Le blogue de François Cardinal

Archive du 11 décembre 2012

Mardi 11 décembre 2012 | Mise en ligne à 8h02 | Commenter Commentaires (27)

Pour faire bouger les Montréalais, cachons les ascenseurs!

ascenseur

La Ville de Montréal tenait la semaine dernière une consultation publique sur l’activité physique.

Au cœur des échanges, une question : comment faire bouger davantage les citadins?

Très bonne initiative, je trouve.

J’ai donc lu le document de consultation, j’ai parcouru l’ensemble des mémoires, j’ai même fouillé dans les références des différents documents.

Et je dois avouer être… légèrement déçu.

Je constate deux problèmes.

D’abord, on s’en tient à une approche très (trop) structurelle. On demande une «stratégie», une «vision commune», une «politique globale», un «plan directeur», un «cadre d’intervention», un «mécanisme de suivi», une concertation des «tables de concertation», une «identification des résultats mesurables» ainsi qu’un «soutien de la mise en place d’un organisme de vigilance».

Et une fois tout cela fait, surtout, surtout ne pas oublier la nécessaire «intensification de la mise en œuvre des politiques et stratégies»…

Ensuite, comme c’est très souvent le cas lors de ce genre d’exercice, il y a un peu trop de corporatisme à mon goût. Les kinésiologues demandent à la Ville de «privilégier l’embauche ou la promotion de kinésiologues». Les «éducatrices et éducateurs physique enseignants» recommandent d’«identifier comme une solution significative l’augmentation du temps d’enseignement de l’éducation physique». Et les clubs de handball suggèrent, bien évidemment, de multiplier «les gymnases répondant aux normes du handball».

Et parmi tout cela, quand on cherche vraiment, on peut peut-être trouver quelques rares solutions concrètes et originales…

D’où l’idée que j’ai eu de vous présenter les trois idées les plus audacieuses, ou à tout le moins celles qui se distinguent par leur originalité, sans que j’en sois nécessairement un partisan, je le précise.

Les voici.

- Dissimuler les ascenseurs…

L’Ordre des architectes (OAQ) remporte certainement la palme de l’originalité. Dans un mémoire bien étoffé, il propose de configurer autrement les nouvelles constructions afin d’obliger les occupants à marcher davantage (non sans respecter les principes d’accessibilité universelle, prend-on la peine de préciser). L’Ordre appelle cela des «bâtiments qui décoiffent»…

« Mine de rien, gravir des marches deux minutes par jour permet de brûler assez de calories pour éviter de prendre une livre par année. Pour encourager l’utilisation des escaliers, plusieurs stratégies s’offrent aux concepteurs. Par exemple, plutôt que d’être enfouis au tréfonds des bâtiments, à emprunter uniquement en cas d’incendie, ils devraient être larges, visibles et invitants. Inversement, les ascenseurs devraient être moins présents et, là où c’est possible, s’arrêter seulement tous les trois ou quatre étages. L’utilisation d’escaliers roulants doit être restreinte.»

Pas de langue de bois ici…

- Un «pump track»…

Après le ludique et l’utilitaire, Vélo Québec fait une incursion du côté du vélo de montagne en venant à la défense de ses adeptes. L’organisme s’inspire de Cleveland, New York, Seattle, Vancouver et… Sherbrooke pour proposer la création de sentiers de vélo de montagne urbains afin de faire bouger les plus réfractaires au mouvement, les jeunes.

«Dans l’esprit de favoriser le loisir de proximité, nous croyons que Montréal pourrait appuyer un cadre de pratique de vélo de montagne en milieu urbain. Cela pourrait se traduire par l’implantation de parcs d’habileté (pump tracks) en certains lieux et par l’élaboration d’un plan directeur du vélo de montagne dans certains parcs et espaces publics.»

Qu’est-il arrivé de la piste du Taz?

- Une grande patinoire sous le toit du stade…

L’Association régionale de patinage de vitesse de Montréal trouve que «le réseau de petits parcs et de petites surfaces naturelles glacées» ne suffit plus. Elle s’élève contre ces patinoires qui obligent les visiteurs à lacer leurs patins au froid, assis sur un petit banc inconfortable. Elle suggère donc l’implantation de patinoires à grande surface, dont certaines réfrigérées, pour les adeptes du patinage, notamment du patinage de vitesse.

«Il faut considérer la création d’une grande surface intérieure à l’abri des intempéries. Un mémoire a été soumis l’an dernier au comité-conseil sur l’avenir des installations olympiques visant la création sous le toit du stade d’une patinoire à vocation récréative pour les écoliers, les jeunes et les adultes. La Ville de Montréal devrait s’associer à tout projet de la RIO visant la création d’un tel équipement qui desservirait principalement les citoyens de notre ville.»

Vous en pensez quoi, de ces idées?

***

Mention spéciale à la Direction de la santé publique…

Je ne pourrais passer sous silence cette formidable idée de la DSP, qui suggère de préserver les ruelles de la métropole. On est moins dans l’original, mais on est certainement dans le nécessaire…

«En un sens, les ruelles pourraient être une incarnation montréalaise du woonerf hollandais, ces esplanades où les trottoirs et la chaussée sont intégrés sur un même plan donnant l’impression d’une cour et dans lesquelles les véhicules doivent clairement et absolument céder le pas aux piétons et aux cyclistes. Les ruelles publiques de Montréal sont un joyau inestimable de notre patrimoine urbain. Elles offrent aux jeunes et aux moins jeunes un terrain de jeu éminemment convivial et démocratique qu’il faut entretenir et protéger. Il faut préserver les ruelles publiques et maintenir leur caractère convivial et sécuritaire pour accueillir les jeux libres des enfants.»

Lire les commentaires (27)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2013
    D L Ma Me J V S
    « août   oct »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives

  • publicité