Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Jeudi 27 juin 2013 | Mise en ligne à 7h21 | Commenter Commentaires (27)

    Le perdant de la course: non, ce n’est pas Coderre…

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    Ça ne serait pas tant Laurent Blanchard qui aurait gagné la course à la mairie que Denis Coderre qui l’aurait perdu, si l’on en croit diverses interprétations.

    Je ne suis pas complètement en désaccord. Harout Chitilian est un candidat putatif de l’Équipe Coderre. Plusieurs de ses partisans sont aussi de l’Équipe Coderre. D’où la chronique de ma collègue Ouimet («Opposition 1, Denis Coderre 0») et la une du Journal de Montréal («Revers pour Coderre»).

    Soit. Mais je vous propose néanmoins une autre hypothèse: le perdant de mardi est plutôt Richard Bergeron…

    En gros : le vote de mardi confirme que Montréal est dans une dynamique de coalitions, non pas de partis politiques, un phénomène que tout le monde semble avoir compris… sauf le chef de Projet Montréal.

    Je m’explique.

    Il existe actuellement, de manière implicite, deux blocs au conseil municipal: d’un côté l’Équipe Coderre et les anciens d’Union Montréal; et de l’autre, Vision et Projet Montréal.

    Les groupes ne sont pas étanches. On retrouve d’anciens UM du côté de la coalition et d’anciens VM du côté Coderre. Mais règle générale, deux blocs presque égaux s’affrontent dans une dynamique : coalition (Harel et Bergeron) contre opposition (Coderre et UM).

    D’où la victoire à l’arraché de Laurent Blanchard (30 à 28). D’où cette «odeur de défaite pour le clan Coderre».

    Mais derrière cette soi-disant défaite, il y a une victoire pour l’ancien député fédéral. Car son équipe existe bel et bien, tandis que la coalition n’est qu’une fabrication ponctuelle qui disparaîtra le 3 novembre prochain. Son équipe récolte donc 28 voix, mais Vision et Projet Montréal doivent se partager les 30 autres…

    Ainsi, derrière la soi-disant victoire de Harel et Bergeron, il y a une défaite : en rangs dispersés, ni l’un ni l’autre ne fait le poids contre Coderre. C’est vrai au conseil municipal, et c’est possiblement aussi vrai au sein de l’électorat si on se fie au sondage CROP du mois dernier (à prendre avec des pincettes, évidemment).

    Pourquoi Bergeron, qui a tout de même hérité de la présidence du comité exécutif, est-il le perdant de cette minicourse à la mairie dans ce cas? Parce qu’une toute nouvelle coalition se trame en coulisse autour de Marcel Côté. Une coalition regroupant l’essentiel de Vision Montréal. Une coalition, annoncée dans quelques jours, qui pourrait attirer autant d’anciens d’Union Montréal que l’Équipe Coderre.

    Résultat : les forces en présence risquent de se réaligner en deux blocs forts, deux coalitions… dont sera hélas complètement exclu Projet Montréal.

    L’intransigeance du chef, qui a refusé de discuter de toute fusion, voire de toute alliance avec Louise Harel, pourrait ainsi l’isoler. Car c’est ce refus de pactiser, même si les derniers mois ont prouvé que Vision et Projet Montréal ont plus en commun qu’ils ne l’avouent, qui a ouvert la porte à la formation d’une coalition autour de Marcel Côté.

    Or le résultat de mardi montre qu’à lui seul, malgré toutes ses bonnes idées, Bergeron risque de ne pas faire le poids face à Coderre…


    • À cinq mois des dernières élections fédérales, plusieurs auraient prédit zéro sièges au NPD au Québec. Ils en ont raflé 59…

      Une campagne électorale, c’est la chose la plus volatile au monde. Alors prédire l’isolement d’un parti sur la base d’un vote du Conseil municipal basé sur les élections de 2009, c’est n’importe quoi.

      On verra en novembre.

    • Tout à fait d`accord avec vous. Coderre de toute facon n`avait rien à voir dans cette nomination et n `avait pas avantage à s`en mêler.

      C`est tout le même groupe qui fait partie du problême que d`autres appellent innocents, qui était concerné. Que un ou l`autre ait été choisi ne change rien. Ce qui importe c`est que le 3 novembre tout ce groupe soit rayé du portrait. Que Coderre fasse partie de la releve ca c`est autre chose…

    • Excellente analyse, tout est dit. il ne reste plus qu’à jouer la partie, vivement la campagne électoral.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • J’ai trouvé curieux que durant la course, on ne mettait pas l’emphase sur le fait que Chitilian était le candidat de Coderre mais que l’emphase fût mis là dessus dans plusieurs médias après le vote…ça sentait le spin de l’équipe Harel bien organisé et repris paresseusement et/ou avec délice par certains journaliste. Parions-nous que dans le scénario inverse, la chronique de Michelle Ouimet n’aurait pas été titrée Coderre 1, Opposition 0? Je mets bien 100$.

    • Bien d’accord avec vous. Le dogmatisme et par conséquent l’intransigeance de Richard Bergeron est son véritable talon d’Achille. Tout de même surprenant que Projet Montréal ait accepté que son candidat, François Croteau, se désiste en faveur de celui de Vision Montréal, Laurent Blanchard, dans la «course» à la mairie intérimaire.

      Tout de même exceptionnel également que les deux réussissent à se «coaliser» sans problème majeur depuis novembre dernier car, Richard Bergeron, au cours des années encore plus que Louise Harel, a souvent donné l’impression que son véritable adversaire était celle-ci bien plus que les escrocs au pouvoir qui se gaussaient allègrement…

      Autant lui que Louise Harel réalisent-ils que s’ils avaient fusionné leurs formations lors de la dernière élection, ils auraient empêché l’inqualifiable Gérald Tremblay et sa bande de continuer à nous arnaquer à l’os et que même en novembre prochain, ils auraient une chance, si mince soit-elle, d’empêcher d’autres carriéristes, arrivistes et/ou profiteurs de tout acabit d’où qu’ils viennent d’accéder à la mairie?

      A constamment patauger dans les mêmes ornières partisanes à tous crins on se retrouve toujours enfermés dans les mêmes culs-de-sac…

      Pierre Samuel
      Montréal

    • La seule vrai joute qui compte sera celle de novembre, devant l’électorat.

      Mais s’il faut se prêter au jeu de l’analyse des coulisses de la politique municipale, disons que je me range à votre interprétation. Projet et Vision ne peuvent battre Coderre qu’en se liguant contre lui, mais quand la campagne commencera réellement, ce sera chacun pour soi.

    • Intéressant que Vision Montréal, qui trouve désormais son support auprès des régions souverainistes et francophones de l’île, aille se rapprocher de Marcel Côté, chantre du faisage de piasses ultra-fédéraliste qui se comporte déjà en roitelet (voir la chronique de Marissal). La population est dupe dans bien des domaines, mais pas dans quelque chose comme ça. Autrement dit, Vision va tout perdre.

    • N’oublions pas une chose toutefois. Ce que les élus font entre eux (coalition, luttes de pouvoir, etc.) ne se transpose jamais de façon directe dans la population. Pas certain que les pro-Bergeron se voient voter pour Harel aux prochaines élections.

      Les jeux de coulisses ne représentent pas les tergiversations des électeurs.

      Bref, si quelqu’un veut battre Coderre et son groupe, il devra se présenter avec un groupe uni devant l’électorat et non comme un simple amalgame de gens opposés à la candidature de l’ex-député de Bourassa.

      De mon côté, j’aurais aimé voir un «ticket» Coderre-Côté au sommet de la hiérarchie montréalaise. Le vendeur bulldog et l’universitaire posé. Le choix aurait été facile et les compétences de chacun bien utilisées.

    • En lisant votre article sur ce qui se passe au niveau municipal je ne peux faire autrement que d’attraper une grosse migraine. J’imagine que les Montréalais aussi doivent avoir du mal à s’y retrouver avec leur mairie. Autrefois, (avant Tremblay) les citoyens sentaient qu’il y avait une «âme» à l’Hôtel de Ville de Montréal et qu’ils pouvaient être fiers de leur métropole.

      Aujourd’hui, depuis Tremblay, il ne faut plus parler d’âme à la maire de Montréal, il faut parler d’une gang de gallinacés qui ont fait de l’Hôtel de Ville leur poulailler. Le devise est devenu: «Au plus fort la poche», et ayons à l’œil les goussets des citoyens.

      Qui gagne qui perd aujourd’hui? Le citoyen est le plus grand perdant. Ceux et celles qui vont se présenter à la Mairie n’ont rien qui pourrait ressembler à «une âme sur deux pattes», vraiment pas. Les Montréalais doivent encore rêver de candidatures prestigieuses, intègres et capables de faire lever sans hésitation un électorat. Nous en sommes pas encore là, hélas.
      Gilles Pelletier, Québec

    • Je ne souscrits pas à votre interprétation. Comment le vote des présents élus peut être assimilés au vote des élections?

      Avec les multiples scandales touchant l’équipe actuelle d’Union Montréal, vous ne croyez pas que ceux-ci se feront désavouer par les électeurs??

    • UN PAS DE PLUS VERS UNE DIRECTION HONNÊTE :

      Richard BERGERON demeure LA référence d’un chef de parti politique basé avant tout sur l’intégrité. Doit-il s’allier à d’autres partis à la feuille de route discutable pour parvenir à son objectif à la mairie de Montréal ? En tant que résident de Montréal, je ne le souhaite vraiment pas. Je préfère nettement que les citoyens qui votent pour lui et ses gens le fassent pour un idéal de ville à partager plutôt que pour des intérêts pécuniers à récolter par la bande.

      En ce sens, l’élection de Laurent BLANCHARD à la mairie de Montréal est une concession tout à fait appréciable. D’autant plus que c’est Josée DUPLESSIS de Projet Montréal qui hérit du poste de présidente du comité exécutif.

      Aux prochaines municipales, nous saurons si les montréalais optent pour la magouille conventionnelle ou pour la vision d’une ville en santé, sous toutes ces formes.

      andré boulanger

    • Les coalitions sont une bonne chose, elles offre la posibilité d’applanir les guerres de clochers. Mais il faudra aussi éliminer les maires d’arrondissements après les élections.

      Il y a une espèce de guerre fraticide à Montréal qui n’est bonne pour personne. Les employés et élus doivent travailler pour Montréal, ensemble, et non pour un arrondissement.

      Depuis quand en démocratie, une minorité a tout les pouvoirs sur un territoire. Un espèce de fédéralisme municipale qui déchire Montréal.

      Cela aurait pour avantage de faire taire tout ces petits activistes des réseaux sociaux qui nous assomme de “Mon arrondissement est meilleur que le tiens”.

      Moi je veux le retour d’un Montréal fort. point. D’une équipe, d’un projet commun.

    • Bonjour,

      Je crois que les risques de faire des alliances avec les anciens élus d’Union Montréal sont très élevés. Rappelons que depuis 2001, huit enquêtes policières concernant leur administration sont en cours ou terminées : le scandale des compteurs d’eau, la fraude de 8 millions au service informatique, la condamnation de deux élus d’Union Montréal pour corruption dans l’arrondissement Saint-Laurent, les dépassements de coûts du Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont, le dossier de la réfection du toit de l’hôtel de ville, où un entrepreneur affirme que la mafia lui a demandé 40 000 $ destinés à deux élus de l’équipe de M. Tremblay, les failles entourant le contrat des télécommunications octroyé à Telus, le projet Marc-Aurèle-Fortin où un terrain a été vendu à un prix cinq fois moins élevé que celui payé par la Ville il y a 20 ans. Et finalement, le dossier de l’île Lapierre où un promoteur immobilier a obtenu 13,9 millions de la Ville de Montréal pour un terrain dont l’évaluation municipale était considérablement plus basse.

      Le grand gagnant sera peut-être le parti qui sans être opportunisme prendra tout son temps pour faire des alliances.

    • Pas certain que Bergeron soit si mal placé que ça pour les prochaines élections. Coderre et Marcel Côté, qui représentent la continuité de la tradition des maires proches du PLQ (Tremblay, Vaillancourt, etc), vont probablement se diviser le vote des anglos, des fédéralistes et des partisans du statu-quo. Pour ceux qui sont plus progressistes et qui veulent voir du changement réel, ça laisse Bergeron et possiblement Joly. Cependant Joly risque aussi de jouer dans les plates-bandes de Marcel Côté, car ils partagent un peu le même background de relations publiques. Je ne serais pas surpris de voir Bergeron se faufiler, malgré tout le bashing dont il fait l’objet dans les médias.

    • Projet Montréal est l’équivalent d’un groupe de pression. Et un groupe de pression (ex le NPD) qui ne se re-centre pas un tant soit peu, et bien pas de pouvoir.

    • Une ville est fondamentalement un regroupement en vue d’échgange économique. Si Projet Montréal ne lâche pas le morceau de son renversement copernicien, il’na tout simplement aucune chance.

    • À la lecture de cet article et de tous les commentaires, je suis plus convaincu que jamais qu’il faut éliminer les partis politiques au niveau municipal.

    • Et pendant ce temps-là Mélanie Joly a déposé son “résumé” à l’ONU pour le poste de secrétaire-général; et a continué ses démarches auprès de Mgr Ouellet pour le prochain pape-académie…

    • Je ne vois pas de perdant à cette élection du maire par intérim. Sincèrement. On voit un peu mieux les forces en présence et les coalitions possibles.

      Le beau Harout s’en est honorablement bien tiré. C’était mon candidat chouchou. Depuis le départ de Gérald Tremblay je l’ai beaucoup observé et il est compétent. Il est remarquable. Tout comme Blanchard que je découvre maintenant est remarquable.

