Après les vélos en libre-service, les autos en libre-service?
La Ville de Montréal a annoncé hier la tenue prochaine d’une consultation publique sur le déploiement d’un réseau d’autopartage ouvert à tous, comme il en existe déjà à Paris.
«Les besoins importants en mobilité requièrent des efforts soutenus pour améliorer l’offre de transport. L’implantation de véhicules en libre-service s’inscrit dans cette optique», a indiqué Réal Ménard, responsable du transport au comité exécutif.
Vous êtes d’accord?
Personnellement, j’aime beaucoup l’idée. Je ne sais pas si Montréal, ville de taille moyenne qui n’a pas les problèmes de congestion de Paris, peut se le permettre. Mais en soi, c’est un concept qui me plait.
Le grand avantage du réseau d’autos en libre-service, sur le modèle de l’Autolib’ dans la métropole française, c’est qu’il permet de s’affranchir de la possession d’une voiture. Un peu comme le fait Communauto et les compagnies de location d’autos, mais sans les inévitables contraintes de ces services : pas besoin de réserver à l’avance, pas besoin de prévoir une heure de retour, pas besoin de retourner le véhicule où on l’a pris, pas besoin de payer pour 24 heures d’utilisation, etc.
On étend ainsi encore un peu plus le cocktail transport en offrant un éventail toujours plus large de choix, de souplesse et de possibilités à ceux qui choisissent de délaisser la voiture : taxi, BIXI, vélo, métro, bus, autopartage et auto en libre-service.
Communauto, qui offre déjà l’autopartage classique, est d’ailleurs en lice pour le projet avec Car2Go. D’où la vidéo qui coiffe cet article, sur «le libre-service intégral», un projet que l’entreprise de Montréal pousse depuis deux ans.
Ma crainte, par contre, c’est que la Ville tente d’en faire un service essentiellement urbain, en se contentant de déployer des stations sur l’île de Montréal. À mon avis, le potentiel de l’auto en libre-service dépasse les frontières de la ville-centre (surtout là où se trouve le métro). Comme un super BIXI à moteur offert aux banlieusards, en quelque sorte.
L’auto en libre-service peut en effet réduire la dépendance à la voiture dans les couronnes. Elle permettrait aux banlieusards de franchir la distance qui les sépare du centre sans posséder une auto, ou sans avoir à en acheter une deuxième. Et mieux encore, elle permettrait de se déplacer dans le Grand-Montréal sans polluer, pourvu que le service soit électrique comme à Paris (ce qui serait la moindre des choses).
Le BIXI est un produit urbain, l’auto en libre-service pourrait devenir un produit à la fois urbain et suburbain.
Que la Ville de Montréal lance une consultation sur la question, c’est une très bonne nouvelle. Mais si elle se joignait à la CMM, ou du moins à Laval et Longueuil, c’en serait une meilleure encore.
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