Le blogue de François Cardinal

Archive du 21 janvier 2013

Lundi 21 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (7)

Joël Thibert: «Montréal a besoin… d’une région»

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, Joël Thibert, boursier Trudeau, doctorant en politiques urbaines à l’Université Princeton et coordonnateur de Marcher la région/Walk the région, se prête au jeu.

thibertLorsqu’on traverse le Grand Montréal à pied, qu’on randonne à travers les champs de fraises de Laval, qu’on parcoure les ruelles verdoyantes du quartier Saint-Michel, qu’on suit le fleuve et les immenses peupliers qui le bordent de Kahnawake à Saint-Lambert, qu’on bivouaque dans une cour de Sainte-Dorothée ou de Montréal-Nord, on construit une image riche et nuancée de cette contrée que l’on nomme « région ».

Ce territoire bigarré, les promeneurs de «Marcher la région» et moi avons choisi de nous l’approprier, sans réserve. Pour une troisième année en 2013, nous marcherons pendant trois jours d’un bout à l’autre du Montréal métropolitain pour aller à la rencontre de cet immense paysage habité, dans tout ce qu’il a de banal et de grandiose.

Mais force est de constater que malgré l’adoption récente du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), le Grand Montréal continue d’exister sur papier plus que les dans « les tripes » de ceux qui l’habitent. En effet, nous avons laissé la politique, les divisions administratives artificielles et la peur de l’autre nous diviser.

Pourtant, Montréal a besoin de sa région, parce que le développement ne peut être durable que s’il tient compte non seulement du transport actif dans la ville centre, mais aussi des champs, forêts, cours d’eau et multiples milieux de vie qui parsèment la Métropole avec un grand M. Si nous voulons vivre avec la nature, nous devrons d’abord apprendre à vivre plus près les uns des autres. Or, cela implique de réapprivoiser l’urbain, de prendre le temps d’imaginer collectivement la ville que voulons pour mieux en vendre le rêve.

Mais vendre l’urbanité montréalaise ne veut pas dire vendre Montréal ; c’est aussi vendre les centres-villes de Sainte-Thérèse, Terrebonne et Pointe-Claire, les vieux quartiers de Laval et Longueuil ou les nouveaux TOD (transit oriented development) qui verront bientôt le jour. L’urbanité montréalaise doit être une création collective, un projet réellement métropolitain. Pour cela, il faut donner l’occasion aux habitants du Grand Montréal de se rencontrer (ailleurs que chez Ikea), d’explorer le territoire panmontréalais (autrement qu’en automobile) et de rêver cette région – notre région – à la fois merveilleuse et malmenée.

Il faut aussi que le prochain maire de Montréal agisse réellement comme le maire de la Métropole. Quoi qu’on pense de l’héritage politique du maire Tremblay, c’est là précisément le travail qu’il a entamé il y a dix ans – et qui ne doit surtout pas être abandonné aujourd’hui.

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