Le blogue de François Cardinal

Archive de la catégorie ‘Arrondissements’

Samedi 15 mars 2014 | Mise en ligne à 8h06 | Commenter Commentaires (74)

Il faut plus de chevaux à Montréal, pas moins…

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«Mener un cheval dans le Vieux-Montréal est une entreprise hasardeuse. Un jour – et ce jour approche –, cette tradition et tout le legs de connaissances cochères qui l’accompagne disparaîtront. (…) Tout cela finira au musée.»

Marie Hélène Poitras voit bien que l’avenir des calèches à Montréal ne tient plus à grand-chose. Ancienne cochère, amoureuse des chevaux, cette écrivaine décrit extrêmement bien la situation des exploitants de «véhicules hippomobiles» dans son superbe roman Griffintown.

Une situation déjà précaire, donc, qui l’est devenue encore plus ces dernières semaines avec la décision du maire de New York d’interdire prochainement les calèches dans les rues et parcs de sa ville.

Une décision dont les défenseurs des animaux, censés manifester dans le Vieux-Montréal aujourd’hui, souhaitent se servir pour convaincre le maire Coderre d’emboîter le sabot (scusez là…).

Je m’y oppose pour toutes sortes de raisons que j’explique aujourd’hui dans un édito que je termine en appelant, au contraire, à une mise en valeur de ce vestige du passé de Montréal. Après tout, le cheval fait partie du patrimoine vivant de la métropole.

«Le cheval comme la calèche sont une forme de patrimoine vivant qui mérite qu’on le prenne en compte et pas seulement pour les touristes», confirme Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal, en entrevue.

«Les calèches pourraient être des objets patrimoniaux dans une collection du centre d’histoire mais cela ne traiterait que de la valeur de l’artéfact. C’est tellement plus intéressant d’en avoir des vivantes dans les rues, animées avec leurs chevaux, leurs caléchiers et le clip clop des sabots sur les pavés. Pourquoi la présence animale en ville se limiterait-elle aux écureuils du carré Saint-Louis, aux pigeons, moineaux et autres mouettes, voire aux chiens domestiques? Le cheval n’a-t-il pas droit de cité, lui qui a fait que Montréal est devenue ce qu’elle est au XIXe?»

Mais une fois cela dit, comment le mettre en valeur? On ne peut simplement multiplier les permis de calèches (après les avoir réduits, d’ailleurs), l’offre ne tirant pas nécessairement la demande vers le haut.

D’abord, il faut resserrer à nouveau le règlement sur les «véhicules hippomobiles». La situation est mieux qu’elle l’était avant 2007, mais elle aurait encore besoin d’être améliorée. Bonne chose, j’ai appris qu’un comité multidisciplinaire regroupant notamment des vétérinaires, des inspecteurs et des gestionnaires de plusieurs arrondissements vont proposer ce printemps une refonte de la réglementation.

Ensuite, il faut penser en dehors de la boîte, ou plutôt en dehors de la calèche afin de ramener l’animal qui la tire dans le paysage urbain. Les chevaux ont eu beau servir à tirer des taxis, des tramways et des réservoirs des pompiers, ils ont eu beau aider à charrier du lait, de la glace et de la neige, ils ont aujourd’hui presque disparu de Montréal (sauf pour les calèches et la cavalerie du SPVM).

Projet Montréal a déjà commencé à réfléchir à la chose, loin des projecteurs. Il propose qu’on revalorise le cheval en lui accordant plus de place dans la ville, étant donné que le patrimoine que l’on met en valeur à Montréal se résume trop souvent à de vieilles pierres.

«Il faut accorder sa juste importance au fait que le maintien jusqu’à nos jours de la présence du cheval à La Nouvelle-Orléans, à Québec et à Montréal constitue un élément non négligeable définissant la touche française commune à ces trois villes», écrit le parti dans un mémoire.

Quelques propositions en ce sens :

- Que les institutions scolaires et municipales développent des activités avec les chevaux, notamment des tours de calèche pour les enfants.

- Que le cheval reprenne du service en ville, comme cela se fait en Europe, pour la cueillette des ordures, l’entretien de la végétation et une panoplie d’autres tâches.

- Que le caractère utilitaire du cheval soit mis à contribution dans les grands parcs, en lieu et place des camionnettes.

- Que l’on construire une écurie centrale accessible au public, possiblement dans le stationnement qui fait face au marché Bonsecours, de l’autre côté de la rue Saint-Paul.

Des pistes de réflexion intéressantes, non? Qu’en pensez-vous, une bonne idée que cette revalorisation du cheval en ville? Et les propositions de Projet Montréal, elles vous emballent?

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Mardi 11 mars 2014 | Mise en ligne à 15h10 | Commenter Commentaires (44)

Agrile du frêne: une réponse en dents de scie…

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Ce n’est pas compliqué, si on prend tous les arbres sur rue à Montréal, un sur cinq est un frêne. Au total, on en dénombre ainsi 200 000 sur les terrains publics.

Quand on sait que les Américains n’ont eu d’autres choix que d’abattre 100 millions de frênes au cours des dix dernières années en raison des ravages causés par l’agrile (plus d’info sur cet insecte dans ce document de la Ville, d’où j’ai tiré l’image ci-dessus), mettons qu’il y a matière à s’inquiéter pour les nôtres…

Et ce n’est certainement pas le sondage mené ces derniers mois dans les 19 arrondissements et 12 villes défusionnées de l’île de Montréal, dont les résultats ont été dévoilés lors du sommet sur l’agrile hier, qui vont nous rassurer.

Je retiens quatre éléments de cette enquête :

- La grande majorité des arrondissements et des villes liées possèdent un inventaire des arbres sur leur territoire qui leur permet de savoir où se trouvent les frênes… mais on compte tout de même deux villes défusionnées sans inventaire et cinq arrondissements dont l’inventaire date de plus de cinq ans.

- Le dépistage annuel de l’agrile est une pratique courante dans l’agglomération… mais il y a tout de même près de 20 % des villes et arrondissements qui se permettent de ne pas le faire (6 sur 31).

- Le biopesticide TreeAzin, qui empêche la reproduction afin de limiter l’infestation, est utilisé dans certains secteurs de l’île… mais à peine 42 % des villes liées et 37 % des arrondissements l’ont utilisé jusqu’ici.

- Le gouvernement canadien a beau répéter que la lutte contre l’agrile passe en bonne partie par le signalement des citoyens, il y a tout de même 14 % des villes défusionnées et des arrondissements qui ne font aucune sensibilisation.

Quand on sait qu’on a détecté des frênes infestés dans 15 des 19 arrondissements et dans 4 des 12 villes liées, on se doute bien que le problème a déjà atteint une ampleur inquiétante.

Pourquoi les maires n’arrivent-ils pas tous à la même conclusion?

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Samedi 11 janvier 2014 | Mise en ligne à 8h42 | Commenter Commentaires (205)

Mais on va les mettre où, toutes ces boîtes postales?

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Toronto Star File Photo

J’évoque ce matin la tournée panquébécoise qu’entamera Denis Coderre vendredi, mais je n’ai malheureusement pas trouvé l’espace pour parler de son intention de se rapprocher aussi des maires des grandes villes du Canada.

Une intention, m’a-t-il expliqué cette semaine, qu’il souhaite concrétiser dès le mois prochain, lors de la réunion de la Fédération canadienne des municipalités, en tablant sur les enjeux communs aux grandes villes, à commencer par la fin de la distribution du courrier à domicile partout au pays.

Voilà en effet un enjeu qui touche toutes les agglomérations urbaines, un enjeu qui nécessite une large concertation, voire un front commun contre Postes Canada.

Car les municipalités n’ont pas été consultées par la société d’État, même si elles sont responsables du domaine public, où l’on installera au cours des cinq prochaines années des milliers et des milliers de nouvelles boîtes postales multiples.

Mais où les mettra-t-on?

Mystère…

La question peut sembler anodine quand on voit ces développements de banlieue qui possèdent déjà leurs boîtes multiples sans que cela n’ait posé de problèmes. Mais il faut savoir que ces derniers ont été prévus en ce sens, dès le début.

Plusieurs nouveaux secteurs de Longueuil, par exemple, possèdent des boîtes communautaires bien intégrées, qui sont même parfois dotées d’une petite demi-lune pour que les autos se stationnent. Tout cela était prévu dans le plan initial.

Mais dans les secteurs résidentiels déjà densifiés, on va faire quoi, au juste?

Les installer bêtement aux intersections, sur le terrain des résidents sous prétexte que c’est souvent une emprise municipale? Vous imaginez-vous les luttes citoyennes à venir?

D’ailleurs, ces derniers jours, j’étais bien content de constater que je n’étais pas seul à m’inquiéter. L’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC) a émis un communiqué qui pose sensiblement les mêmes questions que je posais à l’émission C’est pas trop tôt, avant les Fêtes.

L’IRAC est d’avis que les boîtes postales communautaires auront des conséquences sur le paysage urbain, sur les rues, les espaces verts et la qualité de vie des Canadiens. «L’installation de ces boîtes dans les quartiers existants posera de grands défis, selon Allan Teramura. Et jusqu’à maintenant, Postes Canada n’a fourni aucune information qui démontre que cela sera fait d’une manière acceptable pour tous.»

Mettons de côté la laideur des boîtes, pour l’instant, chose qui se corrige assez facilement avec un peu de bonne volonté. Attardons-nous plutôt aux impacts concrets que pourrait avoir l’installation de ces cubes métalliques.

- Si on les implante aux intersections des quartiers résidentiels : on va imposer sous les fenêtres de milliers de Canadiens des va-et-vient en autos, des bruits de clés, des portes qui claquent à toute heure du jour? Qui va ramasser toutes ces publicités qui tomberont inévitablement par terre, comme on le voit sur la photo du Star? Et que va-t-on faire quand l’emprise n’est pas municipale, mais privée? On va exproprier?

- Si on les installe plutôt dans des commerces et autres lieux achalandés : quelle va être la distance de marche maximale entre la boîte et l’adresse la plus éloignée? Si on les met à l’intérieur d’une épicerie ou d’une pharmacie, cela signifiera que les gens ne pourront pas prendre leur courrier quand le magasin sera fermé? Et comment choisira-t-on les bannières qui accueilleront tous ces gens captifs?

- Si on les installe à proximité de lieux publics, comme des parcs, des abribus et des stations de métro : où les citoyens se stationneront-ils, sinon en double, avec les clignotants activés? Et les personnes en fauteuil roulant pourront-elles s’y rendre en toute sécurité l’hiver?

Dernière question : les villes auront-elles leur mot à dire sur l’emplacement des boîtes? Car personne ne les a encore appelées, personne ne leur a demandé leur avis. À l’UMQ et à Montréal, on a appris la décision en même temps que tout le monde!

Tout le problème est là. Il ne reste que cinq ans, si l’on en croit le plan de Postes Canada, et on commence à peine à réfléchir aux conséquences d’une décision aux répercussions énormes, qui obligera manifestement les autorités à agir vite, d’un océan à l’autre.

Les villes doivent donc se préparer dès maintenant, elles doivent se concerter, comme souhaitent le faire le maire Coderre et ses homologues des autres villes. Tant mieux, car l’idéal serait, pour les municipalités, de lancer leur propre réflexion, de préparer leur propre cadre de référence avant qu’il ne soit trop tard.

«Les architectes et les designers urbains devraient participer au processus d’aménagement et de planification de ces boîtes, croit d’ailleurs le président, Wayne DeAngelis. Ces boîtes doivent être considérées comme un élément du tissu urbain au même titre que les passe-lettres et les boîtes à lettres l’ont été dans la planification de nos maisons.»

Or pour l’instant, on nage plutôt en pleine improvisation. Et le décompte est déjà commencé.

Vous, vous les implanteriez où ces boîtes multiples?

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