Le blogue de François Cardinal

Archive, juillet 2013

Jeudi 4 juillet 2013 | Mise en ligne à 7h40 | Commenter Commentaires (35)

Confession: j’aime les partis politiques…

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Je l’avoue, même si ça semble être une maladie honteuse par les temps qui courent : je suis en faveur des partis politiques sur la scène municipale…

À mon avis, ils permettent d’accomplir plus de choses, plus efficacement. Ils permettent d’agir plus rapidement, avec plus de cohérence. Ils donnent un sens et une vision à l’engagement de chacun, qui travaille ainsi dans un but commun.

Mais je dois reconnaître que ce n’est pas exactement ce dont Montréal a actuellement besoin…

La Ville a en effet besoin d’être plus transparente. Les élus doivent être davantage surveillés. La gouvernance doit être repensée avec doigté. Les décisions doivent être prises avec plus de précautions.

Autant de choses qu’une coalition ou un rassemblement ponctuel d’élus peut mieux faire qu’un unique parti au pouvoir.

Je vois donc d’un bon œil la formation de la Coalition pour Montréal de Marcel Côté. Je juge positivement les bases sur lesquelles s’est créée L’Équipe Coderre, une «bannière» formée d’indépendants qui n’ont pas à suivre de ligne de parti. Et j’aime l’idée du «comité exécutif collégial» regroupant des membres de divers partis que propose Projet Montréal.

Autant de belles et intéressantes propositions… dans le contexte actuel.

La scène politique est en profond bouleversement, Vision Montréal s’est en quelque sorte sabordée sans le dire, Union Montréal a disparu, les nouveaux candidats n’osent pas créer de partis.

Mais tout ce chambardement est ponctuel, comme l’est ce besoin de forcer des coalitions pour montrer patte blanche. Car si ces dernières offrent plus de transparence et de contrepouvoirs, nécessaires aujourd’hui, elles ralentissent aussi la prise de décision, elles sont vulnérables aux frictions, elles peuvent donner l’impression de voguer sans direction.

Les partis ont cela de bon qu’ils relèvent habituellement le niveau du débat public et augmentent par le fait même la participation électorale en tenant des congrès, en élaborant des programmes, en faisant valoir leurs positions et en présentant aux électeurs un choix clair. Surtout lorsqu’ils suivent une idéologie plus qu’un chef (RCM, Projet Montréal) ou lorsqu’ils occupent une niche définie (Union Montréal = décentralisation, tandis que Vision Montréal = centralisation).

Donc oui aux coalitions et aux administrations collégiales en ces temps troubles, mais évitons de déclarer la fin des partis politiques.

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Mardi 2 juillet 2013 | Mise en ligne à 17h41 | Commenter Commentaires (86)

Relation autos-vélos: on respire par le nez, svp…

Oubliez la langue, oubliez la religion. LE sujet explosif de l’heure, c’est la relation qu’entretiennent cyclistes et automobilistes…

J’ai écrit deux textes en fin de semaine, en édito et en billet, et je ne peux faire autrement qu’y revenir tant les critiques ont été nombreuses. Et le mot «critiques» est un euphémisme : il s’agit plutôt d’un tsunami de fureur qui a déferlé sur le blogue et dans ma boîte de courriels!

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«Wow! De par ta lecture du sujet, m’écrit-on, tu te qualifies pour le poste vacant à Laval!»

«Persécuté par la police… Êtes vous membres du Black bloc? C’est triste de voir des gens comme vous qui rejetez toutes règles», me lance un autre.

On traite les cyclistes de «pestes défendues par des associations», d’«indécrottables délinquants». On pourfend le «cyclisme», le qualifiant de «religion dont les fidèles ont toujours raison, comme le catholicisme, l’écologisme et l’islamisme».

Il est toujours étonnant de voir à quel point bon nombre d’automobilistes semblent en colère. Suffit de parler du prix de l’essence, des resquilleurs ou des radars photo pour recevoir une avalanche de réactions agressives…

Mais bon, tentons de respirer par le nez malgré l’épisode de smog.

Que me reproche-t-on, et par la bande à tous les cyclistes urbains? D’exiger un traitement privilégié, de refuser les règles qu’on applique aux automobilistes, d’être soustrait du Code de la sécurité routière.

Or au contraire, je demande précisément l’inverse : que les cyclistes soient traités exactement comme les automobilistes… avec discernement.

Connaissez-vous un automobiliste qui a reçu une contravention parce qu’il a klaxonné sans que ce soit une «nécessité» (interdit selon l’art. 256)? Parce qu’il a «freiné brusquement» (art. 439)? Parce que son auto est dotée d’«un écran pouvant afficher de l’information» (interdit selon l’art. 439 même si presque toutes les autos neuves en ont un)?

La police applique (habituellement) le Code avec jugement. Elle punit les automobilistes qui roulent trop vite, qui conduisent dangereusement, qui mettent la vie des autres usagers en danger. Mais elle laisse tomber les règlements qu’elle juge désuets ou abusifs. Elle choisit délibérément, par exemple, de ne pas donner de contraventions aux milliers d’autos qui se stationnement chaque jour à moins de 5 mètres d’un stop sur l’île de Montréal (même si c’est interdit selon l’art. 386).

Voilà très précisément le traitement que je demande pour les cyclistes : une application intelligente du Code… en attendant qu’il soit dépoussiéré.

Un vélo sans réflecteur sur les pédales en pleine ville en plein jour ne représente pas un grand danger (que fait-on des pédales à clip?). Un pignon fixe doté d’un seul frein non plus. Un cycliste qui ralentit à l’arrêt et cède le passage au besoin ne mérite pas qu’on l’arrête. Pas plus que le cycliste qui roule lentement sur une rue piétonne à 6 h du matin.

Par contre, que l’on punisse avec force les cyclistes qui passent sur la rouge, qui roulent sur le trottoir, qui coupent les piétons. Que l’on augmente même les amendes pour envoyer à ces derniers un message dissuasif (voyez que je ne suis pas anarchiste…).

Mais de telles opérations ne peuvent se faire en embuscade, d’où mon irritation face à ces «trappes à tickets» pour cyclistes. Les radars photo s’attaquent à un comportement dangereux bien ciblé, mais les embuscades à vélo servent surtout à distribuer des contraventions pour des infractions mineures dont l’effet à long terme doit être à peu près nul.

Bien d’accord avec ce lecteur qui me dit qu’«il y a trop d’automobilistes qui peinent à lever le pied et trop de cyclistes qui peinent à le déposer.» Qu’on s’occupe donc de ces deux types de délinquants de la route, qu’on augmente même les ressources pour les freiner s’il le faut.

Mais de grâce, qu’on fasse preuve de discernement en laissant les autres tranquilles.

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