Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis une dizaine d'années, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
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    Archive de la catégorie ‘Couronnes’

    Lundi 3 juin 2013 | Mise en ligne à 17h22 | Commenter Commentaires (83)

    Laval: je tombe des nues…

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    À titre de journaliste, on a accès à toutes sortes de sources et de rumeurs sur une base quotidienne. Certaines se confirment avec le temps, d’autres sont complètement farfelues.

    En temps que reporter au municipal, je ne vous dis pas ce que j’ai entendu sur Laval au fil des années, au Devoir d’abord, à La Presse ensuite. Des histoires d’horreur. Des scandales pas possibles. Des stratagèmes si complexes qu’ils auraient l’air exagéré dans un livre de John Le Carré.

    Or, à ma grande surprise, elles s’avèrent… toutes vraies! Ou à tout le moins, elles sont à peu près toutes corroborées par des témoignages faits sous serment à la Commission Charbonneau, par les enquêtes de l’UPAC, par les révélations de mes collègues et confrères.

    Et malgré tout, je dois vous l’avouer, je tombe des nues.

    On m’avait certes raconté des histoires de complicités aux plus hauts échelons, mais jamais je n’aurais pu imaginer qu’autant de gens étaient impliqués, des élus, des fonctionnaires, des entrepreneurs, des avocats…

    Le plus surprenant, en fait, c’est de voir qu’en plus du maire et de son entourage, de très nombreuses personnes au sein même du conseil municipal et de la haute fonction publique étaient au courant. Et en profitaient. Et se taisaient. Des personnes qui étaient éventuellement remplacées par d’autres mises au courant, qui en profitaient à leur tour, et qui se taisaient.

    Voilà ce qui me scie : qu’autant de gens aient su, et que malgré tout, cette corruption ait pu se maintenir pendant des décennies. Rendu là, ce n’est plus seulement sur Laval qu’on doit se poser des questions, mais sur l’espèce humaine, vous ne trouvez pas?

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    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Marc-André Plante, directeur général du Carrefour action municipale et famille, organisme communautaire voué à la promotion des politiques familiales municipales au Québec.

    marc-andre PlanteEn ce début de Semaine québécoise de la famille, il me semble important de réfléchir aux défis que rencontre Montréal dans la mise sur pied d’initiatives qui attirent et retiennent les familles dans la métropole.

    D’entrée de jeu, j’affirme que Montréal n’a pas du tout à rougir devant ses principaux voisins de la banlieue. Nous avons probablement une perception erronée à l’effet que la métropole du Québec ne disposerait pas des leviers permettant aux familles de s’épanouir sur son territoire. Pourtant, la qualité de son offre de services de loisirs et de la culture se compare avantageusement aux plus grandes villes d’Amérique. De plus, Montréal dispose d’une offre en éducation fort diversifiée qui permet aux jeunes de demeurer à la maison jusqu’à la mi-vingtaine. Et dire que l’Institut de la statistique du Québec révèle que Montréal est au 12e rang des villes du Québec ayant le taux de naissance le plus élevé… devant Laval, Longueuil, Brossard et Blainville. Finalement, les familles ne sont peut-être pas si absentes du paysage montréalais!

    Bien sûr, j’entends déjà quelques murmures me rappeler que l’accès à la propriété est globalement plus difficile et surtout plus coûteux à Montréal. Je dirais même qu’il faut nécessairement accepter plusieurs compromis pour vivre à Montréal. Un espace plus restreint, une hypothèque plus élevée, etc. Ainsi, une stratégie renouvelée d’accès à la propriété pour les familles mériterait d’être proposée. Celle-ci devrait faire une place prépondérante aux deuxièmes acheteurs d’une résidence et soutenir l’émergence d’habitation à but non lucratif.

    Pour conclure, il y a consensus pour agir. Le volet de l’habitation est certainement un enjeu important. Cependant, il y a d’autres secteurs d’intervention où il faut agir. Montréal est perçue plutôt négativement des jeunes ménages. Une campagne de mise en valeur des services municipaux portée par les familles elles-mêmes mériterait d’être priorisée. J’imagine déjà un couple à la maison à 16h15 s’amuser avec ses enfants en écoutant les nouvelles de la circulation sur le pont Champlain… Justement, Montréal devrait miser davantage sur sa capacité à contribuer à une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et familiale des parents. Un thème qui pourrait inspirer sa deuxième politique familiale en devenir pour 2014…

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    Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 7h45 | Commenter Commentaires (129)

    Le DIX30: nouveau centre-ville de la Rive-Sud

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    Lorsqu’il a vu le jour en 2006, le Quartier DIX30 était le premier «lifestyle center» au pays. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence, le centre commercial est devenu le centre-ville de la Rive-Sud.

    Or un tel changement d’échelle doit maintenant s’accompagner d’importantes modifications urbanistiques…

    Au départ, l’idée était de développer un concept à mi-chemin entre les magasins à grande surface et le centre commercial traditionnel, autour d’une rue commerçante créée de toute pièce.

    On se retrouvait ainsi avec un secteur schizophrène voulant se donner les allures d’une artère où il fait bon marcher… mais inaccessible à pied en raison des mers de stationnement qui séparent les commerces.

    J’avais mes doutes à l’époque, mais le promoteur Devimco a eu du flair, manifestement. Car on est passé en six ans d’une série de magasins «big box» à un véritable quartier qui attire 12 millions de visiteurs annuellement. Et je le souligne sans exagération ni ironie, un «véritable quartier».

    On retrouve en effet un important secteur résidentiel tout autour du DIX30 : 300 condos sur le site, et quelque 3000 unités résidentielles tout autour. S’ajoutent des résidences pour personnes âgées, de nombreux espaces administratifs, des tours à bureau, des cliniques médicales, un centre des congrès et un hôtel.

    Il y a aussi une importante offre sportive (patinoires, centre d’entraînement, terrain de soccer), de multiples restaurants (bientôt une trentaine), plusieurs bars (pas moins de 18 permis d’alcool) et une offre culturelle surprenante (deux salles de spectacle, deux cinémas, des galeries d’art).

    Le tout, évidemment, entouré d’un nombre incalculable de boutiques, dont tous ceux qui s’ajoutent ces jours-ci avec l’ouverture des premiers locataires du Square du Quartier DIX30, dont Apple, comme le soulignait mardi le collègue André Dubuc.

    «Il s’agit de la destination de choix pour ceux qui veulent profiter d’un milieu de vie urbain qui a tout à offrir, sans les inconvénients de la ville», affirme Devimco.

    Pas si sûr que ça… Car le temps et la popularité exponentielle du site ont amené avec eux deux des plus importants «inconvénients» de la ville : la criminalité et la congestion.

    La police de Longueuil constate en effet la présence de plus en plus importante de gangs de rue proches des motards. On note ainsi des fraudes, des vols à l’étalage et d’autres délits «urbains». Mais aussi une hausse des accidents automobiles, des délits de fuite et même, des cas de rage au volant. Ce qui ne surprendra pas les habitués du site, qui savent comment il est devenu pénible de circuler en auto au DIX30.

    Or au-delà de l’impact sur l’île de Montréal, ce phénomène de «centre-villisation», qui s’accélérera avec l’implantation potentielle d’un SLR sur Champlain, impose aujourd’hui une sérieuse réflexion à la Ville de Brossard et aux promoteurs de l’endroit, Devimco et Carbonleo.

    Car on n’aborde tout simplement pas un centre-ville comme un simple centre commercial…

    Heureusement, tant la Ville que les promoteurs planchent actuellement sur un réaménagement des premières phases avec en tête le bipède, ai-je appris : accès piétonniers entre les phases, larges trottoirs au sein des phases, densification résidentielle au cœur du site, piste cyclable, circuit d’autobus électrique, etc. Horizon: cinq ans.

    Faut voir à quoi tout cela peut ressembler, s’il s’agit de véritables intentions ou de voeux pieux. Mais de prime abord, le seul fait que cette réflexion ait lieu est intéressant, car un centre-ville doit s’adresser à toutes les clientèles, peu importe leur mode de locomotion. Que la plupart des clients s’y rendent en auto, dans le contexte actuel, c’est compréhensible. Le secteur est un ancien champ, loin de tout, au croisement de deux autoroutes. Mais qu’ils soient obligés de rembarquer dans leur auto pour se promener de commerce à commerce n’a aucun bon sens. Des changements s’imposent rapidement.

    À moyen terme, c’est à une véritable requalification des premières phases que sont conviés les promoteurs. Car non seulement prévoit-on ajouter 7000 unités résidentielles dans le secteur, on envisage aussi d’en faire le terminus du futur SLR du pont Champlain. À terme, ce sont ainsi 22 millions de visiteurs qu’on attend chaque année sur le site qui, dur à croire, a quasiment le potentiel de devenir un transit oriented development (TOD).

    On abordait jusqu’ici le DIX30 comme un gros quadrilatère commercial privé. Quoi qu’on pense de l’aménagement du quartier, il faudra maintenant l’envisager comme un véritable centre-ville de première couronne, où les gens peuvent circuler autrement qu’en voiture.

    Je vous pose la question: peut-on réchapper le DIX30?

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