Le blogue de François Cardinal

Archive, avril 2013

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Martin Bergeron, fondateur et porte-parole de Réflexion Montréal*.

bergFace à l’ampleur des défis à relever au cours des prochaines années, Montréal a besoin d’un maire et d’une équipe de conseillers capables de créer une grande mobilisation pour sa cause. Pour réussir cette mobilisation, il nous faut un groupe de leaders qui saura à la fois inspirer la population et projeter davantage d’autorité auprès des gouvernements du Québec et du Canada.

Nous identifions six grands défis qui devront être relevés en priorité au cours des prochaines années si nous voulons que Montréal se construise un avenir à la hauteur de son potentiel :

1- Combattre énergiquement la corruption pour regagner la confiance des citoyens;

2- Simplifier la gouvernance de la ville pour améliorer sa performance et accélérer le passage à l’action;

3- Assainir les finances publiques pour livrer des services efficaces et tenir compte de la capacité de payer des montréalais;

4- Augmenter notre poids démographique en retenant plus de familles en ville;

5- Décongestionner la métropole en investissant massivement dans le transport en commun;

6- Développer notre économie en misant sur nos Universités, nos industries créatives, la relance du secteur manufacturier et le commerce de proximité.

Pour réussir ce vaste chantier, il va falloir que Montréal recommence à compter au gouvernement fédéral, et que les partis provinciaux cessent de voir la métropole du Québec comme un « champ de bataille politique » où il n’y a aucun gain à faire. Nos élus municipaux sont toutefois les premiers concernés et nous avons besoin d’un conseil de ville proactif, qui agit avec force et cohérence afin de stimuler l’intérêt pour Montréal.

Si je fais appel à cette mobilisation, c’est parce que j’aime Montréal et que je crois que la prochaine élection municipale pourrait être déterminante pour l’avenir de notre ville. À quatre ans des fêtes du 375e anniversaire de sa fondation, et au moment où se conclut le dernier chapitre de la première administration de la nouvelle ville, Montréal est à la croisée des chemins.

Saurons-nous collectivement saisir cette occasion qui se présente pour remettre Montréal sur le droit chemin et redonner de la fierté aux montréalais? C’est pour ça que je m’engage pour la cause de Montréal.

* Réflexion Montréal est un groupe de réflexion qui porte son attention sur la politique municipale et les principaux enjeux de Montréal.

Composé d’une quinzaine de personnes, nous entendons participer activement aux débats qui auront cours dans la prochaine année afin de proposer des solutions qui permettront à Montréal de relever ses nombreux défis.

Lire les commentaires (22)  |  Commenter cet article






Samedi 27 avril 2013 | Mise en ligne à 7h45 | Commenter Commentaires (91)

Le tramway à Montréal: beaucoup de pensée magique…

tram2

Oui, j’aimerais voir un beau tramway rouler dans les rues de Montréal. Oui, c’est possible financièrement. Oui, ça ajouterait beaucoup au réseau de transport en commun, en plus de renforcer le caractère européen de la métropole.

Mais non, je ne crois pas que Montréal devrait aller de l’avant avec ce projet, du moins pas dans un avenir prévisible.

1) Comme je l’écris en édito, le corridor Côte-des-Neiges—centre-ville où l’on songe à implanter la première ligne est déjà super bien desservi par le transport en commun, qui accapare jusqu’à 60 % des déplacements. On prévoit ainsi 15 000 passagers en heure de pointe dans le tramway… dont seulement 450 auront délaissé l’auto!

Même les auteurs des études l’avouent, c’est un «faible transfert modal». Alors que la réduction de l’auto-solo devrait être l’objectif.

2) Ce projet coûte très cher, plus de 1 milliard $. On peut certainement se le permettre collectivement, là n’est pas la question. Mais si le but est de développer le plus possible le réseau de transport collectif, le plus vite possible au meilleur coût, pourquoi mettre autant d’argent dans un projet unique?

Surtout qu’il semble y avoir une bonne part de pensée magique de la part de Génivar, qui évalue le projet à 60 millions $ par kilomètre, exactement le prix de Paris. Une ville qui n’a pourtant pas notre climat, qui n’a pas les pentes de la Côte-des-Neiges (trois côtes à plus de 8 %!), qui a une expertise en la matière.

3) Je ne crois pas qu’on puisse faire autant de gros projets simultanément. Réal Ménard a parlé d’un «horizon d’espoir» de 2021, ce qui nous obligerait à faire en même temps Turcot, Champlain, le SLR, Bonaventure et le prolongement de la ligne bleue. Est-ce que vous imaginez le bordel si on ouvrait toute la chaussée sur la Côte-des-Neiges au moment où l’on reconstruit Turcot et Champlain?

Oui, comme me le souligne Étienne Coutu de Projet Montréal sur Twitter, on a déjà fait Turcot, le métro et Champlain simultanément au milieu des années 1960. Mais c’était une autre époque, où on n’avait pas les mêmes débits de circulation, pas la même population, pas la même gouvernance, pas les mêmes finances, pas les mêmes soucis urbanistiques et démocratiques…

En outre, il y là encore un brin de pensée magique dans les propos de la Ville et de Génivar, qui croient possibles d’implanter 15 km de tramway en six ans. Le rond-point Dorval nécessitera dix ans de travaux! Le SRB Pie-IX, dans le meilleur des cas, en prendra huit! Et il ne s’agit que d’un autobus sur 10 km de voie réservée… sur une artère qui était déjà dotée d’une voie réservée!

srbAvec l’argent prévu pour le tramway, pourquoi ne pas plutôt miser sur le développement d’un véritable réseau de service rapide par bus (SRB) doté d’une toile étendue de voies réservées, d’autobus à trois sections, de stations confortables et de la dernière technologie de navigation?

Allié à un sérieux plan de restriction du stationnement, cela aurait pour le même prix un effet beaucoup plus grand qu’une ligne de tramway, aussi attrayante soit-elle. Vous ne trouvez pas?

Lire les commentaires (91)  |  Commenter cet article






BX156_70B5_9

Dernier volet de ma série sur l’exode des familles de Montréal. Voici les propositions de Sébastien Lord, professeur adjoint à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal.

- Des espaces urbains de qualité, verts et appropriables, pour l’acceptabilité de la densité résidentielle

Ce n’est pas tant la densité réelle, calculée, que celle qui est perçue qui pose des problèmes d’acceptabilité. La qualité architecturale et urbanistique est ainsi au cœur des choix résidentiels éventuels. À ce titre, la présence de verdure, qu’elle soit esthétique ou utilitaire ou les deux, est fondamentale. La présence de lieux publics et ou d’espaces privés de qualité qui soient appropriables par les familles est aussi fondamentale, et probablement davantage que le nombre de mètres carrés disponibles.

- Des logements de qualité « abordables », à louer ou à acheter

Étant donné que, en général, les revenus des ménages n’ont pas toujours suivi la hausse récente de l’immobilier, l’abordabilité des nouveaux logements à ériger en centre-ville pour les familles doit être une variable centrale dans l’offre résidentielle. En outre, cette aborbabilité ne doit pas se faire au prix de la variété des types de logements, dans la forme comme dans le statut d’occupation. L’accession à la propriété peut obliger à sortir du centre, non pas par choix mais pour le prix du premier achat.

- Sensibiliser les familles aux conséquences économiques de leurs choix résidentiels

Les ménages choisissent évidemment un logement en fonction de son prix, défini par ses caractéristiques matérielles et sa position plus ou moins centrale ou d’accessibilité. Plusieurs familles « magasinent » en fonction d’une capacité à rembourser un « paiement mensuel » hypothécaire, approuvée par une banque avec des critères se rapportant uniquement au logement et à son entretien. Ils peuvent « oublier » ou ne pas prendre en considération d’autres coûts que leurs choix posent, par exemple en banlieue : transport, assurance, carburant, etc. Le différentiel économique ville-banlieue, toutes choses étant égales par ailleurs, est peut-être moindre qu’à première vue, du moins au regard de cette capacité d’achat d’un logement.

Lire les commentaires (139)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    avril 2013
    D L Ma Me J V S
    « mar   mai »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives