Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h40 | Commenter Commentaires (22)

    Déménager L’Homme de Calder, vraiment?

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    Pas toujours facile de trancher…

    Il y a quelques semaines, dans ce blogue, je me disais plutôt favorable au déménagement de L’Homme de Calder hors de l’île Sainte-Hélène. Plutôt sympathique à la campagne lancée par le collectionneur Alexandre Taillefer, je soulignais l’importance de localiser ce joyau là où il peut être admiré par le plus grand nombre.

    Mais depuis, je vous l’avoue bien humblement, le doute s’est installé.

    J’ai lu vos commentaires. J’ai échangé sur les réseaux sociaux. J’ai parlé à des amis architectes. J’ai échangé avec des acteurs montréalais. J’ai lu les lettres envoyées aux journaux.

    Puis tranquillement, je me suis mis à «valse-hésiter»…

    Déjà déplacée il y a un peu plus de 10 ans, me suis-je redemandé, cette sculpture intimement liée à Expo 67 mérite-t-elle vraiment d’être à nouveau déracinée? Au moment précis où on réfléchit à l’avenir du Parc Jean-Drapeau?

    Pour approfondir la question, j’ai contacté Marie-Claude Langevin, chercheuse en étude des arts à l’UQAM qui a publié une lettre aux lecteurs dans Le Devoir, et je lui ai demandé une copie de son mémoire sur le déplacement et la mise en valeur de sculptures contemporaines d’art public, qui porte notamment sur le stabile de Calder.

    Le doute s’est alors installé à demeure…

    Alors que j’abordais jusque-là L’Homme de Calder comme je l’avais fait pour La Joute de Riopelle, je me suis aperçu, à la lecture de ce mémoire d’une centaine de pages, qu’il y avait finalement peu de points en commun entre les deux œuvres et leur contexte respectif…

    La Joute était une sculpture presque abandonnée, dans un état douteux, à laquelle le public n’avait pas accès. Une œuvre qui méritait qu’on lui accorde une seconde vie, qu’on la ramène dans l’imaginaire collectif des Montréalais. Une œuvre qui devait être retirée à son responsable, la RIO, tant elle l’avait négligée (une composante de la sculpture a été retrouvée dans les ordures…).

    Or L’Homme est dans une tout autre situation. Le stabile n’est peut-être pas dans un endroit très passant, mais il est dans une très bonne condition. Il est un des derniers vestiges forts de l’Exposition universelle. Il est bien mis en valeur par la Société du Parc.

    Depuis son déménagement, il est visible à partir des îles autant que de l’île de Montréal, en plus de connaître une impressionnante appropriation grâce aux Piknic électronik, notamment (80 000 en 2012, à quoi il faut ajouter OSHEAGA, 81 000 en 2011, et les simples visiteurs du parc qui s’aventurent dans ce coin, soit 600 000 des 8 millions de visiteurs annuels du Parc).

    Autre grosse différence. L’Homme a été assemblé spécifiquement pour l’Expo, alors que La Joute a été conçue sans certitude quant à son emplacement. Les anneaux olympiques sur la plaque qui accompagne l’œuvre de Riopelle ont d’ailleurs été ajoutées en 1978, quatre ans après la création.

    En lisant le mémoire, en lisant aussi la motion déposée hier par Projet Montréal, je me suis alors demandé si le contexte dans lequel se trouvait L’Homme, fort différent du contexte de La Joute, commandait véritablement un déménagement? Si les désavantages d’une telle décision ne seraient pas plus grands que les avantages? S’il valait vraiment la peine de concentrer nos énergies sur un tel débat plutôt que sur l’importance de multiplier les oeuvres d’art public à Montréal?

    Et j’en suis venu à la conclusion que les partisans du statu quo, finalement, avaient raison…


    • Oui ce serait bien de mettre en valeur l’oeuvre d’un artiste du XX aussi important. Je la verrais bien en pleine place des arts…. Mais sincèrement je crois que Montréal doit s’orienter vers l’avenir et demander à un artiste plus contemporain de créer une nouvelle oeuvre. Pourquoi ne pas demander à Calatrava de faire la conception d’une structure aux portes du centre-ville? Il y a plusieurs artistes qui font des grandes oeuvres plus modernes en utilisant des LED et en abordant des thèmes plus contemporains. Oui ont doit valoriser notre histoire mais si on désir le bien de Montréal, l’aider à entrer dans la modernité serait un meilleur choix.
      G. Gomez

    • Les œuvres d’art auquel s’attache la population sont comme les amis qu’on se fait.

      Regardez mon garçon avec son ami Justin en maternel. Ils étaient dans la même classe en pré-maternel, ils ne le sont plus. Pourtant ils restent les meilleurs amis. Ils préfèreraient être dans la même classe mais l’administration en a décidé autrement et eux n’ont aucun recours la dessus.

      Pourquoi cette sculpture est-elle devenue une des préférés des Montréalais, je ne saurais le dire. Là n’est pas mon point.

      Nous avons le contrôle de notre destin, nous pouvons choisir de s’entourer de ce que l’on aime.

      Est-ce que cet œuvre sorti de son contexte du lieu de l’Expo perdra toute sa valeur, sa signification et son attachement des Montréalais? Combien d’autres œuvres artistiques sont aussi appréciés des Montréalais?

      Je crois que tout comme on peut changer une peinture de mur ou de pièce dans une maison ou même la déménager de maison. On peut changer cette œuvre d’emplacement pour encore une fois se l’approprié, qu’elle soit plus proches de la population.

      Je crois que cet œuvre, appartient plus à la population, au présent qu’à l’Expo 67, au passé.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • Je ne sais pas ce qui vous arrive monsieur Cardinal, mais depuis peu de temps tous vos billets sont bons, même vos chroniques. Nous vous remercions de tenir compte de l’opinion du contribuable un peu tanné de payer. Nous n’avons rien contre l’art, mais ce n’est pas notre priorité numéro dans la vie. IL y a des gens qui couchent dans les rues. Et ces gens ne sont pas capables de s’organiser pour bloquer les rues. Logique, parce que s’ils étaient capables, ils ne seraient pas dans les rues. N’allez pas peur de sortir de la clique de la pensée unique. Vous allez beaucoup plus ressortir comme journaliste. Ceux qui font dans la pensée unique c’est parce qu’Ils n’ont pas le choix faute d’Intelligence. Merci de vous avoir repositionné.

    • Personnellement, je ne me sens pas prisonnier des intentions initiales quant à la création de cette oeuvre. C’est un choix que de mettre l’emphase sur un passé incarné par l’Expo 67. C’est un choix tout aussi valide que de projeter cette oeuvre dans le présent et l’avenir en la ramenant en ville.

      Pour faire une image un peu simple: aller visiter ses vieux parents dans la maison ancestrale quelques fois l’an, ou bien les emmener dans un condo en ville tout neuf, et les voir chaque semaine?

      La question serait plutôt ce qu’on veut faire de l’Ile Ste-Hélène. Si on veut en augmenter significativement l’achalandage, alors laissons l’oeuvre là. Sinon, faisons un parc montréalais thématique sur Expo 67, avec la sculpture, des maquettes des autres pavillons et tout.

    • Pourquoi ne pas faire fondre cette horreur et rembourser une partie de la dette de Montréal avec le produit de la vente du métal ?

    • J’étais de ceux qui voyait d’un bon oeil le réaménagement du Calder sur le flan du Mont-Royal, au coin de Pins et Parc. Mais une autre bonne sculpture monumentale québécoise ferait effectivement aussi bien l’affaire. D’autant plus que l’on s’apprête à investir 50 millions dans la valorisation du Parc-Jean-Drapeau afin de redorer les îles pour 2017. Il devient donc évident que l’oeuvre de Calder doit demeurer là ou elle attire déjà pas mal de monde.

      Le débat sur cette oeuvre d’art public a tout de même l’avantage de faire découvrir un artiste et son histoire à plein de jeunes qui ne le connaissaient pas. Beau débat, beau débat ;0)

    • @ enteka

      Il n’y a pas d’entente pour le maintien de l’oeuvre sur place. Au contraire, même, l’entente stipule que la Ville, propriétaire de l’oeuvre, peut la déplacer où elle le souhaite. Mon propos tourne davantage autour de l’oeuvre, de son contexte et surtout de l’intention de l’artiste, qui a créé L’Homme spécifiquement pour l’Expo.

      François Cardinal

    • L’homme de Calder est un succès où il est. When it’s not broken, don’t fix it. Et son déménagement amènerait d’autres problèmes de conservation, entre autres.

      Je suis bien ouvert à la commande de nouvelles oeuvres par contre, si cela vient d’artistes sérieux et reconnus internationalement. Qu’on prenne bonne note de l’épisode récent et très douteux de la RIO qui a voulu nous imposer le comble du kitch au Parc Olympique…

    • Cette statue est une abomination et fait mal aux yeux. 99% des Montréalais n’y sont pas attachés, et elle ne fait aucunement partie de notre patrimoine culturel.

      Pour des fins de salubrité publique et d’assainissement des lieux, je propose de la détruire, la faire fondre et vendre le métal. Nous pourrions affecter le produit de la vente au paiement de la dette publique.

      B Plante

    • Cette oeuvre d’un artiste majeur, est comme le centre symbolique pour une petite entreprise qui fonctionne assez bien alors pourquoi casser le beat?

    • @fcardina

      une fois créer l’oeuvre n’appartient plus à l’artiste, elle appartient au public qui lui donne la signification qu’il veut sans ignorer les intention de l’artiste.

      Ainsi dans sa chanson “ne me quitte pas” Jacques Brel se moquait des dépendants affectif qui ne savent pas vivre sans l’être aimé, quitte à devenir l’ombre d’une ombre.

      Le public en a fait une sorte d’hymne à la peine d’amour, à l’amour.

      Une oeuvre ne doit pas rester figer dans le temps mais évoluer, sans oublier d’ou elle vient.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • On voit la sculpture à partir du Vieux-Port. Il n’y a pas beaucoup d’endroits à Montréal ou elle serait aussi visible d’aussi loin. Et c’est de cette façon qu’elle est belle.

      “Au moment précis où on réfléchit à l’avenir du Parc Jean-Drapeau?”
      J’ai bien hâte voir ce qui va arriver avec ça.

      @nike
      “sans oublier d’ou elle vient.”
      Vous me faites penser à la chanson de Pat Banetar “Hell is for children” ou elle décrie les mauvais traitements faits à certains enfants. Il y a eu plein de gens qui croyaient qu’au contraire, elle approuvait.

    • @sergio

      La droite baloney dans toute sa splendeur.

    • http://video.telequebec.tv/video/14035/l-homme-doit-il-demenager
      Reportage très intéressant à voir.

      L’Homme devient un lieu de rassemblement, pourquoi le déplacer?
      Je suis plutôt d’avis que si l’on veut des oeuvres d’art dans le Vieux-port ou au centre-ville, et bien que l’on s’en offre. D’ailleurs avec le coût de déplacement de l’Homme, on pourrait sûrement au moins s’en payer une et enrichir nos patrimoine.

    • Non! Ne déplacez pas l’Homme de Calder! Cette sculpture est très bien là où elle est, dernier vestige de mes souvenirs d’enfance reliés à Terre des Hommes, et aussi emblème du sport dans les années 70, où l’Homme de Calder figurait sur les écussons des diverses disciplines sportives offertes par la Ville de Montréal (natation, gymnastique, tennis, etc…)
      Suis-je la seule à m’en rappeler?

    • M. Cardinal, vous dites que l’Homme a été crée pour l’Expo. Or l’Expo n’existe plus. On ne devrait pas être prisonnier de ce site mais plutôt se demander où nous la placerions si elle nous était offerte aujourd’hui.

    • L’Homme de Calder est vraiment à sa place et ce serait inutile de le déménager.

      Il est accessible, visible et qui plus est, emblématique d’un événement d’importance qui sont les Piknics Électroniques. Je ne connais pas beaucoup d’oeuvres d’arts extérieures à Montréal qui habitent si bien un lieu.

    • L’Homme de Calder est très bien là où se trouve actuellement, soit au nord-ouest de l’île Sainte-Hélène.

      Au lieu de songer à le déménager dans le Vieux-Montréal, la Ville devrait plutôt s’occuper de refaire la chaussée de nombreuses rues dont l’état est déplorable et ce, en donnant les contrats à des compagnies fiables, qui rénovent pour que cela dure longtemps.

      Pas, comme on l’a vu trop souvent jusqu’ici, en engageant des entreprises qui font un travail de piètre qualité et se permettent quand même de surfacturer, tout ça parce que celles-ci ont contribué à la caisse du parti au pouvoir !

    • Cette oeuvre a trouvé sa place et idéalement ne devrait plus en bouger. Un des rares vestiges de l’Expo, avec Habitat et la Biosphère, qui conservent un peu de cette formidable utopie de 67.

      L’art public se porte encore souvent bien à Montréal, avec entre autres Nicolas Baier à la Place Ville Marie, Michel de Broin au métro Papineau et plusieurs autres.

      Pourvou qué ça doure…

    • Et une bonne main d’applaudissements à monsieur Cardinal pour son humilité et sa capacité d’admettre ses erreurs sans avoir l’air fou…

    • Tant qu’ à perdre la boule dans des projets très discutables pour gaspiller encore plus de fonds publiques, pourquoi ne pas déplacer le dôme géodésique de Füller sur la place des festivals?

      Ça serait bôôô en titi!
      Avec des black ligths pis des projections en 3D, pis des stands de pizza à l’intérieur qui vendraient aussi de la bierre!

      Oups!
      Ils seraient assez (?) pour le faire!
      J’ai rien dit!

    • En 67, j’ai souvent mangé mon lunch au pied de cette sculpture. Je l’ai souvent regardé par la suite.

      La photo de votre éditorial m’a frappé. On voit un profil d’être humain avec un bras levé. Je me suis toujours posé la question pourquoi cette œuvre avait le nom d’homme, je crois que ce profil en est l’explication mais il faut vraiment la regarder de loin et selon le bon angle.

      C’est sculpture doit être dans un grand parc. Elle est bien où elle est.

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