
J’avoue avoir un malaise chaque fois que je me pointe au conseil municipal et vois tous ces élus pianoter sur leurs téléphone, tablette et ordinateur, toutes ces têtes baissées au moment où un collègue ou un citoyen prend la parole.
Déjà que j’ai beaucoup de difficulté avec l’utilisation des médias sociaux en pleine séance, j’ai été estomaqué de lire le reportage de QMI et surtout de voir les photos du maire d’Anjou jouer au solitaire et d’un autre élu fouiner sur un site de petites annonces.
«Je naviguais sur Kijiji, car je suis préoccupé par l’embourgeoisement de mon district», s’est défendu le conseil le de Projet Montréal François Limoges.
Du grand professionnalisme, monsieur, dame…
C’est moi, où le respect de l’institution laisse à désirer à l’hôtel de ville?
Rappelons les absences répétées de Luc Ferrandez qui préfère «travailler que parler». Rappelons le débat entourant les tweets agressifs de Benoit Dorais. Rappelons le refus du conseiller Alex Norris de porter une cravate.
Si les débats qui ont lieu au conseil n’intéressent pas les conseillers, voulez-vous bien me dire pourquoi il y a un conseil?
Je ne comprends pas pourquoi on remet en question un décorum qui n’a rien de bien contraignant. Je ne comprends pas pourquoi on a besoin d’utiliser des appareils électroniques sinon pour lire les documents en lien avec les travaux. Je ne comprends pas qu’on ait besoin de s’escrimer dans une arène virtuelle pendant qu’on débat dans une arène démocratique (bien hâte de lire l’avis du commissaire à l’éthique à ce sujet, d’ailleurs…).
Pour approfondir un peu le sujet, j’ai téléphoné à mes collègues des collines parlementaires. Ayant été correspondant à Québec pour Le Devoir il y a une dizaine d’années, ayant assisté plusieurs fois aux travaux de la Chambre des communes, j’ai le souvenir d’un décorum beaucoup plus respecté qu’à Montréal.
Je me trompe?
«Généralement, les députés à Québec sont attentifs, surtout pendant la période de questions, m’a confirmé Tommy Chouinard. Certains tweetent ou font autre chose, mais ce n’est pas tres répandu.»
«Pendant les marathons parlementaires de 25 heures, certains élus font autre chose, c’est sûr. Mais généralement, à Ottawa, ceux qui se servent d’appareils électroniques le font pour le travail», a indiqué Joël-Denis Bellavance.
Intéressant. Surtout qu’on compare des parlementaires qui siègent sur de longues périodes aux conseillers municipaux qui doivent se présenter à l’hôtel de ville… une journée et demie par mois!
Serait-ce trop demander d’être présent et attentif? On parle tout de même des séances où se prennent des décisions qui affectent près de 1,7 millions de citadins, où les mesures adoptées par l’exécutif sont sanctionnées, où le maire de la Ville doit rendre des comptes.
Autant de choses qui ont de l’importance, surtout depuis la formation d’une administration de coalition : chaque vote est maintenant imprévisible, chaque vote compte.
Pourquoi militer pour des séances publiques du comité exécutif si on ne s’intéresse pas aux séances déjà publiques du conseil municipal?
Lire les commentaires (21) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 






