Quel avenir pour Montréal?

Archive de la catégorie ‘Conseil municipal’

Samedi 22 février 2014 | Mise en ligne à 7h48 | Commenter Commentaires (45)

Recouvrement: Bergeron et Drapeau, même combat…

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On a salué le travail abattu en 100 jours par Denis Coderre, mais on devrait en faire autant pour Richard Bergeron.

Voilà un chef de l’opposition qui ne se contente pas de s’opposer, ce qu’il a prouvé une fois de plus, hier, en acceptant de travailler aux côtés du maire afin de piloter le dossier du recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie.

L’idée est venue d’abord dans les bureaux de Projet Montréal. On a pensé interpeler publiquement l’administration sur le recouvrement lors du conseil municipal de janvier, jusqu’à ce qu’une élue suggère plutôt, vu l’importance de l’enjeu, de rendre visite au maire, en privé, afin qu’il s’approprie ce dossier.

Fin janvier, Richard Bergeron a donc rencontré le maire Coderre qui, avant même que le sujet soit évoqué, lui a lancé : «faut que je te parle, je veux te donner un mandat… celui de piloter le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie.»

Trop beau pour être vrai? Les deux confirment, en tout cas.

Et d’une façon ou d’une autre, le résultat est inspirant : les deux «pitbulls», pour reprendre l’expression du maire, tenteront de donner au projet l’impulsion politique qu’il a manqué ces… 30 dernières années!

On l’oublie, mais déjà, en 1985, le gouvernement péquiste de René Lévesque avait envisagé de procéder à la cicatrisation de cette horrible plaie, avant de perdre les élections la même année.

Cette décision faisait suite à une visite du premier ministre, deux ans plus tôt, à l’hôtel de ville de Montréal. Le maire Jean Drapeau avait alors profité de cette rencontre pour tirer M. Lévesque par la manche jusqu’à la terrasse nord de l’édifice.

Sur place, il lui avait fait découvrir le magnifique panorama, avant de lui montrer du doigt le gouffre que représentait l’autoroute.

De retour à Québec, M. Lévesque avait mis sur pied un comité interministériel, lequel avait accouché en 1985 d’un rapport qui recommandait le recouvrement entre le Palais des congrès et la rue Sanguinet, la construction d’édifices ainsi que l’établissement d’un pôle d’attraction liant la vieille à la nouvelle ville.

Le coût à l’époque: 12 millions.

Bon, ça coûtera un peu plus cher que ça, et la portion maintenant envisagée ne s’étire que de Sanguinet à Hôtel-de-ville. N’empêche, la pertinence des travaux n’a fait que croître depuis. Et Montréal se retrouve encore une fois dans la position d’avoir à convaincre Québec.

Hier, en effet, il n’a fallu que quelques minutes après la conférence de presse du tandem Coderre-Bergeron pour que le cabinet du ministre Gaudreault ferme la porte au projet. «Les coûts qui y seraient associés sont trop élevés dans le contexte actuel», a-t-on répondu.

Peut-être. Mais la réponse est un peu trop rapide, à mon avis.

D’abord, on parle ici d’un recouvrement qui fait à peine deux pâtés de maisons. Ensuite, on veut en faire un legs du 375e au moment où Québec se dit prêt à en financer certains. Et enfin, il s’agit d’un complément naturel aux travaux du CHUM et du CRCHUM, qui feront converger dans ce secteur entourant la station Champ-de-Mars pas moins de 16 000 personnes par jour.

Une idée pour M. Bergeron: profiter de la campagne électorale à Québec pour imiter Jean Drapeau et inviter les chefs de parti sur la terrasse de l’hôtel de ville.

Une idée à envisager, selon vous? Le projet en vaut l’investissement?

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Samedi 25 janvier 2014 | Mise en ligne à 7h53 | Commenter Commentaires (112)

L’omnimaire Coderre veut-il trop en faire?

Photo: Andre Pichette

Photo: Andre Pichette

Je suis déchiré.

D’un côté, j’apprécie l’hyperactivité de Denis Coderre qui tranche avec l’attitude flegmatique de son prédécesseur. J’aime le côté touche-à-tout de ce nouveau maire qui ne pourra jamais dire «je ne savais pas». Je salue ses nombreuses initiatives qui visent à redresser la ville.

Mais d’un autre, je me demande si à trop embrasser il ne finira pas par mal étreindre. Je m’interroge sur la pertinence de lancer autant de chantiers simultanément. Je m’inquiète du «micromanagement» d’un maire qui veut tout faire.

Comprenez-moi bien, j’aime beaucoup ce que je vois à l’hôtel de ville depuis le 3 novembre dernier. Je n’étais pas un fan de la première heure, comme vous savez, mais je dois avouer que je n’ai pas grand-chose à redire jusqu’ici.

Mis à part la nomination partisane de Philippe Schnobb et l’utilisation excessive de phrases creuses (je pense l’avoir entendu dire «généreux, mais pas naïf» 78 fois…), je considère en effet que le maire Coderre, jusqu’ici, a su choisir les bonnes personnes, prendre les bonnes décisions, lancer les bons messages, etc.

Je dois même avouer être impressionné par la rapidité avec laquelle il s’est installé aux commandes, s’est placé les deux mains sur le volant, a pris le contrôle de «sa» Ville (a-t-il d’ailleurs dit dans un élan drapeauiste).

Mais j’ai néanmoins une inquiétude.

Une inquiétude que je ressens depuis un certain temps, mais qui a gagné en intensité jeudi, en écoutant le discours inaugural de M. Coderre en tant que président de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Et si à vouloir trop en faire, il finissait par ne pas faire grand-chose?

On l’a vu avec le président Sarkozy en France (avec qui M. Coderre partage une affinité hyperactive) : en multipliant les priorités, en voulant éteindre lui-même tous les feux, en chassant chaque enjeu par un enjeu plus pressant, il a fini son mandat sans grandes réalisations (et sans être réélu…).

Je ne dis pas que c’est le sort qui attend Denis Coderre, évidemment, mais je m’interroge sur cette stratégie «sarkoïste» qui consiste à être partout, tout le temps, à lancer chaque jour une nouvelle priorité, sans avoir de «priorité prioritaire»…

Pour l’émission C’est pas trop tôt, il y a quelques jours, j’ai dressé la liste des enjeux qualifiés prioritaires par le maire Coderre depuis l’automne dernier et j’en ai trouvé une bonne dizaine, allant des régimes de retraite à l’inspecteur général, en passant par le transport en commun, l’itinérance, le citoyen (!), la sécurité des chauffeurs de taxi, les salons de massage érotique, etc.

À ce rythme, il atteindra les 200 priorités avant la prochaine élection…

Est-ce un problème en soi? C’est là où je suis déchiré.

L’«omnimaire», comme l’appelle Marie-France Bazzo, peut très avoir une immense capacité de travail et une facilité à déléguer une fois le sujet lancé. Il peut être très bien entouré. Il peut donc être à la fois un maire excessivement actif ET un bon maire.

Mais il peut aussi se perdre chaque jour dans l’urgence de la dernière crise…

C’est d’ailleurs l’avertissement qu’avait formulé aux candidats l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, lors de son passage à Montréal à la veille des élections. Il avait affirmé qu’il n’y a rien de plus dangereux pour un maire que d’être pris en otage quotidiennement par l’actualité.

Il avait alors fait une comparaison avec un bateau. Le capitaine doit donner le cap et se diriger dans cette direction, peu importe ce qui arrive. Sinon, le bateau va se laisser pousser au gré des vents et partir dans toutes les directions.

Un risque pour le maire Coderre, selon vous?

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Mardi 21 janvier 2014 | Mise en ligne à 16h24 | Commenter Commentaires (73)

Que ferait le dragon Alexandre Taillefer du BIXI?

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S’il avait à se prononcer sur le BIXI en tant que «dragon», Alexandre Taillefer ne mettrait pas une cenne dans le service. Mais il croit néanmoins qu’il est «pertinent, voire essentiel» que la Ville de Montréal poursuive l’aventure en intégrant le BIXI au réseau de transport en commun.

Pour certains, c’est une hérésie. «Pas question de fournir des vélos à 5000 $ à chaque Montréal», peut-on lire sur les réseaux sociaux. «Il faut maintenant tirer la plogue». «On n’a pas à mettre un seul dollar de plus dans un service de bécik.»

Or pour Alexandre Taillefer, avec qui je me suis entretenu tout à l’heure, les chiffres montrent que le BIXI a bel et bien sa place dans le réseau de transport collectif, ce qui implique la prise en charge par la Ville d’une partie ou de l’ensemble de son déficit d’exploitation (comme c’est le cas dans toutes les villes qui ont acheté le BIXI, d’ailleurs, sauf Toronto et New York).

«Avec 4,4 millions de déplacements en BIXI en 2012 et un déficit d’opération d’environ 1,5 million $, calcule cet homme d’affaires chevronné, la Ville aurait à subventionner chaque déplacement à hauteur de 0,34 $, ce qui n’est pas très élevé.»

Je pousse l’argument plus loin en ajoutant les amortissements dans le déficit d’opération, lequel pourrait atteindre 4 millions $ (selon des informations non confirmées pour l’instant), on en arrive à un déplacement dont la subvention coûte 0,91 $.

«Comparons maintenant cette fourchette avec la subvention accordée pour chaque déplacement fait dans le réseau de la STM, ajoute Alexandre Taillefer. Avec 450 millions de déplacements et des subventions de toutes sortes d’environ 650 millions $, on arrive à un montant de 1,44 $ pour chaque déplacement.»

Je pousse à nouveau l’argument plus loin en prenant uniquement les subventions de la Ville de Montréal, qui couvre le déficit d’exploitation de la STM, soit 387 millions $, et cela nous mène à un déplacement subventionné à 0,85 $.

Toute comparaison est bancale, on s’entend, mais celle-ci a le mérite de nous donner des ordres de grandeur qui se rejoignent finalement à mi-chemin. Le déplacement en BIXI coûte entre 0,34 $ et 0,91 $, tandis que dans le réseau de la STM, il se situe entre 0,85 $ et 1,44 $.

«On le voit bien, le réseau BIXI peut très bien se comparer à celui du réseau de transport en commun dans son ensemble, conclut Alexandre Taillefer. Si en plus on ajoute ses mérites en terme de santé publique et d’environnement, on a là un service public qui se justifie pleinement.»

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