautaires, la fermeture des ordres professionnels, l’absence de formations passerelles pour les immigrants témoignent de leurs difficultés d’intégration socioprofessionnelle.

Un changement de paradigme consisterait à mieux vendre la diversité par une mobilisation citoyenne et une valorisation des bons coups de l’immigration. Des programmes de rapprochement interculturel contribueraient à l’idéal du vivre-ensemble harmonieux de la deuxième ville francophone au monde.

Montréal symbolise la conception du modèle de l’intégration selon le point de vue idéologique où l’on se situe. Un emploi en français correspondant à la hauteur des compétences et qualifications de l’immigrant constitue une intégration économique et culturelle réussie.

Les multiples obstacles auxquels font face les immigrants empêchent leur apport optimal à l’économie montréalaise. La contribution des travailleurs qualifiés immigrants, des étudiants étrangers formés au Québec et des immigrants investisseurs suppose une bonne stratégie de rétention de cette catégorie économique dans un contexte de politique d’immigration de plus en plus concurrentielle. Les immigrants peuvent participer à la réduction du déficit entrepreneurial au Québec et devenir ainsi des créateurs d’emplois.

Le recrutement de profils orientés vers les besoins du marché du travail montréalais (économie du savoir et industries tertiaires) est la condition gagnante d’une meilleure sélection. La satisfaction des indicateurs de qualité d’emploi renforce l’attractivité de Montréal.

L’immigration n’est certes pas une panacée mais fait partie intégrante des solutions sur le plan démographique, économique, linguistique et socioculturel.

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Martin Bergeron, fondateur et porte-parole de Réflexion Montréal*.

bergFace à l’ampleur des défis à relever au cours des prochaines années, Montréal a besoin d’un maire et d’une équipe de conseillers capables de créer une grande mobilisation pour sa cause. Pour réussir cette mobilisation, il nous faut un groupe de leaders qui saura à la fois inspirer la population et projeter davantage d’autorité auprès des gouvernements du Québec et du Canada.

Nous identifions six grands défis qui devront être relevés en priorité au cours des prochaines années si nous voulons que Montréal se construise un avenir à la hauteur de son potentiel :

1- Combattre énergiquement la corruption pour regagner la confiance des citoyens;

2- Simplifier la gouvernance de la ville pour améliorer sa performance et accélérer le passage à l’action;

3- Assainir les finances publiques pour livrer des services efficaces et tenir compte de la capacité de payer des montréalais;

4- Augmenter notre poids démographique en retenant plus de familles en ville;

5- Décongestionner la métropole en investissant massivement dans le transport en commun;

6- Développer notre économie en misant sur nos Universités, nos industries créatives, la relance du secteur manufacturier et le commerce de proximité.

Pour réussir ce vaste chantier, il va falloir que Montréal recommence à compter au gouvernement fédéral, et que les partis provinciaux cessent de voir la métropole du Québec comme un « champ de bataille politique » où il n’y a aucun gain à faire. Nos élus municipaux sont toutefois les premiers concernés et nous avons besoin d’un conseil de ville proactif, qui agit avec force et cohérence afin de stimuler l’intérêt pour Montréal.

Si je fais appel à cette mobilisation, c’est parce que j’aime Montréal et que je crois que la prochaine élection municipale pourrait être déterminante pour l’avenir de notre ville. À quatre ans des fêtes du 375e anniversaire de sa fondation, et au moment où se conclut le dernier chapitre de la première administration de la nouvelle ville, Montréal est à la croisée des chemins.

Saurons-nous collectivement saisir cette occasion qui se présente pour remettre Montréal sur le droit chemin et redonner de la fierté aux montréalais? C’est pour ça que je m’engage pour la cause de Montréal.

* Réflexion Montréal est un groupe de réflexion qui porte son attention sur la politique municipale et les principaux enjeux de Montréal.

Composé d’une quinzaine de personnes, nous entendons participer activement aux débats qui auront cours dans la prochaine année afin de proposer des solutions qui permettront à Montréal de relever ses nombreux défis.

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