Le blogue de François Cardinal

Archive du 16 janvier 2013

Mercredi 16 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h22 | Commenter Commentaires (34)

Applebaum: que l’on apporte les plumes et le goudron!

BX045_76B9_9

C’est un cliché de le dire : le climat politique est malsain. Malsain parce qu’on s’aperçoit que la corruption est rampante. Mais malsain, aussi, parce qu’on en vient à croire, par le fait même, que tout le monde est corrompu…

Le maire Applebaum est la dernière victime de cette attitude qui ressemble de plus en plus à un «shoot first, ask questions later»…

L’homme ne fait l’objet d’aucune accusation, d’aucune allégation claire, d’aucune enquête pour ce que l’on en sait, et pourtant, il est déclaré coupable sur l’autel de l’intégrité. Ou tout comme.

Or que lui reproche-t-on, au juste?

1) De s’être retrouvé à La Cantina en 2003, un restaurant où se retrouvent des membres de la mafia.

Ce n’est pas brillant, certes. Mais si l’on fait la chasse aux élus ayant mis les pieds dans ce restaurant comme on l’a fait pour le 357C, on n’en finira plus d’épingler ces «vilains» qui ont manqué de jugement.

Personnellement, je suis d’autant moins scandalisé que M. Applebaum n’est pas celui qui a organisé la rencontre. Il s’agissait d’une activité de financement organisé par son parti, laquelle figure bel et bien dans les rapports financiers officiels.

Il s’agit donc d’une «accusation» par association, comme on a pris l’habitude d’en faire. Pensons à tous ceux qui ont eu le malheur de manger au 357C, à Line Beauchamp ou encore, à Stephen Harper qui a fait une annonce dans le passé avec Arthur Porter, une scène que l’on n’a pas hésité à rejouer à répétition ces derniers jours…

2) D’être mêlé à une transaction immobilière avec un représentant du crime organisé.

M. Applebaum a eu une rencontre avec des enquêteurs de la Commission Charbonneau la semaine dernière car, selon Le Devoir, il «aurait pu être mêlé» à un projet immobilier douteux de l’homme d’affaires Tony Magi, proche de la mafia montréalaise.

Tout de suite, on tire la conclusion qui s’impose : le maire est donc sous enquête.

Or jusqu’à preuve du contraire, M. Applebaum ne fait pas, personnellement, l’objet d’une enquête. Il n’a pas été interrogé. Aucun policier n’a cru bon le questionner. Il a rencontré des enquêteurs qui voulaient lui poser des questions en tant qu’ancien maire de l’arrondissement où le projet douteux a vu le jour.

Peut-être en apprendra-t-on plus éventuellement. Mais pour l’instant, il n’y a là rien qui entache l’intégrité du maire. D’autant que ce dernier «dément formellement» toute implication. Il dit avoir refusé ledit projet immobilier, ce que confirme le directeur de l’urbanisme de CDN-NDG. Il dit même s’être opposé à tous les projets présentés par M. Magi. Il dit que c’est la ville-centre qui s’en est occupée.

Donc on a une rumeur d’un bord, et un démenti formel de l’autre. Et pourtant, c’est la rumeur qui prend le dessus. Preuve du caractère malsain de l’époque.

Quand on voit la difficulté avec laquelle on tente d’éclaircir les propos du seul témoin Martin Dumont, il y a de gros gants blancs à mettre avant de jeter une seule pierre à Michael Applebaum, surtout lorsqu’il est question de révélations faites sous le couvert de l’anonymat.

Attention, je ne disculpe pas Applebaum de tout! Il était membre d’Union Montréal. Il faisait partie du comité exécutif de Gérald Tremblay. Il a été agent immobilier tout en étant maire d’arrondissement jusqu’en 2009.

Mais en l’absence de documents, d’allégations ou d’accusations claires, rien, pour l’instant, ne justifie le recours aux plumes et au goudron.

Lire les commentaires (34)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mai 2013
    D L Ma Me J V S
    « avr   juin »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité