Le blogue de François Cardinal

Archive, septembre 2013

Lundi 30 septembre 2013 | Mise en ligne à 17h31 | Commenter Commentaires (86)

Voies réservées: intéressant… si elles voient le jour

hhh

Québec a annoncé hier qu’il allait doubler le réseau de voies réservées pour autobus dans la région de Montréal. Il s’agit d’une annonce franchement ambitieuse et intéressante.

L’annonce est ambitieuse, d’abord, parce que le gouvernement Marois compte dérouler en 24 mois plus de 200 kilomètres de nouvelles voies réservées, soit l’équivalent du réseau actuel… qui a pris 30 ans à se développer!

L’annonce est intéressante, ensuite, parce que le gouvernement finance 100 % des futures voies réservées, un geste de bon augure à la veille du dévoilement de la «politique de mobilité durable du Québec».

Si on souhaite réduire l’étalement urbain et le recours à l’autosolo, comme ont promis de le faire les gouvernements successifs depuis des décennies, c’est un premier pas enthousiasmant. Je dirais même, un bond en avant.

On n’a qu’à voir les succès qu’engrange la STM depuis quelques années en misant sur l’autobus et ses déclinaisons pour s’en convaincre. Sans avoir développé de grands projets, la Société de transport a réussi à augmenter le nombre d’usagers de 12 % en bonifiant pour la peine l’offre de service du bus.

Gros potentiel, petite facture…

Cela dit, soyons clairs, ça va hurler dans les chaumières. Ou plutôt, dans les automobiles.

La STM a misé en grande partie sur une multiplication des autobus et des heures de service. Ce que le gouvernement compte faire, c’est prendre des voies routières puis les transformer en voies de transport collectif.

Quand on voit la difficulté avec laquelle Montréal déploie son réseau de pistes cyclables, qu’elle peine à multiplier par deux tel que promis, on peut s’interroger sur le réalisme de l’annonce du gouvernement.

Il faut donc féliciter le gouvernement du PQ pour sa vision audacieuse. Mais au risque de paraître cynique, reste maintenant à voir ce qu’en fera le parti au pouvoir, peu importe son allégeance, une fois les prochaines élections provinciales passées…

Le doublement des voies réservées, j’y croirai quand je le verrai.

Lire les commentaires (86)  |  Commenter cet article






Lundi 30 septembre 2013 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (16)

J’ai inclus Mélanie Joly. Voici pourquoi…

X113_71F4_9-420x280

Je ne sais pas si Mélanie Joly a autant de partisans que les courriels reçus ces derniers jours le laissent croire, ou si l’ampleur de la réponse à laquelle j’ai eu droit fait partie d’une stratégie organisée, quoi qu’il en soit, son exclusion des pages débat de La Presse lundi dernier a fait réagir…

La semaine dernière, en effet, j’ai entamé une rubrique électorale qui permet aux candidats de répondre, dans leurs mots, à une question que je leur pose. Je demandais alors à MM. Côté, Coderre et Bergeron comment réduire la congestion (leur réponse est ici).

Mélanie Joly avait alors été exclue de la tribune parce que je ne jugeais pas qu’elle faisait partie des «principaux candidats». Elle démontrait certes un dynamisme impressionnant, mais elle ne pouvait compter pour autant sur une vaste équipe, pas plus qu’elle ne pouvait aspirer à une chance minimale de remporter la mairie.

Aujourd’hui, je pose une deuxième question aux candidats (comment faire de Montréal une ville plus prospère?), et Mélanie Joly fait partie de ces derniers (les réponses des quatre chefs est ici).

Non, ce n’est pas en raison de la grogne des lecteurs qui m’ont écrit, pas plus que de ses pancartes électorales ou de l’acharnement personnel de certains de ses partisans sur les réseaux sociaux. Plutôt, elle a franchi le seuil que j’avais fixé.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a signifié à Mme Joly qu’elle serait de son débat des chefs si elle dépasse la barre des 10 % dans le prochain sondage. Pas d’accord. Non seulement les enquêtes d’opinion ont-elles leurs limites au municipal, mais il n’est pas dit qu’il y en aura une avant le jour J.

Personnellement, j’avais fixé le seuil à 52 candidats, soit la moitié des postes électifs potentiels. Au-delà de ce nombre, le candidat peut se targuer d’avoir une véritable équipe, de nourrir des ambitions «panmontréalaises», d’avoir une chance minimale de se retrouver au conseil municipal.

Or le «Groupe Joly» a annoncé ces derniers jours son 47e candidat, et il dévoilera le nom d’au moins cinq autres dans les prochains jours.

Je tiens à le souligner, je n’émets absolument aucun jugement de valeur sur la candidature de Mme Joly, mais je constate qu’elle a des candidats dans la plupart des arrondissements et qu’elle a démontré le sérieux de sa démarche. D’où sa présence.

Lire les commentaires (16)  |  Commenter cet article






Samedi 28 septembre 2013 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (61)

Pourquoi ne pas changer le nom de la rue de Bleury?

Gary Carter a sa rue, mais pas David Jerome Spence.

Pas étonnant, direz-vous, il ne reste qu’une poignée de personnes se souvenant de l’architecte David Jerome Spence. Il est tombé dans un grand trou de notre mémoire collective. Et ce, les amateurs de baseball me le pardonneront, même s’il a laissé à Montréal un legs bien plus important que le receveur des Expos…

Spence (1873-1955) est cet architecte américain qui a dessiné l’ancien bureau postal du 1700 Notre-Dame (photo ci-dessus), dans la Petite Bourgogne, dont la toute récente restauration est un cadeau inestimable à la métropole. Financé par la mécène belge Isabelle de Mévius et conçu par le regretté Luc Laporte, ce nouveau «lieu d’art et de dialogue» fait revivre un bâtiment néoclassique au moment précis de son 100e anniversaire. Bravo.

Cela dit, cet édifice n’est qu’un tout petit aperçu de l’œuvre de Spence, beaucoup plus connue qu’on pourrait le penser. Ce dernier a en effet signé des bâtiments aussi significatifs que l’édifice Unity, la Maison Seagram, le Belgo, le cinéma Impérial et… l’hôtel de ville de Montréal, en consortium. Vous retrouverez la liste impressionnante de ses oeuvres ici.

Et pourtant, l’homme qui a dessiné des dizaines d’édifices (à Montréal principalement, mais aussi ailleurs, comme la fameuse Auberge Grand-Mère de Shawinigan) n’a droit à aucune rue, aucune place, aucun lieu de mémoire.

Quand j’ai appelé aux Archives de Montréal, on m’a simplement redirigé vers le Centre canadien d’architecture…

«C’est bien dommage, selon l’architecte Luce Lafontaine, qui connaît bien l’œuvre de Spence. L’homme mériterait bien une certaine commémoration, tant il a laissé sa marque à Montréal.»

Ce qui est impressionnant, c’est le nombre d’édifices qu’il a conçus, mais aussi la diversité des styles qu’il a abordés : école de Chicago (Unity et Belgo), néoclassique (1700), néo-Renaissance italien (caserne 3 dans Griffintown), art déco (le bain Hogan), tudor gothique (le manège Cathcart), etc.

«Ces immeubles présentent tous une maîtrise des principes Beaux-Arts, équilibre de la composition et clarté du plan notamment, tout en faisant usage d’un éclectisme stylistique frappant», précise Luce Lafontaine.

Cela dit, j’ai eu le privilège, la semaine dernière, de faire le tour des bâtiments de Spence avec Luce Lafontaine et nul autre que… Spence junior, son petit-fils. Américain comme son grand-père, il était de passage à Montréal pour voir de ses yeux le 1700 La Poste et du coup, découvrir la richesse de l’héritage familial.

«Mon grand-père est peut-être né aux États-Unis, il est véritablement devenu Montréalais avec le temps. Quelques années après avoir fait ses études au MIT, il s’est installé à Montréal (en 1901) et n’a jamais quitté la ville par la suite.»

L’homme a donc beaucoup donné à Montréal. Ne serait-il pas du devoir de Montréal de lui redonner à son tour?

Spence, qui repose au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, ne devrait-il pas avoir droit à une rue en son nom, lui aussi?

Au risque de provoquer un crime de lèse-patrimoine, j’ose une proposition. Pourquoi ne pas renommer la rue de Bleury? Le notable Clément de Sabrevois de Bleury et sa fille Marie-Rosalie ont certes légué de vastes terres sur lesquelles Montréal a pu se bâtir, mais cela, me semble-t-il, a bien peu de résonnance patrimoniale en comparaison avec l’héritage architectural de Spence dans le secteur.

Dans le seul tronçon de la rue de Bleury allant de Sherbrooke à Sainte-Catherine, on retrouve en effet le Black Watch, la Banque TD, le cinéma Impérial et le Belgo. Tous signés par Spence.

Je comprends qu’on n’ait pas voulu imposer à l’ensemble Parc et Bleury le nom de Robert-Bourassa, tant le «Park avenue» a son importance. Mais il me semble qu’il ne serait pas bien difficile de rebaptiser le seul segment allant de Sherbrooke à Viger du nom du principal architecte y ayant œuvré, non?

Lire les commentaires (61)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    septembre 2013
    D L Ma Me J V S
    « août   oct »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives