Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine: Dimitri Roussopoulos, vice-président de l’Institut de politiques alternatives de Montréal (IPAM) et président-fondateur du Centre d’écologie urbaine de Montréal.
Un tremblement de terre politique a secoué Montréal en 2012. Des secousses se font encore sentir. Ce tremblement de terre a ébranlé considérablement la légitimité de l’élite politique, commerciale et professionnelle. Un récent sondage CROP nous informait d’ailleurs que la majorité des Montréalais ne font pas confiance aux élus municipaux.
Est-il possible dans l’immédiat de prendre des mesures pour réparer cette confiance brisée envers les institutions politiques et économiques urbaines ? La réponse doit être impérativement oui. La recommandation suivante reflète la perspective à court terme de l’Institut de politiques alternatives de Montréal (IPAM). Sa mise en oeuvre nécessite un leadership visionnaire.
La crise actuelle soulève la colère des citoyens contre l’abus de fonds publics, de gaspillage, et de fraude pure et simple. Que doit être fait pour rétablir la confiance publique ? Réponse : nous revendiquons transparence et participation citoyenne dans la définition des priorités de Montréal.
Un budget participatif est indispensable. Existant déjà dans quelque 240 villes et villages, incluant trois arrondissements new-yorkais, ce type de budget rend les priorités municipales transparentes par la participation citoyenne. Plusieurs organisations internationales, notamment la Banque mondiale et les Nations Unies, ont noté qu’un budget participatif met à l’épreuve la corruption.
La Commission permanente du conseil municipal sur les finances et l’administration commencera bientôt son travail. Un bon début serait que le budget triennal soit déterminé à travers un processus participatif. L’expertise sur la manière dont ce budget participatif pourrait se réaliser existe à Montréal, puisque l’expérience a déjà été menée dans un arrondissement. Des études et des livres sur le sujet ont également déjà été publiés ici. Les citoyens s’intéressent à la manière dont est dépensé leur argent. Plusieurs années doivent cependant s’écouler avant qu’ils ne soient convaincus que c’est une forme sérieuse et honnête de participation.
Le second objectif avant les élections municipales est d’organiser un Sommet de Montréal en 2013, en collaboration avec la société civile. Il est toujours utile de tenir ce genre de sommet au début d’une nouvelle administration, pour se fixer des objectifs pour le futur. Mais qu’est-il arrivé aux priorités sur lesquelles on s’était entendu au Sommet de Montréal en 2002 ?
Les discussions sur « comment financer la métropole du Québec » devraient être au coeur d’un tel Sommet. Les tentatives sont vaines de pousser le gouvernement provincial à considérer le Toronto Act – qui octroie de nouveaux pouvoirs de taxation à cette ville – comme une solution pour redéfinir les relations entre juridictions. Nous devons évoluer au-delà de nouveaux pactes fiscaux avec le gouvernement du Québec. Une redéfinition fondamentale de la relation s’impose. Si elle échouait, nous devrons revenir à une dépendance aux taxes foncières et à une situation de collusion et de corruption. Il ne suffit pas d’imposer des péages sur les ponts, ou quelques cents d’augmentation à la taxe sur l’essence.
Un Sommet 2013 lancerait un débat public sur cet enjeu crucial. Des commentateurs reprochent que le Québec soit trop taxé. L’État de New York est le plus fortement taxé des États-Unis et pourtant, en plus d’exiger des impôts fonciers, la Ville de New York perçoit un impôt sur le revenu, des taxes sur les ventes, sur les cigarettes, sur les hôtels et sur les taxis. À la lumière de cette expérience, pouvons-nous au moins initier ce débat public ?
Montréal ne manque pas de problèmes à résoudre. Les solutions ne manquent pas non plus. Nous ne devons pas craindre un vaste débat démocratique.
Tags: Blogueur invité

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pierhubert
25 février 2013
08h32
***Nous ne devons pas craindre un vaste débat démocratique.***
C’est bien mal parti, arrêter d’en parler et commencer à agir. Pas besoin de débat on sait trop ce qu’il y a à faire, alors pourquoi aller se cacher la tête dans le sable dans un beau grand débat, ca va être beau tout ces culs à l’air. C’est pas sorcier tout citoyen de Montréal le sait ce qu’il faut faire et à moins que nos élus soient de parfaits imbéciles le savent aussi.
Commencer par nettoyer cette soue qu’est l’hôtel de ville, ca prend une gestion saine, après on peu s’attaquer aux infrastructures et à l’amélioration de la qualité de vie de cette ville.
C’est tout ce qu’on veux, sentir qu’on va de L’avant que l’on progresse que nos taxes soient justement gérées. C’est pas compliqué, foutez moi ces mafieux en prison, nettoyer comme il faut et on repart aujourd’hui ahora rigth now.P. Hubert
laloueapril
25 février 2013
10h22
***Nous ne devons pas craindre un vaste débat démocratique.***
Comme @pierhubert l’écrit si clairement c’est facile, pas sorcier,
la solution est si évidente que ça crève les yeux.
Ce ne sont pas les citoyens qui craignent ce vaste débat démocratique.
Ce ne sont pas les citoyens qui ont peur du changement.
Nos élus présentement, ceux qui aspirent à prendre le pouvoir à Montréal,
eux …..veulent-ils de ce vaste débat démocratique?
Eux veulent-ils faire face véritablement aux changements nécessaires à
ce grand ménage?
Eux sont-ils prêts à être IMPUTABLES de leurs décisions?
Nous citoyens, avec la meilleure volonté du monde quel choix aurons-nous
cet automne?
Qui représentera ce changement nécessaire?
À venir….. jusqu’à maintenant pour moi…..personne!
Louise April(Laloue)
nike
25 février 2013
13h18
Ce qui se veut un exercise qui milite pour une plus grande transparence est en fait un appel à la dictature camouflé sous une pseudo démocraite directe.
Qui a le temps de militrer sur des Sommets? Des groupes de pression organisé qui détourne le bien commun en fonction de leurs objectif.
La très grande majorité de la population n’a que peu de temps à donner à la chose public. C’est pourquoi on se vote des élus compétents pour nous représenté.
Ceci est un problème pour ses groupuscule comme l’IPAM. que font-il? Il dénigre la fonction d’élu milite afin de diminuer les avantages offert à ces élus. La qualité des commetants baisses. Réduisent le pouvoir des élu les soumettants à des comité et des sommets.
Ce genre d’individus nuisent à l’expression de la volonté du êuple. Il faut se méfier de solution simpliste. Le résultat est toujours catastrophique.
Bernard Théroux
Hochelaga
re_re...
25 février 2013
13h26
Ils étaient géniaux les pitbulls de l’unité anti corruption au caricaturiste Côté mais ça donne rien si y font la job tout seuls pis que les autres ne font rien ou ne veulent rien faire, disons!
Tout le monde sait quoi faire sauf les politiciens et les juges, on dirait!
Eric Cire
89170
25 février 2013
20h53
La corruption à Montréal n’est pas dans le choix des projets ou dans l’attribution des budgets, mais dans la réalisation même des projets. Un budget participatif n’y changerait donc rien.
Pour ce qui est de la crise de confiance, je ne crois pas qu’il faille s’en inquiéter. Dans trois ou quatre ans, tout sera de nouveau oublié.
Finalement, oui pour une plus grande taxation, mais il ne faut pas que la province au grand complet paie pour Montréal. La métropole devrait être le moteur de la province, elle devrait être celle qui fournit l’argent, elle ne devrait pas être un gouffre financier pour le Québec. La piètre performance de Montréal est due à l’incompétence des élus. Il ne faut surtout pas que Québec ou les banlieues de Montréal subventionnent cette incompétence.
rocan
26 février 2013
11h12
Le budget participatif, comme toutes les expériences de démocratie directe, suscitera toujours chez plusieurs la méfiance et les railleries, quand ce n’est pas carrément du mépris. Après tout, disent ses détracteurs, cet exercice n’est qu’une lubie de certains groupuscules de pression, déconnectés de la réalité. Plus préoccupante encore, pour ceux qui préconisent le budget participatif, est la méconnaissance généralisée de ce que peut être le budget participatif. Même l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, qui avait tenté l’expérience trois années de suite, y a mis fin.
Le peu d’enthousiasme généré par l’article de M. Roussopoulos n’augure pas de changements à l’horizon dans le débat public sur cette question. Il serait pourtant dommage, il me semble, de ne pas examiner sérieusement l’idée toute simple d’engager les citoyens de la ville dans les choix budgétaires qui les concernent et dans la mise en œuvre de ces choix. Le budget participatif offre cette possibilité, même s’il comporte effectivement des risques et des incovénients réels. Le budget participati permet de développer une « expertise citoyenne », celle qui permet d’évaluer, sans être totalement dépendant de spécialistes de la gestion, du droit ou de la finance, en quoi telle ou telle dépense est valable et prioritaire et de comprendre un peu mieux peut-être la chose publique, au-delà de ses intérêts personnels.
S’il est une chose que les événements récents nous montrent, c’est que trop de représentants de l’autorité politique ou administrative ont pu être amenés à mettre leurs intérêts personnels devant l’intérêt public. Il est donc temps que le « public » se manifeste et occupe la place qui lui revient dans une société soi-disant démocratique. Parfois, ce sera dans la rue, comme au printemps dernier, parfois, ce sera dans des consultations publiques sur les grands enjeux publics, et régulièrement, je le souhaite, ce sera quand vient le temps de se prononcer sur les choix budgétaires et d’en faire le suivi. Le budget participatif permettrait ceci.
89170
26 février 2013
12h56
@rocan : Je ne crois pas qu’il soit réaliste d’envisager une participation citoyenne.
Je vais faire un parallèle avec une petite idée personnelle. Après une tempête de neige, la ville déneige d’abord un côté de la rue, puis repasse quelques jours plus tard pour déneiger l’autre côté. Je me suis dit, pourquoi ne pas demander un peu d’aide des citoyens afin d’améliorer l’efficacité et diminuer les coûts du déneigement?
Après une tempête de neige, pour les petites rues, la ville poserait les pancartes d’interdiction de stationner sur un des côtés de la rue, tout en demandant à la population d’y mettre la neige qui se trouve de l’autre côté. Cela permettrait donc aux camions de déneigement de ne passer qu’une seule fois dans la plupart des rues, ce qui libérait les rues plus rapidement et coûterait moins cher. En supposant que seulement un quart de la population participe à cet effort de déneigement, cela ne demanderait pas plus d’une demi-heure par personne, cinq ou six fois par année.
Évidemment, cela ne marchera jamais. Les gens ne sont pas prêts à travailler collectivement et à consacrer quelques heures pour leur ville. Dans ces conditions, je vois mal comment nous pourrions inciter les gens à passer une centaine d’heures par année à examiner et à discuter des projets à réaliser.
Vous mentionnez le printemps dernier. C’est pour moi l’exemple même qui prouve que la participation citoyenne n’est pas envisageable. Les étudiants ne manifestaient pas pour une plus grande solidarité entre étudiants, il ne manifestait pas pour s’impliquer plus dans le milieu universitaire, ils ne manifestaient pas pour trouver des solutions, ils manifestaient simplement pour que d’autres paient pour les services qu’ils utilisent. Ils manifestaient parce qu’ils passaient leurs intérêts personnels devant l’intérêt public.
louis12345
12 mars 2013
11h54
Le gros problème que nous avons avec l`administration de la Ville. Corruption, pot a vin, lien avec mafia, mauvais administration, trop d`impôts, manque de vison, bureaucratie excessive, encore la corruption, sans fin!