Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis une dizaine d'années, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
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    Archive de la catégorie ‘Arrondissements’

    Après les vélos en libre-service, les autos en libre-service?

    La Ville de Montréal a annoncé hier la tenue prochaine d’une consultation publique sur le déploiement d’un réseau d’autopartage ouvert à tous, comme il en existe déjà à Paris.

    «Les besoins importants en mobilité requièrent des efforts soutenus pour améliorer l’offre de transport. L’implantation de véhicules en libre-service s’inscrit dans cette optique», a indiqué Réal Ménard, responsable du transport au comité exécutif.

    Vous êtes d’accord?

    Personnellement, j’aime beaucoup l’idée. Je ne sais pas si Montréal, ville de taille moyenne qui n’a pas les problèmes de congestion de Paris, peut se le permettre. Mais en soi, c’est un concept qui me plait.

    Le grand avantage du réseau d’autos en libre-service, sur le modèle de l’Autolib’ dans la métropole française, c’est qu’il permet de s’affranchir de la possession d’une voiture. Un peu comme le fait Communauto et les compagnies de location d’autos, mais sans les inévitables contraintes de ces services : pas besoin de réserver à l’avance, pas besoin de prévoir une heure de retour, pas besoin de retourner le véhicule où on l’a pris, pas besoin de payer pour 24 heures d’utilisation, etc.

    On étend ainsi encore un peu plus le cocktail transport en offrant un éventail toujours plus large de choix, de souplesse et de possibilités à ceux qui choisissent de délaisser la voiture : taxi, BIXI, vélo, métro, bus, autopartage et auto en libre-service.

    Communauto, qui offre déjà l’autopartage classique, est d’ailleurs en lice pour le projet avec Car2Go. D’où la vidéo qui coiffe cet article, sur «le libre-service intégral», un projet que l’entreprise de Montréal pousse depuis deux ans.

    Ma crainte, par contre, c’est que la Ville tente d’en faire un service essentiellement urbain, en se contentant de déployer des stations sur l’île de Montréal. À mon avis, le potentiel de l’auto en libre-service dépasse les frontières de la ville-centre (surtout là où se trouve le métro). Comme un super BIXI à moteur offert aux banlieusards, en quelque sorte.

    L’auto en libre-service peut en effet réduire la dépendance à la voiture dans les couronnes. Elle permettrait aux banlieusards de franchir la distance qui les sépare du centre sans posséder une auto, ou sans avoir à en acheter une deuxième. Et mieux encore, elle permettrait de se déplacer dans le Grand-Montréal sans polluer, pourvu que le service soit électrique comme à Paris (ce qui serait la moindre des choses).

    Le BIXI est un produit urbain, l’auto en libre-service pourrait devenir un produit à la fois urbain et suburbain.

    Que la Ville de Montréal lance une consultation sur la question, c’est une très bonne nouvelle. Mais si elle se joignait à la CMM, ou du moins à Laval et Longueuil, c’en serait une meilleure encore.

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    On aime beaucoup citer les réussites urbanistiques des pays scandinaves, des villes américaines progressistes, des capitales européennes. On s’inspire des woonerf, des naked streets, des shared spaces

    Et pourtant, on néglige ce que l’on a ici même et qui forme notre singularité : les ruelles.

    Cette histoire des cols bleus débarquant dans une ruelle de Villeray au début du mois avec leur manque de jugement et leurs sacs de gravier pour ruiner une patinoire artisanale est proprement ahurissante!

    D’abord parce qu’elle émane, comme le pastagate d’ailleurs, comme cette contravention donnée à un père de famille qui jouait au hockey dans la rue avec ses enfants, d’une seule et unique plainte. Comme si n’importe quel citoyen enragé pouvait dicter à la collectivité, à lui seul, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

    Ensuite parce que les ruelles de Montréal sont déjà, pour la plupart, négligées par la Ville qui permet aux voitures de s’y stationner comme s’il s’agissait de vulgaires terrains vagues. Ce qui éloigne les enfants, les familles et le jeu libre.

    «Il n’y a pas si longtemps, les ruelles étaient le lieu où se déroulait le jeu spontané. Les enfants sortaient en arrière et se retrouvaient dans la ruelle pour jouer. Cela n’existe plus», souligne Avi Friedman, professeur d’architecture à McGill et auteur de Room for Thought: Rethinking Home and Community Design.

    «Aujourd’hui, ajoute-t-il en entrevue, les enfants qui veulent jouer au basketball ou au soccer doivent demander à leurs parents de les emmener dans des endroits prévus à cet effet, souvent loin de la maison. Cela a tué la spontanéité du jeu.»

    C’est l’évidence même. Mais manifestement, la chose doit être rappelée à certains employés de la Ville. Le débat qui a eu lieu mercredi au conseil municipal a ainsi le mérite de rappeler à tous l’importance des ruelles pour les enfants, pour la rétention des jeunes familles, mais aussi pour la richesse patrimoniale de Montréal.

    Il faut donc saluer le travail d’Elsie Lefebvre, conseillère de Villeray et leader de l’Opposition officielle, qui a déposé une motion, adoptée à l’unanimité après quelques tiraillements, visant à sensibiliser les élus et les fonctionnaires du bien-fondé des ruelles blanches (et vertes).

    Espérons maintenant que cela se traduira par des mesures proactives favorisant l’appropriation par les citoyens de leur ruelle, hiver comme été.

    Mieux, pourquoi ne pas élaborer un plan de protection et de mise en valeur des ruelles? Rien de bien compliqué ou coûteux. Un simple document visant à sortir les voitures et ramener les enfants dans les ruelles, dont on compte près de 500 km à Montréal.

    Il s’agirait d’une intention collective de retransformer ces terrains de stationnement en terrains de jeux, ce qui cadre bien avec l’intention de faire de Montréal une ville «physiquement active» et celle de retenir les jeunes familles. Quand on voit qu’ailleurs, certains travaillent fort pour ouvrir les rues aux enfants, il est étonnant de constater qu’on ne le fait pas pour les ruelles, ici.

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    Plan figure-fond des ruelles de Montréal, 2012. © Claudia Delisle, Thomas-Bernard Kenniff & Emily Young.

    Pour la Ville, d’ailleurs, le patrimoine urbain n’est pas constitué que de bâtiments en pierres grises. «Il porte aussi l’empreinte des époques passées sous forme de tracés de rues, de paysages, de constructions, d’éléments naturels, de vestiges archéologiques ou de vues exceptionnelles.»

    La politique du patrimoine, adopté en 2005, va plus loin en englobant «tout objet ou ensemble, naturel ou culturel, matériel ou immatériel, qu’une collectivité reconnaît pour ses valeurs de témoignage et de mémoire historique en faisant ressortir la nécessité de le protéger, de le conserver, de se l’approprier, de le mettre en valeur et de le transmettre».

    Or au même titre que les escaliers extérieurs, les ruelles font partie de l’imaginaire de Montréal, comme en fait foi d’ailleurs l’oeuvre ci-contre, aperçue cet hiver à l’exposition ABC : MTL – Un Autoportrait de Montréal du Centre canadien d’architecture.

    Il n’y a qu’à lire les romans de Michel Tremblay ou visionner le magnifique documentaire La mémoire des anges, sorte de patchwork d’archives d’une centaine de films produits à Montréal par l’ONF durant les années 1950 et 1960, pour se convaincre que les ruelles se qualifient parfaitement. Vous ne trouvez pas?

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    Samedi 12 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h57 | Commenter Commentaires (84)

    Message aux policiers: dégagez!

    tuquetest

    La mode est à l’apaisement de la circulation à Montréal. Tous les arrondissements s’y sont mis, à des degrés divers. Certains réduisent la vitesse, d’autres élargissent les trottoirs, implantent des dos d’âne, multiplient les opérations policières, etc.

    Et pourtant, il y a une petite mesure de rien du tout, simple, peu coûteuse et terriblement efficace qu’à peu près aucun d’entre eux ne privilégie: appliquer le Code de la sécurité routière…

    Je ne parle pas ici d’appliquer rigoureusement l’ensemble des 676 articles de la loi demain matin, mais bien d’un seul alinéa d’un seul article qui pourrait véritablement apaiser la circulation et protéger les usagers vulnérables : l’interdiction de se stationner «à moins de 5 mètres d’une borne-fontaine et d’un signal d’arrêt» (art.386 al.2).

    Je vous en parle pour une raison bien précise, et personnelle pour tout vous dire…

    Cette semaine, j’ai laissé mon fils marcher seul vers l’école une fois dans le corridor scolaire… non sans l’épier de loin. Je voulais m’assurer qu’il regardait bien des deux côtés avant de traverser.

    Or ce que j’ai vu m’a fait bondir!

    Fiston s’est bel et bien arrêté à l’intersection… mais aucun automobiliste ne s’est immobilisé pour le laisser passer! Aucun! Et ce, même s’il y avait des panneaux d’arrêt à tous les coins!

    J’ai dû le rattraper à la course pour m’assurer qu’un automobiliste s’arrêterait bel et bien au stop le temps que mon petit bonhomme traverse la rue. J’étais furieux!

    Le problème est double. D’abord, il y a un évident manque de courtoisie des automobilistes. Ensuite, il y a une belle place de stationnement directement au coin, toujours occupée, de telle sorte que l’enfant qui attend au coin est caché derrière le véhicule.

    Voyez la photo qui chapeaute ce billet. Apercevez-vous mon fils avec sa petite tuque vert fluo? Eh bien les automobilistes ne le voient pas, eux non plus. Surtout lorsqu’un SUV ou une minifourgonnette occupe l’espace…

    fleche

    Or à sa face même, cette situation est inacceptable : l’auto grise n’est pas à 5 mètres du coin, pas même à 5 mètres de la borne-fontaine… en plein corridor scolaire!

    J’ai donc hélé un policier qui passait par là, hier matin. Il m’a avoué être le responsable de la sécurité de la circulation dans le quartier. Je lui ai alors signalé l’existence de la voiture grise empiétant sur la ligne d’arrêt, ajoutant que c’était ainsi tous les jours.

    Vous savez ce qu’il m’a répondu? Que le règlement du 5 mètres n’était pas appliqué dans la grande majorité des arrondissements de l’île… «sinon, il n’y aurait plus de places de stationnement»!

    Les policiers ignorent donc à toutes connaissances de cause l’article 366 du Code parce qu’ils le jugent excessif!

    Ce faisant, ils cautionnent une situation dangereuse, à mon avis. La preuve, l’article de loi existe. Or comme le savent tous les juristes, le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Autrement dit, si le règlement existe, c’est qu’il y avait un problème à corriger.

    D’ailleurs, l’arrondissement de Verdun s’est engagé à dégager l’ensemble de ses intersections suite à une recommandation de la Commission de la circulation et de la sécurité publique, précisément pour éviter les accidents que cela peut causer (même chose pour Villeray–Saint-Michel–Parc-Ex et quelques autres exceptions). Avec succès: les policiers ont déjà noté une réduction du nombre d’accidents aux intersections.

    Tout ce que cela a pris à Verdun, c’est un mot d’ordre lancé aux policiers du poste 16… et un gros pot de peinture jaune pour délimiter les fameux 5 mètres et ainsi signaler l’interdiction de stationner. Facture de l’opération: 6000$. Oui, oui, six milles dollars.

    Mon message aux arrondissements et aux policiers: dégagez! svp…

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