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Les consultations publiques sur le financement du transport en commun débutent lundi, à Montréal. L’objectif est de trouver de nouvelles sources d’argent pour développer le bus, le métro et le train, notamment.
On y parlera péages, taxes sur l’essence, redevances sur le carbone, droits d’immatriculation, taxe stationnement, taxe de vente, etc.
Et on y parlera aussi, à ma grande surprise, d’une solution que j’ai proposée en 2007 dans mon livre Le mythe du Québec vert : la tarification en fonction de la distance parcourue…
Avec un tel système, explique-t-on dans le document de consultation, «les automobilistes sont tarifés en fonction de la distance parcourue avec leur véhicule (…) par l’intermédiaire d’un appareil installé dans leur voiture ou aux pompes de stations-services.»
Excellente idée!
À l’heure actuelle, malgré tous les verts discours, la situation favorise les déplacements en auto. Pire, elle oblige les conducteurs occasionnels à subventionner, en quelque sorte, les déplacements des conducteurs fréquents.
Le coût des plaques et des primes étant basé sur des taux de conduite moyens, les irréductibles automobilistes tirent la facture collective vers le haut, sans toutefois payer plus cher. Pire, la situation favorise l’étalement urbain en distribuant à tous les contribuables le coût des routes qui s’étendent dans toutes les directions.
Autre effet pervers de la situation actuelle : le propriétaire d’une auto qui emprunte le transport en commun une fois de temps en temps est perdant. Il paye en effet deux fois son trajet : une fois pour l’auto qui demeure stationnée dans son garage et une seconde pour l’autobus.
À l’inverse, le système pay-as-you-drive sensibilise l’automobiliste au véritable coût de son déplacement, en l’externalisant. Il s’agit d’une technologie (voir les détails ci-dessous) qui permet de fixer un prix pour chaque kilomètre parcouru, afin d’appliquer le principe de l’utilisateur-payeur.
Il y a fort à parier que le jour où tous les automobilistes devront payer pour chaque kilomètre parcouru, avec un compteur qui roule comme dans un taxi, ils reverront leurs habitudes. Et ceux qui ne le feront pas, en toute justice, auront à payer pour l’utilisation qu’ils font des routes.
Il serait important, cela dit, que la facture se substitue à celle qu’il a à payer aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une taxe supplémentaire, mais bien d’une nouvelle façon de financer les routes… et le transport en commun.
Vous en pensez quoi?
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Plus concrètement…
L’idée peut paraître un brin excentrique, comme ça, je l’admets. Mais il faut savoir que des projets pilotes sont en cours en Oregon et au Minnesota. En Europe, les Pays-Bas et la Suisse expérimentent déjà la chose. Et ici au Québec, la compagnie d’assurance Aviva Canada a approché la SAAQ afin qu’elle réfléchisse à l’idée d’implanter le PAYD (scoop!).
Donc concrètement, comment cela pourrait fonctionner?
Voici ce que je propose. On commence par installer un scellant sur l’odomètre de tous les véhicules afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de fraude. Si on faisait cette opération en concomitance avec le renouvellement de l’immatriculation, 12 mois seraient nécessaires pour y arriver.
Puis, dès l’année suivante, on pourrait donner à la SAAQ le mandat de lire l’odomètre de chaque voiture lorsque les automobilistes doivent s’y rendre, le but étant de savoir combien de kilomètres ont précisément été parcourus. Un peu comme le fait Hydro-Québec dans chaque maison.
Après un maximum de deux ans, le gouvernement serait enfin en mesure de faire payer l’immatriculation et l’assurance en fonction de la distance parcourue au cours de l’année. Si la facture des irréductibles conducteurs risque d’augmenter, elle diminuerait d’autant pour les automobilistes occasionnels.
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