Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis près de 20 ans, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
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    Mardi 8 janvier 2013 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (27)

    Pourquoi les maires président-ils les conseils municipaux?

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    Au cours des derniers mois, trois deux municipalités, Saint-Bruno et Mascouche, ont fait les manchettes en raison de dérapages démocratiques au conseil. Les événements sont différents, mais le problème est le même : le maire de la ville est aussi président du conseil.

    Cela est intenable et doit changer.

    À Saint-Bruno, j’en parlais samedi, le maire est à couteaux tirés avec un nombre grandissant de citoyens depuis un peu plus d’un an. Plutôt que de calmer le jeu en étirant la période de questions ou en tenant une assemblée extraordinaire qui lui permettrait de répondre à toutes les questions, Claude Benjamin a décidé de profiter de son double chapeau, d’exiger la présence des policiers au conseil municipal et d’expulser les citoyens dès qu’il estime qu’ils sont trop agités.

    Peu importe le détail de chacune des expulsions, l’abus de pouvoir est évident.

    Le conseil municipal est une assemblée délibérante, l’endroit où les élus rendent des comptes aux électeurs. La police n’y a pas sa place, sinon en cas de force majeure (un ton élevé, un sacre et un doigt d’honneur ne se qualifient pas…).

    Le problème, c’est que dans la plupart des municipalités du Québec, le premier magistrat est à la fois la cible des mécontents et celui qui peut les faire taire.

    Or tout citoyen ayant déjà pris son courage à deux mains pour se présenter au micro d’un conseil municipal sait comment il peut être difficile de faire valoir son point de vue devant une équipe souvent soudée et un maire qui peut facilement élever le ton.

    La solution? Étendons à toutes les municipalités du Québec ce qui s’applique déjà à Montréal, à Longueuil, à Québec et à l’Assemblée nationale : l’élection d’un président du conseil parmi l’ensemble des élus.

    À l’heure actuelle, la loi stipule que «le maire préside les séances du conseil» et qu’en cas d’absence, «le conseil choisit un de ses membres pour présider». Or pourquoi ne pas inverser l’article de loi? Le conseil choisit un de ses membres pour présider et lorsque cela est impossible, le maire préside les séances du conseil.

    Voilà une façon de protéger l’intégrité de l’institution, d’assurer l’étanchéité du processus démocratique et d’empêcher l’utilisation politique de la police. Et voilà, surtout, une façon de s’assurer que celui qui gère l’assemblée délibérante n’est pas celui qui a un intérêt politique dans son déroulement.

    S’il fait bien son travail, le président du conseil pourrait même aller jusqu’à exiger que les élus répondent aux questions plutôt que de les contourner. Il pourrait s’assurer que le conseiller à qui la question s’adresse soit celui qui y réponde. Il pourrait même prolonger la période de questions lorsque le nombre de citoyens présents dans la salle le commande.

    Rien n’est parfait. Il y aurait certainement des cas où le président de séance serait manipulé par le maire étant donné qu’il proviendrait souvent des rangs du parti ou de l’équipe au pouvoir. Mais ce que nous enseignent les cas de Montréal (Harout Chitilian) et de Longueuil (Michel Lanctôt), c’est qu’avec le titre de président vient souvent un respect pour la neutralité de l’institution.

    Dans l’ensemble, il y aurait donc, incontestablement, un gain démocratique par rapport au statu quo. Vous ne trouvez pas?


    • “Pourquoi les maires président-ils les conseils municipaux?”

      Parce qu’autrement, on devrait les payer à ne rien faire. Parlez-en aux citoyens de Mascouche.

    • Je suis sceptique, je me demande si cette couche supplémentaire n’ajoutera pas de la lourdeur et de l’incompréhension des contribuables. Déjà la plus part des gens ne connaissent rien à la politique municipal ni à ces rouages

      Mais de faire face à un président d’assemblé plutôt qu’au maire lorsqu’on pose notre question. Je crois que ceci ajoutera à l’incompréhension de l’appareil politique et donc au cynisme.

      D’ailleurs dans tous les cas de figure il s’agit de situation de crise ou de toute façon il y aurait échauffement des esprits. Je ne crois pas que le peu de gain possible dans la sérénité du déroulement des réunions du conseil dans des cas d’exception vaut cet ajout de lourdeur administrative généralisé. Bonne année.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • Votre suggestion est intéressante pour les grandes villes, mais impraticable pour les petites municipalités.

      En effet, les conseils municipaux de ces dernières sont composés de six conseillers et du maire.

      Si le maire ne préside pas, malgré son conflit d’intérêt évident, c’est le pro-maire ou un président ad hoc choisi par et parmi les conseillers qui le fait.

      Eux aussi sont totalement en conflit d’intérêt.

      Pour les grandes municipalités, tout en élisant un président, on pourrait aussi élire un ou deux vice-présidents, ce qui placerait le maire sur le même pied que les autres membres du conseil.

      Armand GILLES

    • @ nike

      Ajouter de l’incompréhension? Toutes les assemblées étudiantes, syndicales et autres se déroulent en présence d’un président d’assemblée. Qu’y a-t-il de si compliqué à cela?

      Pour les situations exceptionnelles, vous vous trompez. Mascouche et Saint-Bruno sont simplement la pointe de l’iceberg que montrent les médias. De nombreuses municipalités font preuve d’un déficit démocratique.

      François Cardinal

    • que la population élise le président en même temps que les autres et qu on établisse un mécanisme qui permette de congédier un élu avant la fin de son mandat si il fait carrément pas le travail ou autre

      albert bela

    • Et pourquoi pas un président d’assemblée indépendant de tout parti politique.
      Et le coût?
      Un président d’assemblée une fois par mois ou 5 policier une fois par mois?
      Dépense minime face à un gain démocratique évident.

    • Un président d’assemblée indépendant qui travaille pour la MRC ou le Ministère. Un employé qui y travaille déja et qui fait une vingtaine d’assemblée par mois. Une par soir, vingt jours dans le mois. Un genre d’observateur en même temps pour le vérificateur général. Ca semble évident qu’il faut les surveiller. Faisons-le à une place très visible.

    • @ gl000001

      Un fonctionnaire ne peut tout simplement pas avoir d’ascendant sur les élus. Cela irait à l’encontre de l’idée même de la représentation élective.

      François Cardinal

    • @ sicnarfc

      Je vois deux problèmes. Le premier, il y a 1500 municipalités au Québec, comment trouver ces 1500 personnes alors qu’on peine à trouver des candidats aux postes de conseillers? Le second, il serait difficile de choisir une telle personne avec l’accord des élus, qui est plus que nécessaire pour la bonne gouverne de la municipalité.

      François Cardinal

    • @fcardina

      Quel est le taux de participation aux assemblées étudiantes et syndicales? L’immense majorité des gens ne connaissent absolument rien du code Morin. Y compris les élus.

      Qu’il y est déficit démocratique aux municipales, je suis d’accord. C’est même une vérité de la police ;-p

      Mais rajouter une couche à un système qui ne fonctionne pas et dont la population se désintéresse complètement ne règlera rien.

      Si le maire n’a pas l’appuie de ses citoyens, il ne sera plus maire à pareil date l’année prochaine. La solution du président du conseil est surement intéressante pour les grandes villes comme Montréal, Laval et Longueuil, mais pour Shawbridge…

      Ceci reviens à notre plus grand désaccord. Vous êtes pour une plus grande décentralisation ce qui entraine une déresponsabilisation des élus alors que je suis pour une plus grande responsabilisation des élus ce qui engendre une plus grande centralisation.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • @fcardina
      Que fait un président d’assemblée ? Il préside l’Assemblée. Il veille à ce que l’ordre du jour et la procédure soient respectés. Pourquoi devrait-il être élu pour faire ça ? Il y a du ménage à faire. Il faut peut-être revoir les organisations également. La cause de la magouille est là après tout.

      Et vous le dites vous-même “une façon de s’assurer que celui qui gère l’assemblée délibérante n’est pas celui qui a un intérêt politique dans son déroulement.”

    • @fcardina
      Dans ce cas, pourquoi ne pas aller dans le sens que propose gl000001 et créer une forme d’institution publique indépendante style DGE mais en rapport avec l’éthique et la gouvernance et imposes les façons de faire aux municipalité.
      D’ailleurs, la manchette de votre quotidien ce matin ne montre t-il pas plusieurs municipalité ne semble pas pressées par l’implantation du code d’éthique? Imposons là.

    • @fcardina
      “il y a 1500 municipalités au Québec”
      Qu’ils fusionnent intelligemment les St-Roch-de-l’Achigan (4810 hab.) et St-Roch-Ouest (297 hab.) … Il n’y en aura plus 1500.

    • @Nike
      Shawbridge est devenu Prévost depuis 1977.

      Comme vous dites, il faut centraliser. Un maire par MRC. Les villages de moins de 2000 habitants ont besoin d’un conseiller ou deux à la MRC.

      “Vérité de la Police” Très bon ;-) Poliçons les polissons.

    • Il y a déjà une président du conseil à Laval.

    • @gl000001

      La démocratie défend la souveraineté des citoyens. Or l’assemblé législative ne peut-être présider par un non-élu ceci irait à l’encontre même du principe de démocratie. La volonté est louable mais votre solution ne respecte pas les barême du respect de la démocratie.

      Je crois que votre souhait serait peut-être que le veificateur général de chaque ville soit nommé par le gouvernement provincial. Ce qui n’est pas une mauvaise idée…

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • @ fhlib

      Vous avez raison, j’ai corrigé la chose.

      Merci

      François Cardinal

    • @gl000001

      1977 ça fait si longtemps que ça! Je pensait que ça avait été fait dans la saga des fusions défusions des années 2000. Je ne voulais pas de me casser le pompon à cherche un bled encore existant.

    • A Québec, le président a un triple rôle:
      http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/president-assemblee/triple-role.html
      Pour les deux premiers, ça ne demande pas un élu. Le troisième, au municipal, ça revient au maire.
      Je ne vois pas du tout le problème. Si il faut faire évoluer les institutions, faisons-le.
      Et ça s’est déjà fait :
      http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/president-assemblee/evolution-presidence.html

    • @ gl000001

      Très intéressant, merci!

      François Cardinal

    • tres bonne idée, sauf que le président devrait etre élu par la population.
      une personne idépendante se présente comme candidat a la présidence,n’est supporté par aucun parti et la ville fait la publicité des candidats sur un meme pied d’égalité et il est strictement défendu aux partis ou a leurs membres de faire de la publicité pour un candidat sinon il est automatiquement exclu.
      si nous sommes capable de gaspillé de l’argent pour des élections pour les commissions scolaire qui ne servent strictement a rien cars seulement que 2% de la population si interresse ont peu dépensé pour un président neutre qui agira en chien de garde entre les citoyens et le maire et son équipe qui sont des fois un peu baveux du a leurs majorité.
      mais les maires qui dirigent déja leurs villes a leurs guise n’en voudront pas tout comme un code d’hétique

      Pierre

    • Excellente suggestion et pas compliqué contrairement à ce que plusieurs pensent.

    • Et pour “pacifier” les assemblées, les questions des citoyens devraient être envoyées d’avance au maire et aux conseillers. Le président de l’assemblée pourrait les résumer et les condenser étant donné qu’il doit y en avoir plusieurs qui se recoupent. Et pour vérifier que votre question a bel et bien transmise, on les affiche sur le blogue municipal avec la réponse. C’est pas dur à gérer et ça informe tout le monde.

    • Je suis citoyen de Saint Bruno et par truchement d’action bénévole, je reçois aussi la lettre de la mairesse de Sainte Julie. Quelle différence de ton entre ”mes” 2 maires, c’est assez saisissant. On comprend tout de notre maire de Saint Bruno quand on voit son ton et sa manière, on comprend mal par contre, le jugement de ses sous fifres qui sommes toutes semblent être de bonnes gens. La mairesse de Ste Julie, s’exécute, planifie, explique, exprime, bref j’en sais 2 fois plus sur les projets futurs de Ste Julie que de ma propre ville. Je connais aussi très bien sa vision par le ton et la démarche de ses actions, entre autre, expliqué, lorsque Ste Julie a travaillé de pairs avec plusieurs organismes locaux pour conserver une parcelle de 14 hectares de la montagne comme zone tampon. La mairesse a exécuté de facon très honorable sa tâche… Je regarde du coté de ma ville, j’entends peu, je comprends mal, je ne vois que des sourcis très foncés et des robots qui suivent un patron, on nous répète sans cesse qu’il y a des fleurs partout, c’est cool les fleurs mais les aménagements, les lieux, les gens ? Sommes nous un simple acheteur de bac de petunia surfinia et de mini manoir en vinyle ? C’est un peu malheureux pour une si belle ville. Est ce que la mairesse viendrait bien a St Bruno au prochaines élections, j’aimerais bien voté pour elle.

    • Pourquoi, ne pas donner des dents aux lois régissant les cités et villes?

      Si des citoyens se sentent exclus des assemblées municipales, ils pourraient envoyer une pétition de 10 à 20 noms au Ministre des Affaires Municipales. Celui enverrait un président d’assemblée le temps requis pour les choses se replacent.

      Présentement, il n’y a que la mise tutelle qui existe. C’est tout ou rien. Les roitelets se comporterait mieux si une autorité extérieure venait faire un petit tour à la mairie lorsqu’il y a des plaintes de citoyens.

      Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, il y a et aura toujours beaucoup de pression sur les maires par les développeurs pour transformer des boisés, des terres humides, etc en terrain qui prennent de la valeur.

    • C’est un grave conflit d’intérêts que le maire préside ces conseils et qu’il représente directement la partie impliquée. C’est comme un juge qui représenterait la même partie poursuivante que le procureur de la couronne !! A ce titre, toutes les cours municipales sont en conflits d’intérêts corporatifs.

    • Comparé St Bruno à Laval et à Mascouche c’est un dangereux dérapage. Malgré toute la médiatisation qui devrait être vu comme une dépense électorale pour M Murray en prévision des élections municipale de nov 2013.

      Vaillancourt a fait des M$ en magouillant.
      Marcotte de Mascouche a fait des centaines de K$ en magouillant.

      Ici à St Bruno je suis convaincu que le maire Benjamin ne fait pas 1 ¢ en approuvant ou en rejetant le projet pour qu’il devienne un secteur du parc national. Le maire et le conseil municipal ne font pour le moment que suivre les règles à la lettre.

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