Le blogue de François Cardinal

Archive, juin 2013

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Le SPVM a mené la charge contre les cyclistes au cours des dernières semaines sans qu’on ne sache trop pourquoi. Les vélos sont certes de plus en plus nombreux à Montréal, mais ils ne sont pas responsables d’un plus grand nombre d’accidents. Au contraire.

Fidèle à la théorie du «Safety in Numbers» observé partout sur la planète, Montréal (comme le reste du Québec d’ailleurs) connaît une poussée sans précédent de cyclistes, mais une baisse du nombre d’accidents. Pas sorcier, plus il y a de vélos, plus grande est la vigilance des automobilistes. J’en parle en édito.

Donc pourquoi cette pluie de contraventions contre les cyclistes? Pourquoi cette demi-douzaine de «trappes à tickets»? Pourquoi picosser sur des réflecteurs de pédales en plein jour, sur le nombre de secondes arrêtés à un stop, sur les déplacements effectués sur une rue piétonne à une heure où il n’y a aucun piéton?

Le SPVM a promis d’y aller plus mollo dans les prochains jours (quoi que cela n’est pas aussi clair qu’il n’y paraît, apprend-on aujourd’hui), mais on parle ici d’une lame de fond, d’une attention sans cesse grandissante au moment où cela se justifie difficilement.

Je vous entends crier : il y a plein de cyclistes qui roulent sur les trottoirs! Qui ne respectent pas le feu rouge! Qui roulent dans les rues à sens inverse! On ne veut pas moins de polices, on en veut plus!

Soit. Il y a peut-être, en nombre absolus, plus de cyclistes fautifs. Mais dans ce cas, que les policiers cessent leur «répression systématique», pour emprunter l’expression du maire de Rosemont François Croteau, et qu’ils s’attaquent à ceux qui nuisent à la réputation des cyclistes, qu’ils ciblent les moins respectueux du Code, qu’ils mettent des bâtons dans les roues des délinquants à pédales.

Je verrais même d’un bon œil que Montréal s’inspire de Chicago et qu’elle augmente les contraventions pour les gestes véritablement dangereux.

Mais en revanche, qu’on laisse tranquille les cyclistes qui ne font rien de bien grave : ceux qui ralentissent au stop plutôt que de s’immobiliser, ceux qui empruntent un trottoir quelques mètres pour éviter un chantier ou un tunnel dangereux, ceux qui n’ont pas de réflecteurs mais des lumières ou des bandes réfléchissantes aux chevilles.

Et tant qu’à y être, j’oserais même proposer qu’on cesse d’importuner les cyclistes qui portent des écouteurs. Je me suis toujours demandé pourquoi les policiers laissaient les automobilistes pousser le volume de leur caisse musicale dans le plafond, mais ne toléraient pas les écouteurs chez les cyclistes qui respectent scrupuleusement le Code la route.

Donc oui à des amendes plus élevées pour les véritables dangereux du guidon… mais à condition de faire la même chose avec les automobilistes qui n’ont aucun souci pour les cyclistes, et de revoir le désuet Code la sécurité routière.

Il est aberrant, par exemple, qu’un cycliste qui roule au gros soleil sans réflecteur reçoive une contravention de 37 $, mais qu’on se limite à menacer l’automobiliste qui ouvre sa portière sans regarder dans son miroir d’une amende de 30 $… jamais distribuée. Lequel est le plus dangereux?

Là encore, Chicago montre la voie : des amendes de 1000 $ pour l’ouverture intempestive des portières, un fléau auquel bien des villes se sont attaquées, mais pas Montréal.

Il est tout aussi ridicule d’obliger les adeptes du vélo de s’immobiliser trois secondes à l’arrêt. En Idaho, m’a fait remarquer Pierre-Luc Auclair de la coalition vélo, on l’a compris : depuis 30 ans maintenant, les cyclistes n’ont qu’à ralentir, céder la priorité, avant de pouvoir traverser. Simple et logique.

Bref, qu’on augmente les amendes, qu’on pénalise les délinquants, mais qu’on dépoussière aussi les lois et règlements afin que le Code de la route reflète la diversité de ses usagers, non plus le monopole des automobilistes.

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Jeudi 27 juin 2013 | Mise en ligne à 7h21 | Commenter Commentaires (27)

Le perdant de la course: non, ce n’est pas Coderre…

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Ça ne serait pas tant Laurent Blanchard qui aurait gagné la course à la mairie que Denis Coderre qui l’aurait perdu, si l’on en croit diverses interprétations.

Je ne suis pas complètement en désaccord. Harout Chitilian est un candidat putatif de l’Équipe Coderre. Plusieurs de ses partisans sont aussi de l’Équipe Coderre. D’où la chronique de ma collègue Ouimet («Opposition 1, Denis Coderre 0») et la une du Journal de Montréal («Revers pour Coderre»).

Soit. Mais je vous propose néanmoins une autre hypothèse: le perdant de mardi est plutôt Richard Bergeron…

En gros : le vote de mardi confirme que Montréal est dans une dynamique de coalitions, non pas de partis politiques, un phénomène que tout le monde semble avoir compris… sauf le chef de Projet Montréal.

Je m’explique.

Il existe actuellement, de manière implicite, deux blocs au conseil municipal: d’un côté l’Équipe Coderre et les anciens d’Union Montréal; et de l’autre, Vision et Projet Montréal.

Les groupes ne sont pas étanches. On retrouve d’anciens UM du côté de la coalition et d’anciens VM du côté Coderre. Mais règle générale, deux blocs presque égaux s’affrontent dans une dynamique : coalition (Harel et Bergeron) contre opposition (Coderre et UM).

D’où la victoire à l’arraché de Laurent Blanchard (30 à 28). D’où cette «odeur de défaite pour le clan Coderre».

Mais derrière cette soi-disant défaite, il y a une victoire pour l’ancien député fédéral. Car son équipe existe bel et bien, tandis que la coalition n’est qu’une fabrication ponctuelle qui disparaîtra le 3 novembre prochain. Son équipe récolte donc 28 voix, mais Vision et Projet Montréal doivent se partager les 30 autres…

Ainsi, derrière la soi-disant victoire de Harel et Bergeron, il y a une défaite : en rangs dispersés, ni l’un ni l’autre ne fait le poids contre Coderre. C’est vrai au conseil municipal, et c’est possiblement aussi vrai au sein de l’électorat si on se fie au sondage CROP du mois dernier (à prendre avec des pincettes, évidemment).

Pourquoi Bergeron, qui a tout de même hérité de la présidence du comité exécutif, est-il le perdant de cette minicourse à la mairie dans ce cas? Parce qu’une toute nouvelle coalition se trame en coulisse autour de Marcel Côté. Une coalition regroupant l’essentiel de Vision Montréal. Une coalition, annoncée dans quelques jours, qui pourrait attirer autant d’anciens d’Union Montréal que l’Équipe Coderre.

Résultat : les forces en présence risquent de se réaligner en deux blocs forts, deux coalitions… dont sera hélas complètement exclu Projet Montréal.

L’intransigeance du chef, qui a refusé de discuter de toute fusion, voire de toute alliance avec Louise Harel, pourrait ainsi l’isoler. Car c’est ce refus de pactiser, même si les derniers mois ont prouvé que Vision et Projet Montréal ont plus en commun qu’ils ne l’avouent, qui a ouvert la porte à la formation d’une coalition autour de Marcel Côté.

Or le résultat de mardi montre qu’à lui seul, malgré toutes ses bonnes idées, Bergeron risque de ne pas faire le poids face à Coderre…

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Mardi 25 juin 2013 | Mise en ligne à 17h11 | Commenter Commentaires (46)

Monsieur tranquille à la mairie…

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Aussitôt élu, aussitôt moqué.

juLes Justiciers masqués ont fait circuler une photo du nouveau maire Laurent Blanchard, cet après-midi, à côté d’une image de Grand-Papa Bi. La ressemblance des visages est frappante.

Mon collègue Chapleau se permettra aussi un rapprochement mettant en vedette l’«intérimaire», dans le journal de demain.

Je ne vous en dis pas plus. Vous le connaissez, il a l’œil…

Sans me prendre pour un humoriste ou un caricaturiste, j’ose, comme vous le voyez, mon propre «séparé à la naissance» : Laurent Blanchard et Monsieur Tranquille.

Oui, la référence issue de l’émission Patof date un peu (quoi que les plus jeunes se souviendront d’une pub de NyQuil mettant en vedette Monsieur Tranquille au début des années 2000), mais elle est encore plus pertinente que le grand-père de Cannelle et Pruneau, je trouve.

Au-delà des cheveux et des moustaches, les deux hommes portent la même étiquette : tranquillité. Voilà, très précisément, ce que l’on demande au nouveau maire.

Laurent Blanchard aura réussi là où Michael Applebaum a échoué, en effet, s’il évite toute manchette, tout scandale, toute visite policière, toute commotion, tout esclandre, toute chicane…

Bref, toute histoire qui sort du quotidien routinier d’un maire par intérim à qui l’on de demande qu’une intendance de quatre mois.

Que son faciès fasse rigoler, c’est de bonne guerre, d’autant que l’homme a un bon sens de l’humour. Mais autrement, on demande un maire tranquille…

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