Le blogue de François Cardinal

Archive, février 2014

Mardi 25 février 2014 | Mise en ligne à 12h51 | Commenter Commentaires (127)

La charte est un irritant majeur, selon le Montréal inc.

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Vous avez probablement vu passer ce «programme de relance» en dix points proposé par BMO et le Boston Consultancy Group, dévoilé tout à l’heure par Jacques Ménard et Denis Coderre.

Beaucoup de bonnes choses dans ce document, beaucoup de propositions éculées aussi, du type «spirituomanagerial» («se projeter dans l’avenir», «attirer des talents», «favoriser l’émergence de leaders»).

Je reviens ici sur le sujet, après m’être attardé aux grandes lignes du rapport en édito, car il y a dans l’étude un volet intéressant qui est passé inaperçu : un vaste focus group mené auprès de 50 leaders du Montréal inc.

Les auteurs de l’étude ont passé une heure avec chacun d’entre eux, d’Aldo Bensadoun (Aldo) à Michael Sabia (Caisse de dépôt), en passant par Rémi Marcoux (Transcon), Laurent Beaudoin (Bombardier) et Daniel Lamarre (Cirque du Soleil), afin de les entendre sur la relance de Montréal.

Les propos recueillis ne sont pas attribués, et c’est peut-être ce qui rend l’exercice intéressant.

Les leaders abordent les atouts de Montréal, ils citent quelques priorités potentielles, ils font la liste des «défis» de la métropole… et se permettant ainsi une rare incursion sur le terrain glissant de la langue et de l’identité, y allant de leur propre proposition sur ces sujets brûlants.

Parmi les problèmes de la métropole, on évoque les infrastructures («terribles», «honteux», «ville abandonnée»), le sous-financement des universités (6 825$ par étudiant au Québec, 7 867$ au Canada), le «labyrinthe administratif» de Montréal (qui décourage l’investissement), l’absence de pouvoir du maire de Montréal («qui n’a pas plus de pouvoirs qu’un maire de province») et le faible poids politique de la métropole («Montréal est victime de la politique»).

Puis certains leaders osent s’aventurer sur la question de la langue, soufflant le chaud et le froid en quelque sorte.

D’abord, ils estiment que le gouvernement aurait intérêt à cesser de jouer «défensif» : «plutôt que de faire du français une contrainte, il faudrait oser davantage, être plus proactif et affirmer le fait français comme un atout pour Montréal, notamment en regard du libre-échange avec l’Europe».

Mais ils soulignent, du même souffle, que «l’importance accordée à la connaissance du français dans la sélection des immigrants restreint le bassin de talents auquel Montréal peut avoir accès».

Leur proposition : «embrasser plus largement et investir davantage dans la francisation».

Quant à l’identité, on l’aborde sous l’angle de la charte, ou pour reprendre l’expression du rapport, sous l’angle du «malaise de la charte».

Les leaders se sont dits «préoccupés» par le maintien du caractère cosmopolite de Montréal. «Plusieurs ont spécifiquement abordé, et parfois en termes durs, le projet de charte» qui, à leurs yeux, pénalise la métropole.

«Elle viendrait perturber un vivre ensemble exceptionnellement harmonieux en introduisant une discrimination à l’emploi; elle rendrait plus difficiles l’attraction et la rétention de talents, alors que la croissance démographique de Montréal est déjà faible; elle viendrait aussi cautionner une certaine forme d’intolérance.»

Plusieurs croient que «ce projet mal avisé» cherche à rassurer des citoyens hors métropole qui sont peu exposés à l’immigration et à la richesse qu’elle représente, ce qui tend à accroître le fossé entre Montréal et les régions.

Une proposition est faite : promouvoir la diversité ethnique et religieuse dans l’ensemble du Québec plutôt que de voir comme un problème ce qui est une des forces de Montréal.

Bien dit.

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Samedi 22 février 2014 | Mise en ligne à 7h48 | Commenter Commentaires (45)

Recouvrement: Bergeron et Drapeau, même combat…

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On a salué le travail abattu en 100 jours par Denis Coderre, mais on devrait en faire autant pour Richard Bergeron.

Voilà un chef de l’opposition qui ne se contente pas de s’opposer, ce qu’il a prouvé une fois de plus, hier, en acceptant de travailler aux côtés du maire afin de piloter le dossier du recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie.

L’idée est venue d’abord dans les bureaux de Projet Montréal. On a pensé interpeler publiquement l’administration sur le recouvrement lors du conseil municipal de janvier, jusqu’à ce qu’une élue suggère plutôt, vu l’importance de l’enjeu, de rendre visite au maire, en privé, afin qu’il s’approprie ce dossier.

Fin janvier, Richard Bergeron a donc rencontré le maire Coderre qui, avant même que le sujet soit évoqué, lui a lancé : «faut que je te parle, je veux te donner un mandat… celui de piloter le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie.»

Trop beau pour être vrai? Les deux confirment, en tout cas.

Et d’une façon ou d’une autre, le résultat est inspirant : les deux «pitbulls», pour reprendre l’expression du maire, tenteront de donner au projet l’impulsion politique qu’il a manqué ces… 30 dernières années!

On l’oublie, mais déjà, en 1985, le gouvernement péquiste de René Lévesque avait envisagé de procéder à la cicatrisation de cette horrible plaie, avant de perdre les élections la même année.

Cette décision faisait suite à une visite du premier ministre, deux ans plus tôt, à l’hôtel de ville de Montréal. Le maire Jean Drapeau avait alors profité de cette rencontre pour tirer M. Lévesque par la manche jusqu’à la terrasse nord de l’édifice.

Sur place, il lui avait fait découvrir le magnifique panorama, avant de lui montrer du doigt le gouffre que représentait l’autoroute.

De retour à Québec, M. Lévesque avait mis sur pied un comité interministériel, lequel avait accouché en 1985 d’un rapport qui recommandait le recouvrement entre le Palais des congrès et la rue Sanguinet, la construction d’édifices ainsi que l’établissement d’un pôle d’attraction liant la vieille à la nouvelle ville.

Le coût à l’époque: 12 millions.

Bon, ça coûtera un peu plus cher que ça, et la portion maintenant envisagée ne s’étire que de Sanguinet à Hôtel-de-ville. N’empêche, la pertinence des travaux n’a fait que croître depuis. Et Montréal se retrouve encore une fois dans la position d’avoir à convaincre Québec.

Hier, en effet, il n’a fallu que quelques minutes après la conférence de presse du tandem Coderre-Bergeron pour que le cabinet du ministre Gaudreault ferme la porte au projet. «Les coûts qui y seraient associés sont trop élevés dans le contexte actuel», a-t-on répondu.

Peut-être. Mais la réponse est un peu trop rapide, à mon avis.

D’abord, on parle ici d’un recouvrement qui fait à peine deux pâtés de maisons. Ensuite, on veut en faire un legs du 375e au moment où Québec se dit prêt à en financer certains. Et enfin, il s’agit d’un complément naturel aux travaux du CHUM et du CRCHUM, qui feront converger dans ce secteur entourant la station Champ-de-Mars pas moins de 16 000 personnes par jour.

Une idée pour M. Bergeron: profiter de la campagne électorale à Québec pour imiter Jean Drapeau et inviter les chefs de parti sur la terrasse de l’hôtel de ville.

Une idée à envisager, selon vous? Le projet en vaut l’investissement?

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Vendredi 21 février 2014 | Mise en ligne à 6h44 | Commenter Commentaires (37)

Votre note sur 100 pour les 100 jours de Coderre?

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Vous n’avez pas aimé mon bilan des 100 premiers jours de Denis Coderre. Trop indulgent, me dites-vous.

Peut-être aviez-vous des attentes trop grandes pour trois petits mois. Ou peut-être en avais-je de trop basses.

Toujours est-il que je suis en désaccord avec ceux qui soutiennent que le maire n’a aucune réalisation à son actif, qu’il n’est qu’attitude et phrases creuses.

Je vous ai donc préparé un petit bilan en 10 bons coups et 10 mauvais coups, histoire d’alimenter votre propre bilan.

Bons coups…

• Le rétablissement des ponts avec le gouvernement du Québec

• La nomination d’Alain Marcoux comme directeur général

• La gestion de la saga BIXI

• L’intégration de l’EPIM à l’UPAC

• La sélection de Denis Gallant comme inspecteur général

• Le tandem Labeaume-Coderre, la main tendue aux villes du Québec, à l’UMQ et à la FQM

• La nomination de Marcel Côté en vue de la réforme administrative

• La nomination d’un comité exécutif solide, sans les restes d’Union Montréal

• L’approche résolument régionale du maire

• Le frein imposé à la hausse des dépenses de la Ville

Les moins bons coups…

• La réduction des fonds alloués à la STM

• La fin abrupte au contrat de Michel Labrecque

• Le feu vert à la démolition de la Maison Redpath

• Le recul sur le consensus de la CMM sur la hausse de la taxe sur l’essence

• La multiplication des priorités changeantes

• Les propos souvent flous et les formules toutes faites

• La hausse de taxes plus élevée que promise

• Le refus obstiné d’envisager un réseau de péages métropolitain

• Le recul sur certains pouvoirs promis pour l’inspecteur général

• Les limites imposées aux budgets d’arrondissements

À vous de donner une note au maire, maintenant, sur 100 disons…

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