Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 3 décembre 2012 | Mise en ligne à 7h45 | Commenter Commentaires (17)

    Marina Boulos: «Montréal est en manque de philanthropes»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, Marina Boulos est PDG de la Fondation du Grand Montréal et siège au Conseil d’administration des Fondations communautaires du Canada et à l’Association des gestionnaires en philanthropie, se prête au jeu.

    MBoulosMontréal a besoin de plus de philanthropes – individus, gens d’affaires, familles – qui consacrent temps, énergie et argent aux causes locales: soutenir les écoles, associations sportives, soupes populaires, lignes d’urgence, hôpitaux, musées, refuges animaliers et pour amasser des fonds.

    Pour la plupart des organismes de bienfaisance, les dons sont saisonniers avec une recrudescence pour donner de la mi-novembre au 31 décembre. Les hausses d’impôt imminentes auront un effet négatif sur les dons, les Québécois ayant moins d’argent disponible pour faire des contributions discrétionnaires.

    Selon la publication Signes Vitaux 2012, en 2010, 21,6 % des Montréalais ont fait un don de charité dont la moyenne était de 150 $, le plus faible taux de toutes les villes canadiennes. Montréal se classe également dernière parmi les métropoles canadiennes avec 36,7 % d’engagement en bénévolat comparativement à 47 % de Canadiens. Le plus alarmant est l’écart entre les groupes linguistiques. Selon une étude de Statistique Canada publiée cette année, parmi tous les donateurs à travers le Canada en 2010, les donateurs anglophones ont donné en moyenne 523 $, les allophones 414 $ et les francophones 184 $.

    Le temps est venu d’inclure le bénévolat et les dons dans nos traditions et cultures. Même si notre capacité de donner est peu élevée, nous devons être moins dépendants de l’état et développer une plus grande autosuffisance en redonnant pour renforcer nos communautés. Durant cette période de réjouissances, intégrez la philanthropie dans votre vie, au travail et à l’école. Envisagez de faire un don plus important et faites de l’aide communautaire une tradition de Noël ou une résolution de Nouvel An.

    Nos organismes de bienfaisance locaux jouent un rôle important dans l’alimentation des enfants, la recherche de logements pour les familles, l’aide aux moins fortunés et l’amélioration de la qualité de vie de notre ville. Donner du temps ou de l’argent pour aider une bonne cause non seulement améliore notre ville, mais procure un renforcement du bien-être émotionnel.

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    • Le modèle québécois ne favorise pas la philantropie. Qui a envie de donner quand on lui prend déjà plus de la moitié de son salaire en taxes et impôts? Quand même étrange de constater que le socialisme entraîne, par ricochet, une baisse de la solidarité.

      B. Boyer

    • Comme disait Rénald dans La Petite Vie “Je ne suis pas cheap je suis économome”!!!

      Quoi dire d’autre à part que ces vilaines statistiques dévoilent une des facettes les moins glorieuses de notre société.

      Bien sûr nous sommes plus pauvres, plus taxés, fâchés même contre un système qui nous dépouille sans vergogne, mais ça n’explique probablement pas tout. Il doit y avoir un facteur culturel. Nous sommes plus pingres et moins généreux, c’est un fait. Après tout Séraphin ne fut peut-être pas une série populaire pour rien. Avarice, magouille, corruption, c’est avec ça qu’il réussissait…

      P Brasseur.

    • Montreal et toute sa communaute d’affaire manque surtout de solidarite economique. La nouvelle garde economique de Montreal surtout compose de francophone sortent beaucoup trop souvent et sans raison du marche de Montreal pour leur collaboration d’affaire et l’octroi de contrat important. Ex. BRP (Entreprise branche sur la pompe a subvention) qui travaille avec une agence du pub de Milwaukee ??? Comme si au Quebec nous ne serions pas capable de faire de la pub pour des Ski-Doo… Ou Sid Lee (Createur du C2 Montreal) qui fait pratiquement tout ses mandat important (Addidas-Dell-CDS) a l’exterieur de Montreal ou ALDO qui fait tout ses vrais mandats d’importance a NYC… Sans parler de la famille Desmarais dont 90% de ses investissements sont faits hors de la province depuis plus de 20 ans. C’est plate a dire mais les canadiens-francais d’origine ont un comportement general de coloniser en matiere de solidarite economique.

    • Autre statistique qui pourrait être révélatrice: en 2010, à peine 9% des donateurs au Québec faisaient partie de la catégorie des “principaux donateurs”, càd ceux qui ont donné plus de 358$.

      En Ontario c’est 25%, en Alberta 27%.

      Comment expliquer cet écart?

      Serge Bélanger

    • Je suis d’accord avec ce triste constat. Un moyen efficace de réaliser un changement durable vers une véritable culture de philanthropie est la reconnaissance publique. Reconnaissons et remercions publiquement ceux et celles, individus-familles ou groupes, qui appuient monétairement ou autrement les justes causes. Ce qui inclut le don de soi afin de contribuer à améliorer et dynamiser la gouvernance et la gestion d’organismes à but non lucratif. La reconnaissance pourrait stimuler plus d’individus à passer à l’action.
      Jacques Gaumond

    • Le Québec Inc. est en faillite morale complète.

    • Pourquoi faire un don ? Honnetement, tu vas avoir les journalistes qui vont chercher d’ou vient l’argent, comment tu l’as eu, qui tu es, avec qui tu joues au golf, qui vit dans ta tour a condo, a quel resto tu vas…alors evidemment quelqu’un de semi-louche va apparaitre par association et tu vas passer pour un crosseur !!!

      Avec des denonciations gratuites de gens peu credibles, sans preuve et des verdicts de culpabilites par association comme on voit depuis 3 mois avec la super comission Charbonneau, pas certain que ca va donner le gout de s’afficher…

    • Même si notre capacité de donner est peu élevée, nous devons être moins dépendants de l’état et développer une plus grande autosuffisance en redonnant pour renforcer nos communautés.

      alors faudrait regarder du côté des impôts et autres gugusses qu on paie à longueur d ‘ année , les québécois sont philantropes à chaque heure travaillée , à chaque chèque de paie , le filet social c est eux qui le paient du moins le 45 % de ceux qui en paient

      albert bela

    • L’Église a imposé un système de gestion des dons aux Québecois durant plusieurs décennies. Elle contrôlait les dons et les redistribuait aux organismes charitables. Depuis que les églises se sont vidées, le réflexe du don n’a pas été repris culturellement, par contre le gouvernement s’est servi dans les poches des contribuables. C’est un peu comme si le citoyen avait transféré la responsabilité de l’église vers le gouvernement sans s’impliquer individuellement. Non, les Québécois n’ont pas une culture d’entraide et de partage, si ce n’est qu’en situation extrème.
      Toutefois, plusieurs d’impliqueront à des défis 48heurs vélo, marathons autour de l’île, marche pour le cancer. Ne passons pas sous silence les gens qui se dévouent bénévolement au succès de ces événements de collecte de fonds. Ce sont toutes des actions concrètes d’entre aide.

    • Encore ce mythe que le Québec est socialiste. C’est soit de la mauvaise foi, soit de l’ignorance. Au contraire, l’État-providence disparaît de plus en plus.

      Notamment, nous sommes la province canadienne où la part du privé dans le système de santé est la plus élevée, soit 32%.

      Cela dit je crois que MassonF a bien cerné le problème.

      Faites votre part messieurs-dames!

    • @m_progress,

      Ce “mythe” du Québec socialiste est un simple constat. Dans quel système croyez-vous que nous vivons, au juste? C’est une vraie question : quel système, selon-vous, se rapproche le plus du système québécois? Il n’y a pas mille réponses, et “capitaliste” est incorrect. Le capitalisme, c’est ce que vous trouvez aux États-Unis. Je ne dis pas que c’est mieux. Mais c’est incontestablement à des années-lumières de ce qu’on observe ici.

      Et puis, même si “l’État-providence disparaît de plus en plus” (ah bon? où ça?), ça ne fait pas de nous des citoyens moins taxés ou imposés. Bref, c’est le pire des deux mondes. Faut-il en être fier?

    • Moi ce que j’entends dans mon milieu: On paye suffisamment d’impôt,le gouvernement va s’en occuper.
      n.y.grenier

    • Je suis en profond désaccord avec les personnes qui croient que c’est à l’État de tout financer. Si ce n’était pas des organismes de charité (et par le fait même, de la générosité des individus et des entreprises), le Québec ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Nos organismes communautaires et nos fondations jouent un rôle essentiel dans la lutte à la pauvreté, à la famine, à la prévention de l’intimidation, en offrant divers services de relation d’aide pour les victimes de violence, d’intimidation, etc. Sans compter le soutien offert aux personnes qui souffrent de maladies et qui ne sont pas suffisament prises en charge par l’état. Enfin, que dire des avancées exceptionnelles des dernières années dans la compréhenion de maladies qui bouleversent nos vies, comme le cancer, et donc de l’amélioration considérable des traitements? Le taux de survie à ces maladies graves est en constante augmentation.

      Je crois profondément que chaque citoyen doit contribuer, en offrant des dons à la hauteur de ses moyens, ou en faisant du bénévolet, aux organismes communautaires et fondations.

      Et pour ceux qui croient que les organismes sont mal gérés, faites vos recherches avant de faire un don. La majorité d’entre eux rendent disponibles publiquement, sur le web ou sur demande, rapports annuels et états financieux. Vous constaterez que les gestionnaires de ces organismes et fondations font preuve, dans la majorité des cas, d’une rigueur et d’une transparence hors du commun.

    • “Marina Boulos est PDG de la Fondation du Grand Montréal et siège au Conseil d’administration des Fondations communautaires du Canada et à l’Association des gestionnaires en philanthropie”
      Il y a peut-être dans cette phrase la raison même de la baisse de philanthropie. Philantropie Inc. cotée en bourse? Le MBA en philantropie disponible à McGill ou aux HEC? Soyons sérieux. La populace donne moins probablement parcequ’elle en a moins étant donné que ce qu’elle a normalement elle l’emprunte et que par les temps qui courrent il y en a qui sont nerveux. Un don sur MasterCard ou Visa? Pas vraiment un don. On donne ce qu’on a, pas ce qu’on a pas. Mais si vous voulez un tuyau regardez donc ce que les entreprises cachent dans leur bas. 500 milliards$ parait-il, réservés aux investissements qu’elles ne font pas parait-il le tout grâce aux baisse du taux d’imposition de 21 à 15%. La philantrope madame devrait savoir ça elle, oũ est l’argent généré par les activités économiques. Ne cherchez pas des fortunes ‘à donner’ dans les poches des travailleurs mais bien en premier dans celles du capital, là oũ elle se trouve.

    • Très drôle … et qui paie leur recu d’impôt ?

    • Moi qui pensais que l’économie sociale était florissante a Montréal.

    • “Montréal en manque de philanthropes”. À la base de ce problème, Mme Boulos et autres blogueurs, se trouve la définition même de la philanthropie: Qu’en est-il au juste? Qu’est-ce que la philanthropie en 2012?

      L’ère du simple don est révolue. Le citoyen québécois et canadien de 2012 est dorénavant un citoyen du monde. Il comprend de plus en plus les enjeux mondiaux, tant économiques que sociaux et assiste dubitativement à la mise à jour de problèmes gouvernementaux partout sur la planète. Il est de plus en plus taxé, de plus en plus sceptique et malheureusement, de plus en plus individualiste.

      Le Québec de 2012 (particulièrement dans la région de Montréal) nous parle d’entrepreneuriat, de créativité, de nouvelles technologies et d’innovation. On parle de faire de Montréal une ville phare dans ces secteurs d’activité. On veut positionner Montréal, le Québec et le Canada comme un pays à suivre plutôt qu’un pays passif: Faisons-le.

      Avec des concepts tels que l’entrepreneuriat social, le développement durable, la poursuite d’un double objectif de base (à la fois financier et social) et l’avènement de nouvelles entreprises hybrides (B Corp et L3C aux USA et CIC en G-B), il est grand temps de redéfinir ce qu’est la philanthropie en 2012. Pourquoi donc pas faire diverger cette discussion en ce sens.

      “Qu’est-ce que la philanthropie et comment pouvons-nous l’actualiser?”

      @jpshoiry

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