Le blogue de François Cardinal

Archive, octobre 2013

Jeudi 31 octobre 2013 | Mise en ligne à 7h35 | Commenter Commentaires (57)

Marcel Côté, le candidat dilettante…

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Photo: David Boily

Ceci est le troisième de quatre bilans de la campagne électorale des principaux candidats à la mairie de Montréal.

Marcel Côté a eu de la difficulté à s’imposer tout au long de la campagne électorale. Ses envolées sonnaient faux. Il se perdait dans de longues explications. Il n’aimait pas plus serrer des mains qu’embrasser des bébés.

Puis en rencontre éditoriale avec La Presse à la mi-octobre, l’économiste s’est soudainement animé. Il parlait avec enthousiasme et vigueur. S’enflammait sur un détail. Parlait avec entrain. Même chose lors du débat de la Chambre de commerce, quelques jours plus tard.

En le voyant ainsi s’enthousiasmer à deux occasions, je me suis dit qu’il était curieux qu’il ne frappe pas plus souvent sur le clou économique puisqu’il semblait particulièrement stimulé par cet enjeu.

Puis j’ai regardé le face à face contre Denis Coderre à LCN, mardi soir. Et la chose m’a frappé : ce n’est pas tant les questions économiques qui l’animent que son travail de consultant…

Marcel Côté n’aime rien de plus que de mettre le doigt sur un problème, le circonscrire, le décortiquer, le retourner dans tous les sens, comme il le faisait chez Secor, qu’il a cofondé.

Retournez lire son discours lors du débat diffusé à Radio-Canada: il propose certes quelques solutions, plus nombreuses que ses adversaires, mais il s’attarde surtout aux problèmes qu’il a constatés depuis qu’il s’est lancé dans l’arène.

Il déplore qu’il n’y a pas un membre de l’exécutif spécifiquement responsable des finances. Il ridiculise l’ordre du jour de 50 pages du conseil municipal. Il évoque les chantiers de construction inactifs, allant jusqu’à les nommer.

Il fait remarquer que les gros projets d’immobilisation comme la réfection de la rue Sainte-Catherine ne se trouvent pas dans le plan triennal d’immobilisation de la Ville. Il se désole que deux sorties de camions de pompiers sur trois sont des appels de premier répondant et surtout, qu’on sorte alors un camion-échelle sans civière.

Et cela n’est qu’une courte sélection des nombreux accrocs cités par M. Côté, des accrocs qui supplantent de loin en nombre les propositions et engagements avancés ce jour-là. Et tous les autres jours avant et après…

En carrière, je n’ai vu personne mettre le doigt sur le bobo comme Marcel Côté l’a fait ces dernières semaines. Je n’ai jamais vu personne faire au pied levé un tel état des lieux, une telle analyse des problèmes qui plombent Montréal.

Il avait déjà commencé à le faire dans un rapport signé avec Claude Séguin, mais il lui manquait le terrain. Son évaluation théorique des structures s’est ainsi transformée pendant la campagne en un examen approfondi de la Ville et de ses maux : inefficacité, hyperbureaucratisation, structurite aigüe, etc.

Dans le fond, Marcel Côté n’a jamais réussi à se départir de son chapeau de consultant… ce qui l’a empêché de revêtir celui de candidat à la mairie.

Certes, il s’est lancé sur le tard, mais plus encore, il a mené sa campagne en dilettante.

Il s’est permis des vacances à l’étranger alors qu’il était un parfait inconnu pour la plupart des Montréalais. Il a soutenu qu’il ne ferait qu’un mandat s’il gagnait. Il n’a pas écouté les conseils de ses conseillers.

Il a aussi refusé de résumer son propos en clips de 15 secondes. Il a laissé passer les appels robotisés parce que son attention était ailleurs, puis il a minimisé leur portée. Il a participé à bien des événements sans vraiment y être. Il a surfé sur certains sujets qui l’intéressaient moins sans prendre le temps de les approfondir (il a qualifié les SRB de «trucs de bus» même s’il y en a un en chantier sur Pie-IX).

Et surtout, quand on lui demandait s’il voulait vraiment le poste de maire, sa réponse était tout sauf convaincante. En fait, dans certaines entrevues, il ne semblait même pas la vouloir…

Bref, Marcel Côté n’a jamais vraiment joué au candidat à la mairie, encore moins au chef de parti, se contentant de représenter la Coalition sans la diriger. La fin de sa campagne a été meilleure que le début, il semblait enfin prêt à en découdre hier soir à LCN, mais c’est hélas un peu tard…

On sait donc après cette campagne que M. Côté ferait un excellent conseiller pour le prochain patron de la Ville, qui aurait intérêt à l’embaucher. Il ferait un bon président du comité exécutif, étant certainement le meilleur des candidats à la mairie sur les questions de gestion, de gouvernance et de ressources humaines.

Et il pourrait aussi, possiblement, faire un bon maire. Le problème, c’est qu’il n’a pas tout fait pour nous le prouver.

Samedi: Denis Coderre

Mercredi: Mélanie Joly

Vendredi: Richard Bergeron

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Mercredi 30 octobre 2013 | Mise en ligne à 7h05 | Commenter Commentaires (141)

Mélanie Joly: tout ça pour ça?

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Photo: Robert Skinner

Ceci est le deuxième de quatre bilans de la campagne électorale des principaux candidats à la mairie de Montréal.

Pourquoi ne s’est-elle pas contentée de se joindre à un parti établi?

C’est la question que je posais à Mélanie Joly au début de la campagne, c’est la question que je continue à me poser à la fin de la campagne…

La chef du «Vrai changement pour Montréal» a fait une bonne campagne, entendons-nous. Elle a réussi à se détacher du groupe des candidats obscurs. Elle a réussi à s’entourer d’une cinquantaine de candidats. Elle a su imposer certaines de ses idées. Et elle a même réussi l’immense exploit de se hisser au 2e rang des sondages.

Ce n’est pas rien.

J’étais le premier à douter de la valeur de sa candidature. En juin dernier, je relatais une rencontre où elle ne m’avait pas fait grande impression. Elle répétait vouloir incarner le changement, mais j’étais alors incapable de saisir comment, sinon en s’appuyant sur son aplomb, son énergie et son assurance.

Quatre mois plus tard, je suis un peu moins sévère, je l’admets.

D’abord, elle a été impressionnante de solidité. Imperturbable face à d’importantes et nombreuses critiques, elle a gardé le cap, même après avoir perdu le seul membre connu et crédible de son équipe, Jean Fortier.

Ensuite, elle a mis de l’avant quelques bonnes idées qu’elle a su défendre sur la place publique. L’amnistie aux entreprises qui acceptent de dédommager les contribuables. Le remboursement de la taxe de bienvenue aux ménages avec enfants. Et aussi son réseau de SRB.

Fait peu connu, elle a consulté d’anciens dirigeants de la STM, donc l’ex-directeur général Yves Devin, avant de proposer un réseau de 130 km d’ici 2020. Une idée que devrait lui piquer le prochain maire…

Enfin, elle a su créer un mouvement d’appui qui l’a propulsée devant le très expérimenté Richard Bergeron. Jouant la carte de l’inexpérience positive, elle a su canaliser l’immense vote de protestation qui se cherchait manifestement un candidat.

Bravo.

Mais je lui pose néanmoins la question : pourquoi ne pas avoir joint un parti comme Projet Montréal ou une bannière comme Coalition Montréal, quitte à fonder son propre parti une fois son expérience municipale acquise?

Une bonne campagne ne fait pas une bonne mairesse…

Mélanie Joly demeure en effet grandement sous-qualifiée pour occuper le poste de maire d’une ville dotée d’un budget de 5 milliards $.

Ses discours ressemblent tantôt à des oraux scolaires tantôt à des entrevues d’emploi où l’on cite la méticulosité comme pire défaut…

Et surtout, elle défend bien certaines idées, mais elle ne passe pas le test de la 2e question, se contentant trop souvent de clips et de slogans. Elle manque cruellement de profondeur pour orienter les destinées d’une métropole, pour s’imposer auprès du conseil des ministres, pour prendre sa table au sein des regroupements de municipalités, etc.

Pourquoi donc se lancer seule à la mairie, sans expérience, plutôt que comme conseillère municipale, voire comme mairesse d’arrondissement? «Parce que Montréal a besoin de changement», me répondait-elle cet été.

Mais encore?

Qu’y a-t-il de si désagréable à faire ses classes dans une formation établie? Plusieurs candidates n’ayant pas mis les pieds au conseil municipal ont fait le saut comme simple élue membre d’un parti, enrichissant d’autant ce dernier, comme Elsie Lefebvre et  Josée Duplessis, par exemple. Cette dernière a ainsi fait ses classes pour devenir par la suite une présidente du comité exécutif respectée.

Je ne doute pas que la campagne qui s’achève aura été pour Mme Joly un succès immense. Mais à part un souvenir personnel ému, qu’en restera-t-il plus globalement? Son talent de communicatrice et ses idées novatrices n’auraient-ils pas pu enrichir un parti établi plutôt que d’être au service d’un «one-woman show» ponctuel?

Mme Joly a très peu de chance de remporter la mairie, et peu de ses candidats ont des chances d’accéder au conseil municipal. Si sa colistière, Marie-Claude Johnson, ne remporte pas son élection dans Côte-des-Neiges, là où elle se bat contre deux candidats de taille (Martin Bergeron de la Coalition et Peter McQueen de Projet Montréal), Mme Joly pourrait donc finir 2e à la mairie… mais être complètement absente du conseil municipal, elle et son parti.

Tout ça pour ça…

Après cette longue campagne, la question se pose : n’aurait-elle pas dû miser sur un «vrai changement» au sein d’un parti plutôt que «pas de changement du tout» après le 3 novembre?

Samedi: Denis Coderre

Jeudi: Marcel Côté

Vendredi Richard Bergeron.

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Mardi 29 octobre 2013 | Mise en ligne à 9h32 | Commenter Commentaires (22)

Rare coup d’oeil en coulisses de campagne…

Intéressante, cette incursion de la caméra où les caméras ne vont pas…

Jeudi soir, sur les ondes de Télé-Québec, l’équipe des Productions Bazzo Bazzo nous montrera en effet ce qui se déroule derrière les portes closes des partis et bannières politiques.

On y verra Marcel «l’anti one-liner» Côté, Mélanie «la météorite sortie de nulle part» Joly, Richard «j’aimerais bien en découdre» Bergeron et Denis «je réprime un bâillement» Coderre, entourés de leurs stratèges et faiseurs d’images.

«Une ville en campagne», un rare documentaire sur la politique municipale qu’il ne faut pas manquer, surtout si on ne sait toujours pas pour qui voter…

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