Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Conseil municipal’

Mercredi 15 mai 2013 | Mise en ligne à 7h45 | Commenter Commentaires (66)

Trop de structures. Mais trop d’élus?

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Montréal est ingouvernable. Plus personne ne remet en question cette affirmation. Plus personne ne prend même la peine de donner des exemples pour le prouver.

Montréal est tout simplement ingouvernable. Point.

Donc lorsque la CAQ propose de réduire le nombre d’élus et d’arrondissements, on applaudit.

Mais quel est le lien entre «l’ingouvernabilité» et la taille du conseil municipal? Pas clair.

Montréal est ingérable parce que certains dossiers sont difficiles à mener à terme, certains projets traînent en longueur, certains conflits entre organisations rendent la prise de décision difficile… mais pas parce que le nombre d’élus est élevé.

Je donne en édito aujourd’hui trois exemples de surgouvernance pris au hasard dans l’actualité. Décortiquons-les.

- Cas no 1 : le SRB Pie-IX. C’est long, très long même. La principale raison, la multiplication de structures. Piloté par l’AMT, épaulé par la STM et la STL, le projet touche principalement quatre arrondissements, deux villes, une MRC, la CMM, le MTQ et Infrastructures Québec. Autant de «partenaires» qui doivent s’entendre sur tout.

- Cas no 2 : les réfections d’infrastructures. Les chantiers s’étirent, on se retrouve avec des chaussées qu’il faut rouvrir, des travaux menés tout croche. Le problème, si l’on se fie au président de BPR, Pierre Lavallée, qui a témoigné devant la Commission Charbonneau : le nombre effarant de fonctionnaires et de services municipaux à Montréal.

- Cas no 3 : la lourdeur administrative. Peu importe que ce soit les tout nouveau restaurateurs ambulants, les promoteurs immobiliers ou les organisateurs d’événements, tous se plaignent du fouillis structurel de Montréal. Pas sorcier, on multiplie depuis toujours les couches organisationnelles sans prendre la peine d’en éliminer en chemin. Tous doivent ainsi frapper à 68 portes avant d’avoir un début d’entente de principe.

Or que nous révèlent ces trois cas?

D’abord, que Montréal est un monstre bureaucratique qui étouffe sous les structures et organisations. On retrouve des fonctionnaires en nombre impressionnant, des organisations avec un mandat similaire (la planification du transport revient autant à la CMM qu’à l’AMT) et des structures multiples au rôle contestable (on compte sept conférences régionales des élus dans le Grand-Montréal, alors que l’agglo et la CMM sont justement des conseils d’élus).

On peut donc revoir la composition de quelques arrondissements, comme le propose la CAQ, cela ne changera strictement rien dans le grand tout. On se ramassera ainsi avec un énorme débat alimenté par les arrondissements qui vont disparaître… pour quelques changements bien mineurs.

Ensuite, que le nombre d’élus n’est pas en cause. Ils sont peut-être trop nombreux, ils faut peut-être réduire leur nombre pour des raisons économiques, mais ils ne sont pas pour autant responsables des problèmes de surgouvernance de Montréal, comme en attestent les trois cas cités ci-dessus, mais aussi le rapport de l’OCDE (2004), le rapport Côté-Séguin (2010) et le rapport Léonard (2013).

Jamais dans ces documents n’évoque-t-on le nombre d’élus à Montréal. Il y en a peut-être trop aux yeux des auteurs de ces rapports, mais ils se gardent bien de le préciser, tout simplement parce qu’il y a des problèmes autrement plus graves et épineux auxquels il faut s’attaquer.

Cela dit, je vois bien que sur ce débat, je suis pas mal isolé. À part Projet Montréal qui a lancé quelques critiques sur le timing de l’annonce, tout le monde semble être du bord de la CAQ.

Et vous, vous penchez aussi du côté de la Coalition?

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Dire que la Charte de Montréal n’a pas prévu pareille débandade est un euphémisme…

Déjà profondément bouleversé par le départ de Gérald Tremblay, le conseil municipal ne cesse de se réaligner depuis. Et la venue prochaine de Denis Coderre y est pour beaucoup.

Radio-Canada révélait tout à l’heure que six élus d’Union Montréal, dont trois conseillers municipaux, s’apprêtent à quitter le navire, demain, dont le chef, Richard Deschamps.

Comme pour le Canadien, ça sent la fin…

Mardi déjà, deux élus d’Union ont remis leur démission pour siéger à titre d’indépendants*. Cela ramenait à 14 le nombre de conseillers municipaux dans l’ancien parti de Gérald Tremblay, le même nombre que l’opposition officielle, soit le parti Vision Montréal de Louise Harel qui en compte aussi 14.

Par conséquent, Union Montréal perd le statut de groupe majoritaire qu’il avait conservé jusqu’ici… et Vision Montréal perd celui d’opposition, puisque la formation devient ainsi la plus importante du conseil avec une majorité de sièges.

Pour sa part, Projet Montréal, avec 10 élus, demeure en troisième position… mais pourrait ravir rapidement le statut d’opposition officielle, puisqu’il sera à un seul siège d’Union Montréal, qui passera à 11 conseillers demain.

Vous me suivez toujours?

Il n’y a rien d’anodin dans tout cela. Car du coup, vous l’aurez appris ici en premier, Louise Harel perd son statut de chef de l’opposition, et le boni de 40 020 $ qui l’accompagne. Mais elle ne gagne strictement rien en échange, puisque le poste de maire est occupé.

Elsie Lefebvre, elle aussi de Vision, perd pour sa part son statut de leader de l’opposition, Mais elle gagne (sous réserve de vérifications en cours à l’hôtel de ville) celui de leader de la majorité et conserve ainsi son boni de 16 578 $.

Par conséquent, l’élu qui remplacera Richard Deschamps à la tête d’Union Montréal demain touchera un boni de plus de 40 000 $. Mais il pourrait n’en profiter qu’une courte semaine, étant donné que l’on chuchote à l’hôtel de ville que d’autres démissions sont à prévoir avant l’annonce de Denis Coderre, la semaine prochaine.

MISE À JOUR à 16h45 mercredi: Claude Dauphin vient de remettre sa démission. Cela signifie que Projet Montréal risque de devenir demain la véritable opposition, non pas Union Montréal. Et donc, que Richard Bergeron touchera les fameux 40 000 $. Mais puisqu’il n’y a rien de simple à l’hôtel de ville, ce chambardement pourrait aussi permettre à l’Équipe Coderre de devenir majoritaire au conseil… dans les prochains jours! En effet, les élus qui quittent Union le font fort probablement pour se joindre à Coderre. Or la nébuleuse des indépendants (avec 28 élus) est plus importante que les autres formations. Théoriquement, donc, dès sa création, l’Équipe Coderre pourrait devenir le parti majoritaire à l’hôtel de ville…

Ce n’est pas compliqué, la Charte de Montréal est conçue en fonction d’un parlement bipartiste alors qu’on a affaire depuis quelques mois à un parlement en folie…

***

* Les démissionnaires

Mardi, Clémentina Teti-Tomassi et Jean-Marc Gibeau ont quitté Union Montréal. Demain, selon Radio-Canada, ce sont Richard Deschamps, Manon Barbe, mairesse de l’arrondissement de LaSalle, et Alvaro Farinacci, conseiller de LaSalle, qui tireront leur révérence. De même que les conseillers d’arrondissements Vincenzo Cesari, Laura-Ann Palestini et Josée Troilo.

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Samedi 4 mai 2013 | Mise en ligne à 8h08 | Commenter Commentaires (28)

Montréal: y a-t-il un leader dans la salle?

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Il y a actuellement un vacuum de leadership à Montréal. Et plusieurs tentent de le combler…

Il y a les aspirants à la mairie, les Coderre, Bergeron et Harel, dont on doit saluer le courage. Se lancer dans une telle course, dans le contexte actuel, avec le niveau de cynisme que l’on sait, prend une bonne dose de bravoure et d’engagement.

Il y a le ministre de la Métropole, dont l’interventionnisme commence à lui donner des airs de maire (j’en parle en édito). Lisée a bloqué la nomination de Beauchamp, aurait fait la même chose pour Courchesne, il s’est opposé à l’article 2.2 et aux modifications à P-6, il a décidé que Tremblay «n’avait plus la crédibilité politique» pour continuer, mais qu’Applebaum en avait toujours, «pour l’instant»…

Et il y a la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui s’est permis une intervention aussi originale que douteuse, cette semaine. Elle a publié sur le site Jobboom l’offre d’emploi 1925560 : «Maire de Montréal».

Intéressante l’année dernière, cette initiative est bien curieuse à six mois de l’échéance électorale, alors que les candidats sont quasiment tous sur le fil de départ.

Curieuse parce que plusieurs des firmes nommées à la Commission Charbonneau sont membres de la Chambre, comme Roche et Dessau, ce qui aurait dû inciter cette dernière à «un peu plus de prudence», pour reprendre l’expression…

Curieuse parce qu’on donne ainsi l’impression que la Chambre se cherche un candidat, voire un maire. Comme s’il allait un jour travailler pour elle. Cette impression est d’ailleurs renforcée par un détail non négligeable : sur le site Jobboom, l’offre d’emploi est chapeautée du nom de «l’employeur», la Chambre de commerce…

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Il y a un lien direct entre les interventions du ministre Lisée et de la Chambre de commerce, le sous-texte : les personnes en place et en lice ne sont pas qualifiées pour le poste. Applebaum n’a pas le leadership nécessaire pour guider Montréal, tandis que Harel, Bergeron et Coderre n’en offriront pas plus une fois élu.

Vraiment?

Aucun des trois candidats n’est sur le point de créer un balayage électoral, c’est vrai. Ils ne suscitent pas un grand enthousiasme, c’est vrai aussi. Ils ne créent pas un élan délirant, ce pourquoi j’ai cherché à trouver des noms de candidats qui créeraient une certaine ferveur sur ce blogue.

Mais laisser entendre qu’elles n’auront pas le leadership pour diriger Montréal? Un peu hasardeux, non?

C’est une chose de conclure que les candidats ne suscitent pas un délire fou. C’est une observation que l’ont peut faire en tendant un doigt mouillé en l’air, en parlant à des électeurs à droite et à gauche. Mais conclure qu’une ancienne ministre ayant accumulé les mandats difficiles, un urbaniste reconnu pour sa compréhension de la ville et un député ayant des années d’expérience politique n’ont pas de leadership? N’auront pas de leadership s’il remportait la victoire?

Personnellement, je trouve cette conclusion hâtive.

Vous? Êtes-vous prêt à dire que ces candidats n’ont pas le leadership nécessaire pour diriger Montréal? Le cas échéant, que leur manque-t-il précisément?

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