      S’il fallait absolument trouver un perdant, ce serait le fait qu’il se crée actuellement deux blocs au conseil municipal qui tentent à devenir étanches: l’Équipe Coderre et tous les autres.

      Dès octobre 2009, j’écrivais dans les blogues de La Presse que je souhaitais un NON-gaspillage des talents de nos différents élus à la Ville de Montréal. Je parlais d’un triumvirat souhaitable :

      [Si Québec solidaire fonctionne à 2 têtes, un Triumvirat à Montréal aurait été possible et productif.]

      et de la nomination de non-élus aux plus hauts postes s’il le faut:
      [Rien n’empêche un gouvernement de nommer un non-élu à une haute fonction. Cela s’est vu à Québec et à Ottawa; on a nommé “ministres” des personnes qui ne se sont pas présentées aux élections et qui, parfois, ne sont membres d’aucun parti politique. C’est leur grande expertise qu’on va chercher.

      Je crois qu’une grande ville comme Montréal doit mettre de côté les étiquettes politiques, SURTOUT les histoires de (non) souverainistes, et nommer aux grandes fonctions selon l’expertise de chacun.]

      Irez-vous voter? (Patrick Lagacé, octobre 2009):
      http://blogues.lapresse.ca/lagace/2009/10/26/irez-vous-voter/

      Où est Gérald Tremblay? Il est partout… (André Pratte, novembre 2009)
      http://blogues.lapresse.ca/edito/2009/11/17/ou-est-gerald-tremblay-il-est-partout/

    • Je ne suis pas du tout d’accord avec votre opinion. Richard Bergeron a retiré son candidat en échange de la nomination de Josée Duplessis à la présidence du comité exécutif. Projet Montréal, au lieu de jouer le 3e partie a présenté un candidat et bien négocier. D’ailleurs ce qu’il a fait à permis à la ville d’éviter d’avoir un maire également président du comité exécutif, ce qui est un gain pour la démocratie.

      Bergeron, au lieux de céder à l’électoralisme en pactisant avec des gens douteux préfère laisser faire la démocratie puis former une coalition après. Ce qu’il a réussi à obtenir pour son parti et pour la ville démontre ses qualités de chef.

      Il est trop tôt pour faire une prédiction sur les élections de novembre mais avec un Vision Montréal qui va disparaître sous le poid de sa dette et le manque de leadership de Harel et une liste de candidat qui vont se partager le vote de droite, Projet Montréal à des chances.

    • Mélanie Joly pense bouleverser l’échiquipier elle qui n’est avocate.

      Thatcher: PH.D physique

      Angela Markes : PH.D Chimie

      Ça ça bouleverse un jeu d’échec le savoir pur. Mais une avocate relationaiste? Rien de plus commun qu’un pion avec du rouge à lèvre. Les gens ne sont pas si dupes.

    • Monsieur Cardinal, à mon avis vous avez fait l’analyse la plus intelligente parue sur les derniers soubresauts de la mairie de Montréal

    • @clb16
      Et faire de la fonction de maire, un simple rôle figuratif. Serrer les mains des célébrités, couper des rubans inauguraux … On nomme au hasard un conseiller par mois.

      @respectable
      René Lévesque : journaliste
      P.E. Trudeau : avocat, économiste, socialiste
      W. Bush : Bachelor of arts
      Steven Harper : Master of arts

      Qui est dupe ?

    • Exit Duplessis à Laval Hahahhahaha !! 3 maires en un an comme à Montréal.
      Montréal et Laval, les “twin cities” du Canada ?

      A mon commentaire précédent sur la fonction des maires, on pourrait ajouter : “escorter” les dignitaires en visite !!! hahahahaa.

    • Hahaha! Incroyable! Là, sérieusement je pense que j’ai des chances de devenir maire avant la fin de l’année même si je ne me présente nulle part.

    • Ma mère disait: «Une pomme par jour ça éloigne du médecin.»

      Laval et Montréal disent: «Un maire par mois ça éloigne l’UPAC.»

    • En fait, monsieur Cardinal, la prémisse de votre propos est en elle-même choquante. Vous dites qu’on devrait tolérer chez les cyclistes le même niveau de délinquance que chez les automobilistes. Vous présumez donc qu’il y a un niveau de délinquance automobile acceptable, et qu’on devrait s’en inspirer pour définir un niveau de délinquance cycliste acceptable. C’est ça qui est choquant.

      Après on se demandera pourquoi certains politiciens ont jugé qu’il était devenu acceptable d’accepter les pots-de-vins… On leur a sans doute dit qu’il y avait un niveau de délinquance acceptable en politique…

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