Quel avenir pour Montréal?

Archive du 9 janvier 2013

lettre lead

J’évoquais hier le cas de Saint-Bruno, où les tensions entre le maire et ses opposants sont extrêmement vives, pour proposer une petite réforme «apaisante» de la démocratie municipale.

Je ne croyais pas avoir choisi un aussi bon exemple…

Depuis la publication du billet, j’ai parlé au maire Claude Benjamin et à certains citoyens de la municipalité. Et mon impression, c’est que le durcissement des relations entre ces deux parties va mal finir…

D’un côté, on a un maire excédé qui rejette toute responsabilité dans l’escalade des tensions, comme si celles-ci s’alimentaient d’elles-mêmes.

Pire, il n’hésite pas à les aviver.

Dans une lettre envoyée aux citoyens, le 13 décembre dernier, il déplore «les cris, les vociférations, les injures, les blasphèmes et les doigts d’honneur» de ses opposants, ajoutant que ces moyens «ont été utilisés ailleurs, à des époques où le fascisme était triomphant»…

lettre

Quand un débat atteint le point Godwin, le dérapage n’est pas bien loin… s’il n’a pas déjà été atteint.

Et cela n’est que la moitié du portrait. Car les opposants, excédés à leur tout parce qu’ils perçoivent comme de l’autoritarisme, sont de plus en plus mécontents. Ne trouvant aucun exutoire, leur mécontentement gagne en ampleur et, malheureusement, en agressivité.

Le problème, c’est qu’une telle tension peut exacerber les comportements déviants chez ceux qui ont peu de maîtrise d’eux-mêmes. La preuve, ce courriel envoyé lundi au maire Benjamin qui se conclut ainsi : «comme Pauline, une balle ne vous ferait pas de tort»…

Tout le monde n’a pas le talent de l’auteur de littérature jeunesse Louis Émond…

Pas de doute, c’est un cas extrême, probablement «un crackpot» qui n’a rien à voir avec le groupe d’opposants. Mais il montre néanmoins que les dérapages ne sont jamais très loin lorsque la tension s’empare d’une communauté.

D’où l’idée que j’évoquais hier, et que je précise en édito aujourd’hui, d’élire dans les municipalités un président du conseil parmi les élus, comme cela se fait à Montréal et Longueuil, afin que le maire cesse de jouer les deux rôles. Une façon de mettre fin à ce conflit d’intérêts institutionnel, mais surtout une façon de calmer les esprits, au moins lors des séances du conseil municipal.

Pourquoi je ramène ma proposition sur le tapis? Tout simplement parce que je l’ai suggéré au maire Benjamin, hier, qui semble l’avoir trouvé plutôt bonne. «Je n’écarterais certainement pas une telle idée», m’a-t-il dit.

Les opposants sont-ils d’accord? On aurait peut-être là un rare terrain d’entente…

PS : Je tente d’avoir une réaction du ministre Drainville, responsable des institutions démocratiques et de la participation citoyenne, ou de son collègue Gaudreault des Affaires municipales. À suivre.

AJOUT: si vous souhaiter vous faire votre propre idée de la responsabilité de chacun dans l’escalade des tensions, 99%Media a mis en ligne l’intégral de la période de questions du 10 décembre dernier. Je l’ajoute-ci-dessous.



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