Le blogue de François Cardinal

Archive du 5 janvier 2013

you2

Le documentaire révélant les agissements douteux du maire de Saint-Bruno, dont parlait hier mon collègue Lagacé sur son blogue, a eu tout un retentissement sur les réseaux sociaux. Puis forcément, par la suite, dans les grands médias.

L’exemple est intéressant en ce qu’il montre à quel point la technologie et les médias sociaux sont en train de transformer les villes et la démocratie municipale au Québec et ailleurs, en rétablissant un équilibre entre les administrations et les citoyens.

L’exemple de Saint-Bruno est un cas de figure en ce sens. La Ville a maille à partir avec des citoyens mécontents. Il y a escalade. Puis le maire finit par couper ou limiter les canaux par lesquels les citoyens peuvent normalement se faire entendre.

Typique.

Habituellement, vu le peu d’implication citoyenne dans les municipalités, l’histoire en reste là. À la limite, s’ils ne sont pas assujettis à l’administration ou aux annonceurs, les médias locaux en font état. Parfois aussi les médias alternatifs. Mais cela fait rarement bouger les choses.

Tant que la pression est locale, hélas, tant que les récriminations demeurent celles des rares citoyens militants, l’administration n’a que peu d’incitatifs à changer ses façons de faire, sachant que les médias nationaux n’ont pas les ressources pour assister aux assemblées des 1500 municipalités de la province.

C’est le cas de Saint-Bruno-de-Montarville et de Mascouche, où les maires ont choisi d’abuser de la force policière pour faire taire la grogne tout au long de l’année 2012. C’était le cas à Laval, où le maire Vaillancourt empêchait les élus de répondre aux questions. Et c’est le cas de bien d’autres municipalités qui perçoivent la démocratie citoyenne comme une nuisance.

Les maires ne tombent pas toujours dans l’illégalité en agissant ainsi. Des expulsions du conseil, il y en a à la tonne au Québec. Mais le geste est clairement abusif lorsqu’il devient un réflexe, lorsque la police est appelée en renfort pour un rien, lorsqu’un maire fait appel aux forces de l’ordre pour des raisons politiques.

Qu’il y ait des citoyens mécontents, qu’il y ait un peu de chahut, cela est tout à fait normal dans une enceinte démocratique et ne commande donc pas, comme à Saint-Bruno, le recours répété aux policiers ou policières (qui semblent elles-mêmes ne pas en revenir dans la vidéo en question).

Et c’est là qu’entrent en jeu la technologie et les réseaux sociaux, formidables porte-voix pour dénoncer les abus démocratiques. Comme l’a montré le producteur de la vidéo sur Saint-Bruno (que vous retrouverez ci-dessous), 99%Médias, qui se présente comme un «regroupement volontaire de citoyens engagés activement dans la lutte pour la justice sociale par la production de contenu médiatique et documentaire».

La technologie, surtout la caméra (haute définition ou simplement intégrée au cellulaire), permet ainsi de jeter une lumière crue sur des excès inacceptables, au conseil municipal ou ailleurs. Comme ce fut le cas pour les débordements de matricule 728 par exemple, l’imprudence de ce chauffeur d’autobus remplissant des documents en conduisant ou ces policiers filmés en train de dormir sur les heures de travail.

Cela n’ameute pas toujours les médias nationaux, cela ne force pas tout un chacun à revoir ses façons de faire, mais l’important est le message que cette nouvelle vigilance citoyenne envoie aux élus, partout au Québec : vous n’êtes plus à l’abri des regards.

Lire les commentaires (29)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    août 2012
    D L Ma Me J V S
    « juin   sept »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité