
Que la CMM ait choisi d’écarter l’idée d’introduire le péage sur les ponts autour de l’île, soit. Mais qu’il envisage l’implantation d’un péage-cordon ceinturant le centre-ville de Montréal est complètement ridicule.
Le collègue Bruno Bisson révèle ce matin que la Communauté métropolitaine de Montréal a commandé le mois dernier une analyse des impacts de divers scénarios de péage routier. Ce qui s’impose avant l’introduction éventuelle d’un péage sur Champlain, une mesure qui ne peut être unique sans avoir un effet désastreux sur les autres ponts.
On apprend aussi dans l’article qu’il n’y a aucune référence à une tarification des ponts autour de l’île. «Il ne s’agit pas d’un oubli, mais d’une concession faite aux maires des banlieues», écrit-il.
Tant mieux. L’idée de fixer un prix pour entrer à Montréal pourrait avoir un caractère hautement dissuasif, ce qui pourrait rendre les couronnes encore plus autonomes qu’elles ne le sont déjà. Pourquoi aller en ville quand la banlieue offre presque tout, le stationnement en plus?
Or le même raisonnement vaut pour le péage-cordon qui entourerait le centre-ville, comme c’est le cas à Londres. Le Quartier international n’est pas la City : ajouter un obstacle de plus pour se rendre au cœur de la métropole pourrait ni plus ni moins que le tuer.
La Sainte-Catherine dans les années 1980, vous vous souvenez?
Il y a certes des cas de péages réussis, comme Stockholm et Singapour, mais n’oublions pas qu’il y a aussi eu des échecs, comme Fredericton-Moncton et Coquihalla.
Reste donc un scénario à l’étude qui a du bon sens : le péage métropolitain à la distance parcourue, une mesure qui s’étendrait jusqu’à Saint-Jean-sur-Richelieu, Vaudreuil-Dorion, Saint-Jérôme et L’Assomption.
Personnellement, je trouve que l’idée d’introduire des frais d’utilisation vient trop vite. Je préfèrerais qu’on commence par développer massivement le transport en commun grâce à aux droits sur l’immatriculation et à la taxe sur l’essence, pour ensuite aller de l’avant avec un péage : on donne, puis on impose.
Une fois cela dit, tant qu’à aller de l’avant avec le péage, je préfère de loin la formule métropolitaine qui mise sur le principe de l’utilisateur-payeur. On contient ainsi l’éparpillement, on réduit la motorisation, et on accroit l’équité fiscale : pourquoi l’ensemble des contribuables québécois paierait pour les routes, écoles et hôpitaux qui desservent ceux qui décident d’aller s’installer toujours plus loin du centre?
Vous, vous en pensez quoi du péage-cordon et du péage métropolitain? Une préférence?
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