Le blogue de François Cardinal

Archive, mai 2013

200801-nouveau-srb-fonctionnera-maniere-completement

Il devait voir le jour en 2012. Ce sera finalement 2018.

Si on est chanceux…

J’ai en effet appris que le SRB Pie-IX ne roulera pas en 2017 tel que promis le mois dernier, mais plutôt en 2018. Curieusement, l’AMT ne veut plus le confirmer, mais nul autre que son président, Nicolas Girard, a évoqué cette date en entrevue le 7 mai dernier.

«Entre le dépôt du dossier de présentation stratégique et la réalisation du projet, il s’écoulera cinq ans, m’a-t-il dit. On devrait faire ce dépôt d’ici la fin du mois de mai, ce qui nous mènera à 2018.»

Or juin est au coin de la rue et le dossier n’a toujours pas été déposé. Espérons donc que cette nouvelle échéance sera la bonne…

Cela dit, c’est tout de même incroyable qu’un projet aussi névralgique et nécessaire pour Montréal ait tataouiné pendant toutes ces années!

Je le précise aujourd’hui en édito, il a été victime du chantage de Laval. Il a été miné par le laxisme de l’AMT. Il a été plombé par la médiocrité du projet initial. Il a traîné en longueur en raison de l’absence de leadership de la Ville et de la sacro-sainte gestion par unanimité.

Bref, c’est un gâchis incroyable… alors que le SRB est un projet incroyable.

C’est en effet un «projet vitrine», en ce qu’il montrera aux Montréalais ce à quoi peut ressembler un véritable «service rapide par bus».

C’est un «projet initial», en ce qu’il peut être l’origine d’un réseau métropolitain plus large.

C’est un «projet pilote», en ce qu’il doit servir à prouver qu’on peut implanter un tel réseau sans qu’il en coûte le prix d’un tram ou d’un train.

Et c’est un «projet test», en ce qu’il devait prouver qu’on peut faire un SRB plus rapidement qu’un prolongement de métro…

J’ose donc une demande à l’AMT : pouvez-vous accélérer le projet pour qu’on puisse passer au prochain, svp? Ça urge.

Merci.

PS : Une idée pour les candidats à la mairie. Prenez la liste des six raisons que j’évoque pour expliquer les immenses retards du projet. Tentez de trouver une solution pour chacune d’entre elles. Puis tadam, vous aurez une plateforme électorale qui fait le tour des principaux «défis» de la métropole…

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Mercredi 29 mai 2013 | Mise en ligne à 9h35 | Commenter Commentaires (97)

«Noooooon, pas les %?&?% autobus…»

Le titre de ce billet résume en quelques mots ce qu’ont dit bon nombre de lecteurs ayant commenté mon billet d’hier sur l’autobus. Pas rapide, pas confortable, pas ponctuel, pas écolo, etc.

Donc pour eux, pas question de miser sur ces gros véhicules pneumatiques pour désengorger Montréal.

Voilà très précisément pourquoi j’ai si hâte que le fameux SRB (service rapide par bus) voie le jour sur Pie-IX. Un «projet vitrine» qui permettra de montrer l’évolution incroyable qu’a connue le bus ces dernières années.

Vrai, les bus tels qu’on les connaît sont peu attrayants. Surtout les horribles «planchers bas» dont je cherche encore l’utilité chaque matin en maugréant contre le peu de places assises, la «mezzanine» pour nain dans le fond et la conduite souvent erratique qu’ils imposent aux chauffeurs.

Mais il y a «autobus» et «autobus». Il y a ceux qu’on voit rouler à Montréal, et il y a ceux qui roulent dans les grandes métropoles dotées de SRB avancés, comme Istanbul, Rio de Janeiro, Mexico, Bogota et Guangzhou.

Je reviendrai plus précisément sur le sujet demain, car j’aurai dans le journal et la tablette un dossier sur le SRB Pie-IX, mais en attendant, jetez un œil à la vidéo qui chapeaute ce billet (malheureusement en anglais) réalisée par EMBARQ Brazil sur les SRB présents dans une centaine de villes dans le monde (BRT en anglais, pour bus rapid transit).

Remarquez :

- le confort des stations (non pas de vulgaires abribus),

- les tarifs payés à l’avance (comme dans le métro),

- les quais en hauteur qui assurent des entrées et sorties rapides par plusieurs portes (comme dans les trains de banlieue),

- les autobus à deux et trois sections (jusqu’à 270 passagers),

- les voies réservées en site propre et la priorité aux feux de circulation (comme sur Pie-IX),

- l’intermodalité avec le métro (et les vélos en libre-service),

- l’information aux usagers en temps réel (comme le i-Bus sur lequel travaille la STM).

Intéressant, non?

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Mardi 28 mai 2013 | Mise en ligne à 7h09 | Commenter Commentaires (76)

L’avenir est dans l’autobus…

Quand ils pensent transport en commun, les maires du Québec pensent «gros». Québec veut un tramway, Laval un téléphérique, Montréal un SLR, Longueuil un prolongement de métro.

Normal, ça permet de couper un «gros» ruban, de lever une «grosse» pelletée de terre, de faire un «gros» coup politique. Et surtout, surtout… ça ne coûte pas une cenne!

Pas compliqué, Québec offre aux villes et aux organisations de transport une subvention en fonction du moyen de transport choisi.

La municipalité veut un métro, un train ou un tram? L’aide du gouvernement couvrira 100 % des immobilisations.

Mais si elle veut «juste» développer son réseau de bus? Les immobilisations ne sont alors subventionnées qu’à 50 %, parfois 75 % si la ville est chanceuse. Le reste est à ses frais.

C’est comme si vous alliez à la banque en vue de rénover votre vieille cuisine des années 80 et qu’on vous offrait de payer pour refaire votre salle de bain des années 2000. Vous décideriez alors de refaire votre salle de bain même si elle n’en a pas vraiment besoin…

Je vous en parle parce que le gouvernement Marois aborde le problème de front dans le document de consultation qu’il vient de dévoiler en vue de l’élaboration de la Politique de mobilité durable. Une très bonne chose.

Enfin on ose aborder cette question hautement électoraliste. Car trop souvent au Québec, on a tendance à pelleter les problèmes de transport en avant en misant sur un gros projet qui nécessite des années et des années d’«avant-projet préliminaire de préfaisabilité».

C’est tellement plus «big»…

Le gouvernement Marois, qui souligne que les «modes lourds coûtent cher et prennent beaucoup de temps, ouvre ainsi une porte en posant une excellente question en vue des consultations : «devrait-on accorder la priorité à l’amélioration de la desserte par autobus, notamment au moyen des systèmes de bus à haut niveau de service?»

Je songe à déposer un mémoire dont l’intégralité se lirait comme suit: OUI!

Et manifestement, la Ville de Montréal et la STM répondraient oui elles aussi. Réal Ménard a en effet tenu un point de presse hier matin pour annoncer qu’il déposerait une motion au conseil municipal pour appuyer la volonté de la STM de réaliser 88 kilomètres additionnels de mesures préférentielles pour bus (voies réservées, feux prioritaires, etc.) en 2013-2014.

On compte actuellement 148 km de mesures préférentielles pour bus à Montréal. L’objectif est de faire grimper cela à 370 km en 2020, grâce notamment à 56 voies réservées.

Une très bonne chose, ça aussi. Car le bus permet de répondre rapidement et massivement à une demande actuellement croissante. Plutôt qu’un prolongement de métro dans 15 ans, on offre tout de suite des autobus plus rapides (15 à 20 % plus vite grâce aux voies réservées) plus ponctuels (94,6 % pour la voie réservée sur Saint-Michel, par exemple) et plus confortables (il y a moins d’arrêts brusques et de conduite intempestive dans le trafic). Et ce, pour une fraction du coût.

Qui dit mieux?

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