Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Mercredi 19 mars 2014 | Mise en ligne à 7h07 | Commenter Commentaires (15)

    Québec 2014: les priorités des petites et grandes villes

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    Le tandem Labeaume-Coderre (ou est-ce Coderre-Labeaume?) tiendra aujourd’hui une conférence de presse pour dévoiler leurs demandes communes, du jamais vu si je ne m’abuse.

    Mais avant de décortiquer les revendications des deux grandes villes de la province, je vous présente celles de l’ensemble du monde municipal, représenté par leurs deux unions, l’UMQ et la FQM.

    L’Union des municipalités du Québec, qui représente les plus grandes villes, s’est contentée de deux demandes, qu’elle juge prioritaires :

    - Les régimes de retraite des employés municipaux – Les maires disent «prioriser la négociation», mais tous s’entendent sur la nécessité d’une législation afin de débloquer toute impasse au bout d’une période maximale de 18 mois.

    Les maires visent notamment le partage moitié-moitié des coûts des déficits courants et futurs. Ils souhaitent aussi pouvoir s’attaquer aux déficits passés.

    - Les infrastructures municipales – Les maires se trouvent injustement traités par les règles fiscales du gouvernement. Ils précisent que 58 % des infrastructures publiques sont municipales, mais que seulement 8 % du budget provincial alloué aux infrastructures y est consacré. Résultat : les municipalités paient 76 % de la facture alors que Québec en paie 14 %.

    Les municipalités voudraient donc que Québec augmente le seuil d’investissement de 650 M du $ Plan d’infrastructures, garantisse «un transfert rapide et complet» de l’argent fédéral et donne aux maires une voix à la table de négociation Ottawa – Québec sur la conception des programmes.

    ***

    Quant à elle, la Fédération québécoise des municipalités, qui représente les plus petites villes, met de l’avant un plus grand nombre d’enjeux, dont ceux-ci :

    - Entente Québec-municipalités – Les maires demandent que les partis s’engagent à signer un tel pacte dans les premiers mois du mandat, afin d’ajuster les transferts financiers aux nouvelles responsabilités qui leur ont été dévolues.

    - Décentralisation – Les municipalités demandent également que soit adoptée une loi-cadre dans les 100 premiers jours suivant l’élection afin de mieux répartir les pouvoirs et compétences entre les ordres provincial et municipal.

    - Ressources naturelles – La FQM plaide pour que l’on permette aux municipalités d’avoir non seulement leur mot à dire dans l’exploitation de ces ressources, mais aussi de toucher une plus grande part des revenus. Elle demande aussi la mise en place de projets énergétiques communautaires et de forêt de proximité.

    - Internet – Les maires veulent «éviter la catastrophe numérique» et demandent aux partis de s’engager de régler le plus rapidement possible la question du branchement des communautés. Ils jugent «inacceptables» les retards vécus en région quant à l’amélioration de l’accès aux réseaux d’Internet et de téléphonie cellulaire.

    On voit tout de suite comment les préoccupations des petites municipalités et des grandes villes sont différentes. Vous en pensez quoi, de ces demandes?


    • Ohé! Il y a quelqu’un ici? Bizarre, les lumières sont pourtant encore allumées…

      Au sujet des demandes de l’UMQ et de la FQM:
      1) Régimes de retraite:
      Les régimes de retraite actuels sont un véritable cancer pour les finances publiques des grandes villes. Il faut leur donner plus d’autonomie administrative dans ce dossier pour qu’il y ait déblocage au plus vite.
      2) Infrastructures municipales:
      Cette demande me pose problème. Si une infrastructure quelconque appartient à un municipalité, n’est-ce pas normal que ce soit cette municipalité qui paye pour l’essentiel des coûts de construction et/ou d’entretien?
      3) Entente Québec-municipalités:
      Un pacte fiscal et administratif avec la métropole (Montréal, pour ceux qui l’auraient oublié) et la capitale (la Ville de Québec) est en ce moment beaucoup plus important. Cela fait des années que ça traîne…
      4) Décentralisation:
      Les évènements des dernières années nous ont démontré que les petites municipalités ont besoin d’être suivies de près. Elles veulent tout à la fois plus d’argent de Québec (point #3) et plus de liberté pour le dépenser comme bon leur semble. Pas d’accord.
      5) Ressources naturelles:
      Cela a du sens. Après tout, c’est l’environnement immédiat de ces municipalités qui est affecté par l’exploitation des ressources naturelles. Il ne s’agit cependant pas de leur donner un droit de veto mais juste d’en faire des partenaires incontournables avec qui les exploitants devront négocier et partager les profits tirés de ces ressources.
      6) Internet:
      Il y a encore de nos jours des régions du Québec où avoir accès à une connexion internet potable relève de l’exploit. Pourtant, l’Internet n’est plus un luxe mais une nécessité. Le gouvernement devrait agir en conséquence pour compléter de toute urgence sa démocratisation sur l’ensemble du territoire.

      Je note que les demandes de ces organismes semblent laisser indifférents les lecteurs de ce blogue. C’est comme s’il n’y avait que la métropole qui compte pour eux et que le reste on s’en @#$#$&%. Navrant.

    • @A.Talon

      Entendez-vous? C’est l’écho de notre intérêt qui ne cesse de résonner…

      François Cardinal

    • @ A.Talon
      Je suis d’accord avec tout vos points sauf le 2e.Il ne faut pas oublier que le gouvernement a
      pelleter dans la cour des municipalités une bonne partie de l’entretien de la voirie sans donner les budgets nécessaires.

    • Je crois qu’il faudra ramener nos deux Coderre-Labeaume sur la terre, le Québec ne se limite pas à Montréal et Québec. La province est grande et toutes les régions sont importantes. Si les autres maires ne se réveillent pas, ils n’y aura rien pour les villes autres que ces deux villes gobe sous…

    • J’espère vraiment que le “pacte de la métropole” de Coderre va être considéré et voté à Québec. C’est ce qui a été fait à Toronto en 2006 et on fait bien de s’en inspirer. C’est la seule voie de salut pour Montréal afin que la métropole soit autonome et retrouve son dynamisme.

    • @ François Cardinal
      Ce n’est pas le temps d’organiser un «Get Together» aujourd’hui. Je crois qu’il n’y aurait pas grand monde à la messe… Mais si vous voulez un peu plus d’animation, rien ne vous empêche d’organiser une petite guéguerre avec un de vos prochains billets. Ce ne sont pas les deux de piques qui manquent sur ce blogue, adeptes enthousiastes du «Quebec Bashing» ou du «Tea Party»…

      Plus sérieusement, ce manque d’intérêt pour le reste du Québec, pour ne pas dire ce montréalo-centrisme exacerbé, n’est-il pas en soit un sujet d’intérêt? Je pense aussi qu’il faudrait examiner de plus près la dynamique existant entre les métropoles et l’arrière-pays dans différents pays du monde à métropole unique. Et faire comprendre au lecteur que les tensions et l’incompréhension qui existent entre ces deux «mondes» sont tout aussi normaux que répandus sur la planète.

      Soyez libre de publier ce commentaire si vous le juger à propos.

    • Coderre qui dit qu’il représente 50% de la population pas exactement plutôt le Montréal métropolitain ca

      Toronto est gérable pas Montréal avec ses arrondissements;

      Je le ai vu tous les 2 à la TV du grand spectacle je croyais Laurel et Hardy

    • Après l’enthousiasme du nouvel élu, je crois qu’il faut respirer par le nez, les contrôles budgétaires sont important messieurs. L’argent qui vient des taxes provinciales, doivent être contrôlé pour qu’elle profitent a tous les citoyens. Un peu de retenu, lorsque j’entend d’un certain maire qu’il veut plus d’argent et pas de contrôle du tout, je crois qu’il y a un manque de sérieux.

    • @A.Talon
      “Plus sérieusement, ce manque d’intérêt pour le reste du Québec, pour ne pas dire ce montréalo-centrisme exacerbé, n’est-il pas en soit un sujet d’intérêt?

      En fait, je crois que ca demontre que le “reste du Quebec” attend qu’on prenne soin d’eux…

      Les victimes silencieuses n’ont qu’elles memes a blamer

      Qu’elles se reveillent et se mobilisent

      Je n’ai pas de source a fournir, desolé, mais j’ai souvent entendu que la force de l’Allemagne est la decentralisation du pouvoir, chaque region etant la mieux placee pour decider où investir ses fonds. Ainsi, chaque region peut bien se concentrer a capitaliser sur ses forces.

    • Ceux qui veulent plus d’argent et moins de contrôle, ils auront tout les ingrédients pour que la corruption s’installe.

    • @ chabanel 19h26
      M. Chabanel! Come sta?

      «En fait, je crois que ca demontre que le “reste du Quebec” attend qu’on prenne soin d’eux…»
      Je ne suis pas prêt à croire que le RDQ (?) ait un mentalité d’assisté. Pour moi, c’est toutefois très clair que l’incompréhension va dans les deux sens et que les deux parties prenantes ne semblent pas comprendre tout à fait quel est leur rôle dans cette nation. Montréal est tout à la fois le cerveau et le coeur du Québec auquel il est intimement relié et duquel il dépend. Quant au reste du Québec, il ne serait tout simplement pas viable sans sa métropole, son principal foyer économique et culturel. Il va bien falloir un jour définir un modus vivendi qui soit satisfaisant et profitable pour tous.

      «Qu’elles se reveillent et se mobilisent»
      J’approuve. La Beauce demeure un exemple à suivre en la matière. En fait, le gouvernement devrait être beaucoup plus actif dans la promotion de l’entrepreneurship dans toutes les régions du Québec. Un peu comme on le faisait il y a trente ans suite à la grande récession de 1981-82. Et pendant que j’y pense, rien n’empêche les régions d’ouvrir des délégations commerciales à Montréal et Québec pour y être mieux entendues des autorités.

      «…j’ai souvent entendu que la force de l’Allemagne est la decentralisation du pouvoir, chaque region etant la mieux placee pour decider où investir ses fonds. Ainsi, chaque region peut bien se concentrer a capitaliser sur ses forces.»
      Cela a du sens mais une petite nation de huit millions d’habitants peut-elle prendre le risque d’une trop grande décentralisation? Quant aux Länder allemands, ils ne sont pas si récents (1949) qu’on pourrait le croire et ont en fait une histoire beaucoup plus ancienne puisqu’ils dérivent des petites principautés qui existaient avant l’unification du pays sous Bismarck. Disons que leur création n’avait rien de révolutionnaire et ne bouleversait pas trop les habitudes des Allemands.

      p.s.: J’ai pris soin de répondre à vos derniers commentaires samedi dernier. Je ne sais pas si vous avez pu en prendre connaissance.
      http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/2014/03/13/quebec-2014-les-5-priorites-du-montreal-inc/

    • @ A.Talon

      En effet, ce phénomène existe. C’est regrettable, mais le sentiment anti-Montréal existe aussi (surtout par les temps qui courent, mettant les démêlés récents concernant la corruption sur le dos des Montréalais). Bref, c’est l’œuf ou la poule. Mais je crois que c’est presque toujours le cas dans le monde lorsqu’une région métropolitaine occupe une proportion importante de la population d’un pays ou d’une province (le meilleur exemple est Paris). Cela créé un fossé, deux solitudes.

      @ Gabriel50

      Montréal est en effet difficile à gérer, mais pas impossible. Déjà, avec une plus grande autonomie de la métropole, on va diminuer le gouffre bureaucratique.

    • Les deux génies viennent de sortir de la bouteille, ça promet, nous n’avons rien vu.
      M.Leduc

    • Il y a des effets pervers à ce que les gouvernements supérieurs paient une trop grande part des infrastructures.

      Les gouvernements qui subventionnent veulent dépenser le moins possible en immobilisation. On construit des équipements qui coutent le moins chers possible mais qui sont peu durable. Le Pont Champlain en est un exemple.

      Les gouvernements qui reçoivent les subventions négligent l’entretien de ces équipements et privilégient le remplacement au détriment de l’entretien. On parle beaucoup des moisissures dans nos écoles mais peu de la cause qui est le manque d’entretien des toits et des systèmes de plomberie. Résultats: Il faut reconstruire à neuf à un cout beaucoup plus grand que celui de l’entretien.

      Présentement, on a assiste à l’élaboration de liste d’épicerie mais on devrait établir des règles d’entretien et de subvention des infrastructures pour réparer ou remplacer ce qui est déficient et ne pas avoir la même situation dans 20 ou 30 ans.

      Il en résulte que ça coute plus cher à l’ensemble des citoyens.

    • DES C L O W N S

      Bud Abbot et Lou Costello.

      Coderre veut ouvrir les bars jusqu’à 6h00. Les soûlons vont pouvoir frapper avec leur véhicule les travailleurs qui s’en vont à l’ouvrage. Et il veut parler directement à Ottawa: il n’avait qu’à rester député fédéral.

      Quand à l’autre bouffon, lui, comme les gens de Québec, il n’est pas pareil. Il veut un statut particulier, comme certains arrondissements de Montréal mais lui, ne toucher pas à l’homogénéité de sa ville. PAS PAREIL. Il chiâle que les maires précédents ont justement signé des conventions de fou mais il faudrait donner le pouvoir à Québec (ville) de rectifier le tout. Mois à la place de Labeaume, j’annexerais la moitié du territoire québécois à la ville de Québec et je laisserais l’autre partie annexé à Montréal. Mais seulement les parties qui font leur affaire.

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