Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis une dizaine d'années, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
  • Lire la suite »

    Lundi 18 mars 2013 | Mise en ligne à 7h15 | Commenter Commentaires (3)

    Cathy Wong: «plus de jeunes dans les instances décisionnelles»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Cathy Wong, présidente du Forum jeunesse de l’île de Montréal et membre du Conseil des Montréalaises.

    autre3Montréal a été au cœur de la mobilisation citoyenne qui a touché le Québec au printemps dernier. La participation des jeunes autour de l’enjeu de l’éducation met en lumière un fait indéniable : la jeunesse veut et peut prendre part aux débats.

    L’île de Montréal est le milieu de vie de plus de 28% des jeunes du Québec. S’ils sont déjà des milliers à être passés à l’action, je rêve de voir davantage notre génération s’engager tête première dans le développement de la région.

    Si je suis une jeune citoyenne active, c’est parce que mes implications m’ont procuré un vif sentiment d’attachement et d’appartenance à Montréal. Notre ville a tout à gagner à enrichir ses lieux de décision par l’apport de nouveaux talents montréalais. Mais comment?

    Il faut impliquer les jeunes dans la vie démocratique montréalaise. Les sensibiliser à l’exercice de leur droit de vote, certes. Mais en cette année d’élections municipales, j’espère également être témoin de l’émergence de plusieurs jeunes candidats qui oseront faire le grand saut.

    Je crois aussi à une plus grande participation des jeunes dans les instances décisionnelles. Un siège « jeune » a d’ailleurs été créé au sein du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM) suite à une demande du Forum jeunesse de l’île de Montréal (FJÎM). Est-ce que, fort de cet exemple, d’autres organisations montréalaises adapteront leurs façons de faire afin que les jeunes deviennent des acteurs incontournables du développement régional?

    Il est finalement primordial que les jeunes et les jeunes familles choisissent Montréal comme milieu de vie et qu’on mette un frein à l’exode vers les banlieues. Pour ce faire, une plus grande place dans les prises de décisions doit leur être accordée pour le développement de quartiers denses qui favorisent les déplacements en transport en commun et en transport actif. Il faut miser sur la création d’espaces verts, de commerces, de lieux de travail, de loisir et de culture à proximité.

    De quoi Montréal a-t-elle besoin, concrètement, maintenant?

    D’une jeunesse qui prend sa place!

    Tags:


    • [De quoi Montréal a-t-elle besoin, concrètement, maintenant?]

      De beaucoup, beaucoup, beaucoup de Cathy Wong:-)

      Il y en a beaucoup des jeunes valables, faut juste prendre le temps de les écouter.

      Et surtout, qu’on leur laisse de la place…..leur place.

      Prenez la peine de cliquez Cathy Wong, très belle surprise à découvrir.

      Bravo Cathy!
      Louise April(Laloue)

    • Si ce n’était de ce premier paragraphe pour débuter ce texte, j’aurais pû suivre Cathy Wong. En utilisant les manifestants de Montréal comme exemple, on pourrait en venir en croire qu’elle voudrait voir ces mêmes jeunes participer aux prises de décisions sur le développement de la ville. Ce que nous avons malheureusement réaliser avec les manifestations de Montréal, c’est que cette partie de la jeunesse représentait les enfants-rois et je ne souhaite pas que des enfants-roi prennent des décisions à long terme puisqu’ils n’ont pas cette vision.

      Par contre, les autres jeunes, comme Cathy Wong, qui étudient fort, qui participent aux diverses réflexions et projet de développement dans leurs domaines respectifs devraient effectivement avoir plus de place.

      Sylvain Rivard

    • La mobilisation des jeunes du printemps érable n’avait pas pour enjeu « l’éducation », mais leurs portefeuilles. Tous les discours se ramenaient à l’argent. Personne n’a parlé des changements technologiques et de ceux dans le monde de l’emploi qui rendent le système universitaire actuel plus ou moins caduc. Il n’y a jamais eu de réels débats de fond. Pour moi, les pseudo-idéologies sociales n’étaient qu’un prétexte vide, pas la raison. Je ne crois donc pas que cet évènement montre que les jeunes ont envie de prendre part à des débats dépassant leurs intérêts personnels. Je rêve moi aussi de voir les jeunes passer à l’action, mais pour l’instant je ne vois pas d’idées nouvelles qui émergent de cette jeune génération.

      Un autre point qui me dérange est de toujours réduire l’implication citoyenne au système politique. Je ne crois pas qu’entrer dans les rouages du système politique va apporter des changements. Ce système est maintenant tellement bien rodé qu’il écrase implacablement ceux qui pensent différemment. Les jeunes en politique deviennent très rapidement une autre brique du mur qui ne se distingue pas des autres.

      Pour moi, l’implication citoyenne des jeunes devrait avant tout être directe, sociale et conséquemment en dehors du système politique. Il faut arrêter de toujours déléguer ses responsabilités sur le dos de quelques politiciens. Il faut que les jeunes s’impliquent dans leur vie de quartier pour rendre le quotidien plus agréable. Les petits gestes concrets ont plus d’impacts que de vouloir faire partie de cette grosse entreprise de marketing qu’est un parti politique.

      Cela va probablement sembler absurde à plusieurs, mais je crois sincèrement que des petits gestes tel que mettre des fleurs à son balcon, ramasser systématiquement les détritus qui traîne dans la rue, aider une personne âgée à déneiger son entrée et faire un peu de bénévolat auprès d’organismes communautaires de son quartier va apporter un plus significatif à la vie quotidienne et donc augmenter la valeur de Montréal.

      Des jeunes avec un sens du leadership pourraient aussi créer des groupes de quartier pour tenter d’intégrer les individus à la communauté. Organiser de petites compétitions locales « juste pour le fun », qu’elles soient sportives, de jeux vidéo ou de jeux de société, organiser des activités culturelles où des artistes en herbe pourraient montrer leur talent ou encore organiser une simple journée « pique-nique au parc » serait pour moi beaucoup plus bénéfique pour Montréal que de longs discours idéologiques. Il ne faut pas que les jeunes hésitent à demander la participation des entreprises privées pour fournir de petits moyens logistiques pour toutes sortes d’activités. Si le projet est bien préparé, la réponse sera souvent affirmative.

      Bien sûr, tout cela ne résoudra pas les problèmes de circulation et de stationnement, cela ne résoudra pas le réseau d’aqueduc de la ville qui tombe en ruine, cela ne résoudra pas la corruption des élus et des fonctionnaires, mais au moins cela rendra certains aspects de la vie plus agréable.

      Pour moi Montréal n’a pas besoin d’une jeunesse qui prend la même place que les autres, mais d’une jeunesse qui agit différemment.

      Dans un autre ordre d’idée, il y a deux dogmes qui me dérangent dans ce texte. Le premier est « qu’il est primordial que les jeunes et les familles choisissent Montréal comme milieu de vie ». Je ne suis pas sûr de comprendre le contexte, mais si des mesures coercitives contre les gens qui s’exilent ou encore un financement provincial supplémentaire pour Montréal sont insinués, alors je ne suis absolument pas d’accord.

      C’est certainement primordial pour la ville de Montréal (en tant qu’entité administrative) que les jeunes et les familles restent, mais je ne suis pas convaincu qu’il est primordial pour les Québécois que la ville de Montréal reste à tout prix le centre unique de la région montréalaise. Je crois à une certaine forme de compétition entre les villes afin d’améliorer la situation générale et si les banlieues sont plus compétitives que Montréal alors tant pis pour Montréal. Je crois que soutenir inconditionnellement une ville qui est mal gérée est une erreur. Il ne faut pas que la province au complet, ni même les banlieues, paie pour l’impéritie des élus montréalais.

      Le deuxième dogme qui me dérange est de voir le transport en commun comme un objectif à atteindre. Pour moi, le transport en commun n’est qu’un palliatif parmi d’autres à un problème. À moins d’être un dirigeant de la STM, je crois que faire la promotion de la densification de Montréal pour favoriser le transport en commun frôle l’absurdité totale.

      Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec l’idée de « miser sur la création d’espaces verts, de commerces, de lieux de travail, de loisir et de culture à proximité ». Cette décentralisation nous permettrait justement de ne plus avoir besoin du transport en commun.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mai 2013
    D L Ma Me J V S
    « avr    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives