Le blogue de François Cardinal

Archive, août 2013

Samedi 31 août 2013 | Mise en ligne à 8h18 | Commenter Commentaires (74)

Montréal est sous tutelle…

644839-yves-francois-blanchet

Avec la corruption, la collusion et toutes les révélations qui affectent Montréal, plusieurs observateurs demandent à Québec de resserrer la bride de la métropole.

Or au contraire, c’est d’une plus grande autonomie dont elle a besoin…

On a eu eu une preuve de plus, cette semaine, avec l’intervention inopinée du gouvernement dans le dossier des centres de compostages. La Ville avait beau avoir choisi et avalisé la localisation du complexe environnemental Saint-Michel, le ministre de l’Environnement a décidé d’imposer ses vues : c’est non.

Un simple communiqué de presse a été publié, sans avertir l’administration Blanchard, et c’en était fait de ce futur centre de traitement des matières organiques…

Remarquez, je m’étais opposé à ce site. À mon avis, les gens de Saint-Michel ont déjà donné en terme de déchets. Et en ce sens, je rejoins les arguments de Denis Coderre. Mais contrairement à Denis Coderre, je trouve la décision de Québec déplacée, surtout en cette période préélectorale. C’est à la Ville de juger de l’acceptabilité sociale du site, d’avoir le dernier mot pour ce projet éminemment local, pas à un ministère.

Il s’agit d’un exemple de plus (parmi tant d’autres dont je vous épargne l’énumération) de la trop grande implication du gouvernement, qui impose une sorte de tutelle soft à la métropole, une tutelle sans le nom qui nuit à la bonne marche et surtout, à la bonne gouvernance de la Ville.

Le problème de Montréal, c’est qu’elle a tous les atouts d’une métropole, mais qu’elle est traitée comme une banale municipalité assujettie au grand patron, le gouvernement. Son maître est donc à la fois le ministre des Affaires municipales, ses collègues des autres ministères impliqués dans la métropole et, bien sûr, le premier ministre. Ah oui, et le maire de Montréal aussi, un peu.

Voilà une situation qui encourage, voire alimente la déresponsabilisation de ceux qui ne dirige Montréal qu’à moitié.

Autrement dit, qui est redevable à qui? Où sont les limites d’actions de chacun? Et l’imputabilité commence et finit où exactement?

«Ce n’est pas compliqué, Montréal est actuellement un no man’s land d’imputabilité», m’a indiqué Denis Saint-Martin, spécialiste de l’administration et des politiques publiques à l’Université de Montréal, dans une entrevue accordée pour mon prochain livre, à paraître dans quelques jours.

«Il y a un problème d’immaturité politique et organisationnelle qui explique l’irresponsabilité politique auquel on assiste depuis plusieurs années, ajoutait-il. Il faut donc plus de pouvoir pour Montréal, pas moins. Il faut que Montréal soit davantage redevable, imputable.»

En un mot, la métropole doit être traitée comme telle. Avec les pouvoirs et les revenus qui accompagnent un tel statut.

Lire les commentaires (74)  |  Commenter cet article






Jeudi 29 août 2013 | Mise en ligne à 13h12 | Commenter Commentaires (36)

En ville sans ma voiture: rendu-là, tirons la plogue…

perimetre-2013

Qu’est-ce qui est le plus risible?

Tenir l’événement en ville sans ma voiture au sein d’un grand périmètre où ne circule aucune voiture? Ou le tenir dans un minuscule périmètre pour s’assurer qu’on ne dérange pas les voitures qui y circulent?

Bien franchement, je ne sais pas.

Je trouvais pitoyable, en 2012, qu’on fête les 10 ans de l’événement en le confinant dans le Vieux-Port, là où les automobilistes n’ont pas le droit de se promener. Et je trouve tout aussi pitoyable, cette année, qu’on enferme cette manifestation festive dans un parc, se contentant d’étendre le périmètre à quelques bouts de rue insignifiants.

Voyez le plan ci-dessus: l’événement se tiendra le 20 septembre prochain au Square-Victoria, un petit périmètre auquel se grefferont de petits tronçons des rues McGill, Saint-Jacques et Viger. Minable.

Rendu-là, à quoi bon continuer? À quoi bon faire travailler des équipes de gens dévoués pour se contenter de distribuer des brochures et des cartes Opus? À quoi bon tenir un événement qui se limite à une sensibilisation bon-enfant d’une autre époque?

Il faut se rappeler que l’idée, initialement, était de tenir un événement «revendicateur» qui obligeait tout le monde à revoir ses habitudes, le temps d’une petite journée. Si cela faisait réagir en plus, tant mieux, car un nécessaire débat pouvait ainsi s’ensuivre.

Mais aujourd’hui, bien franchement, les cônes et chantiers font bien plus réfléchir que cet événement qui a perdu toute raison d’être. À moins de revenir au centre-ville avec un périmètre plus imposant, il est temps de rouler les tapis de gazon synthétique pour de bon et de trouver une façon plus moderne, efficace et subversive de dépenser des fonds publics pour sensibiliser les automobilistes…

Lire les commentaires (36)  |  Commenter cet article






Lundi 19 août 2013 | Mise en ligne à 7h13 | Commenter Commentaires (41)

Quand la France prend exemple sur Montréal…

fff

Nul n’est prophète en sa ville…

Les tables de quartier de Montréal font un boulot essentiel sur le terrain. Elles sont de toutes les consultations, elles aident des projets à éclore, elles veillent sur le bon développement des quartiers en tenant compte de l’aménagement urbain, de l’habitation, du transport, de l’éducation, de l’emploi…

Et pourtant, les tables de quartier de Montréal ne font jamais les manchettes. Elles sont même plutôt méconnues, ici à Montréal… alors qu’elles sont devenues, cet été en France, un véritable modèle à répliquer.

Le mois dernier, François Lamy, le ministre qui souhaite imposer «une réforme radicale de la politique de la ville», a reçu le rapport du groupe de travail sur la participation «des habitants». L’objectif est à la fois de contrer la baisse de la participation électorale et les maux des quartiers populaires.

On retrouve dans le rapport intitulé «Ça ne se fera plus sans nous» pas moins de 30 recommandations, dont une directement inspirée de Montréal : l’instauration de tables de quartier calquées sur le modèle montréalais, qui est d’ailleurs décortiqué dans le document.

«Les tables de quartiers, écrit-on, sont des tables de concertation communautaires (communautaire étant ici entendu comme collectif) qui œuvrent à l’amélioration des conditions de vie de la population dans une perspective de justice sociale et de prise en main par les citoyens de l’avenir de leur quartier.»

Déjà, le ministre a promis d’implanter dès la rentrée une douzaine de tables de quartier, à titre de projet-pilote. D’autres devraient suivre.

La nouvelle est digne d’intérêt à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle confirme que Montréal est à cheval entre les cultures françaises et anglo-saxonnes. La France conçoit l’État du haut vers le bas, tandis que les Anglais ont tendance à le voir du bas vers le haut. Le Québec, à cheval entre les deux, devient ainsi un modèle intéressant.

Ensuite, cette nouvelle dirige les projecteurs sur un fait observable, mais dont on parle peu : l’intérêt grandissant pour l’implication citoyenne à Montréal.

On observe en effet une hausse de l’assistance dans les consultations publiques ainsi qu’une augmentation des présentations et des dépôts de mémoires. Sur le terrain communautaire aussi, on sent un regain d’intérêt. Que ce soit au sein d’organismes nouvellement créés, comme la Coalition vélo de Montréal, au sein d’organisation reconnue, comme Culture Montréal et Vélo Québec, ou dans les arrondissements, au sein, justement des 29 tables de quartier.

On en entend peu parler, mais ces dernières sont responsables de bien des projets qui ont vu le jour localement au cours des années, en plus de mousser infatigablement la participation des citoyens par divers types d’assemblées, comme les cafés urbains de Verdun et Mercier-Est, les assemblées citoyennes de Montréal-Nord, le Forum social de Rosemont, les forums citoyens dans Mercier-Est et Anjou.

Voilà, très précisément, ce que les Français veulent répliquer. Une consécration dont les tables de quartier et la Coalition qui les représente peuvent être fières, mais aussi les citoyens qui participent de plus en plus au devenir de leur ville.

Lire les commentaires (41)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    août 2013
    D L Ma Me J V S
    « juil   sept »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Archives