Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 28 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h35 | Commenter Commentaires (3)

    Daniel Pearl: «D’abord, revitaliser nos secteurs les plus sous-utilisés»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, Daniel Pearl, architecte, cofondateur de L’Office de l’éclectisme urbain et fonctionnel (L’OEUF) et professeur à l’École d’architecture de l’Université de Montréal, se prête au jeu.

    pearlAlors que nous assistons à une situation aussi surprenante que dramatique, la Commission Charbonneau nous rappelle nos cruelles lacunes à plusieurs égards. C’est justement pourquoi nous ne devons pas rester paralysés.

    Nous devons agir, avoir de la vision et le courage de nos convictions.

    Nous constatons la vétusté actuelle des infrastructures physiques des villes nord-américaines – qui dépassent largement les limites de notre empreinte écologique mondiale (soit la mesure de la pression humaine sur les écosystèmes et les ressources naturelles de la Terre) –, mais ce qui pose un défi plus grand encore, c’est que l’infrastructure sociale de toute une génération continue de reposer sur ces bases désuètes.

    Que faire pour encadrer la revitalisation des milieux fragmentés de nos quartiers centraux devenus désuets avec le temps?

    1) Étudier le potentiel de transformation qu’un projet d’infrastructure peut générer (ex. : Complexe Saint-Michel);

    2) Extrapoler les bienfaits du potentiel régénératif qu’un projet puisse avoir sur les quartiers avoisinants (ex. : Technopôle Angus);

    3) Identifier les partenaires financiers clés du succès de la mise en œuvre d’un projet dans des délais raisonnables (ex. : Quartier international de Montréal);

    Montréal est riche et forte de ses quartiers multiculturels, de sa topographie dynamique et de ses milieux éclectiques souvent jouxtés les uns aux autres sans heurts.

    Montréal a de splendides opportunités de renouveler son cadre bâti tant en terme de ses infrastructures que de la qualité de vie offerte – tout en conservant l’équilibre entre la résilience écologique et la cohésion sociale des quartiers centraux et de leurs ceintures industrielles limitrophes.

    Pour faire un pas de plus avec ce parallèle biologique, nous pourrions dire que les écotones représentent des seuils ou des passages riches, voire magiques et propices à l’accroissement de la biodiversité. C’est donc dire que ces écotones entre les zones construites sont aussi des « seuils magiques » où peuvent émerger des conditions dont les possibilités sont multipliées par rapport au contexte individuel de chacune des zones.

    Ces passages peuvent alors offrir une plus grande résilience et résister à des conditions plus ardues. Ce sont des lieux où peuvent se créer des espaces ou des espèces qui n’existent pas ailleurs.

    Nos sites les plus sous-utilisés, contaminés, enclavés et souvent morcelés, surtout s’ils sont situés à proximité de quartiers résidentiels énergiques ou d’espaces verts en santé, sont certes les premiers à revitaliser.

    Grâce à ces « seuils magiques », il est possible d’assister à la renaissance abordable d’un quartier, à sa diversité sociale accrue, à une augmentation de sa résilience et de la tolérance qu’on y retrouve – il s’agit de reproduire les conditions permettant d’assister à la naissance d’endroits où il est possible de vivre, travailler et s’amuser tant pour un jeune aspirant agriculteur urbain, qu’un artiste, ou une jeune famille, chacun à distance de marche d’un incubateur d’entreprises où près de la majorité de ses intérêts et de ses besoins.

    De tels sites existent à Montréal. Ils sont à la limite de l’arrondissement Lachine, près de l’ancien Hippodrome de Montréal, à l’intersection des arrondissements Outremont et Parc-Extension, près du site du CUSM, dans l’arrondissement Le Sud-Ouest, près des raffineries de l’Est et bien d’autres. Bref, ils sont partout sur l’ile de Montréal.

    Pour ce faire, Montréal à besoin de courage, de leadership et de transparence.

    Ces éléments seront les clés de l’élargissement des pratiques actuelles pour la transformation des divers partenariats entre les collectivités et leurs promoteurs, en vue de réhabiliter et tisser des liens urbains à la fois éthiques et rentables.

    Il est certain que nous avons besoin de mécanismes qui viseront à nous protéger contre la corruption, par ailleurs, nous ne devons pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain.

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    • J’aime bien leurs réalisations comme Benny Farm et le Coteau Vert mais quelqu’un résumer ce texte ? Je n’ai pas compris ou la “magique” vient aider à renouveler le tissu urbain.

    • J’apprécie énormément les oeuvres de l’Oeuf.

      Parfaitement d’accord avec le concept de seuil magique, que j’apparente à “masse critique”. Un quartier résidentiel intéressant doit atteindre une masse critique de services, citoyens, commerces et d’institutions.

      Sur le plateau nous avons ça. À Verdun aussi, avec la rue Wellington. À Lachine non, les rues Notre-Dame et Provost sont dans un cercle vicieux : les commerces partent, moins de clients la fréquente, d’autres commerces partent. Pourtant ce quartier pourrait être revitalisé, et ça coûterait moins cher que de déboiser/dézoner/buldozer en périphérie pour y construire des bungalows et cottages.

      Simon Chartrand

    • Nous n’avons pas tous la capacité de voir la beauté d’une zone en friche… À vrai dire, ça prend la créativité d’un artiste ou la formation professionnelle d’un urbaniste ou d’un architecte pour visionner au delà de ce qui existe actuellement.

      Que l’on veut l’admettre ou pas, les développeurs privés et les promoteurs de projets ont cette capacité de le faire aussi… Bien qu’on est trop souvent déçu du résultat.

      Heureusement, il y a une nouvelle génération de promoteurs avec un grand souci de l’impact environnemental et social que leur projet peut engendrer. Dommage que nous ne leur donnons pas la chance de travailler en vrai partenariat avec le milieu communautaire; triste que nous sommes si méfiants, si acerbes au point de fermer tout dialogue.

      Trés peu dans la vie peut être réduit à du noir ou du blanc.

      L’intégrité, le courage, l’innovation et le respect des besoins de tous les montréalais font part d’une responsabilité commune. S’ouvrir à la réalité que nous avons besoin de ce que l’autre peut apporter à la table… Citoyen, groupe communautaire ou corporation … Serait un premier pas vers le Montréal dont je rêve.

